Lachine - Des écoles partenaires pour le Collège Sainte-Anne

Jacinthe Leblanc Collaboration spéciale
Le Collège Sainte-Anne offre un volet de développement humanitaire et d’immersion culturelle.
Photo: Source Collège Sainte-Anne Le Collège Sainte-Anne offre un volet de développement humanitaire et d’immersion culturelle.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation, septembre 2012

En 2007, le Collège Sainte-Anne entame une réflexion cherchant à établir la direction à prendre pour les prochaines années, le tout sans renier le passé de l’école, vieux de plus de 150 ans. L’esprit consiste à « actualiser le mandat des soeurs de Sainte-Anne, qui, à l’époque, avaient un pied-à-terre un peu partout dans le monde », résume Michel Twigg, directeur du développement international du collège. Petit à petit, l’idée des écoles partenaires prend forme. Cinq ans plus tard, le collège situé à Lachine a des écoles partenaires sur tous les continents et offre un choix dans plus d’une quinzaine d’établissements pour des départs allant d’une semaine à un mois.

Au concept d’aide humanitaire, du temps des soeurs de Sainte-Anne, s’ajoute celui de solidarité. Le modèle des écoles partenaires s’applique autant aux élèves qu’aux enseignants. Du côté étudiant, pour chaque élève, il y a un profil. M. Twigg explique qu’un tel profil est tracé de la deuxième à la cinquième secondaire. « Les élèves de deuxième secondaire, c’est irréaliste de les envoyer en Afrique », mais il y a des écoles accessibles et mieux adaptées à leurs besoins, comme le St. Andrew’s College, à Aurora (Ontario). En troisième secondaire, il est possible, grâce au programme DéfiMonde pour les élèves inscrits en mandarin, d’aller passer « 24 jours en Chine dans trois écoles partenaires différentes ». Le directeur en rajoute : « Les élèves qui sont inscrits en espagnol, en troisième ou quatrième secondaire, ont dorénavant le choix entre deux écoles espagnoles, une en Espagne, l’autre en Argentine. » Il ne faut pas oublier non plus la nouvelle école partenaire en Tanzanie, où le projet consiste à « motiver les filles à rester à l’école comme solution à la pauvreté ».


Les possibilités sont donc immenses. Mais quel type de jeune est admis ? Tous ceux qui le désirent ! Les écoles partenaires ne fonctionnent pas par mérite, mais plutôt par intérêt. Les élèves trouvent leur niche et, à partir de là, ils postulent auprès de l’école partenaire qui leur convient, précise M. Twigg. Et ces échanges internationaux sont plutôt populaires, autant auprès des jeunes que des moins jeunes. Lorsqu’il est questionné sur l’école partenaire la plus courue, il répond avec sagesse : « Je ne pense pas qu’elle existe, la meilleure école au monde. Chacune a sa force. »

 

Globe Espérance


Parmi toutes les écoles partenaires, Globe Espérance semble être le projet le plus enthousiasmant et le plus solide. Fondé sur cinq valeurs fondamentales - l’environnement, la solidarité, la spiritualité, l’interculturel et la francophonie - ce projet associe « quatre écoles francophones qui ont décidé de se réunir ensemble et faire des projets communs », précise Michel Twigg. Il poursuit : « C’est une école de la France, de la Belgique, du Sénégal et nous. On est vraiment des amis. » Sans compter que ces écoles font preuve d’une véritable entraide et se rencontrent annuellement lors de congrès organisés par rotation dans les quatre écoles.


Un point symbolique, mais intéressant, vient du fait que, « lorsqu’on est admis dans une école, on est admis dans les quatre écoles ». Ce qui a pour résultat qu’un élève n’a pas besoin de faire une demande d’admission s’il veut passer un trimestre dans une de ces trois écoles partenaires. D’ailleurs, M. Twigg souligne à ce propos que, d’ici quelques années, les élèves, tout comme les enseignants, qui le voudront pourront partir quelques mois pendant l’année scolaire dans une des écoles partenaires affiliées au projet Globe Espérance.

 

Mieux comprendre les problèmes planétaires


Aujourd’hui, le directeur du développement international soutient qu’il importe « d’avoir des élèves qui communiquent, qui partagent [et] qui utilisent les médias sociaux ». Un des grands avantages des écoles partenaires est la possibilité de comprendre et de vivre les cultures et les différences. Cela permet aux jeunes « de communiquer et de partager des éléments ou des thèmes qui sont communs ». Pour M. Twigg, « être en mesure de se comprendre, de comprendre la différence, on en revient beaucoup plus humble ». Il semblerait que l’adage soit bien vrai : les voyages forment la jeunesse… « Et les moins jeunes ! », d’ajouter le directeur.


Ils reviennent aussi avec moins de préjugés. « Nos élèves ont beaucoup plus appris en Afrique que ce qu’ils ont montré. On arrive avec l’esprit de dire On va leur montrer ça », mais c’est l’inverse qui arrive. » Un autre avantage des écoles partenaires, c’est de constater ce qu’ils ont, ici au Québec, que ce soit dans leur vie personnelle ou par rapport à l’école. « On est en mesure de comprendre les forces de l’école, parce qu’on tient beaucoup de choses pour acquises, moi le premier », mentionne-t-il.


Pour les enseignants


Qu’en est-il pour les enseignants désireux de voyager un peu ? Un professeur qui part ne prendra pas en charge des classes, mais va plutôt les aider. « Par exemple, raconte M. Twigg, si un enseignant de français va dans une école aux États-Unis où le français est enseigné comme langue seconde ou langue tierce, il peut prendre en charge des ateliers, des activités, faire des partages d’expertise, faire des échanges, donner des idées, voler des idées. » Outre la supervision et la sécurité des élèves, « la raison maîtresse, généralement, c’est le partage d’expertise, soutient-il. On va essayer d’aller chercher le meilleur des idées qui existent, qui va déborder de son champ de compétences. » Le but est donc d’échanger sur les différentes pratiques pour revenir avec les meilleures idées possibles en vue d’améliorer l’école.


Bien que les élèves et les professeurs partent, il faut savoir que le Collège Sainte-Anne est aussi une école partenaire et qu’il accueille des élèves et des professeurs d’ailleurs. Il faut donc assurer l’accueil, les cours, les activités extérieures, l’hébergement, l’immersion culturelle à Montréal. Pour le directeur, mettre ces nouveaux élèves en contact avec les élèves du collège est extrêmement important. L’échange interculturel doit être réciproque. Par exemple, les élèves de la Chine seront mis « en contact avec nos élèves de mandarin en première, deuxième et troisième secondaire, précise-t-il. Il faut s’assurer aussi qu’ils ont un contact avec notre vie. » Ce contact se passera majoritairement grâce aux familles qui accueilleront ces élèves.

 

Un colloque international pour agrémenter le tout?


Et, le 18 février prochain, le Collège Sainte-Anne organise un colloque international sur le développement durable. « On sait que l’environnement et le développement durable sont des enjeux universels, note Michel Twigg. Et 80 % de notre clientèle va arriver en même temps. » Ce sera certes exigeant, mais très formateur. D’une durée d’une semaine, le colloque permettra « un enrichissement pour les autres écoles, parce que, en plus d’avoir le congrès, elles ont la chance de partager avec d’autres cultures. On crée un événement ! » Assurément, le personnel du collège Sainte-Anne, en plus d’être dévoué à ses propres élèves, a saisi la signification de la solidarité entre écoles d’ici et d’ailleurs. Il y a de quoi être inspirée !