Cégeps et commissions scolaires écopent

Les cégeps et les commissions scolaires perdront en subventions, a révélé le budget Marceau. Les budgets alloués devraient toutefois permettre le maintien de différentes mesures, notamment des programmes de sport, de l’anglais intensif en 6e année et des tableaux blancs interactifs.
Photo: - Le Devoir Les cégeps et les commissions scolaires perdront en subventions, a révélé le budget Marceau. Les budgets alloués devraient toutefois permettre le maintien de différentes mesures, notamment des programmes de sport, de l’anglais intensif en 6e année et des tableaux blancs interactifs.

En effet, le gouvernement péquiste a annoncé qu’il annulera graduellement l’aide additionnelle qu’on versait à certaines commissions scolaires pour compenser, le cas échéant, l’iniquité de la péréquation scolaire. Cette coupe dans la mesure de fiscalité scolaire permettra au gouvernement de récupérer 150 millions pour l’année fiscale 2013-2014. Calculé sur une année scolaire, c’est un effort de 200 millions pour les commissions scolaires.


« Elles vont recevoir moins de compensations et nous leur demandons donc de resserrer leur gestion », a dit le ministre des Finances, Nicolas Marceau. Le budget du ministère de l’Éducation sera bonifié de 1,8 %, à 10,2 milliards.


La Fédération des commissions scolaires déplore ces compressions, qui s’ajoutent aux 300 millions coupés ces deux dernières années pour un total d’un demi-milliard. Rappelant que 33 commissions scolaires sur 69 sont en situation de déficit, la présidente, Josée Bouchard, craint l’impact sur les plus petites d’entre elles, en particulier concernant les services aux élèves. « Il s’agit d’une journée noire », a-t-elle déclaré.


Quant aux cégeps, ils recevront 1,5 % des dépenses que promet de faire le gouvernement sur un total de 2,7 % pour l’enseignement supérieur, ce qui ne couvre pas les coûts de fonctionnement de base, note le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne. Il craint également la revue budgétaire de l’année en cours, dont il connaîtra les détails sous peu.


Ces compressions ciblées contribuent à l’effort commun de plusieurs ministères en ce contexte d’austérité. En éducation, cela permet de financer les dépenses, en plus des coûts de fonctionnement, de différentes mesures, notamment les programmes de sport, le maintien de l’anglais intensif en 6e année et les tableaux blancs interactifs. La ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, soutient n’avoir jamais remis en question la poursuite de ces programmes, mais elle entend procéder à leur réévaluation.

 

Recherche et entreprises


Sans surprise, les étudiants ne voient pas leur contribution augmenter dans ce budget, la hausse des droits de scolarité ayant été annulée. À terme, après sept ans, cette annulation entraîne une diminution de 170 millions de dollars de la contribution additionnelle des étudiants au financement des universités.


Toutefois, cette annulation de la hausse n’est pas compensée par une plus grande contribution gouvernementale, celle-ci s’en tenant à 195 millions pour l’année 2013-2014, soit ce que le gouvernement précédent avait prévu dans son Plan de financement des universités. Pour cette même année, le cadre financier projette des dépenses de 3,075 milliards en 2013-2014, en légère augmentation, en incluant le financement à long terme des immobilisations. Mais le nouveau gouvernement péquiste a laissé entendre que tout était conditionnel au Sommet sur l’enseignement supérieur, dont les premières rencontres commencent à la fin du mois.


Pour les deux fédérations étudiantes, collégiale et universitaire, il n’y a « ni de bonnes ni de mauvaises surprises ». « On reste dans ce qui était prescrit par les libéraux », a indiqué Éliane Laberge, présidente de la FECQ. Cela ne laisse que peu de marge de manoeuvre pour concrétiser ce qui sera décidé au sommet, s’inquiète-t-elle.


Quant à l’aide financière, les dernières mesures entrées en vigueur sous les libéraux seront financées jusqu’à la fin de l’année financière, mais reviendront au niveau de 2011-2012 pour les années subséquentes. Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, déplore aussi que les incitatifs à la recherche soient davantage versés aux entreprises plutôt qu’aux universités.

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