Ressouder les générations - «Quelque chose se passe, et je veux profiter de cette effervescence»

Le député Léo Bureau-Blouin au cours de l’entretien qu’il a accordé au Devoir, lundi. L’adjoint parlementaire à la jeunesse promet de ne pas faire de l’accessibilité aux études son seul combat.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le député Léo Bureau-Blouin au cours de l’entretien qu’il a accordé au Devoir, lundi. L’adjoint parlementaire à la jeunesse promet de ne pas faire de l’accessibilité aux études son seul combat.

Entre Québec et Laval-des-Rapides, où il cherche toujours un appartement à louer, entre son rôle de leader étudiant et de député qui occupera les fonctions d’adjoint parlementaire à la jeunesse, Léo Bureau-Blouin, est en pleine transition. Le Devoir l’a intercepté au passage, avant qu’il ne prenne littéralement son envol dans les hautes sphères de la politique.

Il n’aura pas de portefeuille, ni de limousine, même si, à l’occasion, il profitera de celle de son voisin de palier à Québec, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée. Mais cela n’empêchera pas Léo Bureau-Blouin de tout mettre en oeuvre pour relever les défis qui lui ont été confiés. « La marche n’est pas trop haute », déclare le jeune homme, confiant mais humble. « On me confie des responsabilités qui ne sont pas trop grandes. Je pense être en mesure de relever les défis. Je n’ai pas de pouvoir de signature et je ne pourrai engranger des dépenses […], mais j’ai un certain nombre de responsabilités qui me donnent une légitimité d’action, me permettent d’intervenir publiquement sur certains sujets précis. »


Déjà, celui que plusieurs - y compris la première ministre - nomment simplement « Léo » s’est forgé une idée sur ses nouvelles fonctions d’adjoint parlementaire à la jeunesse, qui relève de facto du premier ministre. « Je vois mon rôle comme celui d’un conseiller. Bien sûr, sur la question du sommet sur l’enseignement supérieur, mais plus largement sur comment faire pour que les jeunes se sentent bien représentés et favoriser leur participation à la démocratie », explique M. Bureau-Blouin, en entrevue au Devoir.


Réfléchir à des façons de faire mieux avec des structures déjà en place comme les carrefours jeunesse-emploi ou promouvoir l’idée de bureaux de vote dans les cégeps et les universités, par exemple. Mais, surtout, il compte développer l’idée de la création d’un Conseil des générations, initiative qu’il avait présentée l’an dernier en commission parlementaire, à la suite de l’abolition du Conseil permanent de la jeunesse, celui de la famille et des aînés. « Plutôt que de conseiller sur un pan de la société, il faudrait voir comment les politiques publiques peuvent être plus respectueuses de l’équité intergénérationnelle », soutient-il.


Homme de compromis, disait-on. « Le conflit a contribué à monter les générations les unes contre les autres. Les jeunes ont eu l’impression de se faire refiler la facture alors que les plus vieux ont l’impression inverse et croient que les jeunes devraient payer leur part. » Le cabinet n’en est pas encore saisi, mais il croit en cette initiative qui devrait intéresser Pauline Marois. « Je crois que ça tient à coeur à la première ministre qui veut savoir comment recoudre les plaies, comment éviter que les derniers mois laissent des cicatrices au tissu démocratique », souligne-t-il, avec ce sens inné de la formule.


Léo Bureau-Blouin promet de ne pas faire de l’accessibilité aux études pour les jeunes son seul combat. « Je ne suis pas l’homme d’une seule cause. Mais je vois la question de l’égalité des chances comme la meilleure porte vers l’ascenseur social. » Le sommet sur l’enseignement supérieur que tiendra son gouvernement est surtout, pour lui, une occasion de voir la jeunesse marquer des points.

 

Vie de député


Outre ses responsabilités parlementaires, il aura à assumer ses fonctions de député de Laval-des-Rapides. Entre les représentations dans la circonscription et des séances de sourires et de poignées de main, il devra être à l’écoute des citoyens et tenter de devenir l’expert de tous les dossiers qu’ils porteront à son attention. Comment compte-t-il s’en sortir ? « Un citoyen est venu me voir pour un enjeu très précis concernant les accidentés du travail. J’ai dû être honnête et lui dire que je ne connaissais pas cette problématique. » Et alors qu’on croit le coincer, voilà qu’il poursuit du tac au tac en expliquant comment il a commandé des notes d’information, a réussi à démêler les relations entre la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) et celle des lésions professionnelles, et à forger un début de piste de solution.


Pratiquement impossible à mettre en boîte, le jeune homme de 20 ans a réponse à tout. Ou maîtrise parfaitement l’art de l’esquive, en rhétorique, ce savant mélange de langue de bois et de candeur dont il use et, peut-être même, abuse. Il pèse ses mots, mijote ses déclarations au point de rappeler la journaliste en fin de journée pour vérifier s’il s’est bien fait comprendre sur un point plus litigieux.


Bref, les déclarations à l’emporte-pièce où il sort de ses gonds, ce n’est pas son genre. « Je n’ai pas un tempérament sanguin. Je ne me fâche pas souvent, ce n’est pas ma façon de faire. Je suis plutôt porté vers le compromis », lance-t-il pour expliquer cette impression de maîtrise de soi qu’il donne, malgré la lourde pression qui pèse sur ses épaules. « Il faut créer une distance entre la notoriété et soi-même. Un peu comme le médecin prend des distances face à son patient », poursuit-il en toute sagesse. Certains rageraient devant ses allures de jeune premier promu à un brillant avenir.


Et là encore, il désarme, parant d’avance toute critique. « Je ne suis pas con. Je suis conscient que je ne fais pas l’unanimité chez les étudiants, au même titre qu’un politicien ne fera jamais l’unanimité au sein de la population », répond-il lorsqu’on lui rappelle les huées à son endroit de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), le soir des élections.


Il prend même les devants en reconnaissant d’emblée ses erreurs. Lors d’une entrevue à l’émission de Paul Arcand, sur les ondes de 98,5 FM, il a laissé échapper que l’indexation des droits de scolarité, que prône le Parti québécois, était un « compromis acceptable ». « J’ai fait une erreur, a-t-il reconnu. C’est une erreur, car, ultimement, je crois que ce n’est pas à moi de décider quel serait le compromis acceptable. Je ne veux pas avoir l’air de celui qui prend les décisions avant même d’avoir rassemblé les acteurs. »

 

Profiter de l’effervescence


S’il s’est lancé en politique un peu par hasard - il dit avoir pris goût à la chose au fil de son implication dans l’association étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe, puis comme président de la fédération étudiante collégiale du Québec -, il maintient l’avoir fait en « toute connaissance de cause ». « Il y a quelque chose qui se passe, et je veux profiter de cette effervescence », dit-il. Grande aurait été sa déception de perdre aux élections, mais les défaites font partie du jeu. « Je ne conçois pas la politique comme une carrière », note le jeune député. Il se dit conscient que, pour toutes sortes de raisons, sa présence à l’Assemblée nationale pourrait être de courte durée. De toute façon, rien de pire pour lui que « des politiciens qui restent pour rester».


Ainsi, tout en se réjouissant d’un bel accueil de ses collègues députés, Léo Bureau-Blouin entend suivre du mieux qu’il peut les conseils de ses homologues d’expérience. En particulier celui de Louise Harel, qui lui a un jour suggéré d’accomplir ses objectifs du jour avant de se coucher, de façon à pouvoir partir la tête haute, si tel devait être le cas. Et il promet à tous ceux qui se sont inquiétés de le voir interrompre ses études qu’il fera tout pour s’inscrire à un certificat en droit dès qu’il en aura l’occasion.

16 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 25 septembre 2012 01 h 14

    Un vrai de vrai politicien, ce Léo

    Quand il parle, on ne sait pas s'il dit Oui ou Non. Ou les deux à la fois, comme un vrai politicien. Il ne se trompera jamais.

    • Marie-M Vallée - Inscrite 25 septembre 2012 07 h 46

      Êtes-vous en train de nous dire qu'il est comme Charest et ses ministres ?

    • André Michaud - Inscrit 25 septembre 2012 09 h 13

      Être au pouvoir rend réaliste, les rêves coûtent cher et tous les citoyens en réclament..il faut faitre de choix et les assumer comme l'a fait M.Charest dans le conflit étudiant.. ou comme M.Bouchard dans les années 90... ou M.LÉvesque en 80 en coupant de 20% le salaire des employés pour garder notre cote d'emprunt.. .

      On ne peut plaire à tous et il y aura toujours des déçus. Surtout quand les citoyens ont appuyé 3 partis avec presque chacun 30% des votes..

      Léo apprendra donc à devenir réaliste et que le fric ne pousse pas dans les arbres, et que l'on ne peut pas bâtir une économie en "faisant payer les riches" pour tout!

    • Serge Desjardins - Abonné 25 septembre 2012 09 h 13

      Malheureusement je sent un peu de Bourassa en lui...Jamais OUI jamais NON ....GRRRRRR....On a besoin plutôt d'hommes et de femmes qui sont capable de dirent les VRAIS choses présentement!!!!Et ne pas continué a distribué les bonbons a tout le mondes comme avant...La récréation est VRAIMENT terminé!

    • Jacques Thibault - Inscrit 25 septembre 2012 09 h 16

      C'est vrai qu'il est plutôt habile et prudent pour l'instant. On ne saurait mieux le conseiller sur ce point. Laissons-le faire ses classes avant de le juger. La chance au coureur...ça vous dit quelque chose?

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 septembre 2012 10 h 59

      Bien d'accord avec vous, M. Thibault !

  • France Marcotte - Inscrite 25 septembre 2012 10 h 14

    Est-ce le portrait mais il est ridicule

    Je ne crois pas utile de faire maintenant le portrait à la une d'un vague adjoint parlementaire de 20 ans à moins de vouloir le ridiculiser.

    Il n'a rien à dire pour le moment.

    Repassons plus tard.

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 septembre 2012 11 h 07

      Il faut simplement le voir débuté en politique active, et juger plus tard à ses fruits !

      On fait exactement la même chose avec les nouvelles politiques de Mme Marois, laquelle d'ailleurs a hérité, il faut le dire, d'un gouvernement plus que lourd et dont il faut lui laisser le temps nécessaire d'y redonner un nouveau sens, une nouvelle dynamique! On est loin de la magie, là !

      Le jeune député doit faire ses classes, il a été élu par la population lavalloise, alors qu'on savait qu'il n'avait que 20 ans et aucune expérience en politique active ! Ceux qui l'ont élu lui ont fait confiance. C'est admirable de faire confiance à un si jeune député!

    • Jacques Thibault - Inscrit 25 septembre 2012 12 h 19

      Même avec son inexpérience dans la vie et dans la politique, il paraît déjà avantagé par rapport à de vieux routiers tels que Sam Hamad ou Mario Dumont. Vous le qualifiez de vague adjoint parlementaire, mais je me rappelle tout l'aplomb qu'il a déployé lors d'interventions au cours des manifestations contre la hausse des frais de scolarité. Il est par le fait même un politicien bien en vue et espérons qu'il y trouve l'espace voulu pour faire passer ses idées.

    • Patrick Boulanger - Inscrit 25 septembre 2012 14 h 15

      Ce «vague adjoint parlementaire de 20 ans» est probablement l'un des députés québécois les plus connus, Mme Marcotte.

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 25 septembre 2012 16 h 00

      @ Mme. Bolduc, votre réponse est optimiste, je dirais plutôt qu'ils ont voté PQ et non directement pour Léo-Bureau Blouin... un candidat vedette dans un comté facile, au cours d'une élection ou la majorité des gens votent PQ pour aller contre Charest... un peu trop de présomption pour dire qu'on fait confiance à LBB...

      @ Mr. Thibault et Boulanger, cous l'avez vu pendant la grève étudiante, mais vous ne le connaissez pas comme député relégué aux oubliettes par le PQ... à peine nommé candidat, il avait la langue de bois à passer de "gratuité scolaire" à "frais de scolarité les plus abordables"... il n'est pas ministre, n'aura probablement pas la parole lors des interventions et risque de se faire tasser rapidement par Mme. Marois et les vieux routiers du Partis... pardonnez mon manque d'optimisme, mais le PQ s'est servit de LBB comme d'une mascotte, il n'a rien a dire pour l'instant du tout, et c'est donc vrai qu'il faut lui laisser le temps de se faire les dents... la mode LBB n'est peu être pas un feu de paille, mais ce n'est pas non plus un feu du tout, il ne fat n vagues ni fumée pour l'instant...

      Jérémie Poupart Montpetit

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 septembre 2012 20 h 30

      @Jérémie Poupart-Montpetit

      Je préfère être ce que je pense qu'être ce vous pensez de façon aussi petite (mesquine) !

      Valoriser le jeune Léo, devenu le plus jeune député du Québec, ne vous dit rien de bon? À moins que en étiez un parmi d'autres qui ne l'ont pas été (valorié)? Ce n'est pas une raison pour déprécier l'autre (Léo, et tous ceux qui le seraient à son exemple) tout en vous dépréciant vous-même!

      Dommage pour vous !!

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 27 septembre 2012 14 h 02

      @ Mme. Bolduc,
      vous ne saisissez peut-être pas le sens de mes propos, il n'y a rien de mesquin là dedans, je me suis moi-même présenté aux élections et félicite Mr. Bureau Blouin pour son élection. Je ne cherche pas à le dévaloriser, mais soyons réaliste un peu, il ne faut pas le mettre sur un piédestal alors qu'il a les mains lies dans le dos...

      Rien à secouer qu'il soit le plus jeune député du Québec, l'important est de savoir si on lui donne la chance de faire son travail et de partager ses opinions ce dont je doute dans le cadre actuel du PQ. Autre part, je considère que tout deux nous manquons d'expérience en politique (un acquis qui ne peut se faire qu'avec le temps) et il faut donc lui laisser la chance de développer des opinions tangibles et de se faire les dents sur certains dossiers avant de le mettre à l'avant plan... pour l'instant, faire ceci ne revient qu'à l'utiliser comme mascotte ou pire, l'envoyer à la casse en le mettant sur une pente glissante...

      En réponse à votre pique personnelle non justifiée, je dirais, cette fois-ci avec une réelle mesquinerie, qu'il est parfaitement imbécile d'applaudir chaque singe élu (LBB n'est pas un singe, mais comprenez la métaphore...). Pour faire un parallèle, doit-on applaudir parce que Mme Marois est la première femme première ministre de l'histoire ? en mon opinion, pas du tout, j'aurais préféré 1000 Françoise David, politicienne intègre, logique et efficace, qu'une seule Pauline Marois, dont le seul but pour cette élection était de voguer la vague anti-libérale pour être élue...

      N'interprétez pas mes paroles à votre aise quand le sens que vous leur donnez n'est pas le bon, vous minez la discussion...

      Jérémie Poupart Montpetit

  • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 25 septembre 2012 16 h 05

    Leo-manie...

    Est-ce que le devoir fait maintenant dans la nouvelle "people" ? l'article n'est pas mauvais, mais c'est assez désolant de constater que LBB ne fait toujours que servir de mascotte, ne peut apporter vraiment de nouvelles idées en chambre et ne se fait médiatiser que pour son rôle de Toy-Boy du PQ... ni oui ni non sur les enjeux de fond, soit, mais n'a-t-il aucun rêve tangible devant lui ? sans être député, il doit bien espérer quelque chose de clair pour la poliltique québécoise !!! servir la population ? se faire une carrière ? améliorer l'éducation ?

    Honnêtement, pour une rare fois, j'ai le mauvais pressentiment que LBB va se faire englober dans la lourde machine PQ comme un petit rouage encore à l'étape de la formation...

    Un futur grand politicien, certes, mais quel genre de politicien ?

    Jérémie Poupart Montpetit

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 septembre 2012 20 h 39

      Vous en rajoutez, et plus péniblement encore ! Vous n'avez aucune honte, à moins que vous soyez inconscient ou ignorant ?

      Pour le genre de politicien que pourrait être Léo Blouin-Bureau, seriez-cous un expert en la matière? Admettez au moins qu'il s'agit d'un politicien en herbe!

      Donnz-lui au moins une chance, si vous ne vous en donnez pas à vous-même,celui de jeter un regard juste sur lui, faute de n'en avoir aucun sur vous-même, par aveuglement ?

      S'il semble à vos yeux une petite mécanique susceptible "se faire englober dans la lourde machine PQ comme un petit rouage encore à l'étape de la formation", est-ce que c'est de la projection que vous faites de votre propre "machinerie disloquée "?

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 27 septembre 2012 14 h 22

      Et vous vous permettez de poursuivre les attaques personnelles sans saisir un traitre mot de mon message. je vous le clarifie pour que vous compreniez enfin:

      LBB a été utilisé comme mascotte par le PQ pendant la campagne et est maintenant abandonné à son sort (sauf une ou deux interventions "people" comme dans cet article-ci), ce qui me désole énormément.

      LBB a changé drastiquement de discours sur les frais de scolarité suite à son entrée au PQ, ce qui me fait craindre qu'il ne soit englobé par la grosse machine politique qu'elle représente.

      LBB au travers de son changement de discours commence à nuancer un peu trop ses propos, ce qui les rends peu clairs, voire parfois insipide, ce qui est dommage car il a beaucoup de potentiel en politique et avait pourtant de belles opinions bien appuyées.

      En Résumé, J'ai une crainte maladive que Mr. Bureau Blouin commence sa carrière dans l'espoir mais ne finisse comme un vieux politicien déçu, fini et corrompu. Le tableau est sombre, mais c'est ma crainte. Je lui souhaite la meilleure des chances et de faire tout en son pouvoir, mais j'ai quand même peur de la suite au vu du début.

      Si vous vous complaisez dans la "Léo-manie" et l'angélification de LBB, tel que votre manque criant d'analyse de la profondeur de mes propos me fait craindre, alors tant mieux pour vous, mais enlevez vos lunettes roses... nous (citoyens) donnons la chance au coureur, mais à quoi bon si son propre parti ne lui donne pas. Outre le devoir, qui lui donne la parole ? le PQ ? laissez moi rire...

      Jérémie Poupart Montpetit