Line Beauchamp lance un ultimatum aux étudiants

Devant l'ultimatum de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a indiqué qu'elle ne condamnera pas les actes de violence et de vandalisme, à tout le moins pas d'ici 24h. Quant aux deux autres fédérations étudiantes, elles ont accepté de dénoncer ces actes.

Jusqu'ici, les trois groupes d'étudiants s'entendent sur le fait qu'ils doivent tous être présents aux discussions et demandent à la ministre Beauchamp qu'elle condamne aussi les dérapages qui ont lieu dans certains établissements, notamment à la suite d'obtention d'injonction pour forcer le retour en classe. «Nous on a demandé à la ministre qu'elle condamne. Chacun doit prendre ses responsabilités, elle aussi», a dit Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ).

La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, avait lancé ce matin un ultimatum aux étudiants: les trois grandes organisations d’étudiants en grève devront dénoncer la violence d'ici la fin de la journée si elles veulent une place dans les négociations.

«Je vais m’asseoir et je vais discuter avec des gens qui ont clairement condamné le recours à la violence, en date d’aujourd’hui à la fin de la journée, on aura un portrait clair [qui dira] avec qui je peux entamer un dialogue», a indiqué la ministre à des journalistes ce matin.

Dimanche, Mme Beauchamp avait démontré un signe d’ouverture en annonçant qu’elle acceptait de discuter de la gouvernance des universités.

Depuis, elle a eu des échanges informels avec la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale (FECQ) concernant une possible rencontre. Elle avait toutefois indiquée que la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ne serait pas invitée, tant et aussi longtemps qu’elle ne condamnerait pas les actes de violence et de vandalisme liés au mouvement étudiant et visant notamment les bureaux et résidences de certains ministres.

Les porte-parole de la CLASSE avaient rétorqué que leur organisation aimerait être des discussions mais que le mandat de condamner la violence ne leur avait pas été donné.

La CLASSE a rappelé que la FEUQ n’a pas non plus condamné les gestes de violence et s’étonne que le gouvernement lui-même ne dénonce pas la brutalité policière envers certains étudiants. «On nous demande de dénoncer des actes de vandalisme, mais la ministre n'est pas capable de condamner la brutalité policière qui a fait perdre un oeil à un étudiant», a dit Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE.

122 commentaires
  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere - Inscrit 18 avril 2012 12 h 19

    Faire évoluer ce mouvement

    Les étudiants sont en grève depuis maintenant plusieurs semaines. Cela suffit. Il faut maintenant savoir cesser et reprendre le chemin des cours. Il faut condamner fermement cette violence envers les bureaux de nos responsables politiques! Ce gouvernement doit pouvoir agir comme il l'entend. Comme l'a dit le grand Jean-Pierre RAFFARIN : "ce n'est pas la rue qui gouverne"

    • Jean-Christophe Côté - Inscrit 18 avril 2012 13 h 51

      ce n'est pas la rue qui gouverne...

    • Patrick Lavoie - Inscrit 18 avril 2012 13 h 53

      "Ce n'est pas la rue qui gouverne" hein?!!! Si ce n'est pas la population, supposée libre, qui gouverne, alors ceci s'appelle une dictature monsieur.

    • Sanzalure - Inscrit 18 avril 2012 14 h 00

      Va falloir vous faire à l'idée, parce qu'après la grève des étudiants, il y aura la grève générale illimitée de toutes les personnes qui sont tannées de la situation actuelle.

      Serge Grenier

    • Leys - Inscrit 18 avril 2012 14 h 18

      Vous parlez de Raffarin, ce grand ami de la Chine ? C'est probablement des Chinois qu'il s'est inspiré pour parler ainsi...

    • Jeremie Poupart Montpetit - Inscrit 18 avril 2012 14 h 43

      @ Mr Du Cresson

      Donc pour vous une solution acceptable serait de ne pas manifester et de gobber tout cru tout ce qui se passe dans la sphère politique ?

      "ce gouvernement doit agir comme il l'entends" ?

      quand il fait des erreurs comme au mont Orford ?
      quand il s'enlise dans la crasse corruption en refusant une commission d'enquête sur le milieu de la construction ? quand il s'entête à rester silencieux devant un conflit étudiant qui s'éternise ?

      Si personne ne se levait jamais on se ferait manger la laine sur le dos et on se ferait rouler dans la farine. Vous êtes de ces individus qui se foutent de se faire avoir tant que vous dormez au gaz sans en être informés...

      tant qu'à faire des citations inutiles appuyant des propos insipides, je vous réponds avec une citation amusante:
      "c'est à force de contestation que l'on obtient satisfaction" Boris Vian

      Jérémie Poupart Montpetit

    • Killian Meilleur - Inscrit 18 avril 2012 14 h 47

      Nous avons tous accès à la médecine,

      Nous avons tous accès à - une forme - d'éducation,

      Nous avons tous le droit inaliénable de vivre sans que quelqu'un d'autre puisse décréter la fin de notre existence

      Nous avons la possibilité de nous battre pour décider de notre avenir en tant que peuple,


      ...Parce que des milliers de gens ont eu le courage d'aller MOURIR dans les rues, à Paris ou ailleurs, au nom de l'équité, de la justice et de la démocratie, il n'y a pas si longtemps de cela...

      La Rue est le seul espace qui convienne au peuple, car c'est le seul qui soit à même de le contenir, tout comme le coeur et les artères sont les seuls vaisseaux convenables du flot de la vie!

      Que vous le vouliez ou non, c'est le peuple qui gouverne, et c'est par la rue qu'il gouvernera toujours, c'est dans la rue que se règlent toujours les véritables enjeux, ceux qui concernent le pouvoir lui-même, tout comme l'abus de celui-ci!

      Retournez dans votre siècle.



      « Sous les pavés, la Grève! »

    • Trobadorem - Inscrit 18 avril 2012 15 h 23

      "Nos responsables politiques" ? Ces politiciens sont tout sauf responsables.

      On appelle "responsabilité politique du gouvernement" l'obligation pour celui-ci de démissionner lorsqu'il ne dispose plus de la confiance de l'autorité politique devant laquelle il est responsable. : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Responsabilite_


      Ce que Charest et sa gang ont fait depuis qu'ils sont au pouvoir est de provoquer la population jusqu'à ce que certains d'entre eux perdent patience.

      Une société de droit ? Non, plutôt une société où certains s'arrogent le droit d'avoir tous les droits, notamment celui de provoquer impunément les citoyens pour ensuite mettre en prison ceux qui ont le courage de se défendre.

      Ce sont des politiciens qui derrière leur diplôme d'avocat, se farcissent la panse à coups de mensonges pour garder le pouvoir entre leurs mains, les ficelles de la bourse entre les dents et ...le poil à gratter là où le dos perd son nom.

      Vous écrivez: "Ce gouvernement doit pouvoir agir comme il l'entend". Décidement, certains d'entres nous sont étouffés par ce syndrome de Stockholm. Est-ce votre cas Monsieur Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere ?

    • Hyperbolique - Inscrit 18 avril 2012 15 h 34

      A-t-on entendu la ministre Beauchamp dénoncer la violence policière à l'encontre de l'étudiant qui s'est fait blessé à l'oeil? A-t-on entendu la ministre dénoncer l'arrestation arbitraire de deux journalistes? Arrêtez d'infantiliser les étudiants et rendez-vous à l'évidence que le gouvernement actuel a totalement échoué dans la gestion de la crise. Il s'agit d'une incompétence crasse qu'il faut dénoncer en tant que citoyen. La balle est dans le camp du gouvernement et pas dans celui des étudiants.

    • Olivier Cattiaux - Inscrit 18 avril 2012 16 h 42

      Le grand Raffarin a aussi dit : "Il est curieux de constater en France que les veuves vivent plus longtemps que leurs maris" ou encore "Le citoyen est un piéton de la République" et surtout "Jacques Vabre sait faire du bon café"...

      Il est surtout un des premiers ministres de la France qui a le moins été capable de faire vivre le dialogue social en France. Il a largement contribué à l'image de mépris des politiciens envers la populace.

      En plus, son rejet par la population a été initié par des réformes jugées insuffisantes par son camp politique et globalement inefficaces!

      Est-il réellement un exemple à suivre au Québec?

    • mi grave - Inscrit 18 avril 2012 17 h 41

      ha ha ha ha ha ha ha !

      Merci pour cette généreuse remise à l'ordre Monsieur du Cresson de la Rochandière.

      Sachons cesser !

    • - Abonné 19 avril 2012 00 h 37

      Monsieur du Cresson de la Rochelière,

      Sachez que la démocratie, le droit de vote des femmes, la fin des ségrégations raciale et sexuelle, les vacances rémunérées obligatoires pour tous les travailleurs, l'éducation publique et j'en passe, bref tout ce qui fait que ce monde soit à peu près respirable, tout ça a été gagné dans la rue, pas ailleurs.

    • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere - Inscrit 19 avril 2012 14 h 44

      Je vous remercie tous & toutes pour vos remarques. Non, je le répète ce n'est pas la rue qui gouverne. CE SONT LES URNES. Un peu de réflexion, je vous prie! Mettre le bordel dans les rue ne contribuera qu'à augmenter la facture qui sera tendue à la société tot ou tard. Et puis la vie a un cout. Tout augmente. C'est triste mais c'est comme ça. Je suis assez effaré tout de même, en ces période de crise économique latente, de voir autant de gens (souvent jeunes) faire la queue lorsque sort un nouveau iPhone , alors qu'il y a d'autres produits moins chers. Mais pour payer des frais d'inscription, c'est impossible? Je ne pense pas que le policier qui a blessé l'étudiant sera impuni, au contraire. Il y a deux vies accidentées dans cette histoire, celle du policier, bien sûr, mais d'abord celle de l'étudiant. Déplorable. Mais de grace, retournez donc à vos études, chers étudiants, réflechissez longuement à tout ce qui se passe en ce moment (et ne pas vous contenter de dire ' on ne veut pas payer ') réflichissez à l'amélioration ou au changement de modèle économique, engagez-vous politiquement, votez... Manifester dans la rue, ça va un moment, il faut maintenant passer à autre chose...

    • Donald Bordeleau - Abonné 24 avril 2012 23 h 36

      Mais les plus grands changements viennent de la rue.

      La stratégie du gouvernement de diviser le mouvement étudiant a été un échec.

      Les étudiants ont été solidaire. Mais il reste un bout de chemin pour faire infléchir le gouvernement du PLQ.

  • Geoffroi - Inscrit 18 avril 2012 12 h 37

    Pour Mère supérieure

    « Nous avons tant de raisons secrètes d'être indulgents, qu'il faut être parfait ou bien méchant pour oser condamner. »

    de Anonyme

  • Louka Paradis - Inscrit 18 avril 2012 12 h 47

    Quel gâchis !

    Voilà où mène une attitude de confrontation. Mme Beauchamp, poussée par son chef Charest, a très mal géré la situation et a engendré une vraie crise. Que c'est triste de voir les milieux universiraires entraînés dans ce chaos d'affrontement ! Une stratégie de chicane et de malententdus, une escalade vers la violence qu'on se dépêche à imputer à ceux qui se sont retrouvés derrière un mur de silence et d'autoritarisme. Un recours injustifié aux tribunaux et aux interventions policières... Mais où allons-nous ??? Voilà une gestion d'une époque révolue. Vite ! une médiation ou sa démission.
    Louka Paradis, de Gatineau

    • Gerard Pitre - Inscrit 18 avril 2012 14 h 09

      Pas seulement la démission de la ministre mais du gouvernement au complet car ce médiocre premier ministre est indigne de la fonction qu'il occupe. Un véritable chef d'ÉTAT se veut au dessus de la mêlée afin d'arbitrer les conflicts pour le bien être de l'ensemble de la population et non pour une clique de biens nantis au nom du sacro-saint pouvoir économique. Le feu est pris dans la gouvernene de l'ÉTAT et appelons au plus urgent les pompiers qui éteindront le feu c-à-d le peuple par la voix des urnes, et que les coupables soient tous punis politiquement parlant et autrement s'il le faut preuve à l'appui. Honte à ce gouvernement. Merci. G.rard Pitre

  • Photodan - Abonné 18 avril 2012 12 h 58

    La menace libérale sur notre capital social

    En plus de menacer notre capital social, au sens de Bourdieu, l'endettement ne menace pas seulement les étudiants, mais aussi leurs proches:

    http://www.courrierinternational.com/article/2012/

    C'est ce que la ministre Beauchamp se garde bien de nous dire. Elle garde la porte fermée sur ce sujet.

  • Annabella Durocher - Inscrite 18 avril 2012 13 h 00

    Au Québec l'une de nos valeurs c'est d'éduquer nos jeunes dans le dialogue.

    Nous savons bien, le dialogue ne fait pas partie des valeurs de ce Gouvernement, ce Gouvernement use de son pouvoir et de sa force par ultimatums, injonctions et loi spéciales. Mme Beauchamp avant de punir il y a le dialogue, chose que vous n'avez jamais voulu faire avec les jeunes étudiants.

    Avant de demander à nos jeunes étudiants de condamner les gestes de violences commis lors des manifestations votre Gouvernement devrait condamner la corruption qui exite au sein de notre appareil Gouvernemental publiquement la main sur le coeur.

    Votre Gouvernement est un très mauvais exemple pour nos jeunes.