Des étudiants organisent la résistance hors frontières

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	Ève-Claudel Valade fait partie des quatre représentants étudiants qui ont dévoilé un plan d’action visant à contrer la loi spéciale et à maintenir la grève.</div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Ève-Claudel Valade fait partie des quatre représentants étudiants qui ont dévoilé un plan d’action visant à contrer la loi spéciale et à maintenir la grève.
Les premiers jours de la rentrée scolaire ne mettront pas un terme à la grève étudiante, et ce, malgré la loi spéciale qui ordonne la reprise des cours la semaine prochaine. Deux associations étudiantes ont dévoilé hier un plan d’action devant rallier des militants du Québec, de l’Ontario et des États-Unis, qui convergeront vers les piquets de grève pour rendre inexécutable la loi 12.
 
« Notre mandat sur la loi spéciale est clair : nous la contestons et nous la défions », a affirmé d’emblée Ève-Claudel Valade, de l’Association étudiante de Saint-Laurent (AECSL). « Il est très important de la contester afin qu’elle ne soit jamais effective », a renchéri son frère et co-porte-parole Maxence Valade, qui a perdu un œil à la suite de l’émeute de Victoriaville du 4 mai.
 
Le pilier central du plan d’action consiste à consolider le blocage de tous les cégeps et universités du Québec. « Nous sommes solidairement responsables des lignes de piquetage », a déclaré Frank Lévesque-Nicol, secrétaire à la coordination de l’Association facultaire des étudiants en sciences humaines (AFESH).
 
Aux militants québécois se joindraient des troupes venues de l’Université York, de l’Université de Toronto, de Guelph, de London et de Thunder Bay. Des États-Unis, on attend la National Student Power Convention de l’Ohio.
 
« Le mouvement [étudiant du Québec] a rayonné à travers le monde entier. En Amérique du Nord, il y a des gens qui commencent sérieusement à songer à faire une grève générale », selon Nicol-Lévesque.
 
En plus d’annoncer des renforts internationaux et de réaffirmer la détermination de leurs groupes de soutien (Profs contre la hausse et Mères en colère et solidaires, par exemple) à contester la loi 12, les représentants ont lancé un appel national. « On appelle toute la population à participer […] car on ne le fait pas que pour nous, mais pour tous ceux qui ne sont pas encore en âge d’aller à l’école et de voter », a déclaré Caroline Tanguay, de l’AFESH.
 
Les deux associations affiliées à la CLASSE consolideront les blocages en prodiguant un soutien humain, logistique et financier. À ce titre, M. Nicol-Lévesque dit qu’il serait heureux que les associations étudiantes, appauvries par six mois de grève, reçoivent davantage d’aide financière de la part des centrales syndicales.
 
S’ils respectent la souveraineté des associations ayant voté le retour en classe, les quatre représentants ont souligné à grands traits leur refus d’agréer à une trêve électorale. « Une trêve se joue à deux, et le gouvernement Charest ne fait pas de trêve. Il continue de négocier avec les profs et il détient encore les pouvoirs exécutifs », a martelé Frank Nicol-Lévesque. « Jean Charest mène une campagne sur l’ordre ; si on lui donnait raison en acceptant une trêve électorale, on lui donnerait des points », d’ajouter Maxence Valade.
 
L’initiative de l’AFESH et de l’AECSL vise à maintenir le mouvement de grève, qui a perdu ses premières plumes lorsque trois cégeps ont voté le retour en classe cette semaine.
2 commentaires
  • Solange Bolduc - Inscrite 10 août 2012 09 h 59

    Une résistance percutante !

    "« Notre mandat sur la loi spéciale est clair : nous la contestons et nous la défions », a affirmé d’emblée Ève-Claudel Valade, de l’Association étudiante de Saint-Laurent (AECSL). « Il est très important de la contester afin qu’elle ne soit jamais effective », a renchéri son frère et co-porte-parole Maxence Valade, qui a perdu un œil à la suite de l’émeute de Victoriaville du 4 mai."

    Je souhaite de tout coeur que l'idée d'inviter des gens de l'extérieure se concrétise ! Il est clair que les jeunes n'ont pas dit leur dernier mot !
    Le réveil sera lourd pour Charest qui n'a pas su se mettre à l'écoute des étudiants alors qu'il l'a fait pour les professeurs durant la campagne. Je comprends pourquoi en cette circonstance, les jeunes refusent la trève électorale.

    Il y a du caractère dans cette jeune Ève-Claudel Valade. Beau à voir !

    Et son frère qui a perdu un oeil dans l'émeute de Victoriaville, alors que Charest semblait au-dessus de tout, "jasant" imperturbable à l'intérieur avec ses membres et qu'à l'extérieur les policiers matraquaient ...et qu'ils y avait des blessés que tentaient de soigner tant bien que mal des infirmières faisant partie des manifestants!

    Je l'ai déjà dit : Les jeunes ne pourront jamais oublié que la matraque ou la force policière ait pu tenir lieu de "dialogue" chez le premier ministre du Québec. C'est désastreux quand on y pense !

  • Roland Guerre - Inscrit 10 août 2012 15 h 13

    Une dimension précieuse

    La solidarité d'autres universités, en particulier aux Etats-Unis, est un apport précieux pour donner une dimension internationale à la lutte engagée contre la marchandisation du savoir. J'espère qu'après la campagne électorale, le scrutin, la gratuité sera inscrite dans les faits, conformément à l'engagement international souscrit, il y a...