Piquets de grève dans trois écoles secondaires

Trois écoles secondaires montréalaises, dont Joseph-François Perrault, se sont résignées à fermer leurs portes après avoir constaté que des élèves avaient dressé des piquets de grève.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Trois écoles secondaires montréalaises, dont Joseph-François Perrault, se sont résignées à fermer leurs portes après avoir constaté que des élèves avaient dressé des piquets de grève.

Les perturbations étudiantes au Québec se sont transportées au niveau secondaire ce matin malgré l’amorce d’un dialogue, hier, entre la ministre de l’Éducation et les associations représentant les étudiants des niveaux collégial et universitaire.

Trois écoles secondaires montréalaises se sont résignées à fermer leurs portes après avoir constaté que des élèves avaient dressé des piquets de grève. Il s’agit des écoles Joseph-François Perrault, Édouard-Montpetit et de l’Académie de Roberval, toutes membres de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

«Par mesure de sécurité, on préfère renvoyer les jeunes à la maison», a expliqué le porte-parole de la CSDM, Alain Perron.

M. Perron a expliqué que les parents des élèves de l’école Joseph-François Perrault avaient été avisés la semaine dernière qu’il y avait un risque de perturbation et la commission scolaire avait eu vent de projets semblables à l’Académie Roberval. Ce sont ces deux écoles qui ont été fermées pour la journée

«Mais Édouard-Montpetit, ç’a été une surprise, a reconnu le porte-parole. La direction de l’école ne s’attendait vraiment pas à ce qu’il y ait une mobilisation de la sorte.» Le mouvement était d’ailleurs spontané, apparemment déclenché par la voie des médias sociaux et n’a pas duré longtemps: dès 9h30, les élèves pouvaient réintégrer l’institution.

La CSDM signale que les directions d’école vont discuter de la situation et de la suite des événements avec leur conseil d’élèves.

Le premier ministre Jean Charest, de passage à Montréal, a exprimé sa désapprobation face à ce nouveau développement.

«Il n’y a pas de raisons pour lesquelles les élèves du secondaire devraient boycotter leurs propres cours, a-t-il indiqué. Il n’y en a pas, d’autant plus que nous sommes en discussion avec les représentants des associations [étudiantes].»

M. Charest a dit espérer que tous les étudiants cessent de boycotter leurs cours durant les discussions.

«Depuis très longtemps qu’on veut se mettre à la table, enfin nous y sommes. Ç’a pris du temps pour les associations de venir à la table mais nous y sommes alors, dans les circonstances, je vais laisser le soin aux gens de se parler et on va éviter de faire des commentaires», a soutenu M. Charest, sans tenir compte du fait que les associations étudiantes ont réclamé pendant plusieurs semaines de discuter avec le gouvernement.

De la grogne à Sherbrooke


Pendant ce temps, la grogne des étudiants continuait de se faire sentir à Sherbrooke, alors qu’au moins 200 étudiants du cégep de Sherbrooke occupaient le pavillon abritant les bureaux administratifs de l’institution.

Auparavant, vers 8h30, les étudiants s’étaient rendus en grand nombre devant le Palais de justice de la ville où ils étaient restés environ deux heures, le temps d’apprendre que l’injonction ordonnant la prestation de cours était accordée.

À leur arrivée, ils avaient pu constater que l’édifice avait été la cible de vandales qui avaient répandu de la peinture rouge sur les vitres et les portes du Palais de justice. Les policiers de Sherbrooke ont précisé que ces actes, commis vers 6h du matin, faisaient l’objet d’une enquête et n’avaient rien à voir avec les manifestants qui s’étaient présentés plus tard.

Discussions


Entre-temps, les associations étudiantes collégiale et universitaire et le gouvernement Charest poursuivent leurs discussions mais la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, est demeurée avare de commentaires sur le déroulement de ces pourparlers.

«Les discussions se font dans un ton respectueux, a indiqué la ministre. Vous m’avez demandé combien de temps je pensais que ça pouvait durer. J’ai dit qu’on se donnait un bloc de 48 heures mais les discussions ont cours», a-t-elle indiqué, refusant de dire si les actions survenues à Sherbrooke représentaient ou non un bris de la trêve dans les actions de perturbation sociale qu’elle avait posée comme condition à l’amorce de pourparlers.
3 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 24 avril 2012 11 h 13

    Une stratégie payante ?

    Dans le contexte du conflit étudiant, le gouvernement Charest, avec la collaboration de certains médias, a élaboré une stratégie payante sur le plan politique et électoral : le Parti québécois perd des points dans les sondages … !

    Mais le gouvernement risque fort de devoir rembourser ces gains politiques effectués au prix d’un chaos désespérant dans le monde scolaire, car il apparaît de plus en plus comme étant dépassé par les événements, y compris ce développement du mouvement dans les écoles secondaires.

    Yves Claudé

    • Guy Lemieux - Inscrit 24 avril 2012 11 h 49

      Dans le fond , nous assistons à un renversement d une politique du gouvernement en place , et par des étudiants en plus , une faiblesse sans équivoxe du parti libéral et de ses politiques sociales . Le syndicat et les groupes de pressions devraient prendre note de l enseignement des étudiants .

  • Rock Dumais - Inscrit 24 avril 2012 14 h 55

    Que savez-vous de la CLASSE?

    Ceux qui veulent savoir pour mieux étoffer leurs commentaires, je les invite à visiter leur site et lire sur les origines et objectifs de la CLASSE et même à consulter leur calendrier de manifestation au site suivant
    http://www.bloquonslahausse.com/la-classe.
    Bonne lecture.