Les leaders étudiants ont été «très, très durs» avec Line Beauchamp, reconnaît Martine Desjardins

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	Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin participaient jeudi à un atelier de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde.</div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin participaient jeudi à un atelier de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde.
Martine Desjardins, la présidente de la FEUQ, estime que les leaders étudiants ont été trop durs avec l’ancienne ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, qui a démissionné au plus fort de la crise étudiante en mai dernier. « C’est après coup que je m’en suis rendu compte, parce que sur le coup, je dois avouer qu’on a été très dur envers Mme Beauchamp. Très, très dur. »
 
Avec le recul et l’annonce de la loi 78, Martine Desjardins dit avoir finalement compris pourquoi Line Beauchamp lui disait toujours : « Martine, tu ne peux pas me demander cela. » « C’était sa façon de nous dire qu’elle ne serait jamais capable d’obtenir ce que nous voulions. Mais je pense qu’elle voulait régler le dossier. Ça fait longtemps qu’elle nous aurait donné ne serait-ce qu’un moratoire, mais elle n’avait pas la possibilité de le faire. C’est la raison pour laquelle elle est partie. »
 
La présidente de la FEUQ a tenu ces propos devant quelques centaines de citoyens — principalement des jeunes — dans le cadre d’un atelier de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde qui se tenait jeudi soir à l’UQAM. Elle était accompagnée de ses anciens collègues Gabriel Nadeau-Dubois, qui a soulevé la foule à maintes reprises, et de Léo Bureau-Blouin, qui parle désormais comme un vrai politicien. Le débat, animé par l’animateur Simon Durivage, avait des allures d’un « club des ex » rajeuni.
 
Legault ciblé

Pour Martine Desjardins, le PLQ et la CAQ, c’est le « même mépris des jeunes ». Mais c’est surtout François Legault qui a été la cible des panellistes. « M. Legault est passé maître dans l’art de dire tout et son contraire », a lancé Martine Desjardins sous les applaudissements de la foule. Même si cette phrase semble tout droit sortie d’un discours de Jean Charest, elle jure, en riant, ne pas avoir été approchée, ni par le Parti libéral, ni par aucun autre parti. Gabriel Nadeau-Dubois non plus. Ce dernier a d’ailleurs précisé que s’il avait démissionné, c’était notamment pour ne pas servir « d’épouvantail » au Parti libéral qui aurait pu en profiter pour mener une campagne de peur.
 
Pour Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins, la mobilisation doit maintenant passer par le vote. Mais Gabriel Nadeau-Dubois fait encore une fois classe à part. « Il ne faudrait pas surestimer les élections […] Les questions qui ont été posées par les grèves étudiantes sont graves et il n’y a aucun parti susceptible de prendre le pouvoir qui puisse répondre en profondeur aux interrogations qui ont été soulevées […] Tout cela ne sera pas réglé le 5 septembre. »
23 commentaires
  • Georges Washington - Inscrit 16 août 2012 23 h 59

    Chère Martine,

    je crois que vous n'avez rien à vous reprocher. Vous avez défendu votre dossier comme il se doit et avec la fermeté requise. C'est ce que vos membres attendaient de vous. C'est désolant pour Mme Beauchamp, mais elle non plus ne vous aurait pas fait de cadeau et a été très dure envers les étudiants. Elle s'est retrouvée dans une situation qui ne lui convenait peut-être pas, mais ce n'est pas votre responsabilité, c'était la sienne. Elle aurait peut-être dû démissionner avant.

    Je ne suis pas un étudiant, je suis en fait père de deux filles à l'université et je vous admire beaucoup. Cette lutte était difficile et ingrate, vous n'avez rien à vous reprocher.

  • Roland Guerre - Inscrit 17 août 2012 00 h 10

    Reespiration

    Un regard sur un instant du conflit. Mais Gabriel Nadeau-Dubois souligne, avec justesse, que les problèmes fondamentaux demeurent. Nous vivons une transition écologique, un passage, qui nécessitent un regard neuf, un engagement et la recherche de solutions inédites, une tâche exaltante pour la jeune génération.

    • André Michaud - Inscrit 17 août 2012 10 h 28

      Un jeune qui veut faire progresser l'écologie doit aller en sciences et inventer des moyens de productions moins polluants ..pas marcher dans la rue en frappant sur des chaudrons. Nous avons besoin de ces jeunes qui seront utiles et déterminants.

      C'est pourquoi les jeunes en sciences veulent étudier au lieu de manifester, ils préparent notre avenir, au-delà des voeux pieux ils veulent participer CONCRÈTEMENT à améliorer la société. Pas seulement souhaiter que "les autres" , l'état, l'industrie etc...changent la société.

      Il est vrai qu'étudier en sciences est plus exigeant, mais combien plus utile concrètement pour la société.

    • Marie-Élaine Mineau - Inscrit 17 août 2012 11 h 13

      André Michaud: on a souvent entendu des arguments tels que le vôtre lors de la crise, mais vous avez malheureusement tout faux.

      Tout commence par la politique. On aurait beau avoir une formation de scientifique, on ne peut rien faire pour l'écologie si personne ne finance nos recherches. Et ce ne sont certainement pas les entreprises pollueuses qui vont le faire. Alors que reste-il? Le gouvernement et les organismes financés par les fonds publics.

      Or, sans une volonté politique de régler la question de l'écologie, ces organismes n'obtiendront pas les fonds nécessaires (c'est ce qu'on voit arriver avec les Conservateurs au fédéral).

      Le savoir est important, mais la politique gère ce qui sera fait de ce savoir, comment on l'orientera. Sans une volonté pollitique, les individus les plus savants se heurtent à un mur, et là est l'importance de la vigilance et de l'expression citoyennes.

  • Gabrielle K. Laflamme - Inscrite 17 août 2012 00 h 35

    Bravo à vous trois

    Je n'ai que des félicitations à donner aux trois leaders des organisations étudiantes. Je suis fier d'eux. C'est grâce à ces trois organisations si finalement le Québec s'est réveillé après des années de morosité, de cynisme et d'individualisme.
    Suite aux négociations et après réflexion, Martine Desjardins nous confirme que, finalement, Jean Charest n'avait aucune intention de négocier ou de régler ce conflit et qu'il s'est servi d'une Line Beauchamp, prétendue ministre de l'Éducation, mais jouant plutôt le rôle d'une marionnette qui répond aux ordres de son général, comme un soldat prêt à mourir au front.
    Ce que je trouve malheureux, c'est que Charest se soit servi de femmes (Beauchamp, Courchesne...) pour affronter la tempête sachant qu'ele ne désobéirait pas à ses ordres, à la différence des Séguin, Couillard et Mulcair qui ont eu suffisamment de cran pour résister aux ordres du général dans des moments très critiques.
    Une drôle de question me reste dans le gorge. Est-ce que les femmes auraient moins de caractère que les hommes pour s'affirmer et résister à l'autorité des hommes politiques ?
    Je comprends encore mieux pourquoi que la grande majorité des militants et des élus libéraux sont tous aux pieds du général prêts à servir, comme hypnotisés, et j'espère que le 4 septembre ils se réveilleront de ce cauchemar et comprendront leur erreur d'avoir suivi un personnage d'une moralité douteuse avide que de pouvoir, lui-même prêt à tout pour servir son maître Paul Desmarais..

    • Guy Lorrain - Inscrit 19 août 2012 13 h 27

      Oui, vous avez raison, les trois leaders étudiants nous ont donné une bonne leçon. ça nous manquait, quelqu'un qui sait parler et se tenir debout. Moi, qui ai connu l'époque du duplessisse, trouve une bonne bouffée d'air frais, abstraction faites de quelques casseurs, qu'on retrouve même dans les heures de gloire du Canadien. Bravo.
      Guy Lorrain

  • Yves Claudé - Inscrit 17 août 2012 05 h 22

    Line Beauchamp … «très, très dure» avec les étudiants …!

    On peut retourner le “compliment” et souligner le fait que la ministre Beauchamp, dans le tangage d’un rafiot libéral à la dérive, a aussi été «très, très dure» avec les étudiants … niant la réalité de leur mouvement social, discréditant leurs représentants, se comportant avec un maternalisme désolant, et maintenant contre une éthique citoyenne élémentaire, même dans son mouvement de démission, son soutien à un gouvernement s’apprêtant à voter avec ses députés moutonniers, une loi liberticide.

    Yves Claudé

  • Jaber Lutfi - Inscrit 17 août 2012 06 h 29

    Trop durs?

    Non. Quand votre parti politique mobilise les forces de l'ordre pour se faire réélire vous n'avez pas d'indulgences à recevoir.