Les discussions sont lancées entre les étudiants et Line Beauchamp

«S'ils viennent à table, je prends pour acquis qu'ils auront compris et qu'ils endosseront le fait qu'il ne devra pas y avoir aucune perturbation», a soutenu la ministre Beauchamp en point de presse.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «S'ils viennent à table, je prends pour acquis qu'ils auront compris et qu'ils endosseront le fait qu'il ne devra pas y avoir aucune perturbation», a soutenu la ministre Beauchamp en point de presse.

Les discussions pour dénouer l'impasse qui perdure depuis 11 semaines sont sur le point de commencer entre la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp et les trois grandes organisations étudiantes, y compris la CLASSE.

Elles ont toutes trois accepté les conditions de la ministre pour s'asseoir à la même table, soit de respecter une trêve d'au moins 48 heures, le temps de mener une première ronde de discussions. «S'ils viennent à table, je prends pour acquis qu'ils auront compris et qu'ils endosseront le fait qu'il ne devra pas y avoir aucune perturbation économique et sociale», a signifié la ministre Beauchamp aux étudiants.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont aussitôt indiqué qu'elles seraient bonnes joueuses et qu'elles acceptaient les conditions. Pour la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), la trêve va de soi. «La trêve n'est ni acceptée ni refusée, parce que d'emblée, ce n'était déjà pas prévu que l'on fasse ce type d'action dans les 48 heures», a dit le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, sur les ondes de Radio-Canada.

Elle a également noté qu'ils devront porter sur la gestion des universités et l'accessibilité aux études même si elle ne pourra pas empêcher les étudiants de soulever la question de la hausse. Ainsi, Mme Beauchamp a ouvert la porte à ce que les discussions portent sur l’augmentation des droits de scolarité, ce qu’elle refusait de faire jusqu’ici.

La position de la CLASSE

Lors d’un point de presse ce matin, la CLASSE avait demandé à être invitée à dialoguer avec la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, à l’instar des deux autres fédérations étudiantes, la FECQ et la FEUQ. L’organisation, qui représente près de la moitié des étudiants en grève, avait indiqué qu'elle, qui condamne certaines formes de violence, a été longuement réfléchie en fin de semaine lors d’un congrès. «On a une position claire et nuancée. Le débat de mots est terminé», a dit M. Nadeau-Dubois. «La ministre voulait nous enfermer dans un débat superficiel et nous on a eu un débat de fond sur la question.»

Sous prétexte de ne pas vouloir renier l’héritage des luttes sociales du Québec, la CLASSE ne condamne que la violence qui porte atteinte à l’intégrité des individus. Cependant, l’organisation a réitéré son appui en faveur des principes de la désobéissance civile, qui s’exprime par des gestes comme des manifestations, des occupations ou des piquets de grève. «Les menaces à l’intégrité matérielle sont moins condamnables», a dit Jeanne Reynolds, l’autre porte-parole de la CLASSE. Ce sera au cas par cas, a renchéri son collègue. «On ne fera pas de profilage. On ne livrera pas à l’avance des gens à la police», a dit M. Nadeau-Dubois.

Condamner le vandalisme?

Sa position était demeurée toutefois très floue en ce qui a trait au vandalisme. Interrogé spécifiquement sur les méfaits commis au Palais des congrès vendredi dernier, où plusieurs fenêtres ont été fracassées, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a expliqué que l’organisation se dissociait de tels gestes et qu’elle ne les encourageait pas, mais ne les a pas condamnés puisqu’ils n’avaient pas mis en péril l’intégrité physique de qui que ce soit.

La CLASSE estime avoir répondu maintenant à la demande de la ministre Beauchamp, et croit que si celle-ci persiste à les écarter de la table de négociation, elle démontrera qu’elle cherche simplement à diviser le mouvement étudiant, une position inacceptable selon ses représentants.
132 commentaires
  • LouisH - Inscrit 23 avril 2012 12 h 14

    Enfantillages........ ou mauvaise foi

    Beauchamp est-elle de mauvaise foi?

    • claude boucher - Inscrit 23 avril 2012 13 h 58

      Avez vous déjà sentis de la bonne foi de la part de ce gouvernement ?

    • Elisabeth Doyon - Inscrite 23 avril 2012 15 h 01

      Honnêtement je ne crois pas, seulement pas assez informée, connaissante, peut-être trop naïve... elle apprend avec diligence les textes qu'on lui donne à livrer. Sans oublier son incroyable talent à détourner toutes les questions sur une réponse qui répète un bout de ce même texte.

      Elle n'est pas de mauvaise foi, je crois qu'elle ne comprend vraiment pas ce qui se passe, pourquoi les étudiants sont autant en *pétard*?? Pourquoi les stratagèmes de politiciens ne fonctionnent-ils pas cette fois???

    • Michel J. Grenier - Abonné 23 avril 2012 18 h 22

      Les étudiants " sont autant en pétard " parce que Mme Beauchamp a une épine dorsale et qu'elle se tient debout !

      Ce qu'elle propose est plein de bon sens et non ! je n'ai jamais fait de politique ni ne suis intéressé à en faire.

      Je regarde tout simplement une gang de bébés gâtés se plaindre le ventre plein, depuis 11 semaines, tout casser parce qu'on ne leur donne pas leur suçon et tenter d'imposer leur volonté à ceux qui ont du coeur au ventre et veulent poursuivre leurs études en toute quiétude.

      Et oui ! Je suis d'accord à ce que les émoluments des recteurs d'université soient revus à la baisse et qu'ils ne dépassent pas ceux d'un ministre.

      Michel J. Grenier

    • Fanny HM - Inscrite 24 avril 2012 10 h 31

      @ Monsieur Grenier,
      Tout d'abord votre terme d'enfants gâtés est à mon avis très innaproprié. Saviez-vous que ce sont ces mêmes enfants gâtés qui paieront les dépenses (pensions, retraite, santé) pour les retraités de demain? Ces mêmes enfants gâtés qui ne recoivent aucune aide de leurs parents parce que ceux-ci sont trop endettés pour les aider. C'est enfants gâtés dont vous parlez défendent une cause non pas individuelle mais bien pour les générations à venir. Pour moi des enfants gâtés, ce sont ceux qui me donnent comme argument être pour la hausse en raison de l'augmentation de salaire qu'ils bénéficieront dans quelques années puisqu'il y aura moins de diplômés....

      En fait, vous dites à la fin de votre texte que vous êtes pour que les salaires des recteurs soient revus à la baisse, et vous êtes pour la hausse ??? Je tiens à vous spécifier un principe très simple en gestion, avant d'injecter de l'argent supplémentaire encore faut il que le système gère bien l'argent. Sinon les principales conséquences seront d'autres exemples de gaspillage. À mes yeux, c'est le gouvernement qui est UN ENFANT GÂTÉ, prendre la solution la plus facile pour renflouer des coffres qu'il a mal gérés. La solution la plus facile car plusieurs autres alternatives auraient pu être envisagées, mais le gouvernement à choisit la voie de la facilité, en sachant que l'opinion publique serait de son avis, pour ne pas payer d'avantage d'impôt. Bref, on nous reproche d'être des enfants gâtés, alors les motivations de tous et chacun son d'une individualité qui me crève le coeur.........

      À mon avis, le montant d'argent exigés aux étudiants serait réduit si le gouvernement mettrait en place des règles régissant les dépenses en éducation. Lorsque le système de l'éducation sera géré de façon efficace et efficiente tout montant injecté dans le système aura l'effet estompé, par contre jusque là ce ne sera pas le cas.

      Malgré

    • Michel J. Grenier - Abonné 25 avril 2012 09 h 14

      Fanny,

      Si je suis votre raisonnement, tous les autres gouvernements, en Amérique du Nord, ne savent pas s'administrer, puisque les frais scolaires de ces provinces ou états sont tous plus élevés que ceux du Québec.

      En ce qui concerne ma retraite, j'ai contribué à la Régie des Rentes du Québec durant toutes mes années de travail.

      Je contribue encore en payant des taxes scolaires annuelles beaucoup plus élevées que la petite hausse individuelle demandée aux étudiants, par la ministre, comme plusieurs autres Québécois.

      Pourtant, je ne profite plus personnellement du système scolaire ni mes enfants, puisqu'ils travaillent tous.

      Et vous ne nous voyez pas descendre dans la rue et tout casser lorsque nous subissons des hausses de taxes.

      S'il est vrai qu'il y a 400 000 étudiants touchés par la hausse, cela signifierait une contribution annuelle supplémentaire brute de +- 130 000 000$, ce qui aidera grandement à financer notre système d'éducation qui, avec notre système de santé, accaparent plus de 70% du budget global du Québec.

      Lorsque l'on n'a pas à payer, l'on devient négligent.

      " C'est pas grave puisque ce sont les payeurs de taxes qui paient ". Beau raisonnement !

      Il est à peu près temps que les étudiants commencent à agir en adultes et se prennent en mains, se consacrent à leurs études, et laissent administrer ceux pour qui ils ont voté, en toute démocratie.

      Michel J. Grenier

    • Maxime Kitza Joly - Inscrit 26 avril 2012 10 h 33

      Michel,

      Les systèmes scolaires sont biens différents à travers l'Amérique du Nord.

      Évidemment un système utilisateur/payeur est tentant une fois nos études terminées, mais nous avons fait le choix de société d'avoir un système scolaire accessible à tous, et il est possible de le discuter mais y faire violence de cette manière pour renflouer les coffres justifie l'expression de notre mécontentement.

      Vous ne descendez pas dans les rues à la moindre hausse de taxe, mais si des hausses similaires avaient lieu en Santé, j'espère votre logique «hé bien, on a voté pour, on doit être d'accord» vous servira!

      Généraliser en disant que les étudiants en grève manifestent en vandalisant est absurde. Vous savez, un char de parade a été endommagé pendant la parade du Père Noël, ne blâmez pas les enfants et parents...

  • Curley - Inscrite 23 avril 2012 12 h 17

    Stop!

    Moi je dénonce la CLASSÉ de tergiverser sur la condamnation de la violence, à moitié, un petit peu, pas du tout, ça dépend dans quelles circonstances, envers qui, de la part de qui, du quoi et du comment. Stop!

    • Mario Cyr - Inscrit 23 avril 2012 13 h 46

      La position de la CLASSE est claire. C'est le gouvernement qui tergiverse. L'enjeu, ce n'est pas une querelle sémantique sur la violence, mais une hausse de frais de scolarité. C'est au gouvernement que je dis Stop.

    • Samuel Pothier - Inscrit 23 avril 2012 13 h 54

      Bref rappel : les plus grandes avancées sociales au Québec ( droit des femmes, droit de s'organiser librement, etc. ) ont été entérinées suite à de la désobéissance civile massive.

      Une position nuancée était nécessaire pour éviter que le gouvernement incorpore à «violence» même les actions ayant permis autrefois à la population de faire pression sur les élites politiques réactionnaires.

    • Mario Cyr - Inscrit 23 avril 2012 14 h 08

      Vous voyez: la ministre ajoute une nouvelle condition. C'est le gouvernement qui tergiverse: on veut négocier à moitié, un peu, pas sur le fond, pas trop, ça dépend avec qui, envers qui, de la part de qui, du comment du pourquoi.

    • Viktoria13 - Inscrit 23 avril 2012 14 h 16

      Je ne trouve pas que la CLASSE tergiverse - c'est plutôt la ministre qui s'enchevêtre dans un débat inutile, contre-productif et totalement impertinent. Le sujet des négociations entre la ministre et les associations étudiantes est l'accès aux études et non la violence dans les rues du Québec au 21e siècle. Elle est donc totalement hors sujet. Faut-il rappeler que si elle avait voulu parler aux étudiants dès que la problématique a été soulevé, la grève et la violence auraient été évités? Il est clair qu'elle fait de la provocation depuis le début. Et vous blâmez les associations étudiantes pour son comportement déconnecté de la réalité?

      Il est clair qu'elle cherche à gagner du temps et à influencer l'opinion publique. La question de la condamnation de la violence est clairement un des outils dont elle se sert à cette fin. C'est la ministre qui sabote les négociations. La CLASSE est très claire et directe, et c'est la ministre qui choisit de tordre les mots dans tous les sens.

      Ça prend des lunettes roses pour ne pas le voir.

    • Roland Berger - Inscrit 23 avril 2012 14 h 27

      Monsieur Curley, la compréhension de choix vraiment démocratiques est difficile à qui pense que le chef, c'est le chef, et que le chef a toujours raison.
      Roland Berger

    • karl whissell - Inscrit 23 avril 2012 16 h 17

      S'il n'y avait jamais eu de désobéissance civile dans l'histoire de l'Humanité , il y aurait des dictature partout ! Tous les oppresseurs ont été délogés grace à la désobéissance civile ! Il me semble que c'est assez clair , non?

    • PIELCHAT - Inscrit 23 avril 2012 16 h 22

      Lorsqu'on accepte et entérine la destruction du bien publique, lorsqu'on empêche des travailleurs de traverser un pont ou de se rendre à leur travail, cela devient antidémocratique et cela n'aide en rien la cause des étudiants, bien au contraire.

      Les étudiants ont parfaitement le droit de se mobiliser, de boycotter leurs cours et de manifester. Ils n'ont pas le droit de détruire, vandaliser, intimider et empêcher les autres citoyens d'exercer leurs propres droits.

      Je pense que la position de Mme Beauchamp est tout à fait appropriée dans le contexte, même si la CLASSE a refusé de désapprouver la désobéissance civile. Comme elle fait preuve d'ouverture, il faut laisser la chance au coureur !

    • Martin Parenteau - Inscrit 23 avril 2012 17 h 54

      La position de la CLASSE est assez claire, je crois : la violence directe contre les citoyens, elle est contre; le vandalisme et le saccage, elle s'en lave les mains.

    • camelot - Inscrit 24 avril 2012 00 h 48

      Vous vous êtes fait prendre au jeu de Charest. Démoniser l'opposition tandis que la cause de ces problèmes est le gouvernement Charest.

  • Fabien Nadeau - Abonné 23 avril 2012 12 h 26

    Impasse

    Il me semble évident que la ministre ne veut pas avoir à négocier et chipote pour éviter d'avoir à le faire. Cette grève ne doit pas se régler, le calcul de M. Charest est que c'est plus payant pour son parti étant donné sa base électorale de droite.

    Mais je pense que c'est un mauvais pari.

  • Marianne Ferron - Inscrit 23 avril 2012 12 h 26

    Le gouvernement se discrédite

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 23 avril 2012 18 h 08

      pourquoi??

  • pinaute - Inscrit 23 avril 2012 12 h 26

    une frustrée inconsolable

    Bon la matante est pas encore contente de la position étudiante. Elle ne fait que démontrer la mauvaise foi des libéraux dans le conflit.