Droits de scolarité: Charest ne bouge pas d'un iota

Québec — Talonné par l'opposition pendant deux heures lors de l'étude des crédits, Jean Charest, à titre de ministre responsable de la Jeunesse, n'a bougé d'un iota sur la hausse des droits de scolarité. Le premier ministre a surtout cherché à mettre dans le même sac le Parti québécois et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Aux questions du député de Terrebonne, Mathieu Traversy, le porte-parole péquiste pour la jeunesse, Jean Charest a répliqué par une question qu'il a répétée à trois reprises au Salon rouge. «Je le regarde droit dans les yeux. Les Québécois veulent savoir: est-ce que oui ou non le PQ et sa chef croient que nous devrions nous asseoir avec le représentant de la CLASSE?» La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, a accepté de discuter avec les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), mais pas avec ceux de la CLASSE parce qu'ils se contentent de se «dissocier» des gestes de violence au lieu de les condamner.

L'insistance du premier ministre fut précédée par une déclaration ministérielle de Robert Dutil à l'Assemblée nationale pour condamner la violence et l'intimidation. Le ministre a demandé aux membres de l'Assemblée nationale de faire de même.

«Le Parti québécois dénonce également tout geste de violence et méfait en guise de manifestation», a déclaré à son tour la députée de Taillon, Marie Malavoy. «Nous avions peur, et cela malheureusement s'est produit, que tout refus du dialogue mène à des débordements», a-t-elle ajouté.

Au Salon rouge, une trentaine d'étudiants, tous vêtus de rouge, de la FEUQ et de la FECQ, dont leur président respectif, Martine Desjardins et Léo-Bureau-Blouin, ont assisté bien sagement aux échanges. Jean Charest ne leur a pas permis d'espérer. «Nous l'assumons totalement [notre décision]. On n'est pas dans une situation de tergiversations», a affirmé le premier ministre. Les universités au Québec doivent être de «calibre mondial», a-t-il réitéré. «Ce n'est pas un choix, c'est une obligation.»

Le premier ministre a refusé d'avoir une rencontre avec les étudiants présents. Il n'a pas daigné non plus leur serrer la main au début de l'étude des crédits, comme l'avaient fait députés libéraux et péquistes.

Dans un communiqué commun, tant la FEUQ et la FECQ se sont dites déçues par l'exercice. Le premier ministre «ne semble pas se soucier réellement de l'amélioration des conditions de vie des jeunes», a déploré Léo Bureau-Blouin. Les deux associations se disent ouvertes à discuter avec la ministre de la «mauvaise gestion» des universités, mais elles ont la ferme intention d'aborder le «fond du problème»: la hausse des droits. Tous les étudiants devaient avoir «voix au chapitre» et la CLASSE devrait faire partie des discussions, ont-t-ils rappelé.

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