Droits de scolarité - Le silence des députés du NPD

Les jeunes députés du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui, à une époque pas si lointaine, auraient certainement fait partie des milliers d’étudiants qui manifestent actuellement contre la hausse des droits de scolarité au Québec, sont contraints de regarder ce qui se passe sans faire quoi que ce soit.

Au moins cinq députés néodémocrates québécois étaient étudiants avant de se retrouver aux Communes contre toute attente, lors des élections fédérales de l’an dernier, et de nombreux autres avaient terminé leurs études depuis à peine quelques années.


Mais alors que l’épreuve de force qui oppose depuis 11 semaines le gouvernement libéral québécois et les étudiants retient de plus en plus l’attention sur la scène internationale, les députés recrues du NPD apprennent que le fait d’être la voix du Québec à Ottawa signifie parfois qu’il faille se taire.


Il n’y a rien à gagner à se mêler d’une question provinciale qui n’est pas de leur ressort, ont-ils été prévenus. Dans ce cas, il s’avère préférable de ne rien dire du tout.


En particulier parce qu’ils ont quelque chose à perdre : l’appui dans une province qui leur a valu le statut d’opposition officielle à la Chambre des communes.


« Se cacher derrière la question de la juridiction en ce qui concerne les grèves étudiantes est une bonne politique parce qu’il y a peu à gagner et un certain nombre de risques », a affirmé Bruce Hicks, professeur de sciences politiques à l’Université Concordia, à Montréal.


On dit que le mouvement de grève pourrait donner lieu à un scrutin provincial, et M. Hicks croit que le Parti québécois serait le premier bénéficiaire d’une telle situation.


Cela serait cependant une mauvaise chose pour le NPD fédéral, car un gouvernement péquiste utiliserait ses ressources afin d’appuyer le Bloc québécois sur la scène fédérale. Ce qui pourrait renvoyer les jeunes députés néodémocrates aux études au terme du prochain scrutin national.


En outre, appuyer un mouvement de protestation ayant donné lieu à des excès de violence et à des douzaines d’arrestations est risqué, a estimé M. Hicks. « Le fait que le NPD demeure silencieux à ce sujet résulte de toute évidence d’une analyse des bénéfices et risques faite par la direction du parti », a-t-il ajouté.


Lors d’une entrevue sur la Chaîne d’affaires publiques par câble, il y a quelques jours, le dirigeant néodémocrate Thomas Mulcair a refusé de se prononcer sur la question, affirmant qu’il revenait au gouvernement québécois de parler des choix faits en ce qui a trait aux droits de scolarité. « Espérons qu’il y aura un règlement », a-t-il affirmé.


« La violence n’est pas la bonne façon de faire les choses », a ajouté M. Mulcair.

13 commentaires
  • Luc Fortin - Inscrit 30 avril 2012 06 h 54

    Soyons sélectif!

    Tiens, tiens, notre ex-directeur du contentieux d'Alliance Québec aurait-il la même position s'il s'agissait d'un dossier concernant la langue française?

  • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 30 avril 2012 07 h 57

    C,est l'affaire du gouvernement du Québec

    Le NPD n'a pas à prendre position sur une juridiction qui est de la compétence du Québec.

    Tout le monde est contre la violence, il faut reconnaitre d'où elle vient pour la dénoncer.

  • Pierre Marcotte - Inscrit 30 avril 2012 08 h 49

    Le métier qui entre

    Les poteaux du NPD au Québec se rendent maintenant compte qu'ils sont payés un salaire élevé, pour des compétences qu'ils n'ont généralement pas, afin de se faire dire de se taire à propos d'un conflit qui concerne leurs amis et leur propre province.

    Il est plus que temps de mettre fin à cette mascarade de démocratie fédérale. Vivement des élections au Québec. Vivement l'éjection (la déjection ?) du premier sinistre Charest ! Vivement un retour aux valeurs communautaires.

    • Gilles Arpin - Inscrit 30 avril 2012 09 h 53

      L'éducation est de compétence fédérale maintenant? Depuis quand???

    • Luc Fortin - Inscrit 30 avril 2012 11 h 50

      Au fédéral, on s'ingère dans les compétences seulement quand ça fait notre affaire. N'est-ce pas M. Arpin? En ayant ce genre de comportement, ça change nos attentes pour les nouvelles merveilles qui ont été élues grâce à la vague de feu Jack.

    • Gilles Arpin - Inscrit 30 avril 2012 16 h 20

      Au contraire, M. Fortin.

      http://www.canlii.org/fr/ca/const/const1867.html#a

      L''immigration est aussi de compétence fédérale, mais le Québec a "insisté" pour gérer ce dossier, avec les résultats que l'on connait...

      Et le Québec est la seule province à percevoir les impôts au niveau provincial...

    • Luc Fortin - Inscrit 30 avril 2012 18 h 35

      "Au contraire, M. Fortin." [Gilles Arpin]

      M. Arpin,

      En quoi votre réponse contredit ce que j'ai affirmé???

      Il est question ici de pleutres qui se cachent derrière les champs de compétences du Québec, mais on sait bien que Mulcair n'hésitera pas à s'impliquer dans les champs de compétence su Québec quand il jugera que politiquement c'est rentable. À Ottawa on a une longue tradition pour appuyer ce que j'affirme!

    • Gilles Arpin - Inscrit 1 mai 2012 11 h 21

      Durant la derniére élection fédérale, Jack Layton a proposé des solutions pour réduire le temps d'attente et de santé. On lui a répondu se se mêler de ses affaires car la santé est de juridiction provinciale.

      Citation: M. Layton a peut-être de bien bonnes intentions, mais sa proposition, malgré une promesse de coopération avec les provinces, se heurte à un premier obstacle. Les décisions touchant le nombre d'admissions dans les facultés de médecine et de sciences infirmières relèvent des provinces. Ottawa n'a rien à voir là-dedans...

      http://www.ledevoir.com/politique/canada/205779/ma

      Il faudrait quand même tenter d'être cohérent avant d'accuser des gens d'être des pleutres...

    • Denyse Fyfe - Abonnée 3 mai 2012 20 h 47

      Bonjour à Gilles P. Arpin - Inscrit

      .... « L'éducation est de compétence fédérale maintenant? Depuis quand??? » dites-vous.


      Depuis très longtemps. On ne parle pas ici du primaire ou secondaire ; mais d'études post-secondaire, donc de la FEUQ.

      Je vous réfère au texte de ce matin : « Et la richesse du diplôme ? » :

      "Le problème du sous-financement des universités ne doit pas faire abstraction du cadre fédéral. On oublie trop souvent qu’il provient essentiellement des coupes des transferts fédéraux à l’éducation depuis 1994-1995, transferts payés d’ailleurs par nos impôts. Mais après ces compressions, Ottawa a préféré utiliser notre argent pour s’ingérer dans le champ de l’éducation, sans tenir compte des responsabilités des provinces (Bourses du millénaire, Fondation canadienne pour l’innovation, chaires de recherche du Canada). " ..... « Le régime fédéral accentue ainsi un déséquilibre fiscal qui nous coûte plus de 800millions par année en créant ce mal-financement.... »

      Suite...


      http://www.ledevoir.com/societe/education/349074/e

      ***

      N.B.

      Si je vous suis bien, nous devrions abandonner le 55% d'immigration que nous contrôlons?

      Pour l'impôt je vous suggère de demander à Jean Charest de le laisser aux mains de S. Harper : bonne chance !

      Jean-Renaud Dubois
      Sainte-Adèle

  • P. Raymond - Inscrit 30 avril 2012 11 h 19

    Se souvenir

    Il faut se souvenir que ces personnes ont été élues simplement afin d'éviter un gouvernement réformiste conservateur.

    Il faudra aussi simplement se souvenir qu'une réélection leur donnera droit à la généreuse pension publique que leur accorderait leurs quatre années plus un jour de service.

    Il faudrait d'ailleurs s'en souvenir pour tous les politiciens.

  • Philippe Turgeon - Inscrit 30 avril 2012 19 h 25

    Compétences???

    Les causes sociales ne connaissent pas les champs de juridiction. Il est du devoir de quiconque croit en une injustice de la dénoncer.

    Qui ne dit mot consent?