Sondage sur la grève étudiante - Les Québécois s'impatientent

Des étudiantes et étudiants ont été nombreux à manifester hier à Valleyfield pour dénoncer la volonté de la direction de forcer le retour en classe. Les cours ont finalement été annulés.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiantes et étudiants ont été nombreux à manifester hier à Valleyfield pour dénoncer la volonté de la direction de forcer le retour en classe. Les cours ont finalement été annulés.

Les Québécois s'impatientent et réclament une rapide sortie de crise dans le conflit qui oppose les étudiants au gouvernement. Une majorité d'entre eux critique l'attitude de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, nous apprend un sondage Léger Marketing commandé par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FECQ).

Des 510 personnes interrogées le 10 avril dernier, près d'une personne sur deux (47 %) juge insatisfaisante la manière avec laquelle la ministre de l'Éducation gère actuellement le conflit avec les étudiants, alors que 31 % l'approuve. Vingt deux pour cent ont préféré ne pas émettre d'opinion.

Ces résultats font dire au président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, qu'un changement s'impose. «La ministre Beauchamp veut se montrer intransigeante, comme l'a fait par exemple Lise Thériault dans le dossier de la construction, illustre-t-il. La ministre doit se montrer un peu plus ouverte, parce que jouer la ligne dure avec les jeunes, ça ne passe pas beaucoup dans l'opinion publique.»

Ces critiques à l'égard de la ministre Beauchamp s'accompagnent d'une volonté claire de voir le conflit prendre fin. Soixante-cinq pour cent des Québécois veulent que les deux parties entament des discussions, signe qu'ils en ont assez du dialogue de sourds auquel ils assistent depuis environ deux mois.

En ce qui concerne les solutions de sortie de crise, les Québécois jugent sévèrement la proposition du gouvernement d'instaurer un remboursement proportionnel au revenu (RPR). La moitié des répondants se rallie à l'opinion des associations étudiantes et croit que cette mesure aura un impact nul ou négatif sur l'accessibilité aux études, tandis que 39 % approuve l'initiative du gouvernement.

De manière générale, la question de la hausse des droits de scolarité est indéniablement celle qui embête le plus les répondants. Le coup de sonde de la FECQ révèle que 47 % des gens sont favorables à la hausse et que 41 % s'y opposent. En comparaison, un sondage mené par La Presse à la fin du mois de mars accordait 61 % d'appui à la hausse de 1625 $ en cinq ans.

«Les gens sont sympathiques à la cause étudiante, mais hésitent à donner leur appui parce qu'ils ont peur qu'on vienne piger dans leurs poches», se défend le président de la FECQ.

En visite au Brésil, le premier ministre Jean Charest s'est dit guère ébranlé par les résultats du sondage. «Ça ne vous surprendra pas de m'entendre dire qu'on ne fait pas ça à partir de sondages, surtout une affaire qui est débattue au Québec depuis 20 ans.»

La marge d'erreur du sondage est évaluée à plus ou moins 4,3 %, 19 fois sur 20.

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Avec La Presse canadienne
2 commentaires
  • Paul Lafrance - Inscrit 14 avril 2012 21 h 24

    Le boycott

    Les étudiants sont subventionnés à plus de 80%. Il doivent faire leur part. Les arguments contre la hausse sont enfantins et irréalistes.Comme si le fait qu'il existe des personnes riches est un argument valable pour dénoncer la hausse. Oui, il y aura toujours des personnes plus chanceuses, plus talentueuses, plus travailleuses que d'autres, et ce n'est pas la jalousie qui changera ça..

    • Jeannot Duchesne - Inscrit 16 avril 2012 08 h 42

      Des prêts ce ne sont pas des subventions, tant qu'aux bourses elles ne pleuvent pas et sont même rarissimes; par contre les pétrolières qi foutent les économies par terre et les grandes multi-nationales sont, elles, grandement subventionnées.

      Tout n'est pas si blanc et si noir.

      La vie ce ne doit pas être une question de chance elle doit être une question d'égalité et de justice pour tous, c'est pour cela que la révolution française s'est faite et que les monarchies sont tombées.