Des élèves du secondaire en débrayage contre la hausse

Des élèves du secondaire d’une école du quartier Saint-Michel se joindront au mouvement étudiant à compter de mardi.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des élèves du secondaire d’une école du quartier Saint-Michel se joindront au mouvement étudiant à compter de mardi.

Les élèves d'une école secondaire de Montréal ont voté pour un débrayage de trois jours afin de dénoncer la hausse des droits de scolarité. Ils souhaitent se lancer dans la mêlée, alors que leurs collègues des cégeps et universités se trouvent dans des situations tendues dans plusieurs régions du Québec.

Du 24 au 26 avril, les élèves de l'école Joseph-François-Perrault, une école publique du quartier Saint-Michel, devraient organiser des piquets de grève et des manifestations. Si plusieurs élèves du secondaire avaient délaissé les cours pour la marche du 22 mars, à Montréal, il s'agit d'une première tentative de grève étudiante au secondaire.

Le conseil d'élèves a organisé une assemblée générale mardi après les cours, et le quart des étudiants s'y sont présentés. À main levée, les élèves ont voté à 91 % pour la grève. «C'est le temps de montrer que nous avons notre mot à dire, a expliqué un étudiant de 5e secondaire, Louis Duranleau-Hendrickx, au nom de ses collègues de classe. Nous invitons également les autres écoles secondaires à voter pour un débrayage afin de mettre plus de pression sur le gouvernement.»

Informée hier du vote des élèves, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a indiqué qu'elle étudiait la question avec l'Alliance des professeurs et la direction de l'école. La façon dont le vote a été tenu sera analysée, par exemple, a expliqué le porte-parole de la CSDM, Alain Perron.

Climat tendu à l'UQO

Le climat demeure des plus tendus à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), où la direction tente une reprise des classes depuis lundi. Plus de cours ont toutefois eu lieu hier que la veille, soit 38 des 47 séances prévues le mercredi.

En conférence de presse en fin d'après-midi, le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt, a demandé à ce que soit respectée l'injonction que d'autres étudiants ont obtenue vendredi dernier pour que les manifestants les laissent assister à leurs cours. M. Vaillancourt demande tout spécialement aux gens qui ne sont pas étudiants à l'UQO de cesser de bloquer les entrées. «On espère que les gens qui n'ont pas affaire à l'université resteront chez eux.»

Le recteur a par ailleurs salué le travail du Service de police de la Ville de Gatineau, alors qu'une centaine de personnes ont été arrêtées hier.

Les étudiants dénoncent plutôt ces arrestations. «Ce qui est déplorable, c'est qu'ils sortent l'antiémeute pour des étudiants qui, je tiens à le souligner, sont depuis le début de la grève pacifiques», a lancé Carole-Anne Poitras, une étudiante de l'UQO. La CLASSE offrait tôt ce matin le transport en autobus à ses membres qui voulaient se rendre à Gatineau.

De son côté, l'Université de Montréal a finalement suspendu les cours visés par les votes de grève pour une période indéterminée, «à la suite de discussions avec les instances syndicales des professeurs et des chargés de cours». Après avoir obtenu une injonction la semaine dernière, l'Université tentait d'opérer une reprise totale des cours cette semaine. Mais les manifestations se sont poursuivies et le climat n'est pas «propice à la tenue d'activités académiques», juge la direction.

À Sherbrooke, une demande d'injonction déposée par la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke a été accordée par la cour hier. Les cours doivent donc reprendre ce matin. Dix-neuf manifestants qui bloquaient des bureaux du ministère de l'Éducation à Sherbrooke ont été arrêtés hier.

Un peu plus de 175 000 étudiants sont toujours en grève, dont certains depuis neuf semaines et demie.

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Avec La Presse canadienne
16 commentaires
  • Caroline Moreno - Inscrit 19 avril 2012 06 h 17

    BRAVO Joseph-François-Perrault !

    Les élèves du secondaire (et leurs parents) sont les prochaines victimes de ces hausses...

    • Q1234 - Inscrite 19 avril 2012 09 h 31

      Oui! Bravo! Nous vous appuyons! C'est vous les générations les plus concernées!

  • Catherine Paquet - Abonnée 19 avril 2012 06 h 26

    Le secondaire en grève.

    Il ne manque que le primaire et les garderies. De façon démocratique, bien sûr...

    • Q1234 - Inscrite 19 avril 2012 09 h 32

      Pas fou! Ce sont eux qui vont en souffrir le plus.
      Il semble que les adultes ne sont pas tous prêts à protéger le bien public pour eux alors...

    • arcenciel - Inscrite 19 avril 2012 09 h 59

      Est-ce que le seul geste démocratique valable au Québec est de prendre sa carte de membre de votre parti libéral?

      La fatigue démocratique est grande au Québec. On veut en faire l'économie. Pas de discussion, que des partisans du parti unique celui du pouvoir, qui ne gouverne plus, mais qui exerce sa puissance au profit des nantis!

      Gérard Côté
      Lire le texte de M. Lisée dans son blogue

    • André Michaud - Inscrit 19 avril 2012 10 h 22

      Ces enfants connaisent-il vraiment le dossier? Savent-ils que les études ici sont payés à 80% par les citoyens, et que c'est L'endroit les plus économique en amérique du nord?

      Moi aussi quand j'étais enfant au secondaire je courrais les occasions de manquer l'école..peu importe la cause..

    • Francis Paradis - Inscrit 19 avril 2012 21 h 53

      @Michaud
      Vous-mêmes êtes-vous au courant du dossier? Le connaissez vous?
      Si oui, vous savez bien entendu que les études ne sont pas payées à 80% par les citoyens. Vous semblez oublier que malgré la faible participation (en valeur relative) des étudiants au financement des universités, celles-ci sont financées à hauteur de 20%, bon an mal an, par des dons d'entreprises et d'ex-étudiants.
      Bien sûr, si vous connaissez ces faits, c'est donc que vous tentez d'induire en erreur la population. Sinon, c'est que vous connaissez mal les dossiers. À vous de choisir quelle option convient le mieux à votre cas.

    • Hélène Lavoie - Abonnée 19 avril 2012 22 h 13

      Pour répondre à Monsieur André Michaud, je crois que ces "enfants" comme vous dites si bien comprennent très bien l'enjeu actuel de ce conflit. Ils sont pour la plupart pratiquement des citoyens à part entière à quelques mois de pouvoir voter. Cette hausse nous affectera bien plus que tous les étudiants actuellement en grève aux niveaux collégial et universitaire. Peut-être manquiez-vous l'école, peu importe la cause, mais bon nombre d'entre nous suivons nos études avec assiduité. La grève n'est vraiment pas une façon de prendre congé, mais plutôt de montrer que même non-majeurs, nous sommes capables d'avoir une opinion très bien construite et d’appuyer une cause qui nous tiens à cœur.

      Amélie Bruneau
      étudiante de 5e secondaire

  • Laurent Richer-Beaulieu - Inscrit 19 avril 2012 10 h 33

    Une journée pédagogique

    Connaissez-vous ces journées qu'on appelle "pédagogiques" ? Pour ceux qui ne le savent pas, ce sont des journées où les élèves sont en congé et les professeurs travaillent. Les élèves adorent ce genre de journée. J'étais élève au secondaire il y a maintenant un peu moins d'un an et je peux en témoigner !

    Personne ne peut le nier : Les élèves du secondaires, peu importe leur opinion, sont et seront toujours ravis de manquer des jours de classe. Les examens reportés, les devoirs et les cours remis à un autre jour... c'est le paradis !

    Toutefois, il faut se questionner sur la méthode et sur le pourquoi d'une grève des élèves du secondaire. Avant de tergiverser dans le mélodramatique et de féliciter nos beaux jeunes valeureux d'entreprendre une lutte sociale, regardons la situation avec un oeil critique et plus avisé.

    Premièrement, la méthode. Le vote qui s'est passé à l'école secondaire Joseph-François-Perrault est loin de ce qu'on peut appeler "démocratique". Comme tous les votes à mains levées, cette situation engendre immédiatement de l'initmidation, qu'elle soit directe ou indirecte, physique ou verbale. Comprenez bien : un élève de première secondaire ne votera jamais contre la voix la plus forte, soit celle de la majorité des plus âgés. Un élève de première secondaire a 12 ans... et un de cinquième en a 17. Qui est le plus persuasif et intimidant des deux ? Vous me suivez ?

    Je suis étudiant au Collège de Maisonneuve, en première année de Sciences Humaines. Aux assemblées générales, là où le vote est supposé être démocratique, on vote aussi à main levée. Et il y en a de l'intimidation, croyez-moi ! Je fais partie de ces gens qui n'ont pas peur d'aller en avant et de parler (on est 4 qui osent, vous comprendrez pourquoi) et qui n'ont pas peur non plus des regards haineux et des insultes qu'on lance à notre passage dans l'allée du gymnase durant l'assemblée. Le pire, c'est qu'ils ont le même âge que

    • Louis Duranleau-Hendrickx - Inscrit 19 avril 2012 16 h 58

      Premièrement, il faut tenir compte que le temps de classe perdu sera certainement repris et les élèves le savent. Évidemment, comme aller à l'école jusqu'à 16 ans est obligatoire et que certains attendent d'avoir atteint cet âge pour quitter l'école, la grève tombe comme des jours de congé. Néanmoins, la grande majorité des élèves ont voté pour un débrayage, car ils veulent se prononcer sur la question de la hausse. Nous avons réussi à réunir des centaines d'étudiants de notre école le 22 mars 2012, certains de ceux qui sont venus n'avaient pas d'absence motivée, alors ils ont du faire des retenues. Si nous avons voté une levée des cours, c'est parce que les étudiants vont s'impliquer, nous avons déjà planifié du piquetage tôt le matin, plus d'une heure avant notre rentrée matinale quotidienne normale.

      De plus, nous avons un examen du ministère en français sous peu et c'était hier la principale préoccupation de tous les étudiants, c'est donc faux de dire: examens reportés... c'est le paradis! Croyez-vous vraiment que le ministère va reporter son examen final, surtout pour cause de grève ?

      Finalement, le vote à main levée. Oui le vote s'est fait à main levée, personne n'ayant demandé un vote secret, mais je peux vous assurer qu'hier il n'y a pas eu d'intimidation au moment du vote. Des élèves de secondaire 1 et 2 sont venus s'exprimer au micro, pour ou contre la grève et aucun n'a été hué... Je crois qu'une des premières choses que la présidence a faite, c'est de rappeler que toutes les positions sont acceptables... Hier, il y a eu de bons débats, mais tout s'est déroulé dans le plus grand respect. Une vingtaine d'étudiants ont voté contre la grève, dont un de mes amis, et je respecte au plus haut point leur position.

      En temps normal, je vous aurais félicité pour votre courage lors des AG, même si je ne suis pas d'accord avec vous, mais vous êtes si méprisant envers les élèves du secondaire que vous

    • Francis Paradis - Inscrit 19 avril 2012 22 h 02

      @Louis
      Bravo, très bien écrit et rempli de bon sens!

      @Laurent
      L'intimidation n'est pas envers les verts. Ce qui crée des réactions, c'est le manque d'argument. Un vert qui se fait huer est un vert qui donne uniquement des arguments personnels (mes cours, mon argent, ma job d'été).

      Les votes à main levée ont lieux dans les conseils d'administration des entreprises, à l'assemblée nationale, aux assemblées générales des partis politiques ainsi qu'à l'élection des conseils d'administration (chez Desjardins, par exemple). Si c'est bon pour les entreprises, le gouvernement et les organisations politiques, pourquoi pas pour les étudiants?

    • Arnaud Gagnon - Inscrit 19 avril 2012 22 h 23

      Étiez-vous dans la rue le 22 mars?
      Il faut croire que non. Avez-vous été là pendant le rendez-vous que les élèves du secondaires s'étaient donnés ce jour-là? Moi oui.
      Oublions un moment le fait qu'ils étaient nombreux, très même. Concentrons nous uniquement sur le fait que j'ai parlé avec plusieurs d'entre-eux, surtout les plus jeunes et que j'ai été très ému ce jour-là. Ému parce qu'un jeune de secondaire 1 qui défend avec force convitions ces valeurs, qui est capable d'argumenter correctement pour défendre la grève et le mouvement étudiant contre la hausse, un tel élève, c'est quelque chose de beau. C'est une preuve que tout n'est pas perdu. Une preuve que les gens de demain ne seront pas tous comme vous: aveugles, bornés.
      Votre commentaire est à proprement parlé insultant.
      Étiez-vous là pendant l'AG de JFP? Non.
      Vous vous contenter de diffamation parce que aigri que vous êtes vous voyez le mal partout dans notre mouvement de grève. Peut-être y-a-til vraiment eu intimidation dans VOTRE AG, mais y-en-a-til dans les autres? Il ne faut pas se contenter de Richard Martineau et Éric Duhaime pour le savoir, il; faut y être.

  • Eric Pauzé - Inscrit 19 avril 2012 10 h 42

    L'esprit de la réforme

    L'un des buts de la récente réforme scolaire n'est-elle pas de faire grandir l'esprit critique et la conscience citoyenne des élèves, dans le but de se forger une opinion, de l'exprimer et la défendre en tant que citoyen? Il faut croire que ça a marché!

  • Donald Bordeleau - Abonné 19 avril 2012 20 h 46

    Bravo pour ce début de démocratie.

    En espérant que la police ne sortira la matraque pour tapper sur nos jeunes.


    Le présent gouvernement du Québec est en train d’entraver gravement son potentiel économique et éducatif en augmentant le coût des études universitaires comme cela se produit présentement en Ontario