Monde étudiant - La grève : permise? pas permise?

Le ministre de l’Éducation a promis d’examiner le vide jurdique concernant le droit des étudiants de faire la grève.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre de l’Éducation a promis d’examiner le vide jurdique concernant le droit des étudiants de faire la grève.

Il n’y a rien dans le droit qui permette aux étudiants de faire la grève, mais rien, non plus, qui les en empêche. Ce vide juridique laisse libre cours à de multiples interprétations que le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a promis d’examiner. L’histoire pourrait lui être de bon conseil, suggèrent des experts en droit.

On s’est demandé, avec raison, si ces étudiants avides de printemps avaient le droit de faire grève. Une question légitime qui s’est imposée alors qu’ont plu les demandes d’injonctions, en avril dernier, et que le gouvernement libéral, préférant le mot « boycott », a refusé de reconnaître la légalité du recours au débrayage illimité au mouvement de contestation étudiante.


Dans un climat instable qui commandait d’agir prestement, les tribunaux ont répondu favorablement aux demandes d’injonction formulées par des étudiants qui n’appuyaient pas la grève et réclamaient le droit d’assister à leurs cours. De nombreux juges ont considéré le droit de grève comme un droit individuel de boycotter un cours, ce qui ne conférait pas aux associations le droit d’imposer le choix de la majorité, tel que voté dans les assemblées générales.


Cette interprétation « clientéliste de l’éducation » est fautive, croit fermement un groupe de professeurs de la faculté de droit de l’Université Laval et membres du Groupe d’étude en droits et libertés (GEDEL). Dans un article qu’ils s’apprêtent à publier dans la revue Les cahiers de droit, Louis-Philippe Lampron et Christian Brunelle sont remontés dans le temps, jugeant nécessaire cette perspective historique afin de comprendre pourquoi, cette fois-ci, alors que le droit à la grève pour les étudiants n’avait jamais été remis en cause par les pouvoirs politiques et juridiques - ni même le gouvernement libéral de Jean Charest lors de la grève de 2005 -, on en avait douté.


Des précédents


« Le vide juridique a toujours existé, mais le consensus social n’avait jamais posé problème. Il y avait comme un gentlemen’s agreement », souligne au Devoir Me Lampron, avocat et professeur de droit, à l’Université Laval. Il y a eu au moins neuf grèves générales étudiantes au Québec depuis les années 1960 et personne n’avait jamais hésité à les considérer comme des grèves, a-t-il ajouté.


À la recherche de l’esprit de la loi et dans le but de démontrer l’esprit du législateur, les chercheurs ont ainsi fouillé dans les archives, remontant même jusqu’au verbatim des échanges lors des débats parlementaires à l’Assemblée nationale. Ils y ont fait de surprenantes découvertes… aux allures prémonitoires.


Le 20 juin 1983, Claude Ryan, porte-parole de l’opposition officielle en matière d'éducation à l’Assemblée nationale du Québec, incitait ses collègues à reconnaître aux associations étudiantes le droit de poursuivre toute fin que « ses membres veulent démocratiquement lui donner », de manière, espérait-il, à fermer ainsi « la porte à des injonctions et à des contestations de toutes sortes qui mettront bien plus de désordre et d’instabilité qu’elles n’apporteront de solutions au problème ».


Camille Laurin, ministre de l’Éducation d’alors, aurait aussitôt laissé entendre que le projet de loi 32, sur l’accréditation et le financement des associations étudiantes, créait des obligations sans prévoir de sanctions. « Nous avons fait le pari que cette loi serait utilisée davantage comme un instrument pédagogique, comme un instrument de conciliation pour faciliter la solution des différends. Cette loi se veut donc éducative et non punitive. »

 

Loi 32 contre Code du travail


Pour tenter de trancher sur la légalité du débrayage étudiant, plusieurs spécialistes du droit ont entrepris de comparer les statuts de la grève étudiante, en regard de la loi 32, et ceux d’une grève de salariés syndiqués, régis par le Code du travail. Les interprétations sont très partagées.


La presque totalité des juges qui ont eu à se prononcer sur des demandes d’injonction a tranché qu’une association étudiante ne pouvait jouir des mêmes droits qu’une association de salariés. Le juge Robert Mongeon, dans Michaudville c. Cégep Saint-Laurent, est catégorique : « Nulle part, ne trouve-t-on des pouvoirs accordés à l’Association qui se comparent de près ou de loin aux droits et pouvoirs accordés à un syndicat ou à une unité d’accréditation reconnus par le Code du travail », écrit-il dans son jugement. « Les étudiants et leurs associations prétendent à̀ un droit de faire la “grève” sans contrôles, sans limites et sans encadrement. Cela s’appelle un droit de grève sauvage. Avec égards, je crois qu’aucune loi du Québec ne permet un tel abus, un tel déraillement. Par opposition, les lois du travail encadrent, limitent et balisent le droit de grève tout en prévoyant un moyen de s’en sortir par la négociation d’une convention collective de travail, d’une conciliation, d’une médiation ou même d’un arbitrage. »


L’histoire


Même si la comparaison entre les deux n’est pas parfaite, Brunelle et Lampron ne partagent pas ce point de vue. Selon eux, par le seul effet de l’accréditation, « les associations étudiantes jouissent bel et bien de pouvoirs qui peuvent se comparer - en faisant les adaptations nécessaires, bien évidemment - à ceux des associations de salariés régies par le Code du travail », écrivent-ils dans leur article « La liberté d’expression en contexte de crise : le cas de la grève étudiante ».


Et encore une fois, ils s’en remettent à l’histoire des 50 dernières années pour justifier le droit des étudiants à la grève. « Au Québec, il nous semble que le phénomène des grèves étudiantes a suffisamment marqué, au fil des années, les rapports entre les autorités (gouvernementales, universitaires, collégiales) et les étudiants pour passer, en quelque sorte, dans les moeurs. Les occasions de frapper d’illégalité le recours à ce moyen de pression ont été trop nombreuses, par le passé, pour ne pas en déduire une tolérance certaine de l’État à leur égard », soulignent-ils.


Droit individuel, droit collectif


Qu’en est-il alors du droit de l’étudiant qui ne souhaite pas faire la grève comme il a été voté par l’association dont il est membre ? Dans la cause Carrier c. Université de Sherbrooke, le juge Gaétan Dumas compare le mouvement de grève étudiant à un boycottage dans un magasin à grande surface. Selon lui, un individu a tout à fait le droit de boycotter un magasin, mais il ne peut en empêcher un autre d’acheter dans ce même magasin, encore moins de lui en bloquer l’accès.


Selon Me Michel Filion, avocat et auteur de deux dictionnaires de droit, en droit civil, le contrat que les étudiants ont avec l’établissement d’enseignement a préséance sur le contrat qu’ils ont avec leur association étudiante. « Les étudiants ont un contrat avec l’établissement d’enseignement et c’est la raison même pour laquelle ils se trouvent dans un tel établissement et, accessoirement, dans l’association. Donc, le contrat avec l’association et les décisions de l’assemblée des membres ne permettent pas d’écarter le contrat avec l’établissement », a-t-il écrit dans une lettre publiée en juin dernier dans des journaux de Québecor.


Encore une fois, Brunelle et Lampron divergent et rejettent les propos de Me Filion, estimant que la liberté contractuelle aménagée par le droit civil ne jouit pas d’une prépondérance sur un autre droit. Pour eux, comparer liberté d’expression commerciale et liberté d’expression politique est « une confusion regrettable ». « Il est déroutant de constater avec quelle indifférence le système de représentation collective mis en place par le législateur est ainsi détourné, au nom d’une logique purement individuelle qui banalise l’exercice de la démocratie participative étudiante ».


Mais la question du droit à la grève demeure : les associations étudiantes souhaitent qu’on respecte leur droit démocratiquement acquis de faire la grève, tandis que des étudiants en désaccord avec la grève revendiquent leur droit d’assister à leurs cours. À qui donner raison ? Brunelle et Lampron rejettent la vision individualiste. « Quant au préjudice susceptible d’être causé à l’étudiant qui n’a pas accès à̀ ses cours en raison de la grève déclenchée par son association étudiante et des piquets de grève qu’elle dresse en conséquence, en quoi se distingue-t-il fondamentalement du préjudice “collectif” que subit l’ensemble de ses collègues aux prises avec la même situation ? », soutiennent-ils.

62 commentaires
  • Claude Paré - Abonné 17 novembre 2012 04 h 30

    Le statut d'étudiant

    Étonnant le commentaire de Claude Ryan ( il faut aussi voir la distance entre l'ampleur intellectuelle d'un Ryan et celle d'un Bachand,,,). Preuve évidente que cette société, québécoise, vire à droite. Il n'y a pas d'interprétation neutre de la loi, dans ce cas rappelons que la nomination de certains juges a été faite selon un processus politique qui impliquait un certain entrepreneur en construction... mais passons. Dans ce débat, il me semble que l'on devrait considérer que le fait d'être ééudiant est plus qu'être acteur d'une relation commerciale mais bien un statut social. Pour les théoriciens du droit individuel, rappelons qu'il y a une loi de protection du consommateur, que le consommateur est une forme de statut social. Tout individu est obligé par la loi d'être étudiant à un point de son histoire individuelle, ce qui confère à cette consommation des services éducatifs une aura de rôle social. Et nous savons que les étudiants ont toujours joué un autre rôle que celui qui leur était assigné... de là l'idée de les réduire à de simple consommateur de contrat d'éducation, pour les faire taire?

    • Frédéric Jeanbart - Inscrit 17 novembre 2012 11 h 08

      pour les éduquer à devenir des moutons sans saveurs ni odeurs, homogénéisés blanc comme du lait, l'ère des Cyborgs est en marche!!!

    • Richard Laroche - Inscrit 17 novembre 2012 12 h 35

      M. Paré, vous touchez un point important quand vous soulignez que le consommateur de services éducatifs est en quelque sorte "obligé" et possède un rôle social.

      Le principe fondamental est que pour tout bien ou service essentiel, un consommateur dans un marché libre peut exercer un "boycott" en allant voir un compétiteur dans le même marché.

      Toujours à l'égard d'un bien ou service essentiel, un consommateur dans un marché monopolistique possède définitivement un rôle social, comme par exemple les citoyens d'une ville sont à la fois consommateurs et propriétaires de leur propre réseau d'eau potable.

      Dans cette perspective, l'étudiant est effectivement un "consommateur" à l'égard des services d'enseignements, pour l'utilisation des immeubles et des équipements, etc. Il est tout à fait possible de "boycotter" telle université pour aller à une autre université. Mieux: pour la majorité des cours magistraux sans atelier ni laboratoire, il est possible d'acheter un bouqin, lire à la maison et se présenter uniquement aux examens! Le public serait surpris de la quantité d'étudiants qui s'inscrivent à un cours pour seulement se présenter aux examens. Mauvais profs payés inutilement, locaux vides éclairés et entretenus pour rien, etc...

      À l'égard du processus d'examen et de diplômation toutefois, l'étudiant est un consommateur prisonnier d'un marché monopolistique, puisque seul l'État (le Ministère de l'Éducation) peut délivrer un diplôme. En ce sens, l'étudiant, en tant que citoyen, est à la fois "propriétaire" et "consommateur". L'utilisation du mot "boycott" est donc inappropprié dans ce contexte.

    • Yvan Dutil - Inscrit 17 novembre 2012 15 h 25

      Vous avez parfaitement raison monsieur Laroche. D'ailleurs, le recteur du McGill a rapellé aux étudiants qu'il était obligatoire de remettre ses travaux et de se présenter aux examens pour passer un cours. La grève n'a pas été longue là-bas.

      La grève étudiants est un sous-produit de la lâcheté des adminstrations universitaires.

    • Claude Paré - Abonné 17 novembre 2012 17 h 40

      En fait le droit de grève étudiant remonterait à la fondation de l'université indépendante, elle est consubtantielle à la formation de l'université parce que l'étudiant et son maître doivent être libres de d'étudier en toute indépendance et qu'ils ont de ce fait le droit de s'opposer à ce qui peut miner leur droits de parole, d'étude.

      http://histoireengagee.ca/lactualite-en-debat-la-g

    • Richard Laroche - Inscrit 18 novembre 2012 14 h 09

      S'il est vrai que la notion de grève est remise en question, une hausse de 75% des frais de scolarité, qui se solde par la dilution du capital représentatif du Savoir dans le marché de l'éducation, ne nourrit qu'un système de financiarisation commanditée par l'État et lié aux marchés internationaux, alors la résistance étudiante, elle, n'a jamais été aussi importante et représentative pour le Québec.

    • Louis Palardy - Inscrit 20 novembre 2012 07 h 41

      Je dois remettre en doute votre "À l'égard du processus d'examen et de diplômation toutefois, l'étudiant est un consommateur prisonnier d'un marché monopolistique, puisque seul l'État (le Ministère de l'Éducation) peut délivrer un diplôme. '
      L"étudiant Collégial et Universitaire, choisit de poursuivre sa formation où il le veut. Il n'est pas normal que 10% de la population impose une grève a 90% de ceux qui n'ont pas voté. Le processus démocratique dont on parle ici, est plutot une guerre d'usure, ou seuls les plus militants restent jusqu'à la fins des palabres et des procédurites pour un vote souvent à main levé avec toute l'intimidation que subiront ceux qui sont contre la proposition.
      Bref, si vous désirez avoir un diplôme, il n'y a pas que le ministèere de l'éducation qui en décerne. Personne ne vous empêche d'aller étudier ou vous voulez. En ce sens, un Diplôme du MIT ou de Harvard, sera "sans doute" mieux reconnu que de L'UQAM ou de McGill... :-)
      Seul la facture sera différente.
      Alors, je suis de ceux qui considère le droit individuel comme plus important que le droit de l'association étudiante a voter des résolutions qui ne représentent pas la majorité des "associés" de force!

  • Yves Claudé - Inscrit 17 novembre 2012 04 h 35

    Le droit s’écrit et s’inscrit à travers l’Histoire des luttes sociales !

    Au 19e siècle, au Québec, les travailleurs ne se sont pas demandé si les lois leur permettraient de revendiquer le droit d’association syndicale ! Ils ont obtenu ce droit à travers des luttes historiques et héroïques, et ils doivent continuer à se battre pour l’exercer dans la réalité des rapports de classes actuels, notamment avec l’émergence d’une classe dominante mondiale associée aux prédateurs internationaux du capitalisme financier.

    Dans leur myopie caractéristique, les spécialistes du droit ont tendance à le concevoir d’une manière statique, voire conservatrice, formellement et politiquement.

    Comme le mouvement ouvrier, le mouvement étudiant fait partie de l’Histoire des sociétés modernes, et les néolibéraux, propageant leur idéologie individualiste et postmoderne, prétendant représenter le monde scolaire comme un “marché”, ne peuvent que réaliser qu’ils sont en travers de la marche du Monde !

    Sans perspective historique et sociologique, le droit qu’est qu’un passe-temps, maniéré et poussiéreux, d’ailleurs souvent très lucratif, au service des dominants !

    Le mouvement étudiant, ici et ailleurs, a conquis sa légitimité à travers ses luttes, avec des racines historiques remontant même au Moyen Age (voire les exploits de l’“escolier” François Villon et ses pairs…), et le droit associé à ce mouvement ne se constitue pas ailleurs que dans un rapport de force, ce dont le ministre de l’Enseignement supérieur, Monsieur Pierre Duchesne, siégeant dans un gouvernement malheureusement minoritaire (grâce à QS and co…) est très certainement conscient !

    Il reste que le mouvement étudiant doit aussi démontrer son aptitude à mettre en œuvre une réelle démocratie, ainsi qu’une conception de la justice sociale qui, au delà de la question des frais de scolarité, prenne réellement en compte les mécanismes culturels et sociaux d’exclusion qui font en sorte que dès la maternelle, l’école a tendance à reproduire les inégalités sociales.

    Yves Claudé

    • Suzanne Bettez - Abonnée 17 novembre 2012 09 h 26

      M. Claudé,

      Permettez-moi de reproduire au bénéfice de ma grande famille "facebookienne" votre commentaire que je trouve intelligent et éclairant. "J'aime"

      Suzanne Bettez

    • Yves Claudé - Inscrit 17 novembre 2012 11 h 02

      À Madame Suzanne Bettez,

      Merci d'apprécier et diffuser mon commentaire.

      Cordialement

      Yves Claudé

    • Pierre Germain - Inscrit 17 novembre 2012 11 h 56

      M. Claudé,

      Si nos politiciens avaient le quart de votre entendement et de votre aptitude à mettre en perspective, nous serions 10 fois mieux gouvernés.

    • Patrick Boulanger - Abonné 17 novembre 2012 12 h 39

      Il est possible que sans QS le PQ serait majoritaire aujourd'hui à l'Assemblée nationale, mais vous ne trouvez pas M. Claudé que le statut minoritaire actuel du PQ découle avant tout du fait que cette formation politique s'est rapprochée du centre de l'échiquier politique québécois avec les années?

    • Benoît Landry - Inscrit 17 novembre 2012 14 h 49

      M. Claudé votre titre : "Le droit s’écrit et s’inscrit à travers l’Histoire des luttes sociales !"

      et dans votre texte: "siégeant dans un gouvernement malheureusement minoritaire (grâce à QS and co…) "

      Le PQ a été à une certaine époque très proche des luttes sociales, aujourd'hui il vante beaucoup plus les mérites de la création de la richesse. Une certaine frange le force à prendre des positions plus sociale encore ( les clignontants électoraux à gauche), mais comme on l'a vu depuis le début de son mandat , il redresse très souvent à droite maintenant.

      Qs est là, à gauche, entre autre, parce que le PQ n'y est plus, il serait temps de mettre vos références à jour

    • Anouk M.Renaud - Inscrite 17 novembre 2012 18 h 16

      Même si la démocratie étudiante n'est pas parfaite, la plupart des associations étudiantes que je connaisse se sont dotées de structures permettant l'altérnance hommes/femmes, l'alternance premier tour/deuxième tour, l'encouragement au respect et à la diversité d'opinions, ce qui permet de réduire considérablement les rapports de pouvoir présents au sein d'une collectivité. C'est bien à travers la démocratie directe étudiante que j'ai appris à mieux visualiser et travailler les rapports de pouvoir inégaux, plus que les 17 années scolaires qui me séparent de ma maternelle! À mon humble avis, on l'exerce tout de même bien, cette démocratie.

    • Yves Claudé - Inscrit 18 novembre 2012 10 h 30

      Mise à jour … mise au point …

      Monsieur Benoît Landry,

      Vous m’interpellez : je tente, comme tout citoyen responsable, de «mettre mes références à jour». J’ai publié des textes fort critiques sur les politiques du PQ (sur le premier mandat entre autres), tout autant que sur celles de QS, y compris sur l’idéologie et la culture stalinienne des groupes dont QS est issu (cf. revue Chroniques, etc.).

      Pour compléter l’information diffusée, je me déplace pour écouter les discours des représentants de QS. J’ai d’ailleurs interpellé personnellement Monsieur Khadir alors qu’il revenait d’une tournée régionale de soutien au NPD en 2011, et qu’il discourait étrangement sur les Patriotes de 1837-38... Alors qu’elle menait une charge contre la laïcité à l’UQAM, j’ai questionné Madame David sur sa propagande multiculturaliste, ainsi que sa promotion des symboliques patriarcales et sexistes dans l’espace public.

      Je constate que QS a raté son pari idéologique et stratégique d’un effondrement du PQ, qui lui aurait supposément permis de prendre la place de ce parti, et que cet échec affecte non seulement un groupe politique sans perspectives, risquant d’être absorbé par un NPD-Québec, mais aussi un grand nombre de citoyens dont les espoirs sont déçus par le statut de gouvernement minoritaire du PQ. D’une manière plutôt cynique (voir entre autres pressegauche), les dirigeants politiques de QS ont réactualisé leur stratégie en misant sur les difficultés d’un gouvernement minoritaire à mettre en place des politiques progressistes.

      Yves Claudé

    • Patrick Boulanger - Abonné 18 novembre 2012 14 h 28

      Réponse à M. Claudé

      QS a raté son pari de prendre la place du PQ ? (Yves Claudé)

      J'ignore si ce pari est celui de QS, mais si c'est bel et bien le cas M. Claudé, vous ne trouvez pas qu'il est un peu tôt pour statuer que les solidaires ont raté leur coup à cet égard (QS a été formé en 2006)?

  • Catherine Paquet - Abonnée 17 novembre 2012 05 h 47

    Grève locale ou grève générale?

    Si on désire s'éloigner du concept de boycott individuel et occasionnel exercé par certains étudiants et parler d'action collective, il faut faire un parallèle avec les syndicats ouvriers. Ainsi, dans le domaines des entreprises spécialisées, prenons les pâtes et papiers, les votes de grève sont pris dans chaque usine, et ce n'est pas pare que les employés de Domtar à un endroit ont résolu de faire grève que les employés des autres usines de Domtar et encore moins les employés des autres entreprises de pâtes et papier, au Québec ou ailleurs au Canada, doivent envisager de faire grève ni surtout qu'ils y soient obligés. Ce n'est pas parce que l'organisation syndicale à laquelle sont affiliés les travailleurs des pâtes et papier recouvre plusieurs usines que le droit de grève ou que les votes de grève se pratiquent un peu partout, comme les étudiants et certains profs ou supposés spécialistes le voudraient
    On ne peut pas réclamer le droit d'association, avec participation financière obligatoire des étudiants de chaque institutions et se réclamer d'une totale liberté d'action et de piquetage là ou bon nous semble.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 17 novembre 2012 09 h 54

      Je me demande où se trouve votre argument.

      Premièrement, chaque association étudiante a tenu son propre vote de grève.

      Ensuite, la hausse des frais de scolarité touchait les membres de toutes les associations étudiantes. Celles qui ont voté la grève sont en grève, celles qui n'ont pas voté la grève ne sont pas en grève.

      Il n'y a pas de piquetage là où les membres ont voté «non» parce que les étudiantEs respectent la décision démocratique des associations ayant voté contre la grève.

      Il a piquetage là où les associations ont voté «oui» à la grève pour ce même respect des décisions prises démocratiquement par les membres de l'association.

    • Frédéric Jeanbart - Inscrit 17 novembre 2012 12 h 40

      M. Bouteu, qui plus est, TOUS les étudiants sont membres de leur association par défaut. Je me souviens qu'à l'université, nous devions payer une fraction de frais afférent en ce sens, et c'est très utile : pour des peanuts sur la facture les associations apportent beaucoup à la vie étudiante en général, que ce soit au nioveau des loisirs ou académiques ("facilitateurs", orientation, etc.).

      Donc, n'importe quel étudiant (membre) peut aller voter - corrigez-moi si je me trompe -, et ceux qui en appellen à quelque "droit clientèliste" pour briser ce pacte démocratique, seraient des graines d'anarchistes... Un juge est venu trabcher en faveur d'un tel anarchiste par ailleurs, belle "éducation" que cela : en ce cas, celui qui le dit c'est lui qui l'est! ;-)

  • Normand Carrier - Inscrit 17 novembre 2012 07 h 32

    Il faut s'interroger sur le droit de grève étudiante .....

    Dans les faits , les étudiants exercent ce droit depuis des décennies au grand dam de la faune réactionnaire de droite qui s'insuge a chaque fois .... Cette interrogation fera capoter les polytraumatisés du carré rouge et des anti syndicalistes , mais il faut l'addresser et trouver la meilleure solution ....
    Si le droit de grève est reconnu , il faudra le baliser pour permettre a une majorité de plus de 70% de voter et que la l'arrêt des cours soit décidé par une pluralité des votes ... Nul doute qu'avec les moyens modernes de communication , il est maintenant possible de véritablement démocratiser ce droit de gréve a la satisfaction de tous .....

  • Bernard Terreault - Abonné 17 novembre 2012 07 h 37

    Absurdité

    Une grève de la part de salariés a pour but de faire mal à l'employeur pour en obtenir de meilleures conditions de travail. Une "grève" de la part d'étudiants ne fait mal qu'à eux mêmes, pas à l'Université ni au gouvernement puisqu'ils ne font aucun mal à personne sauf à eux-mêmes en se privant d'un service. La revendication étudiante, à laquelle je suis sympathique, doit passer par l'action politique.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 17 novembre 2012 10 h 34

      La grève étudiante fait mal politiquement au gouvernement qui l'a provoquée. L'effet d'une grève n'est pas qu'économique même dans le cas de salariés, pensez à une grève d'enseignants.

    • Danielle Dubuc - Inscrite 17 novembre 2012 10 h 47

      ..exactement! Souvent sinon de tout temps, les revirements politiques et sociaux ont été initié par les mouvements étudiants, et ce ici comme ailleurs. Cela dépasse le simple fait de chercher son profit financier comme le ferait un travailleur ou un syndicat; cela rejoint plutôt leur revendication plus fondamentales de citoyenneté et de société, cela parle d'idées et d'idéal, cela de collectivité et non d'individualisme. Il est utopique de croire que l'on pourra encarcaner un tel "mouvement" de l'esprit... l'esprit qui vient du coeur, le coeur dont la jeunesse a le bénéfice et l'odieu d'être encore si proche. Le politique ce n'est pas la même chose que le "légal". Non pas que le politique soit illégal (je précise car par les temps qui courent...) mais bien qu'il est au delà par sa nature discrétionnaire essentielle à la gouvernance et tel est également le mouvement étudiant, par sa nature et son rôle essentiel dans nos sociétés.

    • Michel Begoc - Inscrit 17 novembre 2012 11 h 37

      Il me semble que si la pression qu'une association étudiante peut exercer n'est pas aussi directe que celle d'un syndicat, elle n'en est pas moins réelle. On l'a bien vu au printemps dernier: la société n'aime pas le désordre, c'est un axe de pression efficace. Également, la perte d'une session a des effets très concrets pour les employeurs et le gouvernement en terme de ressources salariales, coûts et planification.
      Quant à l'action politique, on voit bien ce que ça donne si on ne fait pas parti des amis du pouvoir: ça marche tant que ça ne change pas réellement le système. Il me semble que je vois des militants se battre contre la puissance des lobies depuis mon enfances, sans aucun effet vu la situation sociale et économique mondiale actuelle.

    • Jacques Patenaude - Abonné 17 novembre 2012 12 h 15

      Le dirigeants de l'uqam viennent justement de dire que la grève leur a coutée 21 millions. alors votre argument vaut ce qu'il vaut.

    • henri -s garneau - Inscrit 17 novembre 2012 13 h 37

      Vous avez parfaitement raison, les étudiants sont des bénéficiaires d'un service offert. Ils le veulent pas bin tant pis ils boycottent leur cour, et qu'ils n'empêchent pas les autres de bénéficier du service offert.
      L'avenir le dira ils ont été des pions. Ils ne sont fait mal qu'a eux même, ils sont en retard alors que les autres ont avancés.
      Moi j'aimerais bien que le mot grève s'applique parce qu'a ce moment les univ. vont avoir le droit de les louckoutés! tiens toi ferme l'université. Quand ça ira tellement mal et qu'ils seront 10 ans en arrière des autres provinces ils y penseront a 2 fois. Ça fait pas mal au gouvernement, ça fait mal aux bénéficiaires.

    • François Ricard - Inscrit 17 novembre 2012 19 h 56

      Économiquement parlant, une grève estudiantine fait mal à toute la société à laquelle appartiennent les étudiants.
      Les étudiants remboursent une bonne partie des argents que la société leur a avancés lorsqu'ils gagnent le marché du travail par leurs impôts.
      Si un étudiant, à cause d'une grève, commence à travailler un, deux ans plus tard que prévu, l'État est automatiquement privé d'un revenu pendant ce laps de temps.
      Si un étudiant, à cause d'une grève, abandonne totalement sa formation, l'État perd encore beaucoup plus.
      Qui étudie, s'enrichit.
      Le diplômé s'enrichit.
      L'État, à cause des émoluments plus élevés du diplômé, s'enrichit.