Sous-financement du réseau universitaire - Le recteur de l’UdeM entend raisonner Pierre Duchesne

Pierre Duchesne
Photo: - Le Devoir Pierre Duchesne

Lors d’une assemblée lundi midi, le recteur Guy Breton, ainsi que plusieurs membres de l’administration, a déploré les déclarations du ministre Pierre Duchesne qui montrait son scepticisme sur le sujet. « Le sous-financement existe, et j’ai l’intention de me battre pour le faire réaliser aux autres », a dit M. Breton à des membres de la communauté universitaire.


Selon lui, ceux qui remettent en doute le sous-financement mettent également en doute la nécessité de comparer les universités d’ici avec le reste du Canada. « Le Québec ne vit pas sur une autre planète. La qualité de l’enseignement est une chose relative et, comme toute chose relative, il faut la comparer pour bien la situer », a insisté M. Breton.


Le sous-financement est une évidence, avance le recteur. Il en veut pour preuve une étude récente du Conseil des universités de l’Ontario qui place le Québec au dernier rang des provinces pour l’investissement par étudiant. « Les Québécois investissent, tous revenus confondus, et je ne parle pas des droits de scolarité, 1000 $ de moins par étudiant pondéré que la moyenne canadienne. Autrement dit, les universités québécoises disposent de 13 % de moins de ressources que la moyenne des universités canadiennes », a-t-il expliqué.


Il a rappelé que la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec chiffre désormais à 620 millions le manque à gagner dans les budgets des universités et qu’il y a près de dix ans, en 2003, cette même organisation l’évaluait à 375 millions. Le ministre de l’Éducation de l’époque, Sylvain Simard, avait confirmé ce montant et les étudiants « étaient d’accord avec ce diagnostic », a soutenu le recteur. Rien que pour l’UdeM, le sous-financement est de 110 millions sur un budget de 700 millions, poursuit-il.


Guy Breton a interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur sur deux « inconnues », soit le montant de la compensation pour l’annulation de la hausse des droits, qui n’a toujours pas été annoncé, et l’effet négatif de la baisse des inscriptions, notamment au dernier trimestre d’été qui a connu une baisse de 330 inscriptions.


« Je rappelle que la hausse des droits de scolarité sur cinq ans aurait rapporté à terme 35 millions à l’Université de Montréal, soit 5 % de son budget annuel, ce qui n’est pas négligeable », a dit le recteur.


Bien que le nombre d’étudiants semble être en hausse au trimestre d’automne, le recteur ne cache pas son inquiétude : l’UdeM possède la dette accumulée la plus élevée du réseau universitaire québécois, soit 144 millions.

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