Hausse des droits de scolarité - Jack Lang dénonce une mesure «injuste» et «violente»

L’ancien ministre français de l’Éducation et de la Culture Jack Lang a dénoncé hier la hausse des droits de scolarité et apporté son soutien au combat des étudiants québécois. Selon l’ancien ministre de François Mitterrand, qui demeure l’une des personnalités politiques les plus populaires de France, cette hausse est une mesure injuste et violente.

« J’aime beaucoup le Québec. C’est un pays qui a fait tellement de choses pour la langue française et pour la culture. Pour moi, c’est un pays de grande civilisation. Je suis d’autant plus étonné que le gouvernement du Québec ait pris une décision aussi injuste à l’égard des étudiants. Imposer des droits d’inscription aussi élevés, c’est une mesure presque violente. »


L’ancien ministre socialiste, joint hier dans les Vosges, s’en prend aussi à la loi 78 qui limite le droit de manifester. « Le Québec est un pays de liberté. Je ne peux pas comprendre que des mesures répressives aussi draconiennes soient prises contre les étudiants et contre les manifestants. Il semble qu’il y ait aussi eu parfois des actes un peu durs de la part des forces de l’ordre vis-à-vis des étudiants. C’est attristant et je me sens totalement solidaire des étudiants. »


L’ancien ministre de l’Éducation affirme que, lorsqu’il était ministre, jamais il n’aurait adopté de telles mesures. « Je considère que l’on doit favoriser autant que possible l’égalité d’accès au savoir quelle que soit l’origine sociale au lieu d’établir des discriminations par l’argent. » Il se dit d’autant plus déçu que, jusque-là, dit-il, le Québec s’était démarqué du modèle américain. « Ce n’était pas la philosophie du Québec, quels qu’aient été les gouvernements. Dans le passé, le Québec avait mené des politiques exemplaires en matière d’accès à la culture, à l’école, à l’université. Il avait réussi à sauvegarder une identité en Amérique. Il était un modèle de résistance culturelle, intellectuelle et politique. Quand on est un ami du Québec, on est vraiment attristé. »


Lorsqu’on lui demande où il trouverait l’argent pour financer les universités, il répond que « c’est un choix politique, un choix de société. Si l’école, l’université et le savoir sont la base d’une société, il faut un effort national, collectif et assurer l’égalité d’accès des élèves et des familles ».


Fin connaisseur du Québec, l’ancien ministre semblait à la fois étonné et attristé des événements récents. « Je soutiens les étudiants québécois. Il faut tout faire pour trouver un compromis. J’espère que le gouvernement va entrer dans une vraie négociation avec les étudiants », dit-il.

2 commentaires
  • Mario Brisson - Abonné 2 juin 2012 09 h 47

    Un discours sensé.

    Voilà un discours sensé qui fait passé l'humain avant l'idéologie d'un capitalisme sauvage.

  • Serge Grenier - Inscrit 2 juin 2012 10 h 35

    Où trouver l'argent ?

    Où trouve-t-on l'argent pour financer l'éducation aux niveaux primaire, secondaire et collégial ?

    Pourquoi faire une différence au niveau universitaire ?

    Serge Grenier