Une petite victoire pour les étudiants

Les participants à la désormais traditionnelle manifestation nocturne d’hier soir restaient mitigés après l’annonce de la démission de Line Beauchamp.

Quelques centaines de personnes se sont réunies place Émilie-Gamelin avant de se mettre en route calmement vers le sud aux alentours de 21 h.


« Je n’ai aucune idée si cela va changer quelque chose, mais l’objectif n’était pas de faire démissionner Mme Beauchamp, mais de traiter des droits de scolarité. […] à l’évidence elle faisait une job. On l’a vue dépérir sur le plan physique, je pense qu’elle allait pas bien, c’est peut-être mieux pour elle qu’elle s’en aille », a estimé Willie Gagnon, un sympathisant du mouvement étudiant.


C’est une opinion que de nombreux marcheurs nocturnes partageaient, comme Jean-Claude-Sylvain Guay, étudiant en économie à l’UQAM. « La politique est un sport extrême, et la ministre sortante l’a vécu, elle a eu la vie dure. C’est une victoire pour l’ensemble des étudiants, c’est un recul du gouvernement. Maintenant la suite que l’on souhaite, c’est la démission du premier ministre et des élections », a-t-il lancé.


Victoire pour certains, mais demi-victoire. « C’est une victoire en quelque sorte, car le Parti libéral a reconnu qu’il n’était pas capable de gérer la situation, mais on peut pas juste se fier à ça pour gagner la cause », a estimé Joly-Ann Hamel, une étudiante en sciences humaines au collège Édouard-Montpetit.


Sabrina Aimola, sa co-étudiante pensait pour sa part que « ce n’est pas une victoire, et ce sera peut-être une mauvaise nouvelle par la suite. Beauchamp était comme une marionnette, c’est peut-être une stratégie de Charest pour donner l’impression que c’était elle le problème».


Beaucoup s’accordaient à voir le départ de Line Beauchamp comme une étape vers une remise en question plus large. « Ça ne change pas grand-chose dans le sens où c’est une lutte beaucoup plus grande que l’éducation, donc, ça ne concerne pas uniquement la ministre de l’Éducation. C’est une lutte pour amener un débat social, pas contre la personne de la ministre », a avancé Mathieu Paradis, un étudiant en travail social à l’UQAM. « Le Parti libéral va continuer dans la même direction, même sans Line Beauchamp, je ne pense pas que ça va changer la donne. », a ajouté Gabrielle Neveu, étudiante en enseignement de l’anglais à Concordia.


Enfin, plusieurs manifestants appelaient à un remaniement plus large du gouvernement. « Nous, on considère ça comme une partie de victoire. La ministre part, c’est comme si elle abandonne. On est tous contents qu’elle soit plus là. Maintenant, on aimerait voir Charest se mouiller lui-même, pour que les gens réalisent que c’est lui qui bloque la situation », a dit Mickael. Or, un étudiant du Cégep Vieux-Montréal. Une opinion appuyée par son voisin de manifestation, Mickael Renaud, qui espérait pour sa part « la démission de Charest. Si le mouvement ne s’essouffle pas, on remportera d’autres victoires. »


Au moment de mettre sous presse, les manifestants se dirigeaient vers le pont Champlain sous haute escorte policière.