Droits de scolarité: la CLASSE pigerait dans les fonds de recherche pour financer le gel

Gabriel Nadeau-Dubois<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois

La CLASSE maintient sa demande de gel des droits de scolarité, mais suggère d’autres avenues pour financer l’enseignement à la hauteur souhaitée par le gouvernement du Québec.

La plus grande partie des sommes requises proviendrait d’un transfert d’une partie des fonds consacrés à la recherche — soit 142 millions — vers l’enseignement. L’organisation étudiante justifie ce détournement de fonds par le fait que 26,2 % des budgets des universités québécoises va à la recherche, comparativement à 21,5 % dans le reste du Canada.

La somme de 142 millions représente la moitié de cet écart.

La CLASSE fait valoir qu’il y a eu une explosion des fonds dédiés à la recherche commercialisable et juge que les universités doivent se concentrer d’abord sur l’enseignement et non servir de sous-traitantes à l’entreprise privée.

L’organisation demande également l’interdiction de la publicité faite par les universités, ce qui dégagerait une somme additionnelle de 18 millions.

À l’instar des deux fédérations étudiantes, la CLASSE demande également un gel des salaires et de l’embauche des cadres et du rectorat, ainsi qu’un moratoire sur la construction et l’agrandissement de campus satellites.

Enfin, les porte-parole ont fait part de leur demande pour la tenue d’états généraux de l’éducation dès cet automne, un exercice au cours duquel ils souhaiteraient mettre de l’avant leur argumentaire en faveur de la gratuité complète. Cette mesure pourrait être financée, selon eux, par une taxe sur le capital des institutions financières qui atteindrait progressivement 0,7 % sur cinq ans.

Par ailleurs, la CLASSE ne s’oppose pas à la nomination d’un médiateur au conflit, même si elle n’en réclame pas un, mais pose deux conditions à sa participation à une médiation, soit qu’elle ait son mot à dire dans le choix d’un éventuel médiateur et que celui-ci ne joue pas le rôle d’arbitre ayant le pouvoir d’imposer une décision exécutoire.

Quant à l’apparente ouverture de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp aux deux fédérations étudiantes pour discuter de la création d’un organisme chargé de surveiller la gestion des universités, une porte-parole de la CLASSE a indiqué à La Presse canadienne qu’elle ne croyait pas que les fédérations accepteraient de participer à ce processus sans la CLASSE et que, de toute façon, il n’y avait là rien de neuf.
83 commentaires
  • NL - Inscrit 3 mai 2012 12 h 12

    La signification des chiffres

    Les associations étudiantes auront beau faire l'étalage de chiffres et de comparaisons, mais leurs chiffres ne signifient absolument rien s'ils ne sont pas expliqués et détaillés objectivement dans leur contexte.

    • Francis Paradis - Inscrit 3 mai 2012 13 h 20

      Ils le sont, ne vous inquiètez pas. Seulement, les journalistes ne les relaient pas -pour la bonne raison que le commun des mortels ne s'en préoccuppe peu.

      Visitez le site de la FEUQ, par exemple, et vous verrez de nombreuses études détaillées et très complètes, tant sur l'endettement étudiant que sur la hausse et ses impacts prévus. La mauvaise gestion des universités y est aussi expliquées, tout comme les augmentations non règlementées des frais instutionnels obligatoires et autres charges connexes qui gonflent la facture universitaire depuis deux décénies.

    • Bernard Leblanc - Inscrit 3 mai 2012 13 h 40

      Supposons que je ne veux rien dire, je n’ai qu’à répéter la même chose que vous! ;-)

      Alors plutôt que de reculer vous pourriez écouter ce qui suit par exemple :

      Paradis fiscaux et souveraineté criminelle avec Alain Deneault
      http://www.youtube.com/watch?v=Tqq0KZTx4SA

      (Alain Deneault est docteur en philosophie de l'Université Paris VIII, chargé de cours et postdoctorant en sociologie à l'UQAM.)

    • Julie Savoie - Inscrite 3 mai 2012 16 h 00

      Allez lire le document du gouvernement pour justifier la hausse des frais de scolarité :
      www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2011-2012/..

      On nous y explique :
      1- que les universités du Québec sont celles où il y a le plus d'argent par étudiant dans le Canada;
      2- mais comme elles sont tout de même en déficit, elles ont besoin d'argent;
      3- donc il faut leur en donner;
      4- donc le gouvernement est prêt à leur concéder 850 millions.

      Comme raisonnement, j'ai vu mieux.

      D'où viendra cet argent, selon le document? À peu près la moitié de la poche des contribuables, à peu près le tiers de celle des étudiants, et le reste par des dons magiques que les particuliers et les entreprises feront aux université dans les prochaines années, simplement parce qu'on va le leur demander. Aussi simple que cela!

      Votre commentaire s'applique parfaitement au gouvernement, je vous propose de le reformuler ainsi : Le gouvernement aura beau faire l'étalage de chiffres et de comparaisons, mais ses chiffres ne signifient absolument rien s'ils ne sont pas expliqués et détaillés objectivement dans leur contexte.

      Le document du gouvernement est tout sauf convaincant. J'en suggère la lecture à quiconque a envie de voir comment on nous prend pour des imbéciles.

  • Jason Keays - Inscrit 3 mai 2012 12 h 19

    Les profits des banques

    Les profits des banques canadiennes étaient de 9,7 milliards en 2001, ils sont de 20 milliards $ en 2010.Les cinq plus grandes banques canadiennes ont éludé pas moins de 16 milliards de dollars en impôts sur une période de 15 ans par l'entremise de leurs filiales situées dans des pays où les taux d'imposition sont inférieurs à ceux en vigueur au Canada, conclut la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.

    Sinon une taxe de 0,7% sur les banques transférés aux clients, ça donne combien? 1 cent par transaction?

    • Michel Richard - Inscrit 3 mai 2012 13 h 49

      La chaire socio-économique de l'UQAM n'est pas une source fiable en cette matière.

    • Maco - Abonné 3 mai 2012 14 h 10

      Quand on ne veut pas voir ou est vraiment l'argent! Plus facile de piger dans la poche de ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre. S’ils font la baboune..., on fait des injonctions pis on sort la police.

    • j Lacourse - Abonnée 3 mai 2012 18 h 09

      Si vous juger la chaire de l'UQAM une source non fiable lisez "La crise fiscale qui vient" de Brigitte Alepin.

    • Frédéric Gosselin - Inscrit 3 mai 2012 23 h 03

      moi ça me dérange pas de payer un cent par transaction. surtout si ça s'en va au bon endroit.

  • Yan Hamel - Inscrit 3 mai 2012 12 h 32

    Les fonds de recherche

    Il convient sans doute de signaler qu'une très importante partie des fonds de recherche sert à embaucher des étudiants à la maîtrise et au doctorat. On leur donne non seulement un salaire qui leur permet de vivre de leur activité scientifique, mais on leur donne aussi une expérience de travail qui les aide à se trouver un emploi à la fin de leurs études supérieures.
    Il convient aussi de signaler que la qualité de la formation dispensée aux étudiants dépend en grande partie de la recherche qui est effectuée dans les universités.
    J'appuie les revendications des étudiants, mais il me semble que sabrer la recherche créerait de nouveaux problèmes sur le plan académique tout en pénalisant directement plusieurs de nos étudiants les plus prometteurs.

    • P0RT - Inscrit 3 mai 2012 13 h 23

      ...À moins de trouver un moyen pour cibler spécifiquement les recherches commercialisables menées en sous-traitance et pour lesquelles les étudiants sont payés, certes, mais "pas cher pas cher", alors que les partenaires commerciaux engrangent les profits. Il y en plus qu'on peut le croire.

    • Leys - Inscrit 3 mai 2012 13 h 26

      D'accord avec vous, camarade, mais il faudrait aussi voir à ce que les fonds de recherche soient répartis équitablement. Je n'ai pas de chiffres à l'appui, mais je doute que les chercheurs en littérature ou en histoire aient leur "juste part" par rapport aux sommes affectées à la recherche commercialisable. Si les entreprises privées veulent investir en recherche et développement, qu'elles le fassent avec leur propre argent (quitte à augmenter les crédits d'impôts en ce domaine). Sinon, l'université perd sa vocation première de transmission du savoir et des valeurs et devient de plus en plus une forme d'école de formation et de recherche au service des grands acteurs économiques.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 3 mai 2012 13 h 33

      Tout à fait vrai. Cette proposition de la CLASSE démontre leur grnade ignorance du financement universitaire et les discrédite totalement à mes yeux.

      Il ne faut pas perdre de vue que ce sont les professeurs et non pas les universités qui obtiennent le financement pour la recherche.

    • Maco - Abonné 3 mai 2012 14 h 12

      EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!

      Ils n'ont pas demandé de mettre le tout à zéro.

    • Yan Hamel - Inscrit 3 mai 2012 15 h 26

      @Leys. Je suis bien placé pour vous confirmer que les professeurs en littérature et en histoire ne sont pas particulièrement favorisés. Mais là n'est pas vraiment la question. Il faut qu'il y ait de la recherche de pointe dans toutes les disciplines. Couper dans la recherche défavoriserait académiquement tous les étudiants. Monétairement, cela défavoriserai un nombre important d'étudiants aux cycles supérieurs. Les salaires des assistants de recherche sont loin d'être médiocres, et le travail, souvent stimulant, peut déboucher sur des publications, des participations à des colloques internationaux, etc. Sans subvention à la recherche, ce genre d'opportunité disparait. Il y a sans doute de la recherche universitaire subventionnée sur les hydrocarbures et sur l'extraction des minerais, mais cela n'est pas un mal, bien au contraire. Le tout est de savoir ce qu'on fait et qui on aide avec les découvertes.

    • Catherine Gauthier - Inscrit 3 mai 2012 16 h 31

      Selon l'IRIS, "Les domaines des sciences de la santé, des sciences pures et des sciences appliquées ont bénéficié à eux seuls de 75,8 % des subventions et des contrats de recherche en 2005–2006. Quant aux sciences sociales et humaines, elles n’ont reçu, pour la même période, qu’un maigre 7,8 % des fonds dévolus à la recherche."
      Pourtant, les frais de scolarité sont les mêmes pour tous les étudiants, tout comme la hausse s'appliquera à tous. Cela revient à dire que les étudiants des sciences humaines et sociales paient pour que de la recherche soit effectuée par des professeurs qui embaucheront des étudiants des domaines des sciences de la santé, des sciences pures et des sciences appliquées. Le retour dont vous parlez ne profite pas à tous.

      Certains diront que les domaines favorisés sont plus importants, mais je n'adhère pas à cette façon de voir les choses. À l'époque où nous vivons, avec les enjeux auxquels nous devons et devrons faire face, les sciences humaines sont selon moi tout aussi importantes que les sciences dures.

    • Nadege Fils-Aime - Inscrite 3 mai 2012 17 h 46

      @Catherine
      C'est normal! Je ne crois pas que les recherches en littérature demandent de l'équipement qui coûte des millions de dollar! Un microscope à $800 000, des machines à $50 000 chacunes, des produits à $500 pour 10µl...le prix de la recherche en science n'est pas du tout comparable. Pas du tout. Le jour où quelqu'un de ta famille sera malade, et que le traitement nécéssaire sera disponible, j'espère que tu réaliseras l'importance de tout cela...

    • NDNM - Abonné 3 mai 2012 19 h 56

      le financement de la recherche ne vient pas du budget de l'université dans 95% des cas. De plus, les étudiants des cycles supérieures payent des frais de scolarité pour 3 sessions par année. Ils sont encore plus pénalisés par les hausses car ils peuvent rarement travailler à l'extérieur quand ils sont en sciences expérimentales. Couper dans la recherche, c'est essentiellement couper dans leurs études. Les gouvernements ne se sont dailleurs pas privés pour le faire depuis quelques années.

    • Catherine Gauthier - Inscrit 4 mai 2012 11 h 51

      @ Nadege Fils-Aime

      Le jour où quelqu'un de ma famille sera malade?!? Si vous vous inquiétez pour la santé de vos proches, et associez automatiquement recherche universitaire et découverte de solutions, je vous conseille de lire "The Olivieri Report" (et ce n'est qu'un exemple). La situation est encore plus catastrophique aux Étas-Unis, modèle vers lequel le Québec se dirigera lentement si personne ne fait rien.

      Et qui peut opposer une certaine résistance aux dérapages? Les intellectuels, les gens qui ont certaines notions d'éthique, de droit, d'histoire, de socio. Les gens qui lisent, s'instruisent. Exactement ceux à qui l'on veut présentement couper les ailes avec cette hausse.

      Évidemment les recherches coûtent plus cher pour les sciences dures. Mais 75,8% vs 7,8%, l'écart est trop exagéré. Je vous ferai également remarquer que les "sciences humaines et sociales" comprennent des domaines tels que psychologie et travail social. La santé mentale n'est pas un détail. Le jour où l'un de vos proches souffriera de dépression ou burn out, j'espère que vous réaliserez l'importance de tout cela...

    • Catherine Gauthier - Inscrit 4 mai 2012 11 h 52

      @ NDNM

      Avez-vous des sources à l'appui concernant le 95% ?
      Cela m'intéresse au plus haut point. Merci.

  • Lilly Potter - Inscrit 3 mai 2012 13 h 06

    Couper les fonds de recherche ...une grosse ERREUR!

    Là, malheureusement La CLASSE vient de faire une très grave erreur et va prendre toute crédibilité. L'une des principales vocations des universités est de faire de la recherche et cela depuis des siècles. Les universités n'ont jamais été et ne seront jamais que de simples gros collèges centrés uniquement sur l'enseignement...

    La CLASSE semble faire une association entre la recherche universitaire et des certaines activités commerciales. Or, la très grandes majorités des recherches qui se font dans les universités ne sont aucunement liées à des activités commerciales. Ici La CLASSE fait la démonstration que cette organisation ne comprend pas quelle est la vocation des l'universités.

    La recherche universitaire est absolument essentielle pour le développement d'une société et doit être financée. Le Québec est déjà tellement en retard en terme de financement de la recherche! Un retard qui devient de plus en plus difficile à rattraper.

    • Maco - Abonné 3 mai 2012 14 h 26

      Nous pouvons constater que vous aussi vous ne comprenez pas la vocation de l'université.

    • Homme_Digital_du_21e - Inscrit 3 mai 2012 15 h 03

      "Or, la très grandes majorités des recherches qui se font dans les universités ne sont aucunement liées à des activités commerciales." Avez-vous des faits, des chiffres, des citations, des sources, bref quelque chose pour supporter vos dires? On ne dirait pas.

      Lisez-bien l'article : "La CLASSE fait valoir qu’il y a eu une explosion des fonds dédiés à la recherche commercialisable". Il n'est aucunement question des recherches qui ne seront pas commercialisées. Ce qu'ils entendent par recherches commercialisables, ce sont des recherches commandées par des compagnies pour prouver quelque chose qui les avantagera en quelque part. Je suis d'accord que cet argent devrait plutôt aller à l'enseignement.

      De plus, ce ne sont pas ces recherches qui financent les étudiants à la maîtrise et au doctorat. Un étudiant au doctorat choisit lui-même sa thèse et fait sa recherche en conséquence. Il ne fait pas une recherche pour une compagnie en particulier. S'il veut la publier ensuite, c'est son choix.

    • Hélène Mai - Inscrite 3 mai 2012 15 h 07

      Bonjour Mme Potter,

      Ce qu'on omet de dire dans cet article, c'est que les fonds de recherche touchés par la proposition de la CLASSE sont les recherches commerciales, c'est-à-dire les recherches financées par des compagnies et utilisés à leurs propres fins.

      La principale proposition de la CLASSE est d'augmenter la taxe sur le capital des institutions financières. Les libéraux ont aboli cette taxe le 1er janvier 2011, ce qui a été selon moi une erreur. Les banques font des milliards de dollars de profits. Les profits des banques ont doublé en 10 ans atteignant plus de 20 milliards de dollars. Je crois qu'elles doivent également faire leur part dans toute cette affaire et contribuer également à la société.

      Voici ma source pour le profits des banques:
      http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archive

      Également, je voudrais saluer la référence faite aux livres de Harry Potter. ;)

    • Hélène Mai - Inscrite 3 mai 2012 15 h 12

      Oups, désolé, je n'avais pas vu votre commentaire au complet. J'aimerais bien avoir vos sources en ce qui a trait à la proportion des recherches commerciales dans les universités.

    • arcenciel - Abonnée 3 mai 2012 15 h 40

      Malheureusement nous ne sommes pas à Poudlard. Aux États-Unis et au Québec, les fonds de recherche sont dirigés vers des projets liés à des intérêts commerciaux, industriels et rentables. Si sur papier comme vous le dites la recherche fondamentale ou appliquée est essentielle. Les Voldemort qui nous gouvernement considèrent que les universités doivent être rentables et aux services de ceux qui "créent" la richesse. Vous avez compris qu'il ne s'agit pas des étudiants mais bien des entreprises.

      Je trouve que les étudiants font bien de cibler ce détournement de fonction.


      Gérard Côté

    • Raymond Hill - Inscrit 3 mai 2012 15 h 47

      Extrait de la contre-offre de la CLASSÉ:

      Depuis le début des années 2000, les investissements en recherche commercialisable ont explosés au Québec. C’est le symptôme d’une dangereuse dynamique. Les universités servent de plus en plus de sous-traitantes aux entreprises pour effectuer de la recherche et du développement. Pour nous, ces activités-là ne correspondent pas à la mission fondamentale de l’université.

      La recherche universitaire a été surfinancée au Québec par rapport au reste du Canada, en particulier la recherche commercialisable qui profite aux entreprises privées. 26,2% du budget des universités québécoises est destiné à la recherche, alors que cette proportion est de 21,5% dans le reste du Canada. Réduire de moitié cet écart nous permettrait d’investir 142M$ en enseignement.

      Notre proposition ne vise en aucun cas à diminuer les fonds destinés à la recherche fondamentale.

    • hyde - Inscrit 3 mai 2012 16 h 57

      La CLASSE ne demande pas de mettre à zéro la recherche, mais de couper environs 3% du budget alloué à la recherche commerciale. Commerciale, important de le préciser.

      La recherche est un rôle important des universités, mais les universités ne doivent pas servir de laboratoire de sous-traitance pour les grandes entreprises millionnaires.

      Malheureusement, l'offre de la CLASSE, tout comme celle de la FECQ/FEUQ et même celle du gouvernement a été mal présenté.

      Car ce sont trois excellentes offres.

    • Nadege Fils-Aime - Inscrite 3 mai 2012 17 h 49

      @Maco: Je ne vois pas comment il n'a pas compris. La vocation de l'université, c'est d'enseigner, et les études supérieures, c'est entièrement des projets de recherche.

    • Daniel Savard - Inscrit 3 mai 2012 19 h 28

      Je ne suis pas d'accord avec la CLASSE sur cette question d'aller piger dans les fonds de recherche. C'est une erreur stratégique qu'ils font là d'énoncer cette chose comme une avenue possible. La recherche n'est pas choyée au Québec et au Canada, aller couper là-dedans c'est potentiellement priver l'économie de ce qui la fait avancer et des débouchés futurs pour les diplômés. Non et non.

      Ils vont se mettre à dos la totalité des chercheurs des universités avec ça. Je suis pourtant contre la hausse à 100%, mais ça ne justifie pas le n'importe quoi.

  • tohi1938 - Inscrit 3 mai 2012 13 h 15

    Ridicule!


    La Classe vient de se déconsidérer à tout jamais en niant l'importance de la recherche à l'université, alors qu'il s'agit de la moitié de la responsabilité des professeurs d'université. Cela démontre l'ignorance complète de la Classe et de ses dirigeants, ou de ses porte-paroles de ce qu'est une université.
    Il est grand temps, comme le dit le Juge en Chef, de sévir, et donc, d'annuler la session pour les grévistes.
    Lorsque l'on désobéit, quelles qu'en soient les raisons, on est en faute, et il faut de ce fait en assumer les conséquences.
    Le même raisonnement s'applique aux syndicats de professeurs qui appuient la prétendue grève pour se défaire de leur obligation de faire de la recherche de qualité!
    Au fait, combien avons-nous e candidats au prix Nobel au Québec?
    À par Zéro, aucun!
    N'est-ce pas révélateur?

    • Marc-Andre Fortier - Abonné 3 mai 2012 15 h 20

      Cher tohi1938,

      La recherche effectuée actuellement dans les universités québécoises est essentiellement privée et vise d'abord le profit à court terme pas l'accession au prix Nobel.

      Une recherche «de qualité» comme vous l'écrivez implique aussi de diversifier celle ci et de la baser sur des critères plus large que le profit ce qui malheureusement est loin d'être le cas présentement.

      Et soyez rassuré, je suis convaincu que les étudiants savent qu'il faut assumer les conséquences des ses gestes. Les autorités le leur rappelle régulièrement à coups de bombes fumigènes, assoudissantes et de poivre au visage...

    • François Ricard l'inconnu - Inscrit 3 mai 2012 15 h 51

      Statistique Canada
      Moins de 1% du budget total des universités provient de la commercialisation de la recherche. Ces revenus sont faibles parce que les licences sont cédées trop tôt. On assiste ainsi à une appropriation de la recherche financée en très grande partie par le public par le secteur privé. Une autre PPP qui ne favorise que les riches. Cette activité commerciale ne rapporte rien aux universités et équivaut à financer publiquement de la recherche pour les entreprises privées qui en récoltent tous les fruits. Les ententes partenariales entre l’industrie et les universités ne profitent qu’à l’industrie et détournent les universités de leur mission première au profit de certains intérêts privés.
      Mais peut-être que Statistique Canada est dans l'erreur...

    • André Champagne - Abonné 3 mai 2012 17 h 58

      Le conflit entre les étudiants et le gouvernement a atteint un point où la solution exige la contribution d'une tierce personne capable de rapprocher les deux parties. Le conflit a traîné en longueur depuis trop longtemps dans un contexte où le gouvernement a utilisé le «laisser-aller » comme stratégie. La méfiance réelle ou non entre les intervenants n'augure rien de bon sans la participation active d'une personne «neutre» non associée à une des parties. Cette personne sera, sans doute, difficile à identifier et elle devra accepter un mandat très délicat.

      Les proposions mises de l'avant par les différents groupes ont toutes des éléments intéressants. Toutefois, des discussions franches dans un esprit de compromis acceptable pour la majorité des intéressés ne s'annoncent pas à court terme. Le mot «compromis» est le mot clé. Comment arriver à dégager un certain consensus si chacun demeure sur ses positions; ce qui est le cas à l'heure actuelle pour plusieurs intervenants.

      Le gouvernement doit gouverner le pays et les étudiants doivent préparer leur avenir en tant que travailleurs responsables et citoyens engagés respectant la démocratie et les lois qui sont nôtres. Dans le cas contraire serait-ce l'anarchie qui devient l'objectif?

    • Daniel Savard - Inscrit 3 mai 2012 19 h 32

      François Richard décrit très bien le problème avec la recherche dans nos universités. Le privé fait financer ses recherches par les fonds publics dans les institutions et il engrange les profits.

      De plus, nos gestionnaires de capital à risque vendent trop tôt les entreprises en démarrage avant qu'elles n'atteignent les niveaux de profitabilités qui assureraient des emplois de haute-technologie ici. Ces entreprises se font acheter par des compagnies étrangères qui déménagent facilement les cerveaux constituant ces entreprises ou ne font que récupérer les brevets à bon prix. Les gestionnaires de capitaux à risque trouvent leur compte tant que le prix de vente comble pour l'investissement, sauf que ce n'est pas une politique à long terme pour le développement économique du Québec. Au final, et les entreprises, et les fonds de capitaux à risques font des profits sur le dos d'investissements publics.

    • Frédéric Gosselin - Inscrit 3 mai 2012 23 h 20

      Je suis entièrement d'accord avec vous, monsieur tohi1938. Quand on désobéït, il faut sévir. D'ailleurs ça fait trop longtemps que ça dure. Depuis le 29 avril 2003, ou peu après, monsieur le premier ministre désobéït à la volonté populaire. Il serait temps pour les électeurs de sévir.