Lisée surprend le réseau scolaire anglophone

Les commissions scolaires anglophones de Montréal ont eu toute une surprise lundi en recevant une visite pour le moins inusitée. Le ministre des Relations internationale et responsable de Montréal, Jean-François Lisée, s’est déplacé en personne au siège social de la Commission scolaire English Montréal (CSEM) pour établir un premier contact avec sa présidente ainsi qu’avec celle de la Commission scolaire Lester-B.-Pearson. « Ça fait 14 ans que je suis commissaire, depuis le début des commissions scolaires linguistiques en fait, et je n’ai jamais reçu la visite d’un ministre », a dit Angela Mancini, présidente de la CSEM, se réjouissant de l’effort de ce déplacement. Et le premier ministre à briser ce silence est un péquiste de surcroît.

Les discussions ont été cordiales, et les deux présidentes, si elles sont satisfaites, demeurent sur leurs gardes. « C’est une bonne première étape si tôt dans son mandat. [...] C’est sûr qu’on est au début et il reste à savoir quelles seront les actions que le gouvernement va prendre », a dit Mme Mancini. « C’est un bon premier pas », a renchéri aussitôt Suanne Stein Day, nouvelle présidente de Lester-B.-Pearson. « On est d’accord sur le fait que le réseau scolaire anglophone veut être une partie de la solution, et non du problème. »


Dans cet entretien privé, les deux présidentes ont évoqué la baisse alarmante de leur clientèle, les difficultés des élèves des milieux défavorisés et l’épineux sujet des écoles passerelles, ces écoles privées anglophones par lesquelles transitent plusieurs élèves pour avoir accès à une éducation en anglais. Selon le PQ, ce système permet de contourner la loi 101.


Le réseau de l’éducation pouvait se targuer d’avoir à son chevet deux ministres lundi. Car, en plus de M. Lisée, des intervenants mobilisés pour contrer le décrochage scolaire ont reçu lundi la visite de la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, pour sa première sortie publique qui ne fut pas annoncée officiellement. Cette « prise de contact », comme l’a dit Mme Malavoy, lui a permis de partager ses convictions et ses préoccupations sur l’éducation, à l’invitation du Réseau réussite Montréal, qui annonçait un investissement de 900 000 $ sur deux ans dans trois nouveaux quartiers montréalais ciblés pour leurs problèmes de décrochage scolaire, soit Saint-Léonard, Saint-Michel et Saint-Laurent.


Citant des exemples dans sa circonscription de taux effarants d’illettrisme, Mme Malavoy a rappelé ses intentions de lutter contre l’analphabétisme et les taux élevés de décrochage scolaire. « Éduquer quelqu’un, c’est lui donner des outils pour lui-même », a-t-elle dit en soulignant que c’était également une clé pour la « liberté » et la « citoyenneté ». La ministre a aussi rappelé la nécessité d’avoir une main-d’oeuvre qualifiée pour que le Québec demeure compétitif. Elle a, en outre, rappelé l’engagement du PQ d’instaurer la maternelle à temps plein pour les enfants de quatre ans des milieux défavorisés. Une étude à ce sujet l’avait beaucoup marquée. « Elle concluait que 35 % des petits enfants qui arrivent en maternelle sur l’île de Montréal ont des carences telles qu’on peut presque prévoir qu’ils vont vers l’échec. C’est affreux », a-t-elle soutenu.

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