Conflit étudiant - Des professeurs dénoncent la loi 12

Quelques centaines de professeurs ont dénoncé la loi 12, l'ancien projet de loi 78, lors d’une conférence de presse à l’UQAM aujourd’hui.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Quelques centaines de professeurs ont dénoncé la loi 12, l'ancien projet de loi 78, lors d’une conférence de presse à l’UQAM aujourd’hui.

Des professeurs de cégep et d’université respecteront d’abord les décisions démocratiques des étudiants avant de se soumettre à la loi 12 (l'ancien projet de loi 78) lors de la rentrée scolaire. Quelques centaines d’entre eux ont dénoncé la loi d’exception lors d’une conférence de presse à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) aujourd’hui.

Les enseignants ont rendu public un manifeste signé par 1162 enseignants québécois et par des centaines de collègues à travers le monde, pour un total de près de 2000 appuis.
 
«Nous refusons que le respect du contrat conclu entre un établissement d’enseignement et un étudiant serve à légitimer la violence que l’État exerce à l’endroit des droits collectifs de nature politique — droit de s’associer, d’exprimer librement son opinion, de décider collectivement, de faire grève, de manifester», écrivent-ils.
 
Alors que plusieurs associations étudiantes statueront sur la poursuite de la grève cette semaine, le professeur de philosophie à l’Université de Montréal Michel Seymour croit «qu’il ne faut pas faire comme s’il n’y avait pas de conflit, mais plutôt mettre en évidence le côté manipulateur du premier ministre» qui déclenche le scrutin dans un contexte de crise. «C’est faire le jeu du gouvernement que de rentrer en classe», ajoute-t-il.
 
Si les étudiants décident démocratiquement de retourner sur les bancs d’école, le professeur de mathématique au Collège de Rosemont Paul Dumais explique que les enseignants donneront «les meilleurs cours possibles», car ils sont là pour accompagner leurs décisions.

***
 
À écouter

Le manifeste contre la loi 12 (l'ancien projet de loi 78) lu par le professeur de mathématique au Collège de Rosemont Paul Dumais, lors de la conférence de presse d'aujourd'hui à l’UQAM.

 

Manifeste contre la loi 12


34 commentaires
  • Nicole Moreau - Inscrite 6 août 2012 12 h 57

    Les professeurs concernés me semblent fort courageux

    Leur manifeste va dans le sens d'une éducation qui comprend nécessairement le développement d'un sens critique, élément indispensable pour une citoyenneté responsable. Un grand merci à eux

    • Denis Demers - Inscrit 7 août 2012 00 h 44

      Courageux! Mais où est le courage? De ces gens qui sont censés être l'élite de notre société, le top du top, ils viennent nous dire (plutôt brailler) qu'ils respecteront d'abord la décision démocratique des étudiants mais que la démocratie que notre société a bâtie depuis la naissance de notre pays, qu'elle mange de la m...! Toute une élite! J'ai honte de férquenter une université au Québec lorsque je vois des gens de cette sphère venir se lamenter!

    • Philippe Fortin - Inscrit 7 août 2012 08 h 14

      @Denis Demers

      De quoi parles-tu ? La démocratie de la société n'est nullement mise en question ici. En fait si, puisqu'on remet en question la légitimité du vote étudiant. Il a longuement été reconnu que les étudiants avaient un droit acquis de grève (vous pouvez demander à Charest, qui lui même faisait la grève en son temps d'étudiant). Ce droit de grève est le SEUL moyen de pression que la jeunesse a pour se faire entendre puisque (vous ne pouvez prétendre le contraire) le gouvernement et les décideurs n'en ont rien à faire de l'opinion des jeunes qui ne rapportent pas à leur caisse électorale ou en nombre de votes.

      Les professeurs d'université sont loin de se considérer comme l'élite de la société. Si c'est votre opinion, libre à vous, mais n'allez surtout pas mettre des mots et des propos dans la bouche des autres.

      Finalement, la démocratie de notre société, soit le mode de scrutin actuel, ne favorise pas réellement l'opinion et le débat public mais plutôt un choix stratégique pour voter CONTRE un parti plutôt que de voter POUR ses idées et opinions. C'est ce qui met réellement en péril notre démocratie... favoriser les partis les plus vieux et souvent les plus riches à défaut de ceux qui pourraient apporter un peu de nuance et assurer un meilleur développement de notre société.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 6 août 2012 13 h 42

    Et voilà !

    Ce groupe nous offre une preuve de plus du bien fondé de cette loi !

    • Killian Meilleur - Inscrit 6 août 2012 15 h 28

      Je suis persuadé que le lectorat de ces commentaires bénéficierait grandement d'entendre les raisons qui sous-tendent votre déclaration, celle-ci n'ayant pas véritablement, sous sa présente forme, la faculté de provoquer une remise en question chez les membres du groupe que vous semblez condamner.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 6 août 2012 15 h 41

      Les lois-matraque ont leur revers. Les gens qui voteront Charest pour éviter le vent des manifs vont récolter les orages ...

  • Marcel Lavoie - Inscrite 6 août 2012 13 h 47

    IL N'Y A PAS DE DROIT DE GRÈVE!!!

    Trois étudiants sur sept décident de ne pas suivre leurs cours; j'ai pas de problème avec ça. Mais ça ne donne pas le droit à ceux qui ne veulent pas étudier d'empêcher les septs autres de le faire.

    Vous les 7 auriez du tous vous présenter à vos cours et faire sauter les trois faux grévistes; a 7 contre 3, vous étiez certain de gagner.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 6 août 2012 14 h 28

      Les absents ont toujours tort. Et où est la solidarité étudiante ? Même le demandeur d'injonction a abandonné son cours.

    • Sylvain Alary - Inscrit 6 août 2012 14 h 29

      Mais ici on parle que si une majorité décide démocratiquement de poursuivre la grève, de le respecter, ce qui s'applique aussi dans le sens inverse.

    • Jessie Pelchat - Inscrite 6 août 2012 15 h 04

      Vous semblez avoir de la difficulté avec vos maths M. Lavoie...
      3 sur 7
      les sept autres
      les 7 plus les autres 7
      7 contre 3...
      oufff!

    • Killian Meilleur - Inscrit 6 août 2012 15 h 23

      Le problème, c'est que, comme lors des élections, les 7 que vous défendez et qui ne se sont même pas présentés au vote (lequel est toujours annoincé au moins une semaine à l'avance)...

      Se passent bien de votre défense.

      On a entendu quelques « carrés verts », mais la grande majorité des non-votants s'en fout. Elle est à 87% contre la hausse, et est prête à accepter indifféremment une continuation de la session ou une grève proprement dite. C'est un diplôme d'un côté, des vacances prolongées de l'autre.

      Si une monirité d'étudiants est bien activement en faveur de la grève, ceux qui sont véritablement contre constituent une minorité par rapport à cette minorité.

      Ils n'avaient pas besoin d'être, comme vous dites, certains de gagner, parce qu'ils n'en ont majoritairement rien à cirer.


      Et en ce qui concerne le droit de grève : Celui-ci a toujours été admis jusqu'à ce que JC « découvre » aux yeux du peuple ignorant - on notera mon sarcasme à l'endroit de l'épiphanie de notre ministre - le fait que le droit ne défend pas directement la grève étudiante. Mais puisqu'il ne l'interdit pas, il est de facto admis.

      La seule façon, historiquement parlant (c'est à dire relativement à des faits avérés, et non pas à des calculs d'économistes), d'assurer l'accessibilité aux études de tous ceux qui méritent d'étudier est d'implanter la gratuité avec bourses pour personnes économiquement instables (parents, handicapés, etc.), en haussant (dans le cas du Québec) le contingentement à des niveaux acceptables.

      La grève étudiants vise le gel ou, mieux, la gratuité, et s'inscrit dans une dynamique de protection du droit fondamental à l'éducation de tous!

      La loi 12 n'existe pas du tout pour défendre le droit à l'éducation, mais elle défend toutefois le droit de ceux qui ont pu se payer leurs études à consommer le bien acheté.

      Elle protège les payeurs, et rien d'autre.

    • Marcel Lavoie - Inscrite 6 août 2012 15 h 35

      si quelques individus décident de ne plus acheter d`auto chez Honda; voulez vous dire qu`ils ont le droit d`empêcher les autres d`y aller.

      soyez sérieux et cohérant M. Alary

    • Killian Meilleur - Inscrit 6 août 2012 15 h 39

      J'ajoute que la Loi en elle-même n'est nullement l'expression de la justice, mais simplement une tentative de saisir et d'appliquer celle-ci.

      En cela, elle est imparfaite, et toujours sujette à correction.

      Éminemment épiméthéenne, la Loi ne saurait devancer les évènements, de sorte qu'elle fait légalement obstacle aux comportements « justes » lors de maintes situations nouvelles.

      Prenons par exemple les Suffragettes, qui se firent emprisonner à répétition pour que les femmes acquièrent le droit de voter, chose illégale en leur temps.

      Un autre exemple serait bien sûr l'obtention de l'égalité des Noirs, une notion « illégale » pour laquelle bien des gens sont morts...

      Vous ne sauriez vous justifier uniquement par la Loi.

      Tout débat sur la légitimité d'une décision ou d'un acte doit se faire d'abord sur le plan moral, éthique, social, culturel, économique, et j'en passe, car la conclusion de ces débats sera effectivement traduit par la suite législativement.

      La Loi ne réfléchit pas, elle applique les interdits.

      Et donc, dans une situation comme celle-ci, où une partie de la population aspire à une redéfinition de notre orientation sociale, l'utilisation de la loi pour museler la remise en question n'est rien d'autre que du despotisme.

    • Killian Meilleur - Inscrit 6 août 2012 15 h 39

      J'ajoute que la Loi en elle-même n'est nullement l'expression de la justice, mais simplement une tentative de saisir et d'appliquer celle-ci.

      En cela, elle est imparfaite, et toujours sujette à correction.

      Éminemment épiméthéenne, la Loi ne saurait devancer les évènements, de sorte qu'elle fait légalement obstacle aux comportements « justes » lors de maintes situations nouvelles.

      Prenons par exemple les Suffragettes, qui se firent emprisonner à répétition pour que les femmes acquièrent le droit de voter, chose illégale en leur temps.

      Un autre exemple serait bien sûr l'obtention de l'égalité des Noirs, une notion « illégale » pour laquelle bien des gens sont morts...

      Vous ne sauriez vous justifier uniquement par la Loi.

      Tout débat sur la légitimité d'une décision ou d'un acte doit se faire d'abord sur le plan moral, éthique, social, culturel, économique, et j'en passe, car la conclusion de ces débats sera effectivement traduit par la suite législativement.

      La Loi ne réfléchit pas, elle applique les interdits.

      Et donc, dans une situation comme celle-ci, où une partie de la population aspire à une redéfinition de notre orientation sociale, l'utilisation de la loi pour museler la remise en question n'est rien d'autre que du despotisme.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 août 2012 16 h 11

      Dans tous les cas, le droit de grève a dû être gagné, et il a été gagné après de nombreuses grèves déclarées illégales, voire contre-nature. Les fonctionaires provinciaux ne l'avaient pas en 1960, la Reine ne négociant pas avec ses sujets, comme disait Lesage, qui semble à ce propose un prédécesseurs de Charest.

    • Killian Meilleur - Inscrit 6 août 2012 16 h 33

      @ Marcel Lavoie

      Ce que je note, dans votre intervention, c'est que vous ne voyez aucune différence entre un bien de consommation matériel et périssable, qui ne rend d'autre service que de transporter son propriétaire, et l'éducation d'un individu, un service dont les bénéfices dureront toute son existence, lui permettront d'améliorer l'état de toute sa communauté en rendant des services que d'autres n'ont pas la compétence de donner, tout en payant, bien évidemment, plus d'impôts et de taxes.

      Or, votre raisonnement, plutôt un raccourci, oserais-je le dire, comporte deux failles majeures:

      Grâce aux services en commun, une communauté pourrait se réorganiser afin de n'avoir aucunement besoin de véhicules personnels. La transmission de la connaissance, toutefois, reste indispensable et cruciale au maintien d'une société saine. Si la médecine est la santé de l'individu, l'éducation est l'hygiène du peuple. On note que les pays qui optent pour l'accessibilité aux études voient leur économie se solidifier grandement, de par leur capacité à créer des individus compétents et capables de raffermir la culture de leur société.

      La seconde faille vient de votre interprétation un peu simpliste de la situation.

      Aucun. Aucun. Aucun.

      Aucun individu présentement en grève n'aurait pu, et n'a d'ailleurs, « décidé de ne plus acheter » de cours.

      Pour voter la grève, un étudiant doit être inscrit à son université et doit donc déjà avoir effectué son paiement.

      Si vous entrez chez McRonald's, que vous achetez un GrosMac, que vous déclarez votre refus de le manger pour ensuite le déposer sur une table et sortir du magasin, et que vous croyez être en train de boycotter McRonald's pour faire pression, c'est que vous avez préalablement consommé des barbituriques.

      Nous parlons de grève, car il y a eu assemblée et décision organisée et consentie par une majorité d'individus intéressés par la question. Les non-votants étaient avisés des conséquences de leur inaction.

    • Nicole Moreau - Inscrite 6 août 2012 16 h 38

      je suis tout à fait en accord avec K. Meilleur dans ses deux commentaires. Je tenais à le souligner

    • Andrée Gilbert - Abonnée 6 août 2012 19 h 12

      Dans ce cas, ni M. Charest, ni M. Harper n'ont la légitimité pour gouverner puisqu'une minorité de citoyens ont voté pour leur parti.

    • Denis Demers - Inscrit 7 août 2012 00 h 37

      @Kiliane,

      Arrête tu vas ma faire pleurer!

    • Philippe Fortin - Inscrit 7 août 2012 08 h 21

      @Marcel Lavoie (Message initial)
      Le droit de grève à jusqu'aujourd'hui toujours été reconnu, même dans le temps étudiant de Jean Charest qui lui même organisait ces grèves étudiantes.

      @Marcel Lavoie (Commentaire publicitaire Honda)
      Mais quel commentaire de merde avec une comparaison totalement hors propos. L'éducation ne peut nullement être comparée à un bien de consommation, encore moins lorsqu'il est aussi non durable que l'automobile. C'est à vous d'être cohérent et conséquent dans votre argumentaire.

      @Denis Demers
      Votre cynisme et votre mauvaise foi, vous pouvez les garder pour vous. Le respect des autres ça existe et doit être appliqué aussi sur l'internet. Si vous n'avez rien d'intelligent à dire pour faire avancer le discussion, de grâce, ne dites rien.

  • Roland Guerre - Inscrit 6 août 2012 14 h 20

    Pour l'agrogation

    Les universitaires dénoncent, avec raison, la loi contraire aux libertés fondamentales, qui blesse également les franchises universitaires.
    Les universitaires bénéficient de l'appui de leuts collègues de l'enseignement supérieur, des autres ordres d'enseignement.
    Le gouvernement a eu tort d'oublier que les franchises et les libertés universitaires sont sacrées, pour la communauté éducative, depuis des siècles. Le gouvernement gagnerait à méditer l'exemple du quartier latin, à relire l'histoire des révoltes étudiantes.
    Nourri de ces précieuses lectures, le cabinet Charrest pourra prendre la décision attendue depuis des mois : abrogation de loi 78 (loi 12).

  • Éloïse Lapointe Leblanc - Abonnée 6 août 2012 15 h 10

    Si c'était un syndicat...

    Si les associations étudiantes étaient des "vrais" syndicats, personne ne remettrait en doute leur légitimité de faire la grève. Tout cela n'est que guerre de mots. Cessez de chercher à traiter les étudiants comme des enfants. Ces sont des adultes qui ont le même genre de revendications que vous avez eu plus jeunes. Vous (les plus vieux) avez fait le Québec d'aujourd'hui? Appuyez-les donc pour qu'ils fassent celui de demain! Bravo aux professeurs pour leur intégrité et leur respect!

    • André Berthelot - Inscrit 6 août 2012 20 h 05

      Si les associations étudiantes étaient de vrais syndicats, d'abord les votes de grève seraient au scrutin sercret. De plus, ils ne seraient pas en grève car ils n'ont pas la double majorité en faveur de la grève, soit majorité des voix de tous les étudiants et majorité des associations. Finalement, ils respecteraient la loi spéciale comme tous les syndicats l'ont fait dans l'histoire récente du Québec.

    • Philippe Fortin - Inscrit 7 août 2012 08 h 27

      De nombreuses associations étudiantes ont fait le vote en scrutin secret (référendum).

      Vous savez comme moi qu'un scrutin secret c'est TERRIBLEMENT LONG, et à force de faire des assemblées de reconduction de vote à chaque semaine, perdre 4 heures à chaque fois (plus le transport), ça ne tente à personne. Si les carrés verts étaient réellement en majorité (ou qu'ils se présentaient en assemblée et votaient selon leurs principes), le vote de grève ne passerait pas, vote secret ou pas.

      Les associations ont des règlements généraux qui représentent leur situation d'association étudiante, il est normal que ces règlements ne soient pas une copie conforme de la règlementation syndicale. Si les règlements ne conviennent plus, les étudiants sont invités à passer à leur association et proposer des modifications qui seront portées en assemblée générale. Mais encore là, il faudrait demander un effort surhumain de se présenter en assemblée générale.

      Finalement, les règlements généraux ne sont pas les même d'une faculté à l'autre, d'un CEGEP à l'autre ou d'une université à une autre. Cessez de généraliser la situation, ça ne fait qu'augmenter le cynisme et les faux débats.

      C'est EXTRÊMEMENT facile rejeter la faute sur les autres avant de regarder ce qu'on aurait pu soi même faire de différent.

    • André Berthelot - Inscrit 7 août 2012 14 h 50

      Monsieur Fortin, je suis d'accord avec vous que certains étudiants trouvent que c'est ''un effort surhumain de se présenter en assemblée générale''. En effet, les étudiants en service social de l'Université de Montréal viennent de se prononcer en faveur de la poursuite de la grève. Sur 638 étudiants, seulement 61 se sont présentés à l'assemblée , 33 ont voté en faveur de la grève et 26 contre. Avec un taux de participation de 9,6 %, peut-on prendre ce vote au sérieux ?