Crise étudiante qui perdure: les «carrés verts» dans la rue

Exaspérés devant la crise étudiante qui compromet leur session au cégep ou à l'université, les «carrés verts» sortent dans la rue dans l'espoir de faire valoir leurs droits.

Une manifestation s'est amorcée vers 15 heures aujourd'hui à l'Université Laval, à Québec, puis une autre dont le point de départ était la station de métro Papineau, à Montréal.

Une troisième manifestation était également prévue en soirée à partir de la Place des Arts, à Montréal.

Les «carrés verts» souhaitent éviter la confrontation avec les «carrés rouges», opposés à la hausse des droits de scolarité.

Laurent Proulx, étudiant de l'Université Laval qui a obtenu une injonction pour assister à ses cours, est le porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ).

En entrevue à La Presse canadienne, M. Proulx a reconnu que les «carrés verts» ne sont pas généralement des gens portés à descendre dans la rue, ajoutant que plusieurs étudiants craignent ce qu'il a qualifié de «geste d'intimidation» pendant les assemblées générales et sur les campus.

Leur première manifestation de lundi dernier à Montréal, qui a réunit quelque dizaine de personnes, aurait justement été la cible de gestes d'intimidation de la part des «carrés rouges» qui les ont rejoint au début du trajet.

Il déplore d'ailleurs ce qu'il appelle «le monopole de la liberté d'expression». Selon M. Proulx, tous les gens devraient avoir le droit de s'exprimer librement qu'ils soient pour ou contre la hausse des droits de scolarité.

Entre-temps, les «carrés verts» comptent continuer à se battre pour faire respecter les injonctions obtenues pour la reprise des cours.

Laurent Proulx estime d'ailleurs que si les étudiants sont rendus à se battre en Cour supérieure du Québec pour pouvoir terminer leur session, c'est parce qu'il y a un problème avec la démocratie étudiante.

Selon lui, les universités sont responsables du libre accès à leurs salles de cours, et ce, en toute sécurité. Le MESRQ réclame que les universités soient tenues de remplir leurs obligations contractuelles en vertu des frais de scolarité encaissés.

Pour M. Proulx, rien ne laisse croire que les étudiants sont près d'une sortie de crise. Il souligne que les leaders des associations étudiantes ont eu 13 semaines pour s'entendre avec le gouvernement Charest et que des erreurs ont été commises des deux parties.

Les «carrés verts» veulent faire comprendre à la population que la situation actuelle est très frustrante pour les étudiants dont la session est en jeu, surtout pour ceux qui ne bénéficient pas de prêts et bourses ou d'une aide financière de leurs parents.

D'autres voient leurs rêves brisés, par exemple les jeunes athlètes de cégeps qui reçoivent des offres des équipes universitaires, mais dont les offres ne tiennent plus si la session d'été est annulée.

Par Helen Moka et Lise Millette

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