Grève étudiante - Un «kit d’injonction» sur mesure pour étudiants

La lueur d’un règlement négocié du conflit étudiant s’est peut-être atténuée, mais les étudiants mécontents de leur sort peuvent désormais rédiger en un tournemain leur demande d’injonction interlocutoire.

Le Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ), favorable à la hausse des droits de scolarité, a transmis à ses membres un « kit d’injonction » et propose de le rendre accessible à tous.

Dans un courriel envoyé au cours des dernières heures, l’organisation détaille une marche à suivre et fournit, en pièce jointe, tous les documents nécessaires au dépôt d’une telle action judiciaire. « Évidemment, le ‘timing’ n’est peut-être pas parfait », a reconnu hier le porte-parole du mouvement, Simon Talbot, à l’autre bout du fil.

Quelques minutes plus tôt, la ministre de l’Éducation annonçait que la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) était exclue des discussions avec le gouvernement, en raison du non-respect de la trêve sur la tenue de manifestations perturbatrices. Quelques instants plus tard, les deux fédérations étudiantes confirmaient leur retrait des négociations. « Le kit d’injonction, c’est quelque chose qu’on nous a demandé il y a quelques semaines, a-t-il fait valoir. On répond à une demande qui était présente depuis un certain temps. »

Et d’après M. Talbot, il était légitime, pour les étudiants pro-hausse, de poursuivre leurs activités malgré la trêve demandée par Line Beauchamp. « La trêve s’appliquait spécifiquement aux perturbations économiques et sociales […] On ne voit pas vraiment comment notre kit ” viendrait compromettre cette trêve-là », a plaidé Simon Talbot.

L’avocat Damien Pellerin, qui a récemment défendu les intérêts d’étudiants du cégep de Saint-Laurent dans leur demande d’injonction, a contribué à la rédaction des documents à titre bénévole — par « principe », a spécifié M. Talbot. Damien Pellerin est l’ancien président de l’Association libérale de l’Université de Montréal.

Dans sa missive, le MESRQ souligne d’ailleurs que Me Pellerin « est là pour aider [les étudiants mécontents] à déposer [leurs] injonctions ». Il n’offre toutefois pas ses services gratuitement, fait-on remarquer.

Jusqu’à présent, « quelques dizaines » de personnes ont contacté l’organisation depuis lundi soir afin d’obtenir les documents, selon M. Talbot.

4 commentaires
  • meme40 - Inscrite 26 avril 2012 08 h 33

    Un KIT ???

    Existe-t-il un KIT d'INJONCTIONS, contre le gouvernement? Peut-on le déclarer inapte? Peut-on démèler le privé du "social"? Un gouvernement qui gère la chose pubique à coup d'injontions, ressemble à peu de choses près, à un régime de colonels.. déjà vu.

  • Chantal_Mino - Inscrite 26 avril 2012 08 h 44

    Étudiants en grève, vous avez droit vous aussi au respect de vos droits légitimes, à vos libertés et au respect de votre dignité et de votre personne; vous êtes vous aussi dans une société de droits et non dans une dictature

    Avec des juges qui comparent l'éducation supérieure à une marque de jus de raisin qu'on peut acheter ou boycotter afin d'ordonner une injonction qui brime nos droits fondamentaux (liberté de conscience et de religion; liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression); liberté de réunion pacifique; liberté d'association) et humains, ils peuvent bien faire un kit pour comment déconsidérer la justice, ce 1% et leur lobby (avocats, PLQ, Conseil du patronat, Power Corporation, Quebecor et divers larbins de service, dont le SPVM, Richard Martineau, Arcand, etc.) à leur solde. Vive le bénévolat à la solde du 1% ! Vive les enveloppes brunes ! De toute façon, ils en ont plein de trucs comme ça pour utiliser et manipuler les lois et la justice afin d'intimider et d'écraser tout citoyen ou groupe de citoyens qui veulent le bien commun de l'ensemble pour préserver leurs gains.

    Je propose à la CLASSE et aux étudiants en grève de faire une plainte à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse pour discrimination, diffamation, intimidation, représailles, arrestation et emprisonnement injustifiés selon leur âge, leur opinion politique. Ou faites un recours collectif contre le gouvernement et contre les médias de désinformation (Power Corporation et Quebecor) qui abusent de leurs pouvoirs et alimentent haine et violence à votre égard, mais faites quelque choses et vite ! Étudiants en grève, vous êtes vous aussi dans une société de droits et non dans une dictature comme ils tentent tous de vous faire croire, par leurs divers comportements totalement illégaux qui vont à l'encontre de la Constitution de notre pays et contre le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (amnistie.ca).

    « La loi ne fait acception de personne et s'applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminatio

  • Maxime Kitza Joly - Inscrit 26 avril 2012 09 h 02

    Franchement!

    Comment pouvoir dire qu'un kit pour déposer une injonction n'est pas une perturbation sociale? Forcer le retour aux cours et museler le mouvement étudiant à coup de marteau de juge, c'est perturber l'expression démocratique du choix qui a été fait.

    Je respecte totallement la position des étudiants qui veulent aller à leurs cours, je comprends aussi qu'ils aient à coeur que leurs université ne manque de rien pour leur fournir une éducation de qualité. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi s'afficher pour la hausse, alors qu'un principe universelle d'économie et d'écologie devrait nous encourager à être efficient, et à surtout bien utiliser les ressources à notre disposition.

    En 2005, les étudiants qui s'opposaient à la grève, se présentaient aux votes et faisaient reconaitre leur droit.

    La méthode qui est utilisée présentement est celle de briseurs de grèves, qu'on ne se le cache pas.

  • Pierre Roussel - Inscrit 26 avril 2012 09 h 49

    Injonctions

    Ce qui apparaît maintenant inévitable, c'est que des demandes de recours collectifs vont être déposés à partir de la semaine prochaine contre chacun des élèves qui ont fait des demandes d'injonctions. Ces recours collectifs vont porter sur la sécurité du personnel qui n'est plus garantie par les injonctions. Les élèves qui ont fait des demandes d'injonctions et qui sont dans des écoles où il y a eu du personnel incommodé, seront intimés, eux et leur parents (puisque les parents ont porté plainte auprès de l'administration) à dédommager financièrement les membres du collectif. La facture pour ces élèves va être salée.