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La FEUQ et la FECQ se font rassurantes

« Ce n’est pas parce qu’on appelle à des actions ou à de la mobilisation qu’on veut aller perturber les festivals. Au contraire », a souligné la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.
Photo: La Presse canadienne (photo) Francis Vachon « Ce n’est pas parce qu’on appelle à des actions ou à de la mobilisation qu’on veut aller perturber les festivals. Au contraire », a souligné la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

Montrés du doigt pour manigancer des coups d’éclat qui porteraient atteinte à la sécurité des festivaliers attendus au cours de la saison estivale à Montréal, les représentants étudiants s’évertuent à « briser ces mythes créés de toutes pièces » auprès du milieu des affaires.

Premier arrêt de leur tournée : les présidentes des fédérations étudiantes Martine Desjardins (Fédération universitaire du Québec) et Éliane Laberge (Fédération étudiante collégiale du Québec) ont rassuré hier le président fondateur du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, qui s’est inquiété publiquement des impacts du conflit étudiant sur les grands événements extérieurs de l’été.


« Ce n’est pas parce qu’on appelle à des actions ou à de la mobilisation qu’on veut aller perturber les festivals. Au contraire », a souligné Martine Desjardins à l’issue de la rencontre avec M. Rozon, se désolant du même souffle que le noeud du conflit étudiant, la hausse des droits de scolarité, soit une nouvelle fois occultée. « Ça sert clairement le gouvernement », estime-t-elle.


Des étudiants pourront sans problème distribué des carrés rouges à proximité du site du festival Juste pour rire ou de frapper sur leur ustensile de cuisine préférée à la fin d’un numéro en guise d’applaudissements.


Après la rencontre, qui s’est par ailleurs déroulée en l’absence du coporte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois, Gilbert Rozon s’est contenté d’écrire sur le réseau social Twitter : « Rencontre positive. » Plus tôt, il faisait valoir que « les dommages à l’image de Montréal sont faits », laissant notamment entendre que les ventes de billets des grands événements chuteront à coup sûr.


Afin de limiter les dégâts, celui qui se décrit comme « un des leaders touristiques » de la métropole québécoise pressait Gabriel Nadeau-Dubois de « dire de façon extrêmement claire et sans aucune nuance : “je suis personnellement et au nom de la CLASSE contre toute forme de violence, d’intimidation. […] Et on va faire un été dans la paix et la joie”», ce à quoi s’est refusé ce dernier.


« La CLASSE ne perturbera pas les grands événements qui vont avoir lieu cet été », explique sur tous les tons M. Nadeau-Dubois depuis l’échec des négociations avec le gouvernement - marqué par le « On va vous l’organiser votre Grand Prix » lancé par l’un des négociateurs -, invitant les incrédules à jeter un coup d’oeil aux procès verbaux des derniers congrès de la CLASSE. « Ça serait un peu illogique de le faire. »


La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne s’est quant à elle assise hier avec les dirigeants de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEQ) et de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) afin d’orchestrer la rentrée étudiante à la mi-août.


Ils se sont notamment penchés sur « la surcharge de travail que les enseignants réguliers auront à revoir le contenu de leurs cours et aussi à travailler l’équivalent de 20 % de plus par jour », et sur la compensation à leur offrir, a précisé le président de la CSN, Louis Roy.


La FNEQ évalue les coûts de tenir « une session et trois quarts dans le temps qui est normalement dévolu pour donner une session », entre 10 et 70 millions de dollars.


« On n’est pas pas du tout rendus à chiffrer aucun chiffre [sic] que ce soit », a indiqué Kimberly Labar, qui est l’attachée de presse de la ministre de l’Éducation. « Les travaux vont se poursuivre », a-t-elle ajouté.


Manifestations nocturnes et casseroles


Les manifestations nocturnes - dont la 42e a été courue hier par plus d’un millier d’opposants à la hausse des droits de scolarité - ainsi que les « casseroles » sont certes illégales, mais « tout à fait légitimes » et « dans le respect des libertés fondamentales », a souligné M. Nadeau-Dubois. « C’est le seul moyen que nous avons pour nous faire entendre. »

23 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 5 juin 2012 02 h 22

    Du pain, du beurre et des jeux...

    Du pain, du beurre et des jeux...

    La nouvelle stratégie gouvernementale consiste à téléguider des porte-parole pour nous faire larmoyer sur la douloureuse perte de ses jeux : Grand Prix de Montréal, festival Juste pour rire et autres festivals.
    Elle véhicule des peurs à la « Croque-mitaine » relativement aux risques quasi terroristes que courent les festivaliers et prépare le terrain, déjà fertile, des répressions policières pour sauvegarder l’Ordre public.
    Voilà pour les jeux.

    Ces porte-parole, qui directeur, qui président fondateur ont quelques caractéristiques en commun :
    1) bénéficiaires de subventions gouvernementales pharaoniques sans lesquelles « leurs événements » n'auraient pas lieu;
    2) Ponctions à la richesse collective pour la tenue de « leurs jeux » gouvernementalement évalués comme plus rentables que les investissements en éducation;
    3) Faiseurs d’une belle grosse partie de leur beurre par ces ponctions dans la richesse collective;
    4) Comme la Tour de Pise, ils penchent libéraux;
    5) Discours stéréotypés dont le chef de cabinet de notre si démocratique, charmant et respectueux Premier ne rougirait pas.
    Ne nous illusionnons pas, c’est avant tout leur accès à la crème qu’ils défendent.

    Je trouve bien magnanimes les présidentes des fédérations étudiantes de rassurer l’humoriste en chef Gilbert Rozon. Elles ne devraient lui consacrer aucune attention. C’est-à-dire ce qu’il mérite.

    Par ailleurs, il est vrai que le pain doit être sur la table.
    Mais on n’a pas à craindre des manifestations qui égayent le morne paysage d’un Québec qui glisse dans une dictature dignement soutenue par un État policier et il y a plus de justice dans es règles étudiantes de la distribution collective du pain que dans le discours gouvernemental à mauvais relais.

    Ce sont les empereurs romains, mon Gilbert, qui offraient du pain et des jeux à leurs dociles plébéiens.

    Mais la plèbe, Gilbert, entends-tu ce

  • Yves Claudé - Inscrit 5 juin 2012 03 h 44

    Avec Monsieur Rozon, « un été dans la paix et la joie » !

    Si Monsieur Rozon n’existait pas, il faudrait l’inventer, car il est le seul à nous promettre « un été dans la paix et la joie » !

    Tous les autres, le gouvernement et l’opposition, les policiers et les étudiants, les patrons et les syndicats, les éditorialistes et les journalistes, etc., ne sont que des rabat-joie !

    Yves Claudé

    • Annie Girard - Inscrite 5 juin 2012 11 h 26

      "Un été dans la paix et dans la joie". Ça me rappelle un certain vocabulaire que j'ai entendu dans la bouche de représentants de l'Église catholique, il y a longtemps.
      Même saveur: la répression des droits d'expression en faveur du pouvoir établi.
      Ensuite, chantons en choeur?

  • Guylaine Vézina - Inscrit 5 juin 2012 05 h 17

    C-38 et loi 78

    Où allons-nous? Nos gouvernements musellent la dissidence sous des prétextes de budget et d'environnement. Ils enveniment la crise sociale et la crise environnementale au lieu de participer à leur solution. Je n'arrive pas à croire que cela se passe chez-nous et j'ai très peur.

  • Gilles Delisle - Inscrit 5 juin 2012 06 h 37

    Cette fois, la CLASSE a eu raison!

    Les leaders étudiants n'avaient pas de temps à perdre avec celui qui se prend de plus en plus comme un intervenant socio-politique, voire même un homme de pouvoir! Les seuls intervenants qui pourront régler cette crise sont les membres du gouvernement et le premier ministre, même s'ils se sont montrés incapables de le faire jusqu'à maintenant. On ne peut compter sur des amuseurs publics même s'ils devaient posséder un Bacc, ès clownerie, pour régler un problème profond et une crise sociale sans précédent récent au Québec.

    • Lysette Laurier - Inscrite 5 juin 2012 12 h 08

      bien dit

  • André Doré - Inscrit 5 juin 2012 06 h 04

    Rozon dit qu'il ne comprend pas...!!!

    Rozon, en plus d'avoir un comportement paternaliste envers les étudiants (il serait allé leur expliquer qu'ils faisaient des actions qui lui nuisent...!!!) à décidé de jouer "les ignorants" en disant qu'il ne comprend pas pourquoi les les étudiants font des manifestations...!!! Au lieu d'aller voir les étudiants, il devrait faire ce qu'ils ont à faire, lui et M. Alain Creton, le porte-parole des restaurateurs et hôteliers de Montréal, c'est-à-dire, prendre le téléphone et appeler Charest pour mettre, eux-aussi, de la pression afin que le gouvernement discute sérieusement avec les étudiants pour régler le problème. Il ne savent pas encore, ces "pôvres" hommes d'affaires, que c'est ça le but des manifestations étudiantes: déranger, se faire entendre, et s'assurer que d'autres mettront aussi de la pression sur le gouvernement. Ça s'appelle l'effet de levier, dans le cours de "Manifestation 101". Ce comique de Rozon devrait retourner à l'école s'il ne comprend pas encore ça...!!!

    • Viviane Genest - Inscrite 5 juin 2012 15 h 32

      bien dit