Enseignement supérieur – Vers la création d’un organisme indépendant pour la qualité de la formation universitaire

Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) (photo d'archives).<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) (photo d'archives).

Les positions sont apparues difficilement conciliables mais un consensus se dégage tout de même de cet avant-midi de discussions: la nécessité de création d’un organisme indépendant chargé de veiller à la qualité de la formation des universités. Devra-t-il davantage inclure la communauté universitaire? Devra-t-il posséder un pouvoir coercitif ou plutôt jouer le rôle d’un comité-conseil? Le diable est dans les détails.

«Les subtilités ne sont pas naïves, elles répondent aux besoins de chacun des cateurs», admet Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ). «C’est à bas les masques. On est ici pour se dire les vraies affaires.»

Rivalités


Dans une atmosphère conviviale et d’écoute, quelques rivalités ont néanmoins refait surface. La FEUQ appelle notamment à ce que la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) cesse d’avoir le monopole de la représentation à la fermeture du Conseil des universités. Elle souhaite que l’organisme externe ait le pouvoir coercitif d’empêcher administrateurs des universités de délocaliser leur campus, s’il juge qu’il doit en être ainsi.

Les professeurs, eux, craignent une autre «direction des universités» au-dessus de celles-ci, laissant de côté la communauté universitaire et réclament d’être davantage consultés. La Fédération québécoise des professeurs d’université (FQPPU) a porté leur voix pour exiger plus d’embauche de professeurs et que ceux-ci soient non pas jugés sur des critères non académiques comme la rentabilité, mais sur la qualité de la formation.

Faux débat

La présidente du conseil d'administration de la CREPUQ, Luce Samoisette, a quant à elle fait valoir que l’idée d’un organisme pour veiller à la qualité est en quelque sorte un «faux débat» parce qu’il y en a déjà plusieurs. C’est pour régler un «problème de perception» qu’elle dit toutefois vouloir créer un Conseil des affaires universitaires, pour conseiller le ministre sur les orientations à prendre pour plus de qualité. «L’Université ne doit pas faire plus de papier et plus de rapport. Les autres mécanismes qui existent doivent être intégrés dans ce Conseil», a dit Mme Samoisette également rectrice de l’Université de Sherbrooke. «Si c’est pour aller plus loin, pourquoi pas?»

En plus de rappeler le caractère nécessaire de la délocalisation pour servir les besoins de certaines régions, elle rappelle que les universités doivent obtenir l’autorisation du gouvernement avant de construire de nouveaux campus.

Rentabilité et compétition

Autre constat à l’issue de ces premiers débats sur la qualité: beaucoup de groupes ont émis des réserves quant à la façon de concevoir la qualité des mécanismes d’assurance qualité. La FEUQ, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) et les professeurs, notamment, ont rappelé l’importance de ne pas évaluer la qualité trop quantitativement, uniquement en terme de rentabilité et de réputation. «Si on est dans une perspective de concurrence, on va faire plus de dépenses, de publicités», a dit Max Roy, président de la FQPPU. 

Certains administrateurs d’université ont appelé à ne pas «démoniser» la compétition entre les établissements. Il y existerait une certaine collaboration bénéfique. «La collaboration est possible entre les universités, même au niveau de la formation. On a un doctorat en travail social conjoint avec l’Université de Montréal, McGill et l’UQAM», a souligné un administrateur de l’Université de Montréal.

Les différents acteurs du milieu de l’éducation se réuniront cet après-midi en groupes plus restreints pour aborder les enjeux de qualité plus en profondeur. Plus de détails suivront.
3 commentaires
  • Yves Nadeau - Abonné 30 novembre 2012 15 h 36

    Une autre bébelle!

    S'il faut créer une autre structure admnistrative pour veiller à la qualité de l'enseignement on peut se demander si nous ne sommes pas dans la maison des fous du dessin animé Les 12 travaux d'Astérix.

    Blague à part, une nouvelle structure n'est pas nécessaire puisque nous avons un ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Si les fonctionnaires sont incapables de veiller à la qualité de l'enseignement c'est à se demander à quoi ils servent. Après tout, ils travaillent à l'Enseignement supérieur!...

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 30 novembre 2012 16 h 43

    Financer l'université par tête de pipe, une aberration!

    On ne me fera pas avaler que la construction de campus tels que:

    . Celui de l'Université du Québec en Outaouais à Saint-Jérôme
    . Celui de l'Université Sherbrooke à Longueuil
    . Celui de l'Université du Québec à Rimouski à Lévis
    . Celui de l'Université de Montréal à Laval
    etc. etc.

    Que cela sert l'intérêt public. Cela n'a que pour but d'accroître le nombre d'étudiants pour augmenter le financement de l'université au détriment du bien commun. Quant à l'argument voulant qu'ayant reçu la bénédiction du gouvernement, cela justifie les immobilisations, je rappellerai qu'il y a une commission qui justement scrute les rapports malsains entre des politiciens des firmes de génie-conseil et des entrepreneurs en construction. Alors qu'on ne vienne surtout pas me faire croire que ces décisions sont au dessus de tout soupçon.

  • Carole Dionne - Inscrite 30 novembre 2012 19 h 16

    Je vois venir

    Un concensus: un instance qui va vérifier la qualité de l,enseignement. Qui de mieux que Martibne Desjardins pour occuper ce poste: une maitrise en enseignement. Donc les trois chef syndicaux des jeunes auraont chacun un beau job. Ceux qui ont abandonné leru cour, c'est du collatéral.