Les professeurs de l’UQAM sont prêts à défier la loi spéciale

L’Association facultaire des étudiants en arts de l’UQAM aurait laissé entendre au syndicat des professeurs qu’il y aurait une levée de cours lundi.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’Association facultaire des étudiants en arts de l’UQAM aurait laissé entendre au syndicat des professeurs qu’il y aurait une levée de cours lundi.

La rentrée à l’UQAM lundi s’annonce moins calme que prévu. Les professeurs se sont dotés d’un mandat leur permettant de refuser de donner un cours si les conditions ne le permettent pas, ce qui contrevient à la loi spéciale. Les professeurs réitèrent ainsi leur appui aux associations étudiantes toujours en grève, comme celle de la Faculté des arts et de la Faculté des sciences humaines, comptant 8000 étudiants, qui décideraient de ne pas se présenter en classe ou de perturber la tenue des cours.

 

Réunis hier en assemblée générale, les membres du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) ont finalement voté à majorité pour un déclenchement « d’un arrêt de prestation », si l’université les obligeait à donner un cours coûte que coûte, comme le prévoit la loi 78. Le syndicat serait alors considéré comme en « grève illégale », passible de 50 000 $ d’amende par jour de débrayage et de 250 000 $ par jour à partir du deuxième jour de grève en vertu de la loi spéciale.


« La direction souhaite relayer intégralement le message de la loi et donc forcer le professeur ou chargé de cours à donner des enseignements dans toutes les conditions, sauf s’il y a manifestation tangible de violence », a expliqué Jean-Marie Lafortune, le président du SPUQ. « Nous, ce qu’on dit, c’est qu’il faut que l’enseignant puisse exercer son jugement. Et s’il n’y a qu’une personne pour un séminaire de trois personnes, c’est correct. Mais une personne dans une classe de 80, ce n’est pas normal », a-t-il ajouté.


La décision des professeurs, jeudi, a sans doute été confortée par le fait qu’ils pourront désormais bénéficier du fonds de défense de la CSN pour défrayer les coûts judiciaires en cas de poursuite. Pour ce faire, le syndicat a dû remplir certaines modalités, notamment faire valider le texte de proposition par les services juridiques et mettre un point « vote de grève » à l’ordre du jour.


« On a respecté à toutes les conditions, procédé à un vote secret et 30 % de nos membres sont venus et la proposition a été appuyée à 65 % », a souligné M. Lafortune. « L’idée était de dire aux professeurs : “N’obéissez pas aveuglément et vous aurez l’assurance que vous serez défendus.” »


L’Association facultaire des étudiants en arts, qui a reconduit la grève, aurait laissé entendre au président du SPUQ qu’il y aurait une levée de cours lundi, ce qui lui fait dire qu’il y aura certainement du « brasse-camarades ».


Jointe avant de connaître l’issue du vote de l’assemblée, la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers, n’a pas souhaité commenter l’affaire. « On va attendre à lundi pour voir comment ça se passe », a-t-elle dit. Lundi, 27 000 étudiants de l’UQAM prendront le chemin de l’école pour une session de rattrapage. Parmi eux, plus de 8000 étudiants seront toujours en grève.


Le projet de loi 78 adopté en mai par le gouvernement Charest stipule que les enseignants doivent se présenter au travail et accomplir les devoirs attachés à leurs fonctions dès l’entrée en vigueur de la loi. Tous ceux qui ne s’y conforment pas, étudiants comme professeurs, peuvent écoper d’amendes sévères.

13 commentaires
  • Roland Guerre - Inscrit 24 août 2012 02 h 40

    Pour les franchises universitaires

    L'étude et les observations des professeurs soulignent deux impératifs. L'enseignement ne peut se dispenser que dans le respect des francises universitaires. La loi 78/12 doit être abrogée.

  • André Michaud - Inscrit 24 août 2012 10 h 14

    Surpris?

    Personne ne sera surpris de la position du syndicat de l'Uqam, ni du peu d'empressement de reprendre les cours...peu importe les conséquences sur les études des jeunes qui déjà ont été très perturbées et même entrainé le décrochage sur plusieurs..

    Ma fille a étudié à l'Uqam et n' a pas toléré plus d'un semestre l'atmosphère ultra gauchistant de cet établissement, les assemblés d'étudiants "organisées" par une poignée et sans véritable participation démocratique.. Je n'ai aucune confiance au sérieux des profs de cet établissement.

    • Pierre Brulotte - Inscrit 24 août 2012 23 h 01

      Elle n'a pas tolérée l'atmosphère??? Content de voir que votre fille tenait à ses études...

  • Lagacé Jean - Inscrit 24 août 2012 10 h 18

    Prof, Classe, un même combat

    Le jupon dépasse. Tout le monde soupçonnait que les professeurs avaient encouragé le désordre et voilà qui en est la démonstration évidente.

  • Pat Lefebvre - Inscrit 24 août 2012 11 h 21

    Pourriture...

    Des employes d'une institution publique qui encouragent et supportent le boycott de leur propre institution...
    En fait de conflit d'interet on ne fait pas mieux.

    Le devoir morale et civil des enseignants etait de rester neutre.
    En supportant publiquement le mouvement etudiants, ils se sont placer contre leurs patrons.

    Le devoir de l'institution etait de punir severement les enseignants qui refusait d'accomplir leur devoir.

    On ne parle pas ici de philosophie, d'avenir etc etc... on parle ici simplement d'un rapport employeur/employe a travers un conflit qui ne les regardaient meme pas...

    Dehors... toute la gagne...

    • Simon Levesque - Inscrit 24 août 2012 12 h 31

      Le devoir de Pat Lefebvre, c'est de ne pas valoriser aveuglément l'antisyndicalisme en adoptant une attiture de scab justifiée par un soi-disant devoir de neutralité envers un patron universitaire en invoquant l'ingérence dans un conflit qui, non seulement regarde les professeurs, mais l'ensemble de la société.

      Mais peut-être, au fond, ne parlons-nous pas du même conflit, puisque vous parlez d'un boycott...

    • Alexie Doucet - Inscrit 24 août 2012 20 h 28

      Des employÉs d'une institution publique qui encouragent et supportent le boycott de leur propre institution...
      En fait de conflit d'intÉrÊtS on ne fait pas mieux.

      Le devoir moraL et civil des enseignants etait de rester neutreS.
      En supportant publiquement le mouvement ÉtudianT, ils se sont placÉS contre leurs patrons.

      Le devoir de l'institution Était de punir sÉvÈrement les enseignants qui refusaiENt d'accomplir leur devoir.

      On ne parle pas ici de philosophie, d'avenir etc etc... on parle [ICI] simplement d'un rapport employeur/employÉS À travers un conflit qui ne les regardaient mÊme pas...

      Dehors... toute la gaNG...

      Distes donc, avez-vous songé à un cours de mise à niveau en français à l'université?

    • Patrick Bengio - Inscrit 24 août 2012 21 h 08

      Quoi? Évidemment, qu'on parle de philosophie, d'avenir, etc., comme vous dites. En réalité dans ce conflit on se questionne sur ce que l'on veut comme société, certains tenant d'une démocratie plus participative, d'autres pour une démocratie représentative (à tendance franchement oligarchique, je crois).

    • Pierre Brulotte - Inscrit 24 août 2012 23 h 03

      Les professeurs sont là pour offrir une éducation de qualité à l'ensemble de leurs étudiants. Enseigner tandis que plus de 50 % des étudiants sont absents avec des risques de débordement (on se rappelle l'épisode de rosement le 14 mai) n'est pas ce que j'appel une éducation de qualité...

  • henri -s garneau - Inscrit 24 août 2012 12 h 29

    Le mien aussi

    une session à l'UQAM et a transféré aux HEC et a fini tous ses cours. UQAM y était PUS CAPABLE sans parler de la station BERRI-UQAM réputation légendaire cette station!!