Université Laval - Les villes et les territoires sont sous observation

Thierry Haroun Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Université - Recherche avril 2012

La Chaire de recherche du Canada en aide à la décision territoriale a pour objectif d'améliorer la compréhension des processus de décision en aménagement du territoire et de développer des instruments d'aide à la décision. Conversation avec son titulaire, Florent Joerin.

Depuis sa mise sur pied en 2003, la Chaire de recherche du Canada en aide à la décision territoriale, située à l'Université Laval, traite des enjeux liés à l'aménagement du territoire. À titre d'exemple, le projet de recherche en cours concerne l'adaptation des villes aux changements climatiques.

La documentation officielle met en contexte cette vaste recherche qui a cours depuis deux ans et qui est financée par le consortium Ouranos. «Les impacts appréhendés des changements climatiques risquent d'être plus intenses en zones habitées, ce qui invite en particulier les villes et [les] aires métropolitaines à accorder une plus grande importance aux défis de l'adaptation à ces changements. L'aménagement du territoire se révèle être un mécanisme pouvant significativement augmenter ou diminuer la vulnérabilité des villes aux changements climatiques, ce qui influe tant sur l'environnement bâti que sur les activités socioéconomiques et les habitants.»

«Par contre, lit-on plus loin, il est rare que les interventions de cette nature ne se réalisent uniquement qu'en réponse à des enjeux d'adaptation. La ville est un système complexe dont il est judicieux d'exploiter la dynamique et les transformations existantes pour y intégrer l'adaptation aux changements climatiques. De plus, la participation active des acteurs territoriaux (élus, représentants associatifs et citoyens) constitue un facteur-clé du succès de l'adaptation à de tels changements dans ce milieu urbain.» Ainsi, ce projet explore l'approche systémique et participative du processus d'élaboration d'un plan d'aménagement qui intègre l'adaptation aux changements climatiques à l'échelle d'un quartier ou d'un secteur d'une ville.

Joint à Lausanne, en Suisse, le titulaire de cette chaire de recherche, Florent Joerin, précise que le territoire étudié dans ce cas précis est celui de la Communauté métropolitaine de Québec. «La première année a consisté à dresser un diagnostic en ce qui concerne les impacts appréhendés des changements climatiques à l'échelle de notre terrain d'étude, qui est la Communauté métropolitaine de Québec. Nous en sommes cette année à la deuxième année du projet, et l'idée maintenant est de mieux prioriser les actions et les mesures devant être prises sur le territoire.»

Volets d'étude

Les volets d'étude visés dans le cadre de cette recherche qui mobilise plusieurs experts, dont des postdoctorants et des doctorants, sont la ressource en eau, le transport et la mobilité, les dynamiques urbaines, l'évaluation multicritère des risques, la mobilisation et la participation des acteurs ainsi que le phénomène des îlots de chaleur. C'est donc interdisciplinaire comme approche? «Oui, en effet. Je travaille entre autres avec une spécialiste sur les questions touchant l'eau potable, ainsi qu'avec un collègue qui s'est spécialisé dans les problèmes de transport et de mobilité. Il s'agit pour nous d'outiller les municipalités qui se préoccupent des questions concernant l'adaptation aux changements climatiques.»

Concrètement, soulève le chercheur, «le phénomène des îlots de chaleur a des impacts sur la santé des populations. Souvenons-nous de ce qui est arrivé en Europe, et particulièrement en France, il y a quelques années. Mais il n'y a pas seulement cet enjeu [qui est lié aux changements climatiques]. Je pense aussi aux dangers potentiels liés à la contamination de l'eau potable. On peut également constater des problèmes sur le plan des transports et de la mobilité. Par exemple, les effets du cycle du gel et du dégel sur le vieillissement des infrastructures routières ou encore sur la stabilité des bâtiments. Vous voyez, lorsqu'on commence à creuser la question, on découvre plein de choses. Ce sont des enjeux très importants. Il s'agit donc d'identifier les chaînes de conséquences qui seraient les plus dommageables et sur lesquelles il faut cibler les priorités d'action.»

Demain, l'éolien


Un autre projet de recherche est dans les cartons de Florent Joerin. Il concerne le secteur de l'éolien. «Ce qui est intéressant ici, c'est que le secteur de l'éolien est en plein développement au Québec et en Suisse, mais à des stades différents. Le Québec est assez en avance dans ce domaine, mais pas à l'échelle de la gouvernance. Le but consistera à comparer les situations. C'est un projet qu'on est à mettre sur pied en souhaitant son démarrage en 2013», conclut-il.

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Collaborateur du Devoir

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