Au gouvernement d'ouvrir le dialogue

Des manifestants ont fracassé les portes vitrées du Palais des congrès de Montréal, où le premier ministre Jean Charest prononçait une allocution sur le Plan Nord.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des manifestants ont fracassé les portes vitrées du Palais des congrès de Montréal, où le premier ministre Jean Charest prononçait une allocution sur le Plan Nord.

L'administration du collège Édouard-Montpetit demande au gouvernement d'ouvrir un dialogue «le plus rapidement possible» avec les étudiants. Il s'agit du premier établissement d'enseignement à mettre de la pression sur le gouvernement plutôt que sur les grévistes.

Dans une résolution adoptée par le conseil d'administration (C.A.) du collège longueuillois jeudi et envoyée hier à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, la direction invite le gouvernement à «dénouer la crise actuelle et [à] favoriser le retour en classe des étudiants dans les plus brefs délais, et ce, dans les meilleures conditions possible». Les étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sont en grève depuis 10 semaines, dans certains cas.

Ça suffit, «la guerre de sémantique», affirme en entrevue le directeur général du cégep, Serge Brasset, en référence à la condition de la ministre que la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) dénonce la violence pour avoir droit de participer à la table de négociation. Cette condition bloque la tenue de négociations, puisque la Fédération étudiante universitaire du Québec refuse d'entrer dans les discussions sans la CLASSE.

La résolution du C.A. indique bien que la clé pour résoudre l'impasse est de trouver une solution «qui conviendrait à toutes les parties concernées».

«C'est au gouvernement à régler le problème, dit Serge Brasset. Il a la responsabilité de dialoguer et de prendre les moyens pour le faire», surtout après une journée comme celle d'hier, où la tension a été des plus vives autour du Palais des congrès. Il croit que la ministre doit mettre les actes répréhensibles de côté et ouvrir grand la porte. «Il y a trois-quatre semaines, il n'y en avait pas [de casse], mais il n'y avait tout de même pas de discussions. Quand il y a des conflits dans les écoles, même au niveau primaire, on a des pacificateurs. On dit aux parties qu'il faut qu'elles se parlent.»

Le C.A. d'Édouard-Montpetit souligne par ailleurs la «démarche responsable, démocratique et transparente» de son association étudiante, l'Association générale des étudiants du collège Édouard-Montpetit.

L'administration précise qu'elle ne veut pas se mêler au débat sur la hausse des droits de scolarité et prendre position. Mais elle a tenu à alerter la ministre et remplir son devoir en tentant d'éviter des «drames humains», explique Serge Brasset.

Le temps file et les chances de pouvoir réaménager le calendrier scolaire sans affecter la prochaine rentrée se réduisent chaque jour. «Il y a des jeunes qui, si ça ne se règle pas, ne seront pas diplômés en juin et ne pourront pas entrer dans les programmes contingentés. Ils risquent de rater l'occasion. On est inquiets pour nos étudiants.» Le collège se donne la mission de valoriser l'enseignement supérieur et juge que la situation fait tout le contraire en ce moment.

Les étudiants du cégep Édouard-Montpetit sont en débrayage depuis sept semaines et la dernière assemblée générale a reconduit la grève jusqu'au 30 avril, à moins d'un règlement d'ici là.
7 commentaires
  • Michel Duchesne - Inscrit 21 avril 2012 10 h 15

    Au moins 6 autres collèges ont adopté une proposition semblable

    Le CA du collège Montmorency a adopté une proposition à l'unanimité le 28 mars 2012 qui a été reprise par au moins 6 cégeps et le sera par 8 autres dans la semaine qui vient. VOici le libellé de la proposition du Collège Montmorency qui a inspiré les autres CA.



    INVITATION AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC À OUVRIR LE DIALOGUE AVEC LES REPRÉSENTANTS DU MOUVEMENT ÉTUDIANT POUR DÉNOUER LA CRISE RELIÉE À LA HAUSSE DES FRAIS DE SCOLARITÉ

    CONSIDÉRANT que la mission du Collège Montmorency s’actualise notamment en offrant des programmes d'enseignement supérieur de qualité à une population de jeunes et d'adultes afin de permettre l'accès à l'ordre universitaire ou la participation au marché du travail dans une perspective d'apprentissage tout au long de la vie;

    CONSIDÉRANT que le projet éducatif du Collège Montmorency s’articule notamment autour d’une finalité d’éducation à une citoyenneté responsable, consciente tout autant de ses devoirs que de ses droits et portant vers l’engagement dans la vie de la collectivité et que le mouvement étudiant s’en fait un héritier méritoire et inspirant;

    CONSIDÉRANT que la hausse des droits de scolarité universitaire est une mesure qui a un impact direct sur l’accessibilité à l’éducation postsecondaire, et qui pourrait avoir une incidence négative sur la fréquentation des programmes préuniversitaires et sur les choix de vie professionnelle et personnelle de millier d’étudiants;

    CONSIDÉRANT que la hausse des droits de scolarité universitaire favorise l’endettement accru des étudiants québécois et de leur famille;

    CONSIDÉRANT que les études postsecondaires jouent un rôle primordial dans le développement de l’économie et de la société québécoise;

    CONSIDÉRANT que l’enseignement postsecondaire doit être rendu accessible au plus grand nombre;

    CONSIDÉRANT que le gouvernement doit ouvrir le dialogue avec le mouvement étudiant sur le financement de l’éduca

    • Michel Duchesne - Inscrit 23 avril 2012 07 h 27

      Suite de mon courriel précédent, dont la fin a été escamotée faute d'espace:

      CONSIDÉRANT que le gouvernement doit ouvrir le dialogue avec le mouvement étudiant sur le financement de l’éducation;

      Il est proposé et unanimement résolu :

      DE SALUER l’implication citoyenne du mouvement étudiant

      ET D’INVITER le gouvernement du Québec à ouvrir le dialogue avec celui-ci afin de dénouer la crise actuelle et de favoriser le retour en classe des étudiants dans les plus brefs délais.

  • Charles F. Labrecque - Inscrit 21 avril 2012 11 h 05

    Anarchie

    Ne croyez vous pas que votre message envoie un très mauvais signal pour dire à tout les citoyens et syndicats, que si vous n'être pas satisfaits de vos conditions, descendez dans la rue et casser tout sur votre passage. Alors nous aurons un gouvernement gouverné dans la rue. L'anarchie quoi.

    • Chantal_Mino - Inscrite 22 avril 2012 09 h 00

      À votre profit et pour d'autres, voici quelques définitions pris dans «Le Petit Robert» :

      [démocratie]: Doctrine politique d’après laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens : organisations politiques dans laquelle les citoyens exercent cette souveraineté.

      Sur ce point, je vous rappelle que ce n’est pas au 4 ans seulement et que le PLQ a été élu par 26% des Québécoi(se)s et que plus de 40 à 50% et plus des Québécoi(se)s sont contre la hausse des frais de scolarité. Même avec des sondages qui ne sont pas le reflet de la réalité, mais une tentative avec ses marges d'erreurs tenant compte de leur fidélité et de leur validité en fonction des questions posées, de la façon que cela s'est fait et par qui cela s’est fait, ce qu'on ignore, le PLQ n'a pas la légitimité démocratique d'augmenter les frais de scolarité sans aller à l'encontre totalement des fondements de notre démocratie.

      [dictature] : Régime politique autoritaire établi par un individu, une assemblée, un parti, un groupe social.

      [monarchie] : Régime politique dans lequel l’autorité politique réside dans un seul individu, et est exercée par lui ou par ses déléguées.

      Vous ne trouvez pas que les faits démontrent de plus en plus que nous sommes en dictature et en monarchie au Québec avec le PLQ, le roi Charest et ses larbins à sa tête et au Canada avec le PCC et le roi Harper et ses larbins à sa tête, beaucoup plus qu’en démocratie et que cela fait plutôt peur ?

      [anarchie] : Confusion due à l’absence de règles ou d’ordres précis.

      Sur ce dernier point, je vous rappelle une fois de plus que nous sommes en démocratie et que les règles et les ordres émises se doivent d’être respectés avant tout par l’ensemble de nos élus, nos dirigeants, nos policiers et nos juges, ce qui n’est pas le cas et devrait normalement être sanctionné rapidement afin de montrer l’exemple au 99% du peuple. Le 1% et leurs larbin

    • Chantal_Mino - Inscrite 22 avril 2012 10 h 38

      Suite de mon commentaire précédent de 09h00 qui n'a pas complètement apparu:


      Le 1% et leurs larbins sont ultra-protégés et les simples citoyens honnêtes qui prônent la démocratie sont discriminés, pénalisés, intimidés, pousuivis, dénigrés, harcelés, frappés et même arrêtés, condamnés avec un dossier judiciaire et même emprisonné s’il le faut, pensons juste à Michel Chartrand il y a longtemps et à Daniel Bédard aujourd’hui; ce n’est vraiment pas rassurant pour un citoyen honnête et intègre qui veut le rester.

  • Chris Ti - Inscrit 21 avril 2012 20 h 36

    Anarchie...

    "Ne croyez vous pas que votre message envoie un très mauvais signal pour dire à tout les citoyens et syndicats, que si vous n'être pas satisfaits de vos conditions, descendez dans la rue et casser tout sur votre passage. Alors nous aurons un gouvernement gouverné dans la rue. L'anarchie quoi."

    Pour répondre à ta question,

    Non j'y crois pas.

    Le signal qu'on envoie, c'est celui que les prolétaires attendent au fond d'eux-elles-mêmes.

    De créer le désordre dans une société malade et hypocrite, fonctionnant par l'oppression et l'aliénation, c'est de créer des conditions de libération pour tous et toutes, pas juste pour les soi-disant '"casseurs" (y a aussi beaucoup de casseuses, et pas seulement des jeunes), mais pour tous les gens qui se fendent en quatre pour survivre ou se faire une vie dans une société où les possibles sont passés dans l'entonnoir.

    Comprends bien que nous sommes forcés dans un monde de prisons, où on doit payer pour tout, tout en se faisant déposséder collectivement (l'augmentation des fras de scolarité en est qu'un des signes de ça) alors qu'un cartel d'ultra-riches à cravates -les vrais capitalistes- se font donner libre-cours à la destruction de la Terre... et is n'en ont bien-sûr que pour leurs poches, ces parasites.

    De continuer de collaborer avec l'ordre dominant, surtout d'en tirer profit, avec ses lois et exigences, c'est de supporter ce vieux système pourri. De tenter de e réformer, de l'humaniser, c'est de contribuer à le faire perdurer.

    Ce que ces anarchistes font, ici et aileurs, c'est d'initier l'avènement d'un monde libre.

  • Donald Bordeleau - Abonné 22 avril 2012 23 h 02

    Charest est peinturé dans le coin avec du Jel-lo

    Le gouvernement du PLQ a trop à perdre, il ne déclarera pas un moratoire sur la hausse.

    Donc les étudiants sont déterminés à aller jusqu'au bout.

    Bravo pour votre persévérance, vous avez appris une leçon d'humanité envers ceux qui seront sur les bancs d'école après votre départ.