Pas de rencontre sans la CLASSE

Nouvelle manifestation étudiante hier matin, rue Sherbrooke Ouest, à Montréal.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Nouvelle manifestation étudiante hier matin, rue Sherbrooke Ouest, à Montréal.

Pour la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), c'est un appel à la solidarité réussi. Les deux grandes fédérations étudiantes ont accepté l'invitation de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, mais lui demandent d'attendre pour laisser le temps à la CLASSE de prendre position sur la question de la violence samedi, lors de son congrès.

«La ministre disait qu'elle était déçue, mais on n'est pas à 24 heures près de résoudre un conflit comme ça. Qu'on la rencontre demain ou lundi, ça ne change pas grand-chose», a souligné Martine Desjardins, la présidente de la Fédération universitaire étudiante universitaire (FEUQ). Pendant ce temps, les rues et les campus sont le théâtre de confrontations violentes.

Ainsi, alors qu'elle était la première à se lancer à pleine tête dans le mouvement de grève, la CLASSE traîne maintenant de la patte, retardant le dénouement du conflit. C'est que, aussi démocratique soit-elle, comme le prétendent ses membres, la structure de l'organisme demeure complexe. «C'est une structure basée sur énormément de principes. La gauche, ayant une méfiance systématique envers la représentation de type "libérale" voire envers la notion même de pouvoir, a souvent tenté de trouver des mécanismes institutionnels pour empêcher que "la tête se sépare du corps"», a expliqué Daniel Pierre-Roy, ancien vice-président de la FEUQ, qui a aussi été délégué à l'ASSÉ.

Le Congrès de la CLASSE, qui se réunit une fois par semaine, ne peut prendre des mandats que si la majorité des assemblées générales de ses membres s'est positionnée sur un enjeu en particulier. «En temps de grève, cette structure est anormalement lourde et de plus, elle laisse passer un nombre d'enjeux importants», note M. Pierre-Roy. Un à trois délégués par association peuvent assister au congrès, mais celle-ci n'a qu'un vote.

Pour Xavier Lafrance, ancien porte-parole de la CASSEE (la CLASSE de l'époque) lors de la grève de 2005, ce manque de flexibilité est compensé par une unité du groupe et des positions plus claires. «C'est vrai que lorsqu'il faut réagir rapidement, la structure occasionne certains délais, mais on est gagnant à la fin parce que nos positions reflètent vraiment ce qu'on pense», souligne-t-il. Et le point fondamental du mouvement, c'est son caractère démocratique. «Nous ne sommes pas que nos belles idées individuelles, basées sur un travail de recherche, mais des idées à tous, entérinées par les assemblées générales et les congrès. On estime que les autres doivent acquiescer à ça parce qu'on a tout le monde derrière nous. C'est ce qui fait notre rapport de force», avance-t-il.

Démocratie anarchisante

Professeur au cégep de Maisonneuve, Benoît Lacoursière a longuement analysé les organisations militantes dans un ouvrage intitulé Le Mouvement étudiant au Québec de 1983 à 2006. Il admet que l'exercice de démocratie directe auquel se livrent les membres de la CLASSE n'est pas chose courante. «C'est une particularité de ce mouvement, une pratique syndicale qui va très loin dans la décentralisation des pouvoirs. C'est inspiré de la démocratie participative anarchisante qui dit que tout le monde est égal et qu'on ne peut conférer à quiconque plus de pouvoir qu'il n'en mérite», a-t-il expliqué.

Que ce soit pour la gratuité scolaire qu'elle prône, ses décisions prises très près de sa base ou encore le fait qu'elle ait deux porte-parole (homme et femme), la CLASSE possède quelques points en commun avec Québec solidaire (QS). «Mais c'est un organisme totalement non partisan qui ne veut pas du tout être apparenté à quelque parti politique que ce soit», constate Françoise David, porte-parole de QS.

En plus d'être féministe et égalitaire, la CLASSE demeure une organisation modeste, à petit budget. Aucun des délégués ou membres occupant des fonctions comme porte-parole ou trésorier ne reçoit de salaire. «Pendant la grève de 2005, j'avais le droit à 18 $ par jour pour mes déplacements et mon lunch», se souvient M. Lafrance. Les dépenses autorisées sont aujourd'hui de 24 $.

La structure disparate va jusqu'à comprendre des «gardiens et des gardiennes du Senti», des gardiens du bon climat lors des congrès et assemblées. Ces gardiens du Senti, dont le rôle ne figure toutefois pas dans les Statuts et règlements de la CLASSE, ont la tâche de «rapporter les malaises, tensions et sentiments généraux de la salle pouvant nuire au débat», peut-on lire dans leur dernier bilan du congrès des 6 et 7 avril derniers. Si certains monopolisent trop le micro, se répètent ou intentent des procès d'intention, ils peuvent être rappelés à l'ordre.

Quant aux porte-parole de la CLASSE, ils sont en quelque sorte des exécutants qui ne s'expriment qu'en fonction de mandats bien précis. Leur comportement est scruté à la loupe et ils font souvent l'objet de blâme. Ces derniers jours, plusieurs auraient souhaité les voir prendre position. Ils n'ont pas la marge de manoeuvre que les porte-parole de Québec solidaire peuvent avoir, note Mme David. «On est un parti politique qui s'inscrit dans une conjoncture politique qui fonctionne à une rapidité folle. On ne pourrait pas, Amir Khadir et moi, retourner sans cesse à nos congrès», dit-elle.

Condamnera-t-elle la violence?

En raison de ses principes tirés de l'anarchisme politique, il se pourrait que la CLASSE ne condamne pas la violence, ce qui la priverait d'un laissez-passer à la table des discussions, analyse Daniel Pierre-Roy. «[La CLASSE] respecte le principe de syndicalisme de combat et de diversité des tactiques. Celle-ci implique que l'on ne peut condamner les actions prises par nos camarades, car nous laissons le choix aux individus de décider eux-mêmes des actions qu'ils prendront, explique-t-il. Les associations les plus radicales membres de l'ASSÉ vont défendre le principe coûte que coûte alors que les associations étudiantes ayant rejoint la CLASSE pour le temps de la grève vont peut-être être tentées par l'approche un peu pragmatique de "dénonçons-la et passons à un autre appel".»

Xavier Lafrance refuse de pronostiquer. «J'apprends plus de ce mouvement que je ne peux lui en apprendre. Je suis très impressionné de voir combien il a mûri. Cela dit, il faut tout faire pour aller à la rencontre du gouvernement. Pourvu que cela se fasse sur une base d'une union démocratique, combative et qui reconnaît les actions de désobéissance civile.»

S'il n'y a pas condamnation de la violence à l'issue du congrès demain, la FECQ et la FEUQ referont le point. Et la CLASSE, définitivement écartée des discussions, verra alors se reproduire le redouté scénario de 2005.
84 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 20 avril 2012 03 h 21

    La violence : La diversion de Jean Charest

    .

    Comment peut-on encore sans cesse parler autant de la violence, alors que les étudiants ont eu un comportement exemplaire alors qu'ils manifestaient à plus de 200,000 dans les rues de Montréal, et que ce sont les policiers qui ont sans cesse intimidé, gazé, poivré, matraqué, battu et arrêté des étudiants-tes, des professeurs, et même, des journalistes ?

    - De grâce !

    - Cessez d'embarquer dans cette diversion machiavélique venant de la part du politicien le plus corrompu que le Québec aie jamais connu : «Jean Charest» !

    Et si vous tenez absolument à blâmer de la violence, blâmez donc les véritables violents qui sont en train de mettre le Québec à feu et à sang, en s'attaquant non seulement à la démocratie, aux droits civiques et à notre jeunesse, mais à l'une des institutions les plus important du Québec : «Le système d'éducation» !

    Et dites-vous bien une chose dans ce conflits de fous.

    Si Charest et Beauchamp ont tenté d'écarter une des associations étudiantes des négociations, c'est donc celle-là qu'il nous faut le plus soutenir !

    Christian Montmarquette
    Montréal

    .

    • Manon G - Abonnée 20 avril 2012 07 h 57

      Oui, il me semble qu'après tout ce qu'on a vu, croire encore à la bonne foi de ce gouvernement relève de la naïveté et de l'aveuglement (volontaire?).

    • Yan Hamel - Inscrit 20 avril 2012 08 h 28

      Le hors sujet.
      C'est bien ce qu'il fallait dire, monsieur Montmarquette. Si, il y a une semaine, quelqu'un l'avait dit, et avait convaincu les autres, nous aurions tous gagné du temps.
      On peut être contre la violence.
      On peut être pour la violence.
      On peut croire que les policiers et les gardiens sont plus violents que les étudiants, ou l'inverse.
      Mais chose certaine, cette question de la violence est hors sujet. Le sujet, ne l'oublions pas, et ne nous en écartons pas, demeure la hausse des frais de scolarité.
      Il est possible d'être pour la hausse et pour la violence, pour la hausse et contre la violence, contre la violence et pour la hausse ou contre la violence et contre la hausse.
      Les deux termes n'entretiennent aucun rapport nécessaire.
      Débattre de l'un n'a strictement aucun impact sur l'autre. On peut seulement questionner une stratégie politique qui serait fondée sur la violence, mais en remettant en question une telle stratégie, on ne remet pas en question le fond de l'affaire, la hausse, peut importe qu'on y soit favorable ou défavorable.
      Alors, pourquoi avoir pris tant de temps à discuter, et à chicaner, à propos d'un élément hors sujet? Parce que la ministre l'a voulu ainsi.
      Mais pourquoi l'a-t-elle voulu ainsi?

    • Gerard Pitre - Inscrit 20 avril 2012 09 h 13

      À m. Montmarquette. Vous avez un milliard cent millions de fois raisons. Jamais dans toute l'Histoire moderne du Québec a-t-on vu un gouvernement aussi corrompu, malhonnête et menteur que celui qui nous gouverne. Où est la conscience de tous ceux et toutes celles qui appient encore ce régime de corruption, et qui sont prêts à tout moment de voter aveuglement pour cette équipe qui nous rien en pleine face, qui lapide nos fonds publiques et qui nous mente comme il respire? L'heure n'est plus seulement au combat contre cette augmentation injustifiée et injustifiable, l'heure est au combat national pour défaire ce gouvernement et réclammer à grand cris des élections. La maison est entrain de bruler et tout ce que savent faire ces marionnettes d'abrutis de ministres, c'est de déblatérer pour rien dire. «Shame on you Mr. Charest» Honte à tous ceux et celles qui agissent et pensent comme vous. Vous êtes indigne de la fonction que vous occupez. Allez-vous en. Je ne veux plus vous voir. Vous ne méritez même pas mon regard. «Get out and don't come back for gaod sake». Merci. Gérard Pitre

    • Fernand Gar - Inscrit 20 avril 2012 09 h 51

      Être contre la violence, ce n'est pas la même choses que la condamner. Je pense que la très très grande majorité des manifestants sont contre la violence. Personne ne veut être violent et personne ne veut générer des situations violentes (sauf la police, Charest et Beauchamps qui utilisent l'argument de la violence comme tactique de détournement de l'enjeux principal, afin de diviser le mouvement pour mieux régner).

      Il faut noter que les actions explicitement violentes ont été très rares (le saccage des bureaux de Beauchamps étant le seul à ma connaissance). La plupart du temps, ce sont les policiers ou les gardiens qui l'ont générée et la presse détourne l'information afin de signifier que ce sont les étudiants qui sont les "casseurs".

      Nous faisons face a une situation très répandue dans les luttes sociales d'envergure. Les élites politiques et coercitives poussent les gens à bout et attendent que ceux-ci sortent des rangs de la manifestation pour les pointer du doigt avec l'argument de la violence.

      La violence, ce n'est pas les étudiants qui la génèrent, ils y répondent. Non seulement de la violence physique des policiers, mais de la violence économique que veut imposer le gouvernement.

      Bref, pourquoi devrait-on condamner la violence lorsqu'on te tire dessus et que tu te défends ou que tu réagis impulsivement (puisque a bout de nerf) a cause d'une situation opprésante imposée par les pouvoirs hégémoniques??

    • pascale bourguignon - Inscrite 20 avril 2012 10 h 42

      oui

    • sylvie turbide - Inscrite 21 avril 2012 10 h 31

      Grenouillage : Participer à des intrigues, à des tractations malhonnêtes, le plus souvent pour parvenir aux grands postes. Une collègue de travail m’avait dit : « regarde bien, jeune fille, les libéraux reviennes au pouvoir et les grenouillages politiques vont se remettre en place » À l’époque, je ne savais vraiment ce que ce mot voulait dire, les libéraux me l’on apprit. Je pense aussi à que les jeunes grévistes vont apprendre des libéraux : les menaces, la manipulation de l’opinion publique, l’intimidation et le grenouillage. Quelles traces laisserons ces confortations : celles qu’elles laissent sur la majorité de Québécois, un grand sentiment d’impuissance à se tenir debout pour contrer un gouvernement corrompu, malhonnête et menteur. Petite suggestion : le Fonds des générations (adoptée le 15 juin 2006 qui engrange des sommes importantes) pourrait aussi servir a ne pas léguer aux générations futures le lourd héritage du remboursement des frais de scolarités?

  • ClimateCrisis - Abonné 20 avril 2012 04 h 34

    quel vent de fraicheur

    les jeunes nous montrent la voie a suivre pour batir une justice social , c-a-d l unite et non la division .

    une vision depuis trop longtemps perdu au Quebec qui prone des valeurs de droite comme l individualisme et le capitalisme sauvage .

    simon villeneuve

    bravo et ne vous gener pas les jeunes de tasser cettte generation X ratee qui n a rien revendiquer, tres apolitiser, qui a part d accroitre la pauvrete du a leur vision nombriliste , n a rien amener sur le plan social au quebec pour ameliorer le sort des quebecois.

    oui j ai honte d appartenir a la generation X ....

    • Philippe Turgeon - Abonné 20 avril 2012 12 h 10

      ...et moi donc!

  • Francois Nicolas Tetreault - Inscrit 20 avril 2012 04 h 35

    Le respect !

    La ministre de l'Éducation emploie une méthode qui est décriée par l'Odre des vétérinaire du Québec : l'infantilisation des revendications étudiantes .

    Il faut mettre le nez du chiot dedans! Faux !
    Votre chiot a fait pipi sur le plancher, sur le canapé ou sur le lit des enfants ? Votre chiot a fait caca sur le tapis du salon ?
    Faut-il ou non le corriger ?
    Faut-il ou non lui mettre le nez dedans ?
    On intervient uniquement si le « coupable » est pris sur le fait!!!
    On ne lui met jamais le nez dedans !!!Il faut mettre le nez du chiot dedans! Faux !
    On intervient uniquement si le « coupable » est pris sur le fait!!!
    On ne lui met jamais le nez dedans !!!
    Le chiot vit l’instant présent. Ce qui c’est produit il y a 30 secondes est déjà oublié. Lorsque vous découvrez un dégat sur le plancher (ou ailleurs) vous avez le droit d’être frustré, en colère ou déçu… mais vous ne devez pas le montrer au chiot en le corrigeantphysiquement. Cette correction aurait la fâcheuse tendance à détruire votre lien de confiance Homme-Chien .

    Votre petit chien, madame,
    Votre petit chien, madame,
    Votre petit chien m'a mordue
    Tais-toi donc, p'tite menteuse!
    Tu n' sais pas c' que tu dis
    Mon petit chien est trop gentil
    Pour t' mordre où c' que tu dis.

    • Solange Bolduc - Abonnée 20 avril 2012 09 h 39

      C'est pas parce que c'est drôle que la situation n'est pas tragique!! N'est-ce pas?

    • Roland Berger - Inscrit 20 avril 2012 09 h 52

      Adorable !
      Roland Berger

  • Jacques Pilon - Abonné 20 avril 2012 06 h 08

    Merci

    Pour tout ces éclaircissements sur le fonctionnement de
    la CLASSE et ses principes sous-jascents.

    • Trobadorem - Inscrit 20 avril 2012 08 h 07

      Je seconde. Le Devoir a bien fait ses devoirs et contribuent à l'émancipation des Québécois avec un tel article.

    • Fernand Gar - Inscrit 20 avril 2012 09 h 53

      Il est rare qu'un article d'un grand journal mainstream soit si bon.

  • Yannick Cornet - Abonné 20 avril 2012 06 h 17

    La gratuite est possible ET desirable, mais pour ca il faut voir plus grand (et rester courageux)

    Evidemment, ce serait bien de parler avec la Ministre de l'Education, mais est-ce assez?

    Question de choix de societe. Taxer ce qu'on veut moins et detaxer ce qu'on veut plus. On veut moins de traffic et de pollution? Alors faut taxer les voitures et l'essence. On veut plus d'education? Alors faut detaxer l'education. Mais surtout, il faut accepter de taxer quelque part, et oui, ca peut faire un peu mal. Mais la voiture cheap et l'education gratuite, c'est pas possible.

    If faut donc aussi impliquer les autres Ministres.

    Mais attention, surtout ne pas abandonner. La solution typique et facile est toujour de couper la poire en deux. Apres des mois, le gouvernment va accepter de couper l'augmentation de moitie. Ou d'annuller l'augmentation a condition que. C'est la qu'il faut etre fort.

    La gratuite est possible ET desirable.

    • BROMONTOIS - Inscrit 20 avril 2012 08 h 15

      Certes et surtout pour ceux des autres provinces qui seront tenté d'envoyer leurs enfants récolter une instruction gratuite sur le dos des québécois , si ce n'est pas déjà le cas par le coût inférieur du reste du Canada .

    • Julie Savoie - Inscrite 20 avril 2012 09 h 31

      @ Bromontois

      Toutes les universités québécoises font déjà une distinction quant au montant des droits de scolarité selon les étudiants:
      - un crédit coûte 72,26 à un étudiant québécois;
      - 195,27 à un étudiant canadien non résident du Québec;
      - et entre 485,39 et 639,97 à un étudiant étranger.

      Donc, ne vous inquiétez pas pour ça.

      Vous pouvez consulter à titre d'exemple le site de l'Université de Montréal :
      http://www.etudes.umontreal.ca/payer-etudes/droit-

    • BROMONTOIS - Inscrit 20 avril 2012 12 h 12

      C'est si facile de louer un appartement à plusieurs et hop ! on est temporairement québécois jusqu'à l'obtention des certificats .

    • Julie Savoie - Inscrite 21 avril 2012 15 h 00

      @ Bromontois

      Vous êtes de mauvaise foi et dites n'importe quoi. L'une de mes amies est ontarienne, elle loue un appartement à Montréal mais paie tout de même davantage que les étudiants québécois. Ces choses-là se vérifient.

      Trouvez de meilleurs arguments.