Michelle Courchesne dénonce un durcissement de ton de la part des étudiants

Michelle Courchesne a déclaré ne pas avoir perçu la moindre volonté de compromis chez ses interlocuteurs. Au contraire, elle dit avoir remarqué un «durcissement» de leurs positions.
Photo: Clément Allard - Le Devoir Michelle Courchesne a déclaré ne pas avoir perçu la moindre volonté de compromis chez ses interlocuteurs. Au contraire, elle dit avoir remarqué un «durcissement» de leurs positions.

 

Québec - Loin d'être ouverts au compromis, les leaders étudiants ont durci leurs positions, a dénoncé aujourd'hui la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, alimentant ainsi les rumeurs d'une loi spéciale.

 

Les commentaires de la ministre dissipent les doutes sur l'adoption de la ligne dure de la part du gouvernement pour mettre fin à la crise étudiante qui perdure depuis plus de trois mois. Le scénario d'une loi spéciale pour assurer le retour en classe est examiné mercredi par le conseil des ministres.
 

L'optimisme prudent manifesté par les leaders des quatre associations étudiantes au sortir de leur rencontre avec Mme Courchesne, hier soir, n'est pas partagé par la ministre elle-même.
 

À l'occasion d'un court point de presse mercredi matin, la ministre a déclaré ne pas avoir perçu la moindre volonté de compromis chez ses interlocuteurs. Au contraire, elle a dit avoir remarqué un «durcissement» de leurs revendications.
 

«Leurs positions n'ont pas changé. Ils ont considérablement durci leurs positions et je n'ai pas vu poindre quelque compromis que ce soit», a-t-elle relaté.
 

Mme Courchesne a indiqué qu'elle fera rapport sur l'état de la situation au conseil des ministres mercredi et que le gouvernement «jugera des décisions à prendre».
 


«S'il n'y a pas de compromis, si les positions restent campées, bien sûr le gouvernement aura une décision à prendre. Mais il ne faut pas présumer d'aucun scénario», a-t-elle précisé.
 

La ministre de l'Éducation n'a pas voulu commenter l'adoption éventuelle d'une loi spéciale mais l'hypothèse sera bel et bien évoquée au cours de la réunion ministérielle, a confirmé son collègue Henri-François Gautrin.
 

«Ça va être soulevé», a dit le député de Verdun au terme d'une réunion du caucus libéral.
 

En Chambre, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a interpellé le premier ministre Jean Charest, lui demandant de cesser de jouer au dur et de trouver une solution "autre que la matraque" pour résoudre le conflit.
 

«Je dis au premier ministre: arrêtez de jouer aux gros bras, vous foncez droit dans un mur, il n'y a pas d'autres solutions que la discussion, que la négociation. Il est encore temps d'éviter l'escalade. Est-ce qu'il peut prendre une heure de son précieux temps et s'asseoir avec les étudiants?» a lancé Mme Marois.

Raymond Bachand reconnaît l'impact économique

 

Par ailleurs, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a reconnu que les manifestations d'étudiants ont un impact sur l'activité économique montréalaise.
 

Après avoir été interpellé en Chambre à ce sujet, M. Bachand a déclaré que ce constat est facile à dresser.
 

Selon le ministre, la vie économique est affectée quand les manifestations dégénèrent. À la période des questions, le député François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec (CAQ), s'est inquiété des conséquences des perturbations étudiantes sur le tourisme à Montréal et au Québec.
 

M. Bonnardel a souligné que des médias étrangers ont diffusé des images des manifestations, ce qui pourrait nuire à l'industrie touristique.
 

M. Bachand s'est dit préoccupé par la situation mais il n'a pas pu chiffrer les pertes liées aux perturbations, comme le lui demandait M. Bonnardel.
 

En sortant du Salon bleu, lors d'un point de presse, M. Bachand n'a pas voulu dire si le gouvernement pourrait tenter de juguler les impacts financiers sur l'économie montréalaise.
 

«La majorité des gens qui manifestent pacifiquement, il n'y a pas de problème, mais quand ça dégénère constamment en manifestation illégale et en violence, bien sûr ça peut affecter la vie économique, a-t-il dit. Ce n'est pas de la sorcellerie de conclure ça.»

22 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 16 mai 2012 11 h 37

    Quelle effronterie!

    Ils auraient dit, fait n'importe quoi (coucher, rouler, s'aplatir); il y a durcissement du ton. Quelle désolante situation! Avec des interlocuteurs de la sorte, on comprend que quelqu'un peut «péter une coche».

    Étudiants ... ne lâchez pas!

    Pitoyables personnages.

  • Léa Streliski - Inscrite 16 mai 2012 11 h 42

    Bien joué!

    L'art de transformer une révolte en révolution...

  • André Loiseau - Inscrit 16 mai 2012 11 h 53

    Mascarade

    Visage à deux faces, peut-être?
    La violence fera monter la popularité du PM dans les sondages.
    Subterfuges, calculs et tarte aux pommes.

  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandière - Inscrit 16 mai 2012 12 h 00

    Ne pas se leurrer

    Nos chers étudiants me font bien rigoler... Ils espéraient sans doute amadouer la (nouvelle) ministre - une "revenante", en fait - en durcissant le ton. Il faudra bien un jour arrêter de croire au Père Noël et se remettre aux études - sans oublier d'en accepter le coût...

  • Yves Claudé - Inscrit 16 mai 2012 12 h 05

    Madame Courchesne : “actrice” d’un cinéma “grotesque” !

    On pouvait s’interroger sur le style d’intervention de Madame Courchesne … mais avec la loi matraque qui se profile dans un horizon raccourci, l’évolution de la dramaturgie gouvernementale commence à clarifier la situation.

    Rappelons les propos de Monsieur Réjean Parent (président de la Centrale des syndicats du Québec), qui avait participé à la “Nuit des longs crayons” (11-12 mai) sous le récent règne ministériel de Madame Beauchamp, selon qui Madame Courchesne serait «une actrice qui peut jouer sur les émotions, parfois hypocritement.» («Line Beauchamp: une décision lucide», La Presse, 15 mai 2012).

    Si Madame Courchesne est bien l’“actrice” d’un cinéma politique, c’est quand même du très mauvais cinéma que ce remake de “Bon Cop, Bad Cop”, avec sur une autre partie du plateau de tournage, les “durs” que sont Messieurs Charest, Bachand, Fournier, etc., jouant les matamores avec leurs armes judiciaires mal calibrées : “injonctions”, “outrages”, “loi spéciale”, etc.

    On constate que Madame Courchesne donne la réplique aux “Bad Cops”, en alléguant un «durcissement de ton de la part des étudiants», alors que les matraques judiciaires commencent à s’agiter. Voilà qui est “grotesque”, pour reprendre l’adjectif favori d’un des “Bad Cops” !

    Rassurons-nous, le pire est à venir !

    Yves Claudé