L’école des «petites merveilles»

Pierre Vallée Collaboration spéciale
L’école publique a aussi pour mission de former les jeunes adultes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Damien Meyer L’école publique a aussi pour mission de former les jeunes adultes.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation, septembre 2012

C’est pour une quatrième année de suite que Claire Pimparé accepte d’être la porte-parole de la Semaine pour l’école publique. Un rôle qu’elle assume avec passion, car cette cause lui tient vraiment à coeur.

«Pour moi, être la porte-parole d’une cause, ce n’est pas seulement prêter mon nom et mes photos, explique Claire Pimparé.Il faut que je sois capable de m’engager. C’est un besoin. Il faut qu’il y ait un défi à relever. La cause devient alors en quelque sorte mon bébé. Et c’est ce qui est arrivé pour l’école publique. »


Car soutenir l’école publique représente à ses yeux un véritable défi. « Chaque année, il faut se battre et ça redevient mon cheval de bataille. Trop de personnes au Québec ont une perception négative de l’école publique. Je m’en rends compte lorsque je donne des entrevues ou que j’échange avec des gens. Souvent, le premier réflexe de mon interlocuteur est de critiquer l’école publique et de pointer ses failles. En tant que porte-parole, j’essaie de corriger cette perception et d’attirer l’attention sur ce qui se fait de positif à l’école publique. Car il s’y fait chaque jour de petites merveilles. Mon rôle est de sensibiliser les gens à cette réalité. On ne s’aperçoit pas assez au Québec que l’école publique est une mine d’or. »


Car l’école publique, selon elle, a un rôle capital à jouer au Québec. « D’abord, l’école publique est gratuite et accessible et tous y ont droit. Elle donne ainsi une chance à tout le monde de pouvoir s’éduquer et ensuite de participer activement à la société. On a tendance à l’oublier, mais s’il y a une classe moyenne au Québec, c’est grâce avant tout à l’existence de l’école publique. Il faut aussi souligner que l’école publique ne s’occupe pas seulement de nos enfants, mais qu’elle forme aussi nos jeunes adultes. »


C’est pourquoi elle croit qu’on devrait soutenir davantage l’école publique. « On devrait en être content et non seulement la soutenir, mais aussi s’y engager davantage. Comment voulez-vous qu’un enfant soit fier de son école publique si ses parents montrent peu ou pas d’intérêt envers l’école ? » Et cela s’applique aussi aux adultes qui n’ont pas d’enfant. « Il faut la participation de toute la société si on veut s’assurer de maintenir une école publique de qualité. La fierté de l’école, ça commence à la maison et ce sont les adultes qui doivent donner l’exemple. »


Et il ne faudrait pas tenir pour acquise l’école publique. « Si on ne la soutient pas, si elle nous indiffère et qu’on la néglige, l’école publique telle qu’on la connaît pourrait en venir à disparaître. On se retrouverait alors avec une école québécoise qui n’est plus gratuite ni accessible à tous. »


Francisation


Le thème retenu cette année pour la Semaine de l’école publique est celui de la francisation. Claire Pimparé donne à ce thème deux volets. « Il y a d’abord le nôtre. Est-ce qu’on aime notre langue ? Veut-on la garder ? Si on répond oui à ces deux questions, il faudrait peut-être alors prêcher par l’exemple et faire l’effort de bien parler le français. Je suis toujours consternée d’entendre des gens, dans un vox-pop par exemple, mal s’exprimer en français. Il faut faire un effort pour rehausser la qualité du français au Québec. Et c’est d’abord la responsabilité des adultes. Comment voulez-vous exiger des enfants qu’ils parlent un meilleur français si les adultes en sont incapables ? »


Le second volet est la francisation des immigrants, une situation qui touche particulièrement l’école montréalaise. « L’école publique fait un excellent travail pour la francisation des enfants issus de familles immigrantes, malgré que la tâche soit compliquée et même parfois lourde. Ce sont de jeunes enfants qui souvent entrent à l’école sans connaître un mot de français et qui évidemment ne peuvent pas compter sur le soutien de leurs parents, car ces derniers non plus ne parlent pas le français. La tâche tout entière repose alors sur le dos des enseignants. Je crois que le gouvernement devrait mieux en tenir compte et offrir davantage de soutien et de moyens aux enseignants. Tout comme il devrait renforcer l’aide accordée aux familles immigrantes. »


Malgré une carrière de comédienne et de communicatrice bien remplie, Claire Pimparé n’a pas été avare de son temps et, au fil des ans, elle a entériné et entérine toujours de nombreuses causes. Une constante toutefois se dégage : c’est son engagement envers la cause des enfants. « S’il y a un privilège que nous avons dans notre existence, c’est bien celui de donner la vie et de mettre un enfant au monde. »


Et non seulement le mettre au monde, mais aussi le nourrir. « La responsabilité des parents est de bien élever leurs enfants, et, par élever, je ne veux pas dire seulement éduquer, mais élever dans le sens d’amener l’enfant à aller plus haut. Il faut encourager les forces de nos enfants et non pas nous acharner sur leurs échecs. » Et, selon elle, encore trop de parents négligent cette responsabilité. « Derrière chaque signalement à la DPJ, il y a des parents qui n’ont pas su assumer cette responsabilité. »


Mais les parents ne sont pas les seuls responsables. « L’ensemble de la société doit être responsable du climat social dans lequel elle élève ses enfants. Et l’école publique y joue un rôle majeur. » À entendre ses propos, on comprend maintenant pourquoi cette cause lui sied si bien.

Collaborateur

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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