Droits de scolarité: plus de 200 personnalités demandent un moratoire

Dominic Champagne et le médecin Alain Vadeboncœur étaient parmi les artistes et personnalités qui ont appuyé ce matin les étudiants.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dominic Champagne et le médecin Alain Vadeboncœur étaient parmi les artistes et personnalités qui ont appuyé ce matin les étudiants.

Une pléiade d'artistes et leurs amis ont exprimé haut et fort leur appui à la cause étudiante ce matin, en exigeant un moratoire de la hausse des droits de scolarité et des états généraux sur l'éducation supérieure.

Plus largement, cet appel à la solidarité se voulait un grand cri du cœur, d'indignation, envers le gouvernement actuel et les choix de société qui sont faits. «Le spectacle des étudiants, ça sert aussi d'écran de fumée et à polariser la situation. C'est pas vrai qu'on va s'en aller en élection sur une question de doit de scolarité alors que les enjeux sont beaucoup plus vastes», a dit Dominic Champagne, metteur en scène, connu pour son implication contre le lobby des gaz de schiste.

Ce vent de sympathie envers la cause étudiante est d'abord venu de Suisse, de la volonté de Laure Waridel et de Hugo Latulippe. Au Québec, c'est l'étudiante et co-présidente du Sommet pour l'éducation publique québécoise, Léa Clermont-Dion, qui a relayé leur message en invitant des personnalités à signer une déclaration qu'elle a corédigé notamment avec le sociologue et économiste, Éric Pineault, le comédien Alexis Martin et le médecin Alain Vadeboncœur.

«Nous sommes avec les étudiants. Nous sommes ensemble» a été signé par plus de 200 personnes, dont Anaïs Barbeau-Lavalette, Ariane Moffat, Guylaine Tremblay et Denis Villeneuve, pour ne nommer que ceux-ci parmi une grande brochette d'artistes et de professionnels. «Ce cri de la jeunesse, qui nous pousse à rompre avec l'immobilisme, à recouvrer notre capacité collective d'agir et à travailler pour le bien commun, nous l'entendons», écrit-on dans la déclaration, qui a été lue notamment par Guylaine Tremblay lors de la conférence de presse à l'Espace libre ce matin.

Le premier ministre Jean Charest a directement été pris à partie par ce groupe de personnalités, qui ont vu dans sa gestion du conflit avec les étudiants une manœuvre électorale. «M. Charest, si vous voulez aller en élection, vous allez nous trouver sur votre chemin», a dit Léa Clermont-Dion.

Même si l'opinion publique est actuellement majoritairement défavorable à la cause étudiante. «C'est pas parce le que la majorité des Québécois dans les sondages appuient une certaine vision des choses que nous on n'a pas le devoir d'informer et de traquer la vérité et de faire en sorte que la justice gagne», a dit M. Champagne. Les artistes ont invité à un rassemblement à midi devant les bureaux de Jean Charest. Ils ont également appelé à la mobilisation et à la participation à une grande marche qui aura lieu en fin de journée dans le cadre de la journée internationale des travailleurs.
61 commentaires
  • Jean Bourgeois - Inscrit 1 mai 2012 13 h 04

    Pas étonnant

    Car les artistes demandent un moratoire sur tout sauf sur l'augmentation de leurs billets de spectacle.

    • P0RT - Inscrit 1 mai 2012 13 h 54

      Question: En moyenne, combien de billets de spectacles par des artistes québécois achetez-vous dans une année?

    • Luc Fortin - Abonné 1 mai 2012 14 h 18

      Rien ne vous oblige à acheter des billets.

    • Claude Champagne - Inscrit 1 mai 2012 15 h 42

      M. Bourgeois là vous ête descendu bas, votre opinion c`est la votre, je ne suis pas d`accord. Pour une fois que les artistes et personnalitées s`implique et donne leur appuie, vous allez pas s.v.p les baillonnés à la sauce libéral.

    • Michel Belisle - Inscrit 1 mai 2012 16 h 10

      Une chance que ce n'est pas Jean Charest qui affirme cela, il aurait tous les sacro-saints sur le dos. Je trouve très dôle votre commentaire. Je ne suis par un artiste, mais je comprends que votre propos est au deuxième degré. Il démontre le ridicule de la situation. Quand je pense que les associations ont reportés en après-midi la conférence de presse pour laisser la place aux artistes. Ça sent la conspiration.

    • Robert Dufresne - Inscrit 1 mai 2012 21 h 51

      Un commentaire semblable ne peut venir que d'un liberal bien teindu,C'est reconnaissable.Mais ou allons nous.

      Robert Dufresne.

    • bravenewworld - Inscrit 2 mai 2012 00 h 03

      A quand un moratoire sur la corruption?

      Les étudiants et surtout leur leaders sont l'espoir que la société peut revenir sur un meilleur chemin.
      Que les artistes les appuie montre qu'ils comprennent qu'un peuple éduqué n'est pas un luxe mais une necessité.

  • Socrate - Inscrit 1 mai 2012 13 h 19

    moratorium

    Il faudra sans doute un moratorium avant peu au Québec si la tendance se maintient.

  • Viviane Salette - Inscrit 1 mai 2012 13 h 21

    Appui à la lutte étudiante

    Merci aux artistes pour leur appui à la lutte étudiante, mais on repassera pour la demande de moratoire. Les étudiants ne demandent pas un moratoire, cela éteindrait la lutte. Toute cette bataille pour finir avec un report dans le temps: on négociera les hausses quand la colère et la mobilisation seront tombées? Est-ce cela le message?

    Je m'excuse, mais si vous voulez appuyer la lutte étudiante appuyez leur revendication et non pas celle du PQ.

    Viviane Salette

  • Carole Dionne - Inscrite 1 mai 2012 13 h 29

    Ces personnes profitent de leur popularité

    Mais j'ai aimé les propos de Mario Dumont ce midi. Dumont relève le manque de jugement des ces personnes et il faut lui donner raison: sortir sur la place publique à ce moment ci mais en y greffant tout autre sorte de problème: emploi, environnement, etc. Donc si je comprends bien, les étudiants signeraient un accord avec le gouvernement mais on leur demanderait de demeurer en boycott pour supporter le reste des propositons des zartistes et autres personnages de ce genre. Ces pauvres zartistes veulent tellement se voir IN qu'ils en font pitié.

    • Q1234 - Inscrite 1 mai 2012 15 h 47

      Je ne crois pas que c'est ce qu'ils ont dit.
      De plus, Mario Dumont profite aussi de sa popularité pour dire ce qu'il veut. Où est le problème?

    • meme40 - Inscrite 1 mai 2012 15 h 47

      Il ne s'agit pas ici, d'une grève de comptables, mais de citoyens, étudiants, qui revendiquent le droit et l'accessibilité pour tous à l'éducation, à la connaissance, et cela. n'a rien a voir avec les propos d'un Dumont qui a une grande qualité, celle de faire le clown à volonté.La demande des étudiants rejoint tout le monde, parce qu'elle soulève haut et fort le voile de l'inaptitude de ce gouvernement , à un peu de considération pour les citoyens, au gaspillage d'argent dont il ne rend pas compte, à l'indigence de tellement de secteurs de cette socièté, au patronage, Un comportement pareil, n'est pas sans laisser de traces, endettement, apauvrissement, dégradation des acquis... vente denos richesses aux moins offrants,....nous sommes tous artistes, étudiants, médecins, chômeurs, citoyens, ce gouvernement est le gouvernement de tous les citoyens, et hélas, agit en toute impunité. au mépris de tous, alors il faut acceuillir la trenaissance de fierté que l'on croyait perdue au beau pays du Québec, et rappeller aux élus qu'ils sont de passages, et employés de l'État.

    • Airdutemps - Inscrite 1 mai 2012 16 h 31

      M. Dumont a eu sa chance et il l'a manquée.

      Qu'il se taise maintenant.

      Encore une réputation surfaite.

    • Louis Paquette - Inscrit 1 mai 2012 18 h 44

      Depuis maintenant douze semaines, les étudiants crient haut et fort comment la hausse des frais de scolarité est inacceptable, qu’elle constitue un manque d’équité, une atteinte à la démocratie, une injustice sociale… après tout, les frais de scolarité ont été gelés depuis si longtemps, pourquoi changer les choses?
      Tout d’abord les syndicats, et aujourd’hui, des artistes et des professionnels ont uni leur voix à celle des étudiants pour dénoncer cette « injustice », les mauvais choix de société…
      Dans cet article, on mentionne :
      «La grève des étudiants et le mouvement social qui l'accompagne expriment aussi le ras-le-bol des Québécois face au manque d'imagination de nos gouvernements dans la maîtrise d'œuvre des affaires de l'État»
      «C'est important d'élargir les enjeux. Ce qui se passe dans la rue n'est que le révélateur d'une entreprise beaucoup plus vaste qui détermine les choix de société importants qu'on est en train de faire», a affirmé le metteur en scène Dominic Champagne.
      «C'est pas parce le que la majorité des Québécois dans les sondages appuient une certaine vision des choses que nous on n'a pas le devoir d'informer et de traquer la vérité et de faire en sorte que la justice gagne», a dit M. Champagne
      Je suis de ceux qui pensent, comme eux tous, qu’il est important de revoir notre modèle de société; toutefois, pour « faire en sorte que la justice gagne » et étant donné que nous sommes déjà suffisamment taxés, il faudrait qu’on fasse l’exercice en entier et non régler leur seul problème des frais de scolarité…
      Nous vivons dans une société qui n’est jamais assez généreuse au goût de chacun de ses publics… au-delà des étudiants, qu’on pense aux professeurs se plaignent du nombre trop élevé d’étudiants dans leur salle de cours, aux artistes pour lesquels le budget de la culture n’est pas suffisamment élevé, aux médecins spécialistes qui ont été formés dans

  • Francois G - Inscrit 1 mai 2012 13 h 33

    Pourquoi cibler les frais et la gratuité???

    Avec les ajustments anoncés aux programmes de prêts et bourses, la réforme des frais de scolarité en cours sera bénéfique pour les étudiants de famille avec moins de 65000$ par année et neutre à 65 000$. Pourquoi personne du côté étudiant n'a salué cette amélioration? Pourquoi les associations s'entêtent à demander un gel quand une augmentation avec bonification des prêts et bourses et une mesure beaucoup plus de gauche??!
    Vous trouvez logique que la classe moyenne paie pour que l'élite de demain soit un peu moins endetté?
    Les associations prétendent se battre pour l'équité sociale et l'accessibilité, mais dans les faits, elles se battent pour les privilèges d'une caste de privilégiés, c'est à dire ceux qui se rendent a l'université.
    Vivement la modulation par programme, le remboursement des prêts selon la rémunération et les bourses à l'excellence mais je crois que l'on a autre chose à faire de notre argent comme société que subventionner les enfants des riches.
    Non je ne suis pas partisan libéral, juste tanné de l'hypocrisie des associations étudiantes. Battez-vous pour les vrais démunis, pas ceux qui devront attendre 1 ou 2 ans de plus pour acheter leur maison en banlieue.
    Bien sûr, nos amis millionaires vont venir nous expliquer comment il est impostant de porter un petit carré rouge pour être "in". ¨Ca me fait penser à Bono qui vient me dire comment c'est important d'être solidaire des pays en voie de développement et de penser à la Terre du haut de son jet privé.

    • Luc Archambault - Abonné 1 mai 2012 15 h 43

      Pourquoi contrer la privatisation forcée de l'éducation post-secondaire ? Parce que les entraves tarifaires ne pourront que provoquer une baisse de fréquentation, comme toutes les études le prouvent.

      Les vrai,es démuni,es ce sont tout,es les Québécois,es qui souffre d'un taux de scolarisation inférieur à nos voisin,es. Il faut continuer à faire ce qu'a pu faire la gratuité scolaire voulue par le Rapport Parent.

      Ce n'est pas se batte pour un privilège que de se battre pour contrer la privatisation forcée de l'éducation qui favorisera l'indécent ascendant des banques à même les intérêts versés sur les dettes étudiantes. Étudier coûte cher. Il faut vivre sans revenus conséquents pendant de 3 à 7 ans. Ce ne sont pas les étudiants qui font de gros salaires, ce sont les diplômé,es. Ce sont les diplômé,es qui doivent payer. Et il se trouve que via l'impôts progressif, les diplômé,es peuvent payer la gratuité scolaire qui profite à toute la société, et qui fabrique de nouveau payeur de taxes fortunés.

      Si 0,50$/jour/étudiant,es c'est peu, pourquoi 0,07$/jour/diplômé,es c'est trop !?

      400 000 étudiants VS 2,8M de diplômé,es
      400 000 étudiants x 0,50$ = 200 000$/jour
      200 000$/jour / 2,8M de diplômé,es = 0,07$/jour/diplômé,e

      Pourquoi !? Par pure compulsion idéologique affligeant la drôle de droite colonisée qui veut faire avec l'éducation ce qu'elle a été incapable de faire avec la santé, l'eau, et nos ressources naturelles.

      Comme si les artistes étaient millionnaires !? N'importe quoi ! Et... quand bien même, les voilà qui prennent fait et cause pour la démocratisation de l'éducation des Québécois,es.

    • Q1234 - Inscrite 1 mai 2012 15 h 53

      Oui il est logique que tous nous payions par nos impôts l'éducation pour tous. Pas pour une élite, pour tous ceux qui veulent étudier. Plus de gens étudient dans une société plus la société au complet en bénéficie. Un peuple instruit profite à tous.
      Nous n'avons qu'à demander à nos grands-parents qui ne pouvaient aller étudier parce que leur famille n'en n'avait pas les moyens. Depuis le rapport Parent, des milliers de jeunes ont pu étudier et maintenant ce sont eux qui ne veulent pas que les prochaines générations aient cette opportunité? Comme disait ma grand-mère: Ce qui est bon pour minou est bon pour pitou.

    • Francois G - Inscrit 1 mai 2012 18 h 17

      Q123 : Vous parlez des familles qui n'ont pas les moyens. Comme les familles avec un revenu familial de moins de 65 000$ par exemple? Exactement le genre de famille qui sera FAVORISÉE par le nouveau système? C'est pour eux que vous vous battez ou vous battez-vous simplement contre le gouvernement?
      M. Archambault : Ce n'est pas à cause des frais de scolarité élevés que les Québecois affiche un taux de décrochage catastrophique. Les entraves tarifaires ne causeront pas de baisse d'achalandage si elle sont contre balancées par des prêts et bourses pour les plus démunis.
      Aussi, avant de chialer contre toute forme d'endettement et encore accuser les méchantes banques de tous les maux du monde, vous devriez reconnaître que l'on a construit ce pays avec de l'argent emprunté et que nos beaux hôpitaux, universités et toutes les autres infrastructures qui font du Québec une nation développée ont été payé avec une carte de crédit.