Courchesne écarte toujours le scénario d’une annulation de la session

Le scénario d’une annulation de la session a circulé ces derniers jours dans les cercles étudiants, mais il ne figure pas «à ce stade-ci» dans les cartons du gouvernement, a fait valoir Michelle Courchesne.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le scénario d’une annulation de la session a circulé ces derniers jours dans les cercles étudiants, mais il ne figure pas «à ce stade-ci» dans les cartons du gouvernement, a fait valoir Michelle Courchesne.

Québec — Même s’il se fait tard, le gouvernement Charest écarte pour l’instant la possibilité d’annuler la session dans les cégeps paralysés par le conflit étudiant.

À quelques heures d’une rencontre cruciale avec les leaders des quatre associations étudiantes — FEUQ, FECQ, CLASSE et TACEQ —, aujourd'hui, la nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a dit vouloir «sauver la session» pour que les finissants puissent entrer à l’université en septembre prochain.

«Je ne m’inscris pas dans un scénario d’annulation, je m’inscris dans un scénario où ces sessions seront sauvées», a-t-elle dit lors de la période de questions aujourd'hui à l’Assemblée nationale.

À mesure que le temps passe et que le conflit perdure, l’hypothèse d’une annulation de la session est de plus en plus soulevée dans les cercles étudiants. Mais «à ce stade-ci», cette possibilité n’est pas inscrite dans les cartons du gouvernement, a insisté la ministre.

Une rencontre

Avant sa rencontre avec les leaders étudiants, Mme Courchesne devait s’entretenir avec les dirigeants de cégeps de même qu’avec les recteurs d’université afin de discuter d’un aménagement du calendrier permettant de compléter l’année scolaire.

À l’issue des discussions avec les acteurs de la crise, la ministre dressera un état de la situation et fera rapport dès demain au premier ministre Jean Charest.

Le gouvernement prendra ensuite les «décisions qui s’imposent», a déclaré Mme Courchesne, sans donner plus de détails.

Dans un communiqué, la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) a pour sa part exprimé un certain optimisme quant à la rencontre de ce soir.

«Plusieurs fois par le passé, la FEUQ a noté l’attitude constructive de Mme Courchesne [...] et elle compte bien travailler à l’élaboration d’une sortie de crise gagnant-gagnant», a signifié la présidente Martine Desjardins.

Mais pour être fructueux, les échanges devront porter sur le noeud du problème, soit les droits de scolarité, a prévenu la leader étudiante.

«Depuis la démission de Mme [Line] Beauchamp, les membres du gouvernement Charest ont multiplié les déclarations laconiques frôlant la menace, certains tenant d’une »ligne dure« floue et inquiétante, [mais] nous demeurons sûrs que nous pourrons aborder les enjeux de fonds, que tout sera sur la table et que nous n’assisterons pas à une répétition des dernières réunions», a-t-elle dit.

11 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 15 mai 2012 17 h 39

    Le gouvernement du PLQ : un groupuscule de radicaux !

    Le gouvernement du PLQ apparaît de plus en plus comme un groupuscule de radicaux, qui s’est emparé de l’État québécois, mais qui est en train d’en perdre dangereusement le contrôle, et ceci tout en produisant des dommages à nos institutions qui sont sans commune mesure avec les quelques vitres mises à mal par des “casseurs”.

    Le remplacement de Madame Line Beauchamp par Madame Michelle Courchesne, laissait entrevoir une porte entrouverte vers une hypothétique solution à la crise étudiante. Après celle du premier ministre, les sorties provocatrices des ministres Bachand, Fournier et cie, ressemblent fâcheusement au claquement d’une porte qui se referme brutalement.

    Suite à la désolation qui s’est installée dans son collège, la directrice du Cégep Lionel-Groulx a lancé un appel désespéré au gouvernement, pour lui signifier que les solutions sous forme de matraques judiciaires et policières constituent une véritable catastrophe, alors qu’elle même, en tentant de bonne foi de limiter le désastre, pourrait être accusée d’“outrage au tribunal”. On voit bien où nous conduit ce qui pourrait prendre la forme d’un coup de force général du gouvernement contre le mouvement étudiant … et le monde scolaire.

    Lorsque les agents de forces policières détournées de leurs fonctions sont envoyés pour instaurer le désordre dans des institutions scolaires, pour matraquer des jeunes qui pourraient souvent être leurs propres enfants, dans une sorte de coup de force contre la démocratie étudiante, lorsqu’ils refuseront d’être des agents du désordre …, que restera-t-il au groupuscule arrogant qui dénature et discrédite la fonction gouvernementale pour exercer ce qui sera jugé comme un abus de pouvoir ?

    Yves Claudé

  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandière - Inscrit 15 mai 2012 17 h 39

    Cet inter-minable conflit

    Je vais commencer par saluer Mme BEAUCHAMP qui a été une ministre remarquable par sa tenacité, son intelligence et son courage. Elle va beaucoup manquer! J'espère maintenant que ce changement de ministre n'est pas un prétexte pour revenir sur l'essentiel, à savoir le montant des droits d'inscription. Il vont augmenter et c'est un FAIT. Si le gouvernement Charest en a décidé ainsi c'est qu'il y a surement une raison. Alors que les étudiants cessent cette manifestation stérile et se remettent rapidement au travail.

    • Michel Simard - Inscrit 15 mai 2012 18 h 32

      Depuis quand un choix politique est-il un FAIT ?

    • michaël casajus - Inscrit 15 mai 2012 19 h 36

      Que des individus choisissent de passer du temps dans les livres et à éplucher des articles traitant de leur spécialité, afin d'en savoir davantage que Monsieur Toutlemonde, est tout à fait honorable. L'information objective, le bon sens, l'enrichissement culturel et l'élevation de notre aptitude à juger ne relèvent pas de la mission que se sont octroyés la chaîne V ou Le journal de Montréal (et de Québec) qui publient par exemple les très mesurés papiers de Richard Martineau.
      Que craignons-nous en éduquant nos jeunes? Q'ils se détournent de la très rentable téléréalité? Qu'ils soient capables de jugement et qu'ils appuient des personnes honnêtes pour accéder aux postes clés?
      Dans ce cas, faisons les payer afin d'en réduire le nombre. Etre dirigé et informé par des individus intègres et soucieux de la dignité des faibles, allons donc. Si ça se trouve, avec des gens pareils au sommet, le Canada aurait conservé son registre des armes, ou pire encore, aurait suivi le protocole de Kyoto. On est passés près...

    • Killian Meilleur - Inscrit 15 mai 2012 20 h 49

      « Ce n'est pas la rue qui gouverne »

      « Les décisions du gouvernement sont des FAITS »

      Lire :

      Ce ne sont pas les humains qui gouvernent le monde, mais Dieu.

      Les décisions de Dieu sont RÉALITÉ, car il est verbe.

      Vous voyez la tendance?

    • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandière - Inscrit 15 mai 2012 23 h 06

      Michel, sans doute, préférez-vous un Gouvernement qui ne décide pas - donc qui ne FAIT RIEN...

  • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 15 mai 2012 18 h 01

    un scénario digne de grand théâtre...

    Je dois m'avouer un peu déçu de ce discours à saveur de propagande Néo-libérale selon lequel ils peuvent encore "sauver la session". Le terme "sauver" est d'ailleurs si mal choisit en considération des croches pieds et embuches que ce même gouvernement à mis dans le chemin des étudiants.

    Madame Courchesne est envoyée principalement pour "sauver la face" et relancer l'image de "la ligne dure" du gouvernement qui nous a mené à autant d'abus et de cynisme face au résultat de ce conflit. Comment peuvent-ils encore espérer "sauver la session" quand plus de 10% des étudiants ont annulé leur cours pour pouvoir manifester et aller travailler ?

    En espérant que je me trompes, que tout ceci n'est que du grand théâtre et que demain, Mme Courchesne s'assiera avec les étudiants et négociera sur les véritables enjeux de fonds, soit la gestion des universités et le retrait de la hausse des frais de scolarité.

    Entre temps, nous ne pouvons qu'espérer...

    Jérémie Poupart Montpetit

  • Donald Bordeleau - Abonné 15 mai 2012 18 h 19

    Descendre le minou de l'arbre, avec un choc électrique c'est plus rapide.

    Il ne faut pas oublier que le gouvernement du PLQ ne fera pas un moratoire technique et encore moins une Commission d’évaluation de la gestion des Universités.

    Il faut savoir que les universités anglophones reçoivent 25% des étudiants universitaires au Québec. Il est curieux aussi de savoir que la masse salariale des universités anglophones représente près de 50% des coûts des l’ensemble des universités au Québec. Les universités anglophones du Québec sont des Mercédes.

    Donc, il est peu probable que le gouvernement Charest heurte de cette façon la communauté anglophone du Québec qui est sa base électorale. Ne pas se mettre à dos aussi la communauté italienne qui finance selon les dire de Donato Tomassi.

    Il faut oublier pour les étudiants qu’ils n’auront pas accès à la gestion des universités.

  • Jocelyn Cloutier - Inscrit 15 mai 2012 20 h 30

    Bien mauvais départ.

    Pas un étudiant, pas un citoyen n'a demandé l'annulation de la session. Là n'est pas le problème mais une conséquence inévitable de l'entêtement à ne pas renégocier la hausse des frais de scolarité.
    Courchesne propose aujourd'hui aux étudiants de leur remettre une attestation de session en échange d'une acceptation de la fameuse hausse.
    Tout se négocie avec ce gouvernement tout-puissant: les contrats, les faveurs, la justice et même les diplômes.
    Heureusement qu'il y a une relève à cette société dont les valeurs sont moins axées sur la piastre, une vision sociale électoraliste et moins égoïste.