Les cours annulés au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu et à l'Université du Québec en Outaouais

Des étudiants se sont rassemblés ce matin devant le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants se sont rassemblés ce matin devant le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu.

La direction du cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu annonce la fermeture de ses portes pour la journée et la soirée d'aujourd'hui. Toutes les activités à l’enseignement régulier et à la formation continue ainsi que les activités à la communauté sont donc suspendues.

La directrice générale de l’institution, Chantal Denis, explique dans un communiqué que malgré la volonté de la direction de permettre l’accessibilité et de reprendre les cours, elle a l’obligation d’assurer la sécurité des étudiants et du personnel, de même que la sécurité des lieux.

Il y a quelques jours, un vote a été tenu au sein de la communauté étudiante de ce collège et la majorité a choisi de poursuivre la grève.

Cependant, vendredi, la direction a fait savoir que malgré ce vote, les cours reprendraient normalement le 16 avril afin de permettre aux élèves de terminer leur session et d’obtenir leur diplôme. Elle précisait qu’une grève qui se prolongerait ne laisserait plus de marge de manoeuvre au collège pour se conformer au Règlement sur le régime des études collégiales (RREC).

Dans la nuit d'hier, des étudiants ont donc décidé d’ériger un blocus face aux entrées du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu. La décision de fermer le collège pour la journée a été annoncée peu après.

Cours annulés en Outaouais et à Valleyfield

Les cours ont été annulés pour la journée, aujourd'hui, à l’Université du Québec en Outaouais, à Gatineau.

Les cours devaient d’abord reprendre lundi en raison d’une injonction obtenue vendredi par un groupe d’étudiants qui réclamaient de retourner en classe.

Toutefois, ce matin, un groupe d’étudiants a réussi à pénétrer dans l’établissement pour en bloquer ensuite l’accès. La direction de l’université s’est aussitôt résolue à annuler les cours pour la journée, pour des raisons de sécurité.

En milieu d’après-midi, aujourd'hui, plusieurs étudiants étaient toujours barricadés à l’intérieur. Craignant pour la sécurité des étudiants, un groupe d’une vingtaine de professeurs ont formé une chaîne humaine devant l’entrée principale du pavillon Alexandra-Taché, sur la rue du même nom.

Au cégep de Valleyfield, les étudiants ont voté en faveur de la reconduction de la grève aujourd'hui, malgré le désir de la direction de reprendre les cours. La semaine dernière, la tentative du cégep de provoquer le retour en classes avait été vaine, les étudiants ayant manifesté en masse devant l’établissement, et la direction ayant décidé de fermer ses portes pour des raisons de sécurité.

Vandalisme aux couleurs étudiantes à Montréal

Trois jeunes hommes de 19 ans ont été arrêtés, ce matin, près du Cégep du Vieux-Montréal, alors que plusieurs immeubles ont été les cibles d’actes de vandalisme dans la nuit d'hier dans divers quartiers de Montréal. Plusieurs ont été peinturés de rouge. Certains des édifices visés abritent des bureaux de ministères du gouvernement du Québec.

Deux arrestations ont été effectuées par le Service de police de la Ville de Montréal vers 5 h 20 pour des introductions par effraction. Un troisième homme de 19 ans a été arrêté vers 9 h 35 pour un méfait. Les trois hommes sont interrogés en après-midi par les enquêteurs.

Vers 3h05, des vandales se sont attaqués à un édifice du boulevard Marcel-Laurin, dans l’arrondissement Saint-Laurent, la circonscription du ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier. Des fenêtres ont été fracassées et des traces de cocktail Molotov ont été trouvées.

Une quinzaine de minutes plus tard, d’autres gestes illégaux ont été commis au bureau de comté de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, sur la rue Saint-Jacques, dans la circonscription de Saint-Henri/Sainte-Anne. Là aussi, du verre brisé et des objets incendiaires ont été trouvés, mais aucun dommage n’a été causé par le feu.
Des graffitis peints en rouge ont aussi été tracés à cet endroit.

Depuis plusieurs semaines, le rouge est la couleur utilisée par des manifestants étudiants qui protestent contre la hausse des frais de scolarité. Cependant, la police de Montréal ne conclut pas encore à une série de gestes d’étudiants.

Un immeuble résidentiel a ensuite été attaqué sur la rue Beaubien, dans l’arrondissement Anjou, pour une raison inconnue, et quelques minutes plus tard, des bouteilles contenant de l’essence a été trouvées dans un autre immeuble commercial, tout près de là.

Finalement, un immeuble commercial a été barbouillé de peinture rouge dans l’arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce.

L’immeuble visé est situé sur le chemin de la Côte-des-Neiges à quelques pas d’importants pavillons de l’Université de Montréal. Il abrite notamment une institution financière, une agence de voyages, une clinique médicale, mais aussi un bureau du ministère des Finances.

Sur l’une des portes d’entrée de la façade, les mots «justice sociale» ont été peints avec de la peinture rouge.

Certains des dossiers de vandalisme ont été confiés à l’escouade des incendies criminels du SPVM.
6 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 16 avril 2012 16 h 04

    Pyramides pour recteurs.

    Pyramides pour recteurs.
    Voici ce que l’on récolte après 10 ans de ce gouvernement.

    Il ne faut pas oublier que c’est Jean-Marc Fournier qui en 2006 alors ministre de l’éducation avait détourné des fonds destinés à l’enseignement et permis aux hauts dirigeants du réseau des universités du Québec d’obtenir des fonds de pension supplémentaires.

    Le gouffre de l’îlot Voyageur va nous coutez à l’échéance près de 600 millions, encore un cadeau de Monsieur Fournier.

    Pendant ce temps, on apprend aujourd’hui que les grandes universités du Québec sont dans le rouge et traînent de gros déficits.
    Les universités Laval, Sherbrooke, du Québec (sauf Montréal), Bishop’s, Concordia réussissent maintenant à équilibrer leur budget. Mais à l’inverse L’UQAM, McGill et l’Université de Montréal continue à être dans le rouge. Donc, selon cette logique il y a des universités qui n’ont pas besoin d’argent frais pour fonctionner. Mais ou est la logique pour les autres universités.
    Les universités québécoises traînent un déficit accumulé total de 453 millions et comme ceci : Université de Montréal (139 millions), Université Laval (96 millions), McGill (72 millions), UQAM (67 millions)
    Ce n’est pas normal que la Ville de Longueuil ait dit oui à l’établissement de l’Université de Sherbrooke sur son territoire. Quelqu’un à la Ville de Longueuil aurait dû dire NON, c’est irresponsable et les universités de Montréal vont en subir les conséquences. Même chose au Ministère de l’Éducation.
    Ou encore le nouveau campus de l’Université de Montréal à Outremont qui coutera près de 200 millions.
    La clientèle universitaire est en baisse présentement. Après 2016, il faudra faire de regroupement des universités et même fermé des pavillons.
    Les recteurs on souvent des rêves avec l'argent des étudiants qui sert déjà à ériger quelques pyramides universitaires.

  • Gilbert Talbot - Abonné 16 avril 2012 16 h 21

    Qui fait ça ?

    Voilà toute la question. Le lien n'est pas établi avec le conflit étudiant et leurs organisations affirment ne pas utiliser la violence dans ses manifestations pacifiques. Cependant, l'insistance avec laquelle le gouvernement demande , particulièrement à la CLASSE de dénoncer ces actes violents souligne au crayon noir que le gouvernement veut semer le doute dans la population et entre les associations membres de la coalition étudiante, même si la police reconnaït ne pas être capable de faire le lien entre les étudiants et ces actes de vandalismes.

    • jean corneille - Inscrit 16 avril 2012 20 h 01

      Alons m.Talbot il y a des caméras installés partout et les coupables sont connus ou seront identifiés, le moment est peut être le meilleurs et il faudrait pas ajouter de l,huile sur le feu!

  • jean corneille - Inscrit 16 avril 2012 19 h 55

    action réaction !

    Ce conflit a été géré par des toto ,ils croyaient que leurs force découlaient du nombre et qu,ils pouvaient frapper à gauche comme à droite sans se préparer à recevoir des coups Ouf! tu donnes un coup prépare toi ! tu donne un coup tu recois un coup si tu n,est pas préparer tu est K,O. et tu est responsable du groupe qui te soutiens s,il y a dérapage .....prépare toi le coup suivant sera possiblement mortel, c,est la loi du millieu et des négo!...Hélas meilleur chance la prochaine fois!
    jean corneille

  • Donald Bordeleau - Abonné 16 avril 2012 23 h 13

    Avec injonction rien ne va avancé.

    Aussi, le recours au mot "boycott" suppose que l'éducation est une marchandise et le terme grève s'applique très bien au mouvement étudiant qui cessent collectivement une activité qui profite aux gens qu'ils cherchent à faire reculer (on dit grève de la faim même si les mangeurs ne sont pas salariés).


    L'histoire fait figure de jurisprudence et ce n'est pas à négliger.
    Il y a une raison pour laquelle la "judiciarisation" du conflit est actuellement dénoncé, une société sans mouvements sociaux aptes à réagir à de mauvaises décisions est particulièrement dangereuse et le mouvement étudiant est un bijou qu'il faut chérir puisqu'il est un des rares mouvements qui est apte à se mobiliser rapidement et à déranger réellement et ce même si on n'est pas d'accord avec ce qu'il défend actuellement.

    Je vous invite donc à être plus nuancée dans vos euphémismes et à regarder ce que le mouvement étudiant a permis de changer à travers le monde avant de présenter comme aussi évident son manque de légitimité et son caractère "injuste" pour les étudiants qui veulent leur cours.

    Plusieurs professeurs universitaires défendent ardemment ce mouvement et l'autonomie qu'il se doit de garder face au système judiciaire et à l'état en général.

    Charest prend un grand risque de perdre le contrôle avec les étudiants, car de toute façon il n'a pas d'autres choix. Il va aller jusqu'au bout. Mais il aura toujours des carrés rouges sur ses talons.

  • Lise Moga - Inscrite 17 avril 2012 11 h 26

    @Donald Bordeleau

    Les gèves ne sont pas toutes soumises au code du travail. Il n'y a pas eu de ligne de piquetage devant mon frigidaire après qu'un petit nombre d'étudiants se soit soumis à l'ascèse d'un jeûne de 24 heures. D'ailleurs, est-ce que cela a eu un impact sur eux, ils ont persévéré pendant combien de minutes? Normalement, quand on contrevient à un ordre de la cour, on est passible d'outrage au tribunal. Est-ce que les étudiants qui ont contrevenu à une décision de la cour d'offrir la formation académique, ont été inquiétés par la justice?