Les grèves se poursuivent malgré le mot d'ordre de Line Beauchamp

Des étudiants portant du vert se sont présentés ce matin au Collège de Valleyfield pour assister à leurs cours. Ils se sont butés à des grévistes arborant le rouge. L'établissement a finalement annulé les cours pour la journée.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants portant du vert se sont présentés ce matin au Collège de Valleyfield pour assister à leurs cours. Ils se sont butés à des grévistes arborant le rouge. L'établissement a finalement annulé les cours pour la journée.

Le mouvement de grève étudiante amorce une nouvelle phase alors que se multiplient les injonctions visant à assurer l’accès aux cours aux étudiants, conformément au mot d’ordre émis mercredi par la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, d’offrir des cours malgré les votes de grève.

L’offre de cours a pour effet de confirmer que les étudiants boycottent ces cours et ne sont pas véritablement en grève au sens de la loi. Dès lors, la décision de retourner en classe en devient une de nature individuelle et ne repose plus sur la décision d’une majorité.

L’Université de Montréal, dont 17 000 des 40 000 étudiants sont en grève, a obtenu aujourd'hui de la Cour supérieure une injonction interdisant aux étudiants de bloquer l’accès aux terrains, pavillons et salles de cours ou de se livrer à de l’intimidation.

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) a très mal accueilli cette décision, même si elle assure qu’elle s’y conformera en tous points. «Que la ministre serre la vis au point où le rectorat de l’Université de Montréal amène en Cour ses propres étudiants, c’est honteux!», a déclaré sa secrétaire générale, Stéfanie Tougas, dans un communiqué.

En tout, quelque 80 000 des 285 000 étudiants inscrits dans les universités du Québec, soit environ 28 pour cent, sont en grève. Au niveau collégial, le mouvement touche 22 des 48 cégeps de la province.

Les universités les plus touchées par le mouvement, outre l’Université de Montréal, sont les Universités du Québec à Montréal (23 000 étudiants en grève sur 37 000), en Outaouais (5000 grévistes sur 6000 étudiants), à Rimouski (les 3000 du campus de Rimouski) ainsi que les universités de Sherbrooke (6500 sur 37 000) et Laval (5000 sur 44 000).

«Il y a déjà un certain nombre d’établissements universitaires qui ont eu recours à l’injonction et l’ensemble d’entre eux font en sorte d’établir des mécanismes [...] qui vont assurer la sauvegarde de la session tout en maintenant la qualité de la formation», a indiqué le président de la Conférence des recteurs et principaux d’universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian.

Nouveau calendrier à l'UQAM

Parmi ces mécanismes, l’UQAM a préparé un nouveau calendrier qui prévoit de prolonger la session jusqu’au 22 juin et de reporter le trimestre d’été si jamais les étudiants décidaient de rentrer en classe avant le début de mai.

Du côté des tribunaux, une autre injonction a été obtenue par le Conservatoire de musique de Montréal, dont les étudiants sont en grève. L’UQAM était venue près de réclamer une injonction semblable récemment mais s’était entendue avec les représentants étudiants pour que l’accès ne soit pas entravé. Plusieurs étudiants opposés à la grève se sont également adressés aux tribunaux pour obtenir une garantie d’accès à leurs cours, notamment à l’Université Laval et à l’Université du Québec en Outaouais.

Point de non-retour imminent


Du côté collégial, la Fédération des cégeps du Québec (FCQ) reconnaît que le point de non-retour pour l’annulation de la session, fixé à la mi-avril, est imminent, mais la décision de recommencer ou non l’enseignement demeure délicate malgré le mot d’ordre de Québec.

«Les cégeps sont placés devant un dilemme, a expliqué la directrice des communications de la FCQ, Caroline Tessier. D’une part, ils doivent répondre aux besoins des étudiants qui ont voté contre le boycott des cours et qui souhaitent effectivement recevoir l’enseignement auquel ils ont droit mais, de l’autre côté, ils ont des obligations par rapport à la sécurité des personnes et des biens. C’est toujours en fonction de ces deux éléments que la situation est jugée par chacun des cégeps chaque jour.»

Cours annulés à Valleyfield

Ce matin, le Collège de Valleyfield a finalement annulé les cours pour la journée après avoir annoncé, cette semaine, qu’il les reprendrait malgré le boycott décrété par des étudiants en grève.

Le directeur général du Collège, Guy Laperrière, et des élèves voulant retourner en classe ont été confrontés à des piquets de grève d’étudiants autour de l’immeuble et à des professeurs qui ne semblaient guère disposés à les franchir.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, a promis que les étudiants se dresseraient devant chaque institution qui tenterait de suivre ce mot d’ordre là où les étudiants se sont majoritairement prononcés en faveur de la grève.

«On pense être en mesure de faire respecter les mandats de grève mais la directive de la ministre risque d’envenimer la situation, a-t-il dit. À Valleyfield, ça s’est globalement bien déroulé parce que le Collège avait invité les étudiants à ne pas franchir les piquets de grève, mais si cette situation se reproduit partout, on va vraiment se retrouver avec une crise politique majeure au Québec. Mais si c’est le jeu que veut jouer la ministre, on va se défendre.»

Concordia bloqué

Par ailleurs, à Montréal, des manifestants ont tenté de bloquer l’accès à l’Université Concordia mais ont rapidement été confrontés à des étudiants de l’institution qui avaient la ferme intention d’aller suivre leurs cours. L’Université Concordia n’est pas en grève.
L’événement a donné lieu à des échauffourées et des échanges de coups sous les yeux des policiers, qui ont mis quelques minutes avant d’intervenir. Cette intervention, qui a finalement nécessité l’utilisation de gaz irritants, n’a donné lieu à aucune arrestation.
Ailleurs, les étudiants de l’Université de Sherbrooke ont également manifesté en grand nombre, certains rendant l’accès au campus difficile en matinée.

Charest énonce des critères déterminant la reprise des cours

Par ailleurs, le premier ministre Jean Charest a déclaré aujourd'hui à Sao Paulo, au Brésil, que les cégeps et universités doivent tenir compte de plusieurs critères, dont la sécurité, avant de forcer le retour en classe.

M. Charest a nié qu'il nuançait ainsi la position exprimée hier par la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Mme Beauchamp a rappelé aux institutions que la loi les oblige à donner leurs cours. La ministre les a enjointes à prendre tous les moyens pour que les cours puissent être offerts.

La Collège de Valleyfield, où les étudiants ont voté pour le boycott des cours, a dû renoncer à forcer un retour en classe, aujourd'hui. Des échauffourées entre étudiants pour et contre le mouvement de grève ont obligé l'institution à annuler ses cours pour la journée.

En marge d'une mission au Brésil, M. Charest a affirmé que les institutions doivent prendre en compte plusieurs critères avant d'ordonner la reprise des cours malgré un vote d'étudiants favorable au débrayage.

Lors d'un point de presse, le premier ministre n'a cependant nommé que deux critères, soit la sécurité et la gestion de l'établissement.

«Nous laissons à chaque institution le soin de prendre les décisions qu'elles doivent prendre en fonction de plusieurs critères qui incluent la sécurité, qui incluent également la gestion de son établissement», a-t-il dit.

«On ne veut pas faire du cas par cas, mais nous donnons une direction générale en termes de ce que nous attendons.»

M. Charest a soutenu que Mme Beauchamp avait elle aussi énoncé ces critères hier. «Ce n'est pas plus nuancé, c'est la même chose», a-t-il dit.
54 commentaires
  • Pierre Véronneau - Inscrite 12 avril 2012 11 h 18

    Un PM bien mal placé pour exiger quoi que ce soit

    Charest a sommé le mouvement étudiant de ne pas intimider et empêcher les étudiants de retourner en classe.
    Moi je somme Charest d'arrêter de mentir aux citoyens(ennes) et de faire en sorte de recevoir notre juste part des richesses de notre pays et de cesser de tout donner aux tinamis.

  • LA Lauzière - Inscrite 12 avril 2012 12 h 27

    L'OQLF dit grève et non boycott

    Dans un intérêt politique évident, le PM parle de boycott plutôt quie de grève étudiante? Tous les journaux changent du coup leur terminologie! C'est ça l'efficacité de la propagande.

    Il serait temps qu'un chef de pupitre ou que les journalistes se penchent sur la définition de grève avant que le mot boycott soit dans tous les articles du Devoir simplement parce que le PM a commencé à l'employer au lieu de grève et que la Presse canadienne l'adopte sans trop se poser de question, semble-t-il.

    Voici la définition de grève politique qu'on peut trouver dans le Grand Dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue ffrançaise (merci Nicolas) : « Grève dont l'objet est d'amener le gouvernement à modifier sa politique ou son attitude sur un point donné.
    Note(s) : Il faut remarquer qu'elle est faite contre l'État gouvernement et non contre l'État employeur. »

    Le plus ironique, c'est que l'argument donné par Jean Charest est qu'on ne peut parler de grève parce que le gouvernement n'est pas l'employeur des étudiants.
    Allons voir la définition de boycott, toujours à l'OQLF:
    «boycott : Action concertée d'un groupe de travailleurs, qui se traduit par des mesures visant à exercer une pression sur un employeur avec lequel il est en conflit de travail.»

    C'est une démonstration plus complète de la propagande, qui se résume souvent à affirmer à répétition l'exact contraire de la réalité jusqu'à ce que ce qu'on dit devienne la réalité de ceux et celles qui l'entendent.

    Cela vaut également pour le terme « intimidation », que la machine propagandiste libérale tente d'imposer et qui devrait faire réfléchir quiconque l'utilise dans les médias.

    C'est une chose de relayer une information patentée, c'en est une autre d'informer, ce qui devrait continuer de distinguer Le Devoir des médias contrôlés. On a si peu de journaux indépendants!

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 12 avril 2012 13 h 04

      Quant on paie pour des cours et qu'on y vas pas... moi j'appelle ça du boycott...

      Les employés de l'état ne paient pas pour travailler....

      ça fait 1 mois que tout le monde parlent de boycott sauf les journalistes syndicalistes

    • NL - Inscrit 12 avril 2012 13 h 58

      Vous dites : « C'est une démonstration plus complète de la propagande, qui se résume souvent à affirmer à répétition l'exact contraire de la réalité jusqu'à ce que ce qu'on dit devienne la réalité de ceux et celles qui l'entendent. »

      Ironie du sort!

      Votre commentaire décrit bien l'attitude des partis et mouvements d'opposition face au gouvernement : répéter à répétition... inlassablement et « ad nauseam », afin de marteler dans la tête des humbles citoyens ce qui, prétendument, est la réalité, en présumant systématiquement la culpabilité de ceux qui opinent différemment.

    • Line Gingras - Abonnée 12 avril 2012 14 h 18

      Vous citez la définition de «grève politique». C'est intéressant, mais ce n'est pas la définition de «grève». J'invite les lecteurs curieux à vérifier eux-mêmes quelles définitions le «Grand dictionnaire terminologique» donne de ce mot : http://www.grand-dictionnaire.com/btml/fra/r_motcl
      (Les fiches actuelles concernent le domaine du travail et celui de la gestion des ressources humaines. Peut-être l'OQLF trouvera-t-il bon d'en ajouter une se rapportant au domaine de l'éducation?)

      Cela dit, le «Petit Robert» (j'ai l'édition de 2007) donne deux définitions du mot «grève», et c'est la deuxième qui nous intéresse ici : «Arrêt volontaire et collectif d'une activité, par revendication ou protestation.» Exemples donnés par le «Petit Robert» : Grève des étudiants. Détenus qui se mettent en grève dans les prisons.

    • Sylvain Labranche - Inscrit 12 avril 2012 14 h 43

      @Dominic Lamontagne
      Avez-vous lu le commentaire auquel vous répondez? Vous faites totalement abstraction de ce qui y est dit et vous dites ce que VOUS pensez qu'est un boycott, alors qu'il est clairement montré que vous êtes dans l'erreur. C'est ridicule!
      @NL
      Le commentaire démontre bien que le gouvernement utilise, consciemment ou non, des mots sans se soucier de leur véritable signfication afin de jouer sur l'opinion publique. Il n'y a aucune ironie et votre propre commentaire est incompréhensible.

    • Roland Berger - Inscrit 12 avril 2012 16 h 33

      Se chicaner sur des mots évite de répondre à la vraie question : Les étudiants et étudiantes qui n'assistent pas aux cours prévus défendent-ils leur nombril ou l'avenir de la société québécoise ?
      Roland Berger

    • Toby Germain - Inscrit 12 avril 2012 17 h 46

      Aussi, l'Association des juristes du Québec a émis un communiqué pour prouver qu'il s'agit bien d'une grève.

    • Killian Meilleur - Inscrit 12 avril 2012 22 h 47

      @ Dominique Lamontagne

      Quand je vois quelqu'un qui, pour « boycotter », achète quelque chose sans s'en servir, je dis que cette personne, pour mâcher mes mots, n'a rien compris.

      Le Boycott se veut justement un refus de consommer, c'est à dire d'acheter ou d'obtenir un bien ou un service, pour faire pression ou encore pour encourager la concurrence.

      En gros, si vous achetez un Big Mac chez McDonald, que vous refusez de le manger, et que vous appelez ça du boycott, ou que vous vous imaginez que vous allez faire pression sur McDonald de cette façon, c'est soit que vous avez envie d'avoir l'air ridicule, soit qu'il manque quelque chose de crucial dans votre représentation du monde.

      D'autant plus que, pour parler de « Boycott », il ne faut voir rien d'autre dans l'éducation qu'un bien monnayable, pas plus important qu'une TV.

      C'est pour cela qu'on parle de grève et non de Boycott, parce que, quand bien même la loi québécoise ne reconnaît pas la légitimité de notre grève, le mot « grève » lui convient plus que le mot « Boycott ». D'autant plus que la langue française a effectivement une définition de la « grève étudiante ».

  • camelot - Inscrit 12 avril 2012 12 h 34

    Un comique

    Ce Laperrière. Il fallait l'entendre hier à RC : on doit ouvrir car il reste peu de temps pour finir la session. Avec un raisonnement semblable, il n'y aurait jamais aucune évolution. Une attitude paternaliste et convenue.

  • Richard Laroche - Inscrit 12 avril 2012 12 h 57

    Le régime libéral est responsable des violences

    C'est le régime libéral qui est responsable de cette escalade.

    D'après cet article, les deux camps étudiants en sont venus aux coups. C'est à se demander si les libéraux et leurs partisans ne viseraient pas expressément à laisser la situation se dégrader, à augmenter le répression policière et à provoquer la division du Québec et la confrontation civile.

    L'attitude de ce gouvernement face à une telle tension est inacceptable.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 13 avril 2012 01 h 28

      Les libéraux ont planifié dès le début l'affrontement entre les étudiants et les contribuables, en accordant aux recteurs la hausse de financement et en la dépeignant comme étant inévitable. Une fois qu'on a bloqué l'option de renverser la hausse de financement, le combat se joue entre les étudiants qui veulent pas payer leur pourcentage et les contribuables qui veulent pas payer plus que leur pourcentage. On donne aux gens deux choix de réponse alors qu'il y en a plus.

      Diviser pour régner.

    • Lise Moga - Inscrite 13 avril 2012 07 h 27

      Et pourquoi les souteneurs du boycott ne seraient-ils pas responsables de tous les gestes illégaux commis en bloquant des routes, des ponts, l'entrée d'édifices et par des bris de biens publics?

      Dans notre société, est-ce que ça existe des gens qui font des choix, qui en assument les conséquences, sans rejeter la responsabilité de ses choix sur autrui. C'est ce que l'on appelle la maturité, l'intégrité et le sens de la justice.

  • NL - Inscrit 12 avril 2012 13 h 34

    Le mouvement a perdu sa légitimité...

    Car, peu importe le montant d'emprunt, toute personne, sans exception, a les moyens de contracter un emprunt dont les conditions de remboursement sont telles que cette personne n'a pas à rembourser sa dette tant et aussi longtemps qu'elle n'a pas les moyens de la rembourser.

    La gratuité scolaire n'est qu'un moyen pour atteindre la fin voulue qui, pour plusieurs, n'est ni plus ni moins que l'accessibilité aux études post-secondaires. Or, il existe divers autres moyens pour améliorer cette accessibilité et le gouvernement en a fait la preuve en bonifiant le régime de prêts et bourses et en acceptant que les montants de remboursements exigés soient en proportion des revenus personnels de chacun.

    Sans être arrêté par la facilité de la gratuité et du gel des frais de scolarité, le gouvernement a prouvé qu'un accord est possible entre ACCESSIBILITÉ et JUSTICE. Car, nul ne peut prétendre défendre la justice sociale, si celui-ci refuse de payer sa juste part à la société.

    Chapeau à la ministre Beauchamp et à ses collègues, pour le règlement de la réelle préoccupation!

    • Leys - Inscrit 12 avril 2012 14 h 07

      Si la hausse des fais de scolarité n'affecte pas l'accessibilité (comme l'a toujours prétendu le gouvernement), pourquoi les Libéraux ont-ils proposé de bonifier le régime de prêts et bourses ? Quelqu'un a menti quelque part... Sinon, je vous laisse le soin de m'expliquer l'incohérence...

    • Richard Laroche - Inscrit 12 avril 2012 14 h 15

      L'issue de ce débat (à mes yeux) n'est pas tant l'accessibilité aux études que la fiscalité cachée derrière.

      Y'a déjà eu quelques articles à ce sujet. Je suis attristé que les mécanismes de financement ne fassent pas plus l'objet de manchettes et laissent tant de citoyens (comme vous) à coté d'un enjeux central.

      L'endettement étudiant via le programme de prêts et bourses qui est articulé grâce aux institutions bancaires privées ne fait que diluer les intérêts des étudiants dans le marché mondial.

      Vous pourriez monter de 400% les frais de scolarité et financer les étudiants à même les caisses de l'État, pour ensuite leur faire payer des intérêts raisonnables dont la population du Québec pourrait tirer profit... mais vous seriez simplement en train de réinventer les mécanismes de taxation connus qui pourraient actuellement être mis en place...

    • Jean-François René - Abonné 12 avril 2012 14 h 43

      À chaque fois que ce genre d'arguments est exprimé, personne n'ose aborder la question de la juste part des entreprises. Prenons l'exemple de Rio Tinto Alcan : 400 millions en prêt sans intérêts pour 30 ans, + un don de 100M + les millions que la compagnie engrange par mois entre autres parc qu'Hydro doit racheter à 5c le Kw, la production électrique de la compagnie durant le lockout. Justice dites-vous.....? Pourquoi ne pas en parler ? Peut-être parce que la vraie question c'est : de quelle définition de la justice sociale vous réclamez-vous ?

    • NL - Inscrit 12 avril 2012 15 h 26

      Dans un contexte où il existe déjà un régime de prêts et bourses qui sert à pallier les coûts et permettre l'accès aux études post-secondaires, il est vrai que la hausse des frais de scolarité n'affecte guère l'accessibilité.

      D'autant plus que le régime actuel prévoit le remboursement des dettes d'études qu'à partir du moment où un diplômé entre sur le marché du travail et gagne un revenu, toute personne peut se permettre de contracter un prêt étudiant et avoir accès à l'éducation.

      La bonification du régime ne fait qu'alléger ce fardeau éventuel qui, en plus, ne deviendra charge qu'en proportion des revenus personnels de chacun.

    • NL - Inscrit 12 avril 2012 15 h 49

      @Jean-François René

      Comme toutes autres personnes, de telles compagnies ont droit d'être traitées avec justice. Or, les traitements qui leur sont accordés sont ceux réservés à leur position sociale, en tant qu'elles sont créatrices d'emplois et octroient des millions de dollars en masse salariale. Car, la justice, c'est donner à chacun ce qu'il mérite, Y COMPRIS la récompense pour ses bienfaits.

    • Leys - Inscrit 12 avril 2012 16 h 10

      Ok, endetter les étudiants davantage pour alléger leur fardeau futur... Je n'y avais pas pensé...

    • Roland Berger - Inscrit 12 avril 2012 16 h 35

      Si tu peux emprunter facilement, c'est bon. Principe tout à fait néolibéral. Mais le gouvernement s'inquiète de l'endettement des citoyens. WOW !
      Roland Berger

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 12 avril 2012 16 h 44

      @NL:
      si l'on veut combiner accessibilité, comme dans abolir les différentes barrières aux études post-secondaires (la première étant l'argent), et justice (fiscale dans ce cas) : toute hausse des frais de scolarité (et afférants) n'étant pas assortie d'augmentation de bourses égale ou suppérieure à cette hausse, pour les gens à faible revenus, est une mesure d'inaccessibilité.

      Plus la proportion des frais par rapport au revenu disponible est basse, plus, selon moi, il y a justice. Les entreprises, par exemple pour le plan nord, on besoin de main d'oeuvre qualifiée : c'est, pour eux, une dépense d'affaire, et on tente d'externaliser leur juste part sur les étudiants. Ça leur est pratique de ne pas devoir payer des salaires passés en formation...

      L'éducation n'est pas qu'un investissement individuel en soi-même, c'est un investissement de toute la société, "citoyens" corporatifs inclus, dans notre pérénité économique et la poursuite individuelle et collective du bonheur.

      Certes la gratuité est une proposition facile, tout comme l'augmentation des frais, si l'on ne fait que l'énoncer sans regarder l'ensemble ; la gratuité est aussi un idéal possible à atteindre.

      Plusieures propositions sont faites par les carrés rouge pour chercher le financement des universités là où est l'argent, chez le 1% : paradis fiscaux, taxe sur le capital, plafonement du salaire des recteurs, dans le 30% de trop qu'on paye pour nos routes et le "pizzo" grâce à une une commission d'enquête publique efficace...

      J'ajouterais avec une taxe volontaire sur le cannabis qui, comme pour l'alcool suite à la prohibition, assurerait une meilleure sécurité et financerait une part importante de la santé et de l'éducation.

      Quelle proposition fais-tu NL?

      Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Q1234 - Abonnée 12 avril 2012 18 h 25

      Les diplômés paieront leur juste part au moment des impôts, système de redistribution de la richesse: ceux qui font plus d'argent paieront plus, donc, leurs études leur côuteront davantage que ceux qui ont de plus bas revenus. Il me semble que c'est là , la juste part. Les très riches, par contre, ont toutes sortes de moyens pour ne pas payer leur juste part d'impôts et c'est à cela que le gouvernement devrait s'attaquer. C'est moins payant pour les banques mais plus équitable pour tous les citoyens.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 12 avril 2012 19 h 22

      Guillaume

      S.V.P. laisse nous réclamer les paradis fiscaux, le 30% des routes, de taxé plus les riches ainsi que toute autres mesure pour diminuer notre dette collective.....

      On vous demande juste un petit effort.... imaginer ce que vivent la Grèce présentement, ça ne sera pas beau dans nos rues quand ça va nous arriver.

      d'un autre côté, je vois que vous parlez d'une nouvelle taxe par-ci et par là... le savez-vous qu'on est déjà surtaxé!!!!!

      Je ne comprends pas que les Québécois surtaxé demande encore des taxes.... dans 5-10 ans, on se reparlera...

    • Pier-Luc Theberge - Inscrit 12 avril 2012 21 h 06

      La surtaxation est un concept très arbitraire. Quelle est la limite à partir de laquelle on devient surtaxé? Nous ne sommes pas les plus taxés au monde, et curieusement le niveau de vie moyen semble aller de pair avec le niveau de taxation.

      Comparons les états scandinaves avec les États-Unis. Le Québec est au milieu au niveau de la taxation, et au niveau du niveau de vie.