Négociations entre Québec et les étudiants: c'est l'impasse

Jean Charest, en point de presse vers 18h: «Nous espérons dans les prochaines semaines une période d'accalmie»
Photo: La Presse canadienne (photo) - Jacques Boissinot Jean Charest, en point de presse vers 18h: «Nous espérons dans les prochaines semaines une période d'accalmie»

C'est l'impasse dans les négociations entre le gouvernement et les fédérations étudiantes. C'est ce qu'ont confirmé dans un point de presse tenu en début de soirée la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne et le premier ministre du Québec, Jean Charest.

En après-midi, Michelle Courchesbe avait déclaré: «Nous venons de vivre quatre jours d'intenses discussions où les parties ont démontré de l'ouverture. Nous avons eu des discussions franches, des discussions très sérieuses. Force est de constater que nous sommes dans une impasse. Alors nous ferons le point avec vous dans quelques minutes ou quelques heures. C'est une impasse, c'est vraiment une impasse».

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Ce matin, on apprenait que les quatre représentants des associations étudiantes avaient proposé une offre «minimale» au gouvernement hier soir, peu avant minuit. Et si le gouvernement la rejetait, les négociations, qui durent depuis lundi après-midi, pourraient être rompues.

«Je crois qu'on peut dire que ça passe ou ça casse», a déclaré le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, Gabriel Nadeau-Dubois. Ce dernier a parlé d'une «journée décisive». D'ailleurs, il célèbre son anniversaire et s'est souhaité publiquement comme cadeau une «entente à présenter aux assemblées générales de la CLASSE».

L'offre d'hier soir a été concoctée par les quatre associations solidairement, mais difficilement. «On en est arrivé à force de discussion à quelque chose qu'on a présenté à la ministre en lui disant très clairement que pour nous, c'était un peu notre plancher», a dit M. Nadeau-Dubois.

Le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger, a soutenu que l'offre des étudiants consistait en une «solution à coût nulle», autrement dit qui n'implique pas que le gouvernement doive injecter de l'argent neuf dans le réseau universitaire. C'était là un des «paramètres» chers au gouvernement et réitéré mercredi par le ministre des Finances Raymond Bachand.

Gabriel Nadeau-Dubois a précisé toutefois que si la solution des étudiants «s'inscrit dans la continuité des paramètres qui avaient été donnés par le gouvernement», elle comprend toutefois des éléments qui les dépassent: «Je vous dirais qu'on a aussi mis beaucoup du nôtre, on a aussi ajouté certains éléments qui pour nous sont incontournables.»

Comme son collègue de la CLASSE, M. Auger a précisé que de trouver une solution respectant le plan de financement des universités du gouvernement Charest était «extrêmement difficile» pour les associations, mais qu'elles y étaient arrivées: «On parle d'un simple réaménagement de l'argent des étudiants», a-t-il précisé.

Ça pourrait se poursuivre

Les présidents des fédérations, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), se sont montrés plus optimistes. Léo Bureau-Blouin, de la FECQ, dont c'est la dernière journée à la tête de l'organisation, a soutenu qu'il était encore possible de trouver une solution. «On espère que la nuit a porté conseil» à la ministre de l'Éducation, a-t-il dit. Si les négociations perdurent, M. Bureau-Blouin restera à titre conseiller spécial de la nouvelle présidente, Éliane Laberge.

Martine Desjardins, de la FEUQ, qui s'était plainte hier après-midi d'avoir «fait face à un mur» de la part du gouvernement, a pour sa part dit espérer que le gouvernement a été «sérieux» dans l'étude de la proposition estudiantine . Sinon, d'autres propositions seront présentées par les étudiants, a indiqué Mme Desjardins. «Le gouvernement est beaucoup plus pressé que nous le sommes de trouver une solution» puisque, a-t-elle expliqué, les étudiants sont en «lock-out technique» en raison de la loi 78, qui a suspendu les sessions. Même Gabriel Nadeau-Dubois a soutenu que les discussions pourraient se poursuivre : «Si ça progresse bien, on peut revenir demain.»

Audition de la requête reportée

Par ailleurs, les étudiants ont demandé au procureur général de remettre à lundi les auditions concernant leur requête en sursis visant l'application de la loi 78, loi spéciale du gouvernement adoptée le vendredi 18 mai. Le procureur n'a pas encore répondu. Il s'agit d'un geste visant à dégager certains joueurs clés de l'équipe d'avocats des étudiants, occupés depuis quelques jours par les intenses négociations. Il faut savoir aussi que les plaidoiries des étudiants (qui ont déposé la requête conjointement avec les grands syndicats entre autres) contiennent des passages très durs à l'endroit du gouvernement Charest et de la ministre Michelle Courchesne. «On démontre notre bonne foi, on espère que le gouvernement va faire la même chose», a noté Martine Desjardins.

La ministre Michelle Courchesne, vers 12h30, est entrée par l'arrière de l'édifice où ont lieu les négociations, évitant ainsi les médias, massés à l'avant comme chaque jour depuis lundi.
16 commentaires
  • sylvain chartrand - Inscrit 31 mai 2012 15 h 54

    «Ça passe ou ça casse» - Le porte-parole de la CASSE

    Avec Gabriel Nadeau-Dubois, c'était certain de finir dans une impasse.

    • Jean-Marc Plante - Inscrit 31 mai 2012 17 h 32

      Et avec Jean Charest on était partis pour aller loin je suppose?

  • Pierre Sabourin - Inscrit 31 mai 2012 16 h 24

    Les faits

    Voici deux tableaux forts utile qui démontres la différence évidente entre le financement en éducation et l'impôts entre provinces.

    J'aimerais qu'un journaliste fasse une liste exhaustive des faits soutenue de sources comme Statistique Canada pour pouvoir établir une position empirique dans ce débat, alors voici, ici, un tableau comparatifs sur les impôts:

    http://www.taxtips.ca/taxrates/taxcomparison/taxco

    et ici sur l'investissement gouvernementale en éducation par province:

    http://www.statcan.gc.ca/pub/81-582-x/2010004/tbl/


    Pierre Sabourin
    Gatineau

    • Pierre Sabourin - Inscrit 31 mai 2012 20 h 38

      J'aimerais aussi souligner que le gouvernement fait le jeux du ''loaded language" dans ces négociations puisque de négocier à quelle niveaux devrais ce situer la hausse des frais de scolarité implique la hausse dans n'importe quelle finalités alors que le problème et la négociation devrait tourner autour de la gestion. De plus, elle devrais tourner sur mettre au point un moratoire.

      En ne négociant que sur la hausse, le plq ne fait que forcer son idéologie totalitariste par le ''loaded language" du thème de la négociation.

      Il est bien évident que le plq tente de faire une école qui stimule l'endettement pour que l'AFE (aide financière aux étudiant du Québec) fassent de l'argent sur les intérêts des prêts.

      Il est claire que même si l'on renverse le financement comme en Ontario, cela ne changeras rien puisque les universités vont ce retrouver avec oui plus d'argent directement des étudiants mais moins d'argent du gouvernement et donc avec le même nombre d'argent et étant donner qu'elles gèrent mal l'argent, elle vont être encore dans le rouge... à moins que leurs plan était de les financer grâce à l'endettement étudiant et leurs intérêts ce qui serait une encore pire gestion. Donc, encore une fois le problème est la gestion et non le financement qui, comme les deux tableaux que j'ai joints dans le précédant commentaire montre que les universités sont emplement financer.

      Négocions sur la gestion. Point!

      Pierre Sabourin
      Gatineau

  • Stephane Levasseur - Inscrit 31 mai 2012 16 h 44

    Élections! Élections!

    Élections! Élections! Élections! Élections!

  • Stanislas Vézina - Inscrit 31 mai 2012 16 h 50

    Où est la CAQ ?

    Très curieux de voir le mutisme de Legault dans ce dossier, lui qui se dit porteur de changements pour le Québec. Quant à Charest, il doit sûrement regretter L-78 qui brime les droits fondamentaux des Québécois et dont L'ONU s'inquiète. Une facette peu luisante est du Québec est mainbtenant connue mondialement.

  • Sébastien Chabot - Inscrit 31 mai 2012 16 h 53

    Proposition

    J'aimerais voir la proposition des étudiants pour me faire une opinion sur l'ouverture réelle du gouvernement ou des associations étudiantes.

    Sébastien