TÉLUQ - «Une nouvelle liberté»

Martine Letarte Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La TÉLUQ souhaite rayonner davantage au Québec en matière de recherche. Un défi pour cette université complètement à distance qui est concentrée sur le premier cycle.

Une nouvelle planification stratégique pour la recherche est en cours à la TÉLUQ. L’objectif est d’obtenir une meilleure visibilité et une meilleure reconnaissance de ses chercheurs. La TÉLUQ entreprend ainsi une ère de changement, alors qu’elle vient de retrouver sa pleine autonomie après quelques années d’intégration à l’UQAM.


« Nous reprenons le plein contrôle de notre recherche et de ses axes. Nous sommes heureux de cette nouvelle liberté », affirme Martin Noël, directeur de l’enseignement et de la recherche à la TÉLUQ.


Un lot de défis viennent toutefois avec cette liberté retrouvée. « Nous sommes une petite université, donc nous devons travailler avec les professeurs pour trouver des secteurs dans lesquels on aura un impact majeur », précise M. Noël.


Informatique cognitive


Quelques axes de recherche brillent déjà à la TÉLUQ. Par sa nature d’université exclusivement à distance, l’université a rapidement développé un champ de compétence dans les domaines de la formation à distance, des technologies de l’apprentissage, des communications et de la gestion des technologies.


La TÉLUQ peut d’ailleurs compter sur son Laboratoire d’informatique cognitive et environnements de formation (LICEF), un centre de recherche reconnu en 1995. Le fondateur est Gilbert Paquette, chercheur et ancien ministre péquiste de la Science et de la Technologie. Il est toujours actif comme chercheur et il est titulaire de la Chaire en ingénierie cognitive et éducative.


« Le créneau de recherche en informatique cognitive est bien établi à la TÉLUQ, affirme Martin Noël. Nous avons même un doctorat offert dans le domaine. Maintenant, nous souhaitons que les fruits de la recherche qui se fait à la TÉLUQ soient davantage réinvestis dans la façon d’enseigner chez nous. Cela fera certainement partie de notre planification stratégique. »

 

Organisation du travail


La TÉLUQ a aussi développé une expertise de recherche dans le domaine de l’organisation du travail. Notamment grâce aux recherches de Diane-Gabrielle Tremblay, à la TÉLUQ depuis 1988. « Depuis plusieurs années, je travaille sur le vieillissement de la main-d’oeuvre et sur la conciliation travail-famille », affirme la chercheuse qui vient tout juste de publier deux ouvrages, Articuler emploi et famille ainsi que Performance organisationnelle et temps sociaux, aux Presses de l’Université du Québec.


Si ses sujets de recherche demeurent les mêmes au fil du temps, ils sont continuellement en évolution. « Par exemple, au départ, mes recherches portaient principalement sur la conciliation travail-famille des parents de jeunes enfants, explique Mme Tremblay. Je fais toujours des recherches sur eux, mais je viens de commencer à regarder la conciliation travail-famille des employés qui doivent s’occuper de parents vieillissants. »


Cette semaine, elle publiera d’ailleurs les résultats d’un premier sondage mené auprès d’employeurs à ce sujet. « Certains n’ont pas du tout commencé à réfléchir à la question, d’autres ont constaté le problème. Les employeurs peuvent faire preuve de flexibilité pour l’horaire, permettre à l’employé de prendre ses vacances, puis ses congés personnels, mais si la situation se prolonge, ils ne savent pas quoi faire. Ils n’ont pas encore de pratiques arrêtées. C’est certainement un sujet de recherche que nous allons continuer à creuser, en raison du vieillissement de la population. Il sera intéressant éventuellement, par exemple, de voir les mesures mises en place par certaines entreprises. »


En émergence


D’autres secteurs de recherche sont en émergence à la TÉLUQ. Notamment celui de la santé mentale. « Nous avons une bonne équipe de chercheurs spécialisés en psychologie, en santé mentale et en administration du système de santé, affirme Martin Noël. Nous développons aussi des cours crédités dans le domaine. »


Le professeur Yves Lecomte développe d’ailleurs actuellement un programme de maîtrise dans le domaine de la santé mentale.


Une nouvelle génération de chercheurs arrive également à la TÉLUQ. « Nous avons plusieurs jeunes professeurs avec de beaux projets de recherche, affirme M. Noël. Je pense par exemple à Nicolas Bélanger, actif dans le domaine de l’environnement et de la gestion des forêts. Il y a aussi Franck Jovanovic, dans le domaine de l’économie financière. Daniel Lemire, en informatique, plus précisément dans le domaine de la gestion des données. Il y a aussi Normand Landry, spécialisé dans les enjeux sociaux de la communication. »


Un contexte particulier


Pour un chercheur, la TÉLUQ offre un contexte de travail particulier. Plutôt que de devoir enseigner la matière, les professeurs font davantage de la conception de cours.


« J’aime bien la possibilité qu’on a d’utiliser différents médias pour présenter la matière aux étudiants. J’aime filmer des entrevues d’experts, des témoignages et des études de cas sur le terrain, plutôt que de raconter tout ça moi-même devant une classe », affirme Diane-Gabrielle Tremblay.


« Le mode d’enseignement à distance est très flexible et notre façon de fonctionner l’est aussi, affirme M. Noël. Les professeurs ont une grande liberté. Ils peuvent travailler sur la conception de cours pendant une période de temps, puis se concentrer sur leurs projets de recherche pour un moment. »


La TÉLUQ vient aussi avec ses défis pour les chercheurs. Comme c’est, à la base, une université de premier cycle, ils doivent être ingénieux pour recruter des étudiants des cycles supérieurs. « Les chercheurs qui se créent de bons réseaux réussissent très bien, remarque M. Noël. Ils développent des projets de recherche avec d’autres universités d’ici et de l’étranger. Le travail en collaboration est d’ailleurs de plus en plus demandé par les organismes qui subventionnent les projets de recherche. »


La TÉLUQ compte une soixantaine de professeurs. L’an dernier, ceux-ci ont publié 12 ouvrages, en plus de nombreux articles scientifiques.



Collaboratrice