Rapport du vérificateur général - Déplorable qualité de l’air dans les écoles


	Le vérificateur général par intérim, Michel Samson, a présenté jeudi son rapport aux membres de l’Assemblée nationale.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot
Le vérificateur général par intérim, Michel Samson, a présenté jeudi son rapport aux membres de l’Assemblée nationale.

La qualité de l’air ambiant dans les écoles primaires laisse à désirer, ce qui peut hypothéquer la santé des enfants, déplore le Vérificateur général du Québec dans son rapport annuel déposé jeudi à l’Assemblée nationale. Il pointe du doigt le ministère de l’Éducation, qui a fait preuve de laxisme en laissant les bâtiments scolaires se détériorer.


Dans certains établissements, la présence de moisissures atteignait un niveau « vraiment préoccupant », souligne le rapport. Une ventilation inadéquate a été observée dans toutes les écoles visitées. L’entretien ménager laisse aussi à désirer. Par exemple, dans près de 80 % des classes visitées, le plancher était sale ou poussiéreux. Pire, des excréments de souris étaient présents en grande quantité dans une de ces écoles. Certaines classes étaient tantôt surchauffées (à 28 degrés) ou affichaient un taux d’humidité (11 %) nettement inférieur à la norme (entre 30 et 60 %).


La vérification de la qualité de l’air dans les écoles primaires a été effectuée dans six écoles faisant partie de trois commissions scolaires du Québec : la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la Commission scolaire des Navigateurs et la Commission scolaire Sorel-Tracy. Le nom des écoles visitées ne figure pas dans le rapport.


Le vérificateur par intérim, Michel Sanson, a déploré que le ministère de l’Éducation n’ait pas exigé que les commissions scolaires procèdent à des inspections plus systématiques de leurs bâtiments et rendent davantage de comptes.

 

Pas d’argent de plus


Le président de la CSDM, Daniel Duranleau, reconnaît qu’il ne peut pas « nier le problème » de la qualité de l’air. À la CSDM, où le parc immobilier est très vétuste, de nombreuses écoles ont dû procéder à l’évacuation de leurs élèves en raison d’une mauvaise qualité de l’air. « On a un parc immobilier complexe et difficile, mais on va prendre nos responsabilités sur des aspects comme l’entretien et le ménage. On est capable d’offrir des écoles propres », a-t-il dit.


Il souligne toutefois que l’enveloppe annuelle de 55 millions pour l’entretien général des bâtiments n’est pas suffisante, compte tenu des urgences. Il continue de réclamer au ministère de l’Éducation une aide supplémentaire de 68 millions sur cinq ans, qui ne soit pas prise à même l’enveloppe annuelle de 55 millions.


La ministre de l’Éducation Marie Malavoy fonde quant à elle beaucoup d’espoir sur un nouveau comité, rassemblant des experts de la santé publique et des spécialistes de la qualité de l’air et de l’entretien des bâtiments, qui vient d’être mandaté pour trouver des solutions au problème. Elle n’entend pas injecter de nouvelles sommes dans l’immédiat, préférant plutôt exiger des commissions scolaires qu’elles mettent en oeuvre les solutions proposées par le Vérificateur. « Pour l’année 2012-2013, on fonctionne avec les budgets qui sont là, mais qui ne sont pas négligeables », a dit la ministre au Devoir. « Entre vous et moi, un plancher qui est sale, ça peut se corriger demain matin », a-t-elle ajouté.


Marie Malavoy estime la situation « très préoccupante pour la santé des enfants » tout en indiquant que « ce n’est pas la catastrophe ». « Il y a des cas où il faudra certainement redresser la situation et ce rapport va certainement nous faire faire un examen immédiat », a-t-elle soutenu.

Avec La Presse canadienne

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