Les étudiants multiplieront les démonstrations de force

Les étudiantes et étudiants ont participé à un Tour de l’île en rouge pour dénoncer l’inflexibilité du gouvernement libéral.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les étudiantes et étudiants ont participé à un Tour de l’île en rouge pour dénoncer l’inflexibilité du gouvernement libéral.

Le mouvement étudiant assure avoir du souffle. Alors que la sortie de crise n'apparaît toujours pas à l'horizon après quelque 50 jours de grève, les étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité multiplieront cette semaine les démonstrations de force afin de contraindre le gouvernement à engager des négociations, et ce, sur un fond de contestation judiciaire de levées de cours.

Ils exprimeront aujourd'hui et mercredi leur grogne à l'égard du gouvernement libéral dans les rues de Sherbrooke, représentée à l'Assemblée nationale par le premier ministre Jean Charest. «Ça va être la fête de M. Charest», a promis le président de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

À Montréal, après avoir érigé un campement devant le siège du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, sis rue Fullum, des étudiants du collège Édouard-Montpetit entameront sur le coup de 9 heures une grève de la faim d'une durée de 48 heures. «Si le gouvernement n'a toujours pas reculé après cette période [en reléguant aux oubliettes l'augmentation des droits de scolarité de 325 dollars par année pendant cinq ans], une seconde équipe les relaiera pour une autre période de 48 heures de jeûne, et ainsi de suite», précise la première équipe de grévistes dans un message électronique transmis en copie conforme à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Rivalisant d'ingéniosité pour attirer l'attention des libéraux, des milliers de défenseurs du gel des droits de scolarité ont pris part hier après-midi, en vélo ou en patins, au «Tour de l'île en rouge» afin de dénoncer l'inflexibilité de la ministre Beauchamp. De rouge vêtus, ils ont sillonné sous une pluie froide les arrondissements centraux de Montréal pour converger en fin d'après-midi devant l'édifice abritant le bureau du chef du gouvernement, situé rue McGill. «Ça ne marche pas quand on marche. Alors, là, on est en vélo, on espère que ça va plus marcher», a lancé l'organisateur du Tour de l'île en rouge, Sandrick Mathurin.

Plus tôt, 150 personnes avaient manifesté leur opposition au dégel des droits de scolarité devant le Centre de congrès Palace, à Laval, où étaient réunis le premier ministre, Jean Charest, les cinq élus lavallois, dont la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, ainsi que 1200 sympathisants du Parti libéral du Québec. «Dehors, dehors les libéraux!», scandaient les protestataires, qui s'étaient déplacés à l'appel de l'Association générale des étudiants du collège Montmorency (voir le texte de une).

Contestation judiciaire


La présidente de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a rabroué vertement le premier ministre du Québec pour avoir refusé de s'asseoir avec son homologue de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. «Il y a 200 000 personnes dans les rues et on dit qu'on n'a même pas une heure à consacrer à la jeunesse, alors que ce sont nous qui allons porter le fardeau des programmes sociaux et des régimes de retraite. C'est insultant!», a-t-elle déclaré sur les ondes de Radio-Canada.

Sur le front judiciaire, les représentants des étudiants en grève doivent faire face à une contestation des mandats de grève ou des piquets de grève devant les tribunaux. À cet égard, la Cour supérieure étudiera aujourd'hui une demande d'injonction intentée par des étudiants de l'Université Laval qui sont las de se voir bloquer l'accès à leurs salles de cours et qui exigent la levée des piquets de grève.

Les tribunaux avaient exigé vendredi dernier que les activités normales du collège d'Alma reprennent aujourd'hui, puisque des irrégularités avaient émaillé l'assemblée générale ayant présidé au vote de grève, mais ils ont rejeté une demande d'injonction provenant d'un étudiant de la Faculté de droit de l'Université de Montréal qui aspirait à poursuivre ses études malgré le conflit entre le gouvernement libéral et les étudiants.
39 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 2 avril 2012 01 h 18

    C'est irréversible...

    Pour parler comme le député de Sherbrooke, les étudiants et les étudiantes ne flancheront pas : tout a été discuté, ils et elles ne reviendront pas sur leurs décisions. Un gel à minima ou la gratuité!

  • Dmarquis - Abonné 2 avril 2012 05 h 54

    Pour changer radicalement le Québec il y a des élections

    À ce stade de l'affrontement étudiant-gouvernement les choses sont claires. Nous sommes face à deux projets de sociétés : celui des étudiants avec le gel ou la gratuité scolaire et celui du gouvernement libéral avec une contribution de l'étudiant et/ou de ses parents s'il n'a pas un statu autonome, des frais scolaires et un programme de prêt et bourses.

    Pourquoi cet entêtement et ses jours scolaires perdus sachant qu'il y aura des élections d'ici un an? Le PQ s'est prononcé pour le gel, Québec solidaire pour la gratuité, la Coalition c'est comme les libéraux mais en plus confus et la position du gouvernement libéral
    est connue et à mon sens, la plus réaliste. Alors attendons les élections et retournez en classe. Vous ne savez pas la chance que vous avez d'étudier au Québec ...

    • Louis Trottier - Abonné 2 avril 2012 09 h 34

      Justement, les libéraux devraient inclure la hausse dans leur propositions électorales plutôt que des les imposer lâchement en fin de mandat.

    • Monsieur Brodeur - Inscrit 2 avril 2012 10 h 34

      Ben oui, Dmarquis, les étudiants prennent notes de votre opinion. Mais l'argument paternaliste que vous nous servez n'arrive pas à la cheville des arguments contre la hausse des frais scolaires et des intérêts que les banqiers feront sur le dos de la classe moyenne.

      Le PLQ a sa tactique: Il savait qu'en doublant les frais scolaires il y aurait ce mouvement de contestation. Il a prévu de céder également depuis longtemps. Son plan c'est d'ensuite dire à tout le monde que la seule façon de payer pour les étudiants sera son plan nord..

      Je gage mon carré rouge que c'est ça, et que c'est prévu depuis belle lurette. C'est leur façon de faire de la politique: Créer un conflit, et le règler en sauveur avec ses solutions. On se fait manipuler, je vous dit..

      Stéphane Brodeur, montréal.

    • Pierre Floyd - Inscrit 2 avril 2012 12 h 03

      Le PLQ a annoncé la hausse en 2011 après les discussions de décembre 2010, donc l'annonce n'est pas fait en fin de mandat(qui peut se terminer en 2013), mais en cours de mandat. Au pire il y aura la hausse de 325$ à l'automne et par la suite des élections ou chacun pourra voter en bon québécois...

      La CAQ est en faveur de la hausse, mais désire la moduler.

      Le PQ veut annuler la hausse sans parler de gel des droits.

      Q.S. veut la gratuité scolaire mur à mur.

      À vous de choisir, on continu à avancer ou on recule à nouveau...

    • Q1234 - Inscrite 3 avril 2012 06 h 26

      La démocratie , ce n'est pas uniquement d,aller voter une fois aux 4 ans. C'est s'insurger contre les choix des élus qui ne vont pas dans le sens du bien commun, c'est défendre les droits de tous plutôt que les intérêts de quelques uns! Ils ont bien raison les étudiant de ne pas lâcher, ils en ont marre de la violence du gouvernement et ils ont raison. Certains leur reprochaient leur individualisme, leur indifférence, leur cynisme et bien là ils répondent!! Bravo les étudiants, ne lâchez surtout pas!

  • Chantal_Mino - Inscrite 2 avril 2012 06 h 23

    Bravo à tous ces étudiants québécois courageux, pacifiques, persévérants et créatifs pour le bien commun de l'ensemble de la population québécoise, y compris leur relève.

    Votre altruisme, votre solidarité et votre créativité font du bien à voir. Vous êtes l'étincelle qui ravive la flamme d'un grand nombre de Québécois(es) pacifiques. Nous avons besoin de laisser briller et entretenir cette flamme qui nous éclaire enfin dans cette noirceur d’un Québec depuis bien trop longtemps égocentrique et corrompu.

    Merci beaucoup! De vous voir aller me fait grand bien et m'encourage pour un monde meilleur au Québec.

    • dany tanguay - Inscrit 2 avril 2012 10 h 28

      J'adore votre commentaire et oui un grand merci à ces jeunes qui nous ouvrent les yeux...

    • maryse tremblay - Inscrit 2 avril 2012 10 h 29

      C'est votre commentaire qui fait grand bien ce matin!
      Merci de vos encouragements!

  • Sanzalure - Inscrit 2 avril 2012 08 h 01

    Bravo les étudiants, lâchez pas !

    C'est tout notre avenir qui est en jeu...

    Serge Grenier

  • jean brunet - Inscrit 2 avril 2012 08 h 08

    Jopinion

    Dans la fauses égalité on perd tout... Oui à une augmentation des frais de scolarité,oui à une redéfinition des prêts et bourses pour la classe moyenne, remboursement selon les revenus dans le futur... Md versus philosophe...