Rentrée étudiante - Le recteur de l’Université de Montréal avait réclamé plus de policiers

Près d’une centaine de policiers étaient présents à l’Université de Montréal, le 27 août dernier, lors de la rentrée des étudiants.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Près d’une centaine de policiers étaient présents à l’Université de Montréal, le 27 août dernier, lors de la rentrée des étudiants.

Le syndicat des professeurs et les étudiants accusent le recteur de l’Université de Montréal d’avoir péché par excès de prévention en matière de sécurité. En assemblée universitaire lundi, le syndicat a révélé que le recteur Guy Breton avait, une semaine avant la rentrée des étudiants le 27 août, contacté le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour lui demander de rendre disponibles un nombre suffisant de policiers pour intervenir à l’université. Des pavillons avaient été ciblés pour l’intervention et les doyens et les directeurs de département avaient également été informés du plan d’intervention.

« Ils étaient au courant qu’il y aurait des interventions policières, mais comment pouvaient-ils être au courant que les étudiants en étaient venus « aux poings » si les événements n’avaient pas encore eu lieu ? » a demandé le président du syndicat des professeurs de l’UdeM (SGPUM), Jean Portugais, en interpellant le recteur.


Visiblement agacé, le recteur Breton a rétorqué qu’il ne trouvait pas « répréhensible » de demander aux forces policières d’être disponibles en nombre suffisant pour pouvoir intervenir en cas de débordement. Le recteur invoque le dérapage de la journée du 12 avril, où des centaines de personnes ont envahi le hall du pavillon Roger-Gaudry et tenté d’enfoncer la porte du rectorat. L’aide demandée à la police n’a pas été suffisante, souligne-t-il. « On avait demandé de l’aide, qui est arrivée en petit nombre et qui n’a pas pu empêcher ce qui s’est passé. Ça a été un saccage, une profanation », a dit M. Breton pour expliquer ses discussions avec le SPVM.

 

Mesures préventives


Selon lui, le contexte de la rentrée des cégeps et l’électricité qu’il y avait dans l’air ont justifié des mesures préventives. « C’est ce que j’appelle de la prévention. Ce n’est pas des policiers qui sont à l’intérieur », a insisté M. Breton. La secrétaire générale de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), Mireille Mercier-Roy, croit que la présence de près d’une centaine de policiers à l’extérieur du campus n’avait rien de préventif. « L’analyse qu’on en fait, c’est que la présence de la police a exacerbé les tensions, a-t-elle noté. Ce qui est dramatique, c’est qu’on avait vu que quand l’université avait fait appel à des agents de sécurité le 12 avril, ça avait aggravé la situation sur le campus. C’est donc d’autant plus surprenant qu’ils aient trouvé que c’était une bonne idée de préparer la police à intervenir en plus grand nombre. »


Choquée par les propos véhiculés en assemblée universitaire, la FAECUM réitère sa demande de démission du recteur Guy Breton. Mme Mercier-Roy évoque la rupture et le climat de méfiance qui s’est installé entre l’administration et les étudiants. « On pense qu’il aurait dû reconnaître ses erreurs, a-t-elle dit. Le climat risque d’être tendu, mais on a quand même réussi à régler par le passé plusieurs problèmes avec le rectorat. »

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