Les étudiants proposent de «couper dans le gras» des budgets des universités

Les policiers ont dispersé ce matin les quelques dizaines d’étudiants qui bloquaient l’entrée d’un immeuble de la Banque Nationale situé sur la rue de la Gauchetière Ouest, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les policiers ont dispersé ce matin les quelques dizaines d’étudiants qui bloquaient l’entrée d’un immeuble de la Banque Nationale situé sur la rue de la Gauchetière Ouest, à Montréal.

Des leaders étudiants proposent une série de mesures pour «couper dans le gras» dans les budgets des universités, selon leur expression, afin d’accroître les investissements dans la recherche et l’enseignement universitaires, sans pour autant hausser les droits de scolarité.

En conférence de presse, ce matin, les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont indiqué avoir identifié des compressions possibles de 300 millions $ sur cinq ans dans les budgets des universités.

Ils proposent notamment de geler pendant cinq ans les fonds liés à l’informatique, aux communications, à l’administration et aux investissements immobiliers.

Les fédérations étudiantes demandent également une diminution des salaires des recteurs des universités à chartre, pour les arrimer à ceux du réseau de l’Université du Québec. Les étudiants réclament aussi des coupes dans les budgets liés au personnel de gestion.

Ces différentes mesures permettraient de dégager un surplus supérieur à ce que représenterait la hausse des droits de scolarité, sans pour autant accroître le fardeau fiscal des Québécois, font valoir les leaders étudiants.

Inquiétudes dans le milieu de la santé

Par ailleurs, les hôpitaux pourraient bien manquer de personnel cet été si la grève étudiante perdure.

C’est ce que déplore le syndicat des infirmières qui exhorte le gouvernement Charest à agir «rapidement de façon responsable» pour régler la crise à la satisfaction des grévistes.

Dans une entrevue récente à La Presse Canadienne, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent, soutient que si rien n’est fait, les établissements du réseau seront privés de plusieurs centaines de finissantes, mais également des externes, des étudiantes de deuxième année qui sont tout aussi importantes.

Les établissements de santé et des services sociaux observent aussi la situation. La porte-parole de leur association, Catherine Bourgault-Poulin, a affirmé que les membres sont préoccupés par l’impasse et ses conséquences sur la gestion des effectifs.

Les directeurs généraux et leurs adjoints partagent également ces inquiétudes. Le président de leur association, André Côté, a notamment rappelé que des établissements en région comptent beaucoup sur les cohortes d’étudiants des cégeps locaux pour combler leurs besoins de main-d’oeuvre.

Selon lui, il est donc «possible» que les retards dans les sessions scolaires «causent certaines perturbations».

D'autres manifestations

Douze manifestations en douze heures: c’est le programme établi par les étudiants à Montréal pour aujourd'hui.

Le mouvement de contestation contre la hausse des droits de scolarité s’était ancré au Square Victoria tout au long de la journée.

Pendant ce temps, des groupes d’étudiants menaient des actions de perturbation à plusieurs endroits névralgiques de la métropole. La Grande Bibliothèque, l’édifice Loto-Québec, le magasin La Baie de la rue Sainte-Catherine, le complexe Desjardins ont notamment été visités par les manifestants.

La journée avait débuté tôt pour les étudiants, alors que plusieurs dizaines d’entre eux s’étaient massés, dès 7h, devant l’immeuble de la Banque Nationale sur la rue de la Gauchetière Ouest pour en bloquer l’accès.

Vers 9h45, les policiers ont eu recours à du gaz irritant pour disperser les manifestants. Un homme de 23 ans a été arrêté pour voies de fait à l’endroit d’un policier. Un autre manifestant a été blessé à la cheville en quittant les lieux à la course.

Une dame, qui a été victime d’un malaise à l’intérieur de l’immeuble, a dû attendre que les policiers libèrent l’entrée de l’édifice avant d’être prise en charge par Urgences Santé.

Des étudiants ont également tenu des manifestations à Québec. Des succursales de la CIBC et de la Banque Nationale ont été occupées par des étudiants.

18 commentaires
  • Pierre Patoine - Abonné 11 avril 2012 12 h 19

    le gras n'est pas difficile à trouver au pays de Charest

    Construction, corruption, petits amis, plan nard, pétrolière, gazière, subventions, impôt des entreprises à 15%, etc etc etc.

    Le conflit qui oppose étudiants et gouvernement n'est pas un problème économique, c'est un différent idologique.

    Le moment est critique pour les étudiants. Il ne faut surtout pas reculer maintenant!

    Courage au étudiants!

  • Annabella Durocher - Inscrite 11 avril 2012 12 h 31

    Bravo à nos jeunes pour cette proposition

    Ce travail de couper dans le gras était le travail de nos Ministres de l'éducation des dernières années. Ils avaient aussi comme devoir de bien s'assurer que le tout avait bien été fait.

    Nos jeunes étudiants vous font une proposition Mme la Ministre de l'éducation.

    • Stratojet - Inscrit 11 avril 2012 21 h 38

      Le rôle des étudiants est d'apprendre un métier pour le futur. S'ils veulent gérer le QUébec, alors qu'ils fassent comme Ruth Ellen Brosseau: qu'ils se présentent aux élections!

  • Michel Richard - Inscrit 11 avril 2012 14 h 01

    Si il y a du gras . . .

    Coupez dedans. Pas de doute. Ce genre d'exercice doit être fait en continu. Par contre, je ne vois pas de lien avec le Plan Nord, ni les pétrolières, ni les gazières.
    Si vous voulez réouvrir les conventions collectives du personnel universitaire, bonne chance.
    Et si vous coupez la rémunération des recteurs de toutes les universités au niveau de ceux du réseau de l'Université du Québec, on se retrouvera peut-être avec des incompétents qui nous organiseront un autre îlot voyageur.
    Même après la hausse des droits de scolarité, les besoins universitaires demeureront grands, et tout ce qui pourra être coupé dans le gras sera disponible pour les études et la recherche !

    • martin morissette - Abonné 11 avril 2012 16 h 33

      Depuis quand est-ce qu'il ya corrélation entre le salaire et la compétence ? Il y a tellement de gaspille d'argent dans la bourgeoisie des dirigeants de nos institutions que ca lève le coeur de quiconque s'y met le nez. On n'a qu'à penser à leur 'lunch' ou leurs réunions dans les restos chics avec les bouteilles de vins à 100$. Et ce non seulement dans les universités mais aussi dans les directions des hopitaux, des commissions scolaires, des cégeps, des centres de recherches subventionnés, des CSSS, des ministères etc.

    • Michel Richard - Inscrit 11 avril 2012 21 h 32

      Il n'y a pas de corrélation parfaite, c'est sûr. Mais il y en a une, c'est aussi sûr.
      Je répète: le gaspillage doit être éliminé de toute façon. Et la nécessité d'éliminer ce gaspillage existait avant le printemps 2012, existe pendant ce printemps, et existera après, peu importe ce qui arrive à la hausse des droits de scolarité.

  • Robert Devault - Inscrit 11 avril 2012 14 h 07

    solution trop simple !

    Avec cette bande au pouvoir,ces solutions,qui pourraient,en passant,s'appliquer tout aussi bien au domaine de la santé,sont tout simplement inacceptable parce qu'il faudrait vouloir dire prendre des décisions contre les petits ''namis''du parti !
    NE lâchez surtout pas,les jeunes !!! Venant d'un vieux de 65 ans conscient de la pourriture dans laquelle ces gouvernants tentent de nous faire vivre.Avec de telles propositions,la portion intelligente et honnête de la population ne peut faire que de vous appuyer !!!

  • Sylvain - Inscrit 11 avril 2012 14 h 34

    Pas dans ma cour

    Geler les budgets informatiques et demander une réduction de salaire à certains employés des universités. Donc on demande encore une fois aux autres de payer à notre place.
    Il ne faut pas mélanger les problèmes. Que les institutions ne soient pas gérées efficacement, c'est un problème qu'on peut aider à régler en s'impliquant au niveau politique et non en s'abstenant de voter. C'est toujours facile de vouloir couper dans le gras ou de vouloir faire payer les riches (qui ne sont pas si nombreux que çà en passant). Il demeure cependant discutable que les frais scolaires n'aient même pas été indexés au niveau de l'inflation depuis les 28 dernières années. Alors, au moment où on demande aux payeurs de taxes de contribuer davantage, les étudiants ont déjà bénéficié d'une baisse de leur frais depuis ces 28 dernières années. Est-ce une hausse ou un rattrapage?

    • Q1234 - Inscrite 11 avril 2012 17 h 27

      Lisez monsieur Guy Rocher en première page . Les riches sont peu nombreux mais possède beaucoup et de plus en plus. Lisez le dernier numéro de Revue Économique en collaboration avec Attac-Québec et vous verrez combien on peut aller chercher auprès de ceux qui place leur argent dans les paradis fiscaux, c'est amplement suffisant pour avoir la gratuité scolaire pour tous! http://www.quebec.attac.org/spip.php?article837

    • Gilles Théberge - Abonné 11 avril 2012 17 h 49

      Le jour où l'on pourra compter sur une gestion rigoureuse des fonds publics, on pourra dégager des sommes suffisantes et inattendues d'une ampleur surprenante.

      La gratuité de la scolarisation ce n'est pas un mythe, c'est simplement le résultat d'une décision éclairée.

      Les frais de scolarité ne sont qu'un moyen imbécile d'hypothéquer à sa base, l'avenir de notre jeunesse, et de notre société.

    • David Pelletier - Inscrit 11 avril 2012 20 h 27

      Petite rectification: les droits de scolarité ne sont pas gelés présentement. Depuis septembre 2007, ils augmentent de 50$ par session. En 2012, ils sont donc de 500$ plus élevés qu'en 2007, soit une hausse de 25%. Selon l'indice des prix à la consommation de Statistique Canada, la hausse moyenne des prix au Québec a été de seulement 7% dans les cinq dernières années. Rien n'a augmenté autant que les frais de scolarité, pas même la nourriture (15%), ni même l'essence (21%). Quand le gouvernement demande aux étudiants de faire leur juste part, on peut franchement dire qu'ils l'ont fait! En comparaison, le salaire du recteur et des hauts dirigeants de l'Université de Montréal a augmenté de 40%. Trouvez le problème!