Le magazine Maclean’s s’attaque aux étudiants

Nouvelle une choc pour le Maclean’s. Le magazine canadien-anglais, qui a l’habitude des pages couverture pour le moins percutantes, s’attaque maintenant au conflit qui oppose les étudiants du Québec au gouvernement Charest depuis plus de trois mois.

L’hebdomadaire, propriété de Rogers Communications, y présente en très grosses lettres les étudiants grévistes comme « la nouvelle classe dirigeante du Québec ». Comment un groupe d’étudiants prétendant réclamer ce à quoi ils ont droit « sont partis en guerre et ont fermé une province », poursuit-on dans le sous-titre. Et tout cela « pour 325 $», en référence au montant annuel de la hausse prévue pour les cinq prochaines années. Le total, lui, s’élève plutôt à 1625 $.

 

Loin de miser sur les nuances d’un mouvement qui occupe le devant de l’actualité depuis février dernier, la direction du magazine a décidé d’affubler sa une d’un manifestant, qu’on suppose étudiant, totalement masqué et le regard défiant. L’image rappelle clairement celle d’un djihadiste. La page couverture a d'ailleurs soulevé une certaine controverse avant même son apparition en kiosque hier.

 

À l’intérieur, on peut lire un billet d’opinion d’un de leurs chroniqueurs. Celui-ci est illustré par une photo montrant des «étudiants» faisant le salut nazi. Le bas de vignette qui accompagne cette image ne contient aucune mise en contexte.

 

Le texte portant sur le mouvement étudiant est signé par leur correspondant à Montréal, Martin Patriquin. Ce dernier n'a réalisé aucune entrevue avec les porte-parole du mouvement étudiant. Il n'a pas non plus discuté avec des membres du gouvernement Charest ou d'une autre formation politique. Il l'a d'ailleurs admis en entrevue à RDI aujourd'hui.

 

M. Patriquin a aussi dit avoir suivi trois manifestations nocturnes à Montréal pour les besoins de son article. Il s'attarde d'ailleurs beaucoup à la question de la «violence opportuniste», qui serait selon lui quotidienne dans le cadre des manifestations. Il affirme ainsi, au troisième paragraphe de son texte, que des cocktails Molotov sont régulièrement lancés et que les forces de l'ordre tolèrent généralement la violence. «Lorsque la violence survient, et celle-ci survient souvent, la police n'a souvent d'autre choix que de la tolérer», écrit le journaliste du Maclean's. Il compare enfin les débordements dans les manifestations aux émeutes qui surviennent parfois à la suite de matchs du Canadien de Montréal.

 

Les photographies utilisées pour illustrer l'article sont très majoritairement liées aux manifestations où la police anti-émeute est très présente. L'image principale montre un manifestant masqué levant les bras devant un feu allumé en pleine rue.

 

Le Maclean’s – décrit comme « farouchement conservateur » par Courrier international – n’en est pas à ses premières éditions pour le moins percutantes au sujet du Québec. En 2010, l’hebdomadaire, sous la plume de M. Patriquin, avait accusé le Québec d’être « la province la plus corrompue au Canada ». L’image de la page couverture présentait un Bonhomme Carnaval tout sourire transportant une valise débordant d’argent. Le journaliste Martin Patriquin s’était toutefois défendu de verser dans le « Quebec bashing ». « C’est con » d’affirmer cela, avait-il dit en entrevue à TVA.

 

Toujours au Canada anglais, la chroniqueuse Margaret Wente, du Globe and Mail, a pour sa part affirmé samedi dernier que les étudiants québécois sont « les Grecs du Canada », en référence aux citoyens de la Grèce qui rejettent désormais les mesures draconiennes d’austérité. Selon Mme Wente, la « mentalité » des étudiants en grève est simple à résumer: « l’État nous doit tout, et si nous ne l’obtenons pas, nous allons faire une émeute ».

32 commentaires
  • Cyrille-Daniel Janelle-Turcotte - Inscrit 25 mai 2012 05 h 40

    Séparation

    Couverture fabriquée, commentaires d'interprétation faussée, nous demeurons (les québécois) une inconnue pour le ROC (rest of Canada). Comme il a été confirmé, depuis longtemps, la séparation de fait est déjà accomplie entre le Québec et le ROC; le Québec ne veut plus rien savoir du Canada et vice versa. Le fossé d'incompréhension s'est profondément creusé entre les 2 parties... et une grande faille vient d'être découverte...

    • Carole Dionne - Inscrite 25 mai 2012 11 h 03

      Peut-on accepté la critique sans rechigner?

      On se braque immédiatement s'en vraiment analyser le problème. Peut-on se regarder dans un miroir? Profitons de ce que les autres pensent de nous pour analyser nos comportements. On aime mieux dire que l'on est "distinct", que si on ne pense pas comme nous, c'est qu'ils sont jaloux, etc.

      Tout de suite sur la défensive. Nous, médias du Québec, faisont à l'occasion de tels reportages sur les musulmans, jes juifs, etc. Devons-nous automatiquement être condamnés?

      Peu-être qu'en lisant l'article au complet, je trouverai des choses qui m'intéresse et si quelque chose ne m'intéresse pas, je le laisse de côté.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 25 mai 2012 12 h 36

      On connaît la chanson. Le Roc a toujours méprisé les Québécois. Ils ne peuvent supporter qu'on existe, et pire, qu'on manifeste la fameuse 'joie de vivre". Ce torchon leur fait plaisir et les conforte dans leurs préjugés.

    • Patrick Daganaud - Abonné 25 mai 2012 13 h 16

      La joue tendue pour une seconde baffe?

      L'autoflagellation?

      Et l'amour propre, et l'estime de soi dans toute cette thérapie?

    • Maxime Drolet - Inscrit 26 mai 2012 01 h 13

      MMe Dionne, je ne vois pas vraiment ce qu'il peut y avoir de positif lorsque l'on fait de la propagande avec des mensonges, ce n'est pas pour rien que c'est a Montréal que les étudiants on le plus d'appuis, c'est ici qu'on le vit et qu'on peut constater la panoplie de mensonges qui sont propagés par ces "journalistes". Je crois d'ailleurs que c'est une insulte pour ceux-ci d'appeler cet article du travail de journalisme puisque le "journaliste" qui l'a écrit n'a rencontré ni les étudiants ni le gouvernement ni les citoyens c'est donc au mieux du ouie dire et ca n'a de valeur nulle part.

      Par ailleurs, nos journalistes qué écrivent sur les musulmans et les juifs ont au moins pris la peine de se rendre sur place et rencontrer ou discuter avec des personnes concernées. Donc dans le cas de cet article, on n'a pas besoin d'être pour ou contre la grève ou la hausse ou la loi spéciale pour dire que c'est un torchon sans valeur et une vraie honte. Je tiens a souligner en passant que j'ai quand même pris le temps de le lire, aussi frustrant que ca aie pu être.

  • Chantal Mino - Inscrite 25 mai 2012 06 h 20

    Si Rogers n’est pas capable d’avoir de la considération pour les Québécoi(se)s avec l’$$$$$$$ qu’il fait au Québec, tous les Québécoi(se)s ayant un tant soit peu de fierté devrait boycotter leurs produits et services le plus rapidement possible.

    Là , ce n’est plus juste de la désinformation, c’est de la propagande haineuse internationale envers le peuple québécois francophone. Ça va faire ! Il y a eu assez du bonhomme carnaval de ma ville de Québec. Pour qui ils se prennent ces anglophones à la noix ? J’ai honte de mes racines anglophones avec des tarlas comme ça. Franchement, que quelqu’un les remette à leur place ces arriérés, car ils font honte aux anglophones dont ils ne représentent aucunement les valeurs. Une autre clique du 1% avec leurs larbins et leurs amis mafieux peut-être ? À la longue, on va pouvoir les identifier du côté francophone comme anglophone. Les étudiants ne sont pas des terroristes quand même! ¨Ca va pas la tête ! Voulez-vous bien me dire sur quelle planète Mclean’s vit. Sur la même que Tremblay, Charest, Accurso et cie ? J’aimerais bien qu’Anonimous s’en mêle pour leur rappeler que le peuple Québécois, que les étudiants en grève ont des droits fondamentaux.

    Québécoi(se)s, montrons à Rogers que nous sommes fiers et que les québécoi(se)s francophones méritent autant de respect que les anglophones des autres provinces du Canada. On n’est plus en 1900 tout de même ! On va les aider à se rendre en 2012, vous voulez bien ?

    • Louka Paradis - Inscrit 25 mai 2012 16 h 27

      Excellente idée qui, j'en suis certain, fera son chemin comme celle des casseroles.
      Louka Paradis, Gatineau

  • Richard Evoy - Abonné 25 mai 2012 07 h 06

    Maclean's? Une publication locale sans importance ni influence

    On se fout de ce que ces WASP pensent ou disent...on la connait la cassette du "Lazy Whining Spoiled baby from Québec".. Peut être que c'est un moyen de se justifier d'être une société aussi sclérosée. La planète est plus capable de l'entendre le discours néo libéral anglo-saxon.

    Lisez donc plutôt ce que d'autres anglais qui ont assez de distance pour faire une analyse plus juste de la situation ici, disent sur ce qui se passe aujourd'hui dans "leur" pays:

    http://www.guardian.co.uk/world/2012/may/24/canada

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 25 mai 2012 07 h 51

    On s'en f...

    Ce que pense le Canada, on s'en fiche.

    Desrosiers
    Val David

  • François Dugal - Inscrit 25 mai 2012 08 h 16

    Le vrai visage

    Le Canada nous montre son vrai visage; amis fédéralistes, aimez-vous ça?
    Merci pour la cause.