Luttes contre la hausse des droits de scolarité: grèves de la faim et injonctions

Des étudiants du Collège Édouard-Montpetit à Longueuil ont décidé d'amorcer un mouvement de grève de la faim. Des étudiants ont décidé de se relayer pour des cycles de privation de 48 heures. Sur la photo, Olivier Melancon, Rémi Thériault, Françis Robindaine Duchesne et Sakina Guessous.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants du Collège Édouard-Montpetit à Longueuil ont décidé d'amorcer un mouvement de grève de la faim. Des étudiants ont décidé de se relayer pour des cycles de privation de 48 heures. Sur la photo, Olivier Melancon, Rémi Thériault, Françis Robindaine Duchesne et Sakina Guessous.

Les protestations étudiantes entrent dans une nouvelle phase: celle de la judiciarisation des grèves et celle des grèves de la faim rotatives.

Trois requêtes en injonction ont été déposées dans le but d'interdire les piquets de grève devant différents établissements d'enseignement. Ces injonctions visent l'Université de Montréal, l'Université Laval et le Collège d'Alma et sont adressées aux différentes associations étudiantes.

Pour l'instant, seule la procédure contre le Collège d'Alma a été acceptée, de manière provisoire. La cour étudiera la requête plus à fond le 10 avril.

Pour ce qui est de l'injonction concernant l'Université de Montréal, elle a été rejetée. Celle qui est destinée aux associations étudiantes de l'Université de Laval sera entendue lundi.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) entend répliquer en faisant appel à différents avis juridiques.

Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, se dit déçu de ce nouveau pas qui vient d'être franchi. Selon lui, les grèves étudiantes ont toujours été considérées comme un droit fondamental et il espère que les étudiants pourront continuer de manifester.

Grèves de la faim

Au même moment, des étudiants du Collège Édouard-Montpetit à Longueuil ont décidé d'amorcer un mouvement de grève de la faim. Des étudiants ont décidé de se relayer pour des cycles de privation de 48 heures.

Pour Léo Bureau-Blouin, cette nouvelle forme de manifestation démontre que les jeunes sont prêts à tout pour se faire entendre.

La FECQ mentionne également avoir commencé à plancher sur sa stratégie électorale. Dix comtés libéraux, élus par une faible majorité, ont été visés. La FECQ compte par ailleurs s'assurer qu'un maximum de jeunes se prévaudront de leur droit de vote lors du prochain scrutin provincial.
71 commentaires
  • Q1234 - Abonnée 31 mars 2012 15 h 15

    L'heure est grave!

    Utiliser des recours juridiques contre le droit à la manifestation , c'est grave! Cela confirme que les étudiants ont raison! Dans quelle société voulons nous vivre? La démocratie ce n'est pas que voter aux 4 ans, c'est manifester notre mécontentement lorsque ceux et celles qui sont censés nous représenter déraillent et présentement ils déraillent! Ce n'est surtout pas en utilisant de tel moyen que vous allez convaincre les étudiants du contraire! Allons piqueter avec les étudiants!

    • JinYe - Inscrit 1 avril 2012 08 h 35

      J'appuie la proposition!

    • André Michaud - Inscrit 1 avril 2012 11 h 03

      Les lois et les tribunaux existent pour éviter que les problèmes se règlent dans la rue, ou par des coups de poings entre voisins...c'est une signe de civilisation.

      Le droit de manifester n'est pas au-dessus des lois.

      Et quand donc les étudiants apprendront comment un citoyens civilisé manifeste, de façon responsable, avec l'appui des policiers, en donnant son itinéraire, et non en les provoquant ???

      Dans chaque droit il y a aussi des devoirs, ce qu'oublient les leaders étudiants qui aiment bien jouer au Che...

    • Francois G - Inscrit 1 avril 2012 12 h 05

      Premièrement, les injonctions ne sont pas contre le droit de manifester, ne mélangeons pas tout.
      Deuxièment, les élèves qui se sentent brimés par les moyens de pression ont tout à fait le droit de plaider leur cause devant les tribunaux, c'est ca vivre dans une société de droit.
      Moi, ce que je trouve grave, c'est des étudiants qui croient pouvoir rallier l'opinion publique en faisant des gestes aussi dramatiques et puérils, comme si ils vivaient sous une dictature.
      On peut être contre la hausse, et je crois personellement que ca pourrait être fait bien autrement, mais on est pas en Syrie quand même. À ce point ci, la population est prête à supporter le premier des deux camps qui fera preuve d'un minimum de maturité, ce qui semble manquer d'un coté comme de l'autre. Mais si le gouvernement montre plus d'ouverture bientôt, je crois que les étudiants perdront leurs appuis assez rapidement.

  • Carole Dionne - Inscrite 31 mars 2012 15 h 43

    Les Ghandi de la scolarisation

    Excellent. Lâchez pas. De toute façon, selon vos représentants, vu les frais scolaires élevés, il y en a sûrement qui ne mangeaient déjà pas. Prenez ceux là et mettez les sous la tente. Une promotion qui ne vous coûtera pas cher

    • Chantal_Mino - Inscrite 31 mars 2012 16 h 23

      À lire vos différents commentaires Mme Dionne,

      Est-ce que ça voux arrive de faire des commentaires constructifs tout en respectant ceux qui se battent pour le bien commun ... pendant que vous faites quoi vous au juste à part de vous occuper de vous-même et de vos propres petites affaires ? Votre transport en autobus, votre épicerie, etc. ?

      Allez! On se fait un printemps québécois le dimanche 22 avril 2012 à 14h ... et on se fait une petite chanson pour l'éducation ... http://www.youtube.com/watch?v=iW8piR_HSvA D'accord ! Vous allez voir ... ça va vous faire du bien de chanter et de prendre de l'air frais avec vos concitoyens québécois !

    • Nancy Latulipe - Abonnée 31 mars 2012 17 h 00

      Mme Dionne,

      ce que vous dites est disgracieux et pervers. Il y a une différence entre être en désaccord avec les idées d'un parti et le châtier.
      Je vous suggère de modérer et "d'intellectualiser" vos propos, plutôt que de chercher à mettre le feu sur un débat complexe avec des horeurs pareils.

    • RobertB - Inscrit 31 mars 2012 20 h 12

      Je ne suis pas nécessairement pour la gratuité. Par contre, je trouve nos jeunes fantastiques.
      Mme Dionne, sarcasme = petitesse.

    • Pierre Brulotte - Inscrit 1 avril 2012 21 h 40

      Et tout ce beau commentaire pour dire quoi?? Que de laisser mourrir des gens de faim c'est acceptable?

    • Danielle Gill - Inscrite 3 avril 2012 08 h 34

      @ madame Dionne: Sarcasme et ironie sont à proscrire ici Madame! Si c'est tout ce que votre argumentaire comporte il est pauvre, sans intérêt et surtout, surtout inefficace pour régler la situation ou du moins la faire évoluer. Allez sur le blog de stéphane Gendron vous y serez surement mieux acceuillie.

  • Marie Ulysse - Inscrite 31 mars 2012 16 h 33

    On a tous des droits

    Q1234, tout le monde à le droit de manifester, ce qui est grave c'est d'imposer cette idée de grève ou les revendications à un autre groupe qui n'y adhère pas. Brimer le droit des non-grévistes c'est cela qui est grave.

    • Nancy Latulipe - Abonnée 31 mars 2012 17 h 28

      Tous des droits?

      Imposer cette idée de grève à un autre groupe qui ni adhère pas... Ça me fait penser à autre chose... Ça me fait penser au gouvernement conservateur, qui impose beaucoup de choses à beaucoup de groupes qui n'y adhèrent pas... Ça me fait penser au gouvernement libéral, qui impose beaucoup de choses à beaucoup de groupes qui n'y adhèrent pas. Mais puisqu'ils sont au pouvoir, ils ne briment personne? Ils ont raison?

      Les associations étudiantes en grève, l'ont voté, la grève. Et c'est certain que les médias relatent les exceptionnelles anomalies pour nourrir leur public, qui lui en fait état général. Si une association est malhonnête, les autres le sont toutes aussi? Dans ce cas, que dire des politiciens?

      Le 22 mars, près de 300 000 étudiants étaient en grève; pour démontrer que ce qui leur est imposé, c'est ce à quoi ils n'adhèrent pas.

    • M. Enseignant - Inscrit 31 mars 2012 21 h 50

      Moi je n'adhère pas à ce qui ce passe au Canada et au Québec suis-je obligé de payer mes impôts ?

    • Pascal-Marc Savard - Inscrit 1 avril 2012 16 h 17

      Marie Ulysse, cela s'appel vivre en Démocratie. Nous n'imposons rien de force à qui que soit contrairement au Gouvernemnt qui persiste dans son entêtement de nous enfoncer ses réformes sans égard à l'opinion du public sur cette même réforme.

    • Sanzalure - Inscrit 5 avril 2012 07 h 16

      Ça marche dans les deux sens, la petite minorité qui appuie le 1% ne devrait pas imposer son inertie à la majorité qui appuie le 99%.

      Les non-grévistes doivent répondre de leur manque de solidarité envers l'humanité et leur compatriotes qui tentent de se défendre contre l'agression constante contre nos droits et libertés.

      Ce qui se passe dans le monde actuellement est très grave et toutes les luttes populaires sont interreliées. Les personnes qui ne comprennent pas ça doivent faire l'effort de comprendre ou s'enlever de dedans les jambes.

      Ce n'est pas seulement l'avenir de cette génération qui est en jeu, c'est notre avenir à tous.

      Compromettre l'avenir de tout le monde pour ne pas brimer les droits de quelques non-grévistes, c'est ça qui est grave.

      Serge Grenier

  • michel lebel - Inscrit 31 mars 2012 16 h 34

    Des privilégiés!

    Faut pas exagérer! On'est pas en Syrie ou en Égypte! Il faut regarder tout cela en perspective. Nous sommes des privilégiés au Québec! Oui! De très grands privilégiés per rapport à la plupart des humains de la planète. Cette "grève" est une "grève" de pays riches! Et la plupart des étudiants sont issus de la classe moyenne et plus!

    • pilelo - Inscrite 31 mars 2012 23 h 00

      Vous ne cessez de nous rappeler que vous êtes issu d'une classe privilégiée. Mais à l'Uqam, où vous avez enseigné, la plupart des étudiants tirent le diable par la queue. Ce n'est pourtant pas le talent qui leur manque.

      Vous avez eu vingt ans pour en prendre conscience, ce n'était pas assez?

    • Raphael Arsenault - Inscrit 1 avril 2012 01 h 29

      Privilégiés? Nous somme membres d'une farce démocratique aussi perverse à mes yeux qu'une dictature. Notre richesse nous à ramoli au point de ne plus savoir comment se battre pour sauver ce qui nous est cher. La richesse dont vous parlez ne m'intéresse plus. Je veux un futur, de la gratuité, de l'équité, du respect, du courage, de l'intégrité, de l'amour. Pas des dollars. Rien à foutre de l'économie, si elle désintègre l'humanité qu'il nous reste. Qu'elle tombe!
      Et que le printemps fracasse notre pays pour que le reste du monde apprenne de nos mauvaises expériences.

    • claude landry - Inscrit 1 avril 2012 07 h 00

      Si nous sommes des privilégiés il n'y a donc pas de problème à augmenter les impôts des privilégiés ( les privilégiés de cette société de privilégiés) au lieu d'augmenter les frais de scolarité! Essayons, svp de trouver d'autres arguments svp.

    • JinYe - Inscrit 1 avril 2012 08 h 39

      Donc, vous proposez implicitement que la classe moyenne continue sa dégringolade en se faisant manger la laine sur le dos. Apathie, désinformation, suffisance. Voilà notre lot de privilégiés!

    • Daniel Hémond - Inscrit 1 avril 2012 08 h 45

      oui nous sommes priviliégiés... mais c'est pas une raison pour se laisser rapetisser... Notre société nous l'avons forgée avec nos valeurs, je ne donne à personne le droit d'en changer les priviléges... Nous avons construit un Québec dans une Amérique impérialiste anglo-saxonne et nous résistons toujours. Nous vivons dans un pays immensément libre, le Québec, et il ne faut pas abandonner nos libertés à quiconque. Je suis derrière les étudiants et derrière les travailleurs de l"Alcan et de tolus ceux qui résistent aux profiteurs, aux ripoux, aux politiciens vendus aux multinationales... je suis libre et j'entends le rester.

    • Roland Berger - Inscrit 1 avril 2012 16 h 37

      L'éternel rangaine : Nous sommes des privilégiés au Québec. Conclusion : Il ne faut pas se battre pour une véritable démocratie, pour un gouvernement élu par le peuple pour le peuple. Restons tranquillement chez nous. Taisons-nous.
      Roland Berger

  • Christian Stoia - Abonné 31 mars 2012 16 h 48

    Le droit disjoncté

    La décision du juge Lemelin, par rapport à la grève étudiante au Collège d'Alma, est en tous points sénile et ridicule. Elle s'appuie sur le Code du travail (!) et la Loi sur l'instruction publique (!), ainsi que la Charte des droits et libertés de la personne (!).
    Quoi répondre?

    D'abord, la grève étudiante ne concerne aucunement le Code du travail : les étudiants ne sont pas employés, merde!

    Deuxièmement, la Loi sur l'instruction publique ne concerne pas les étudiants des collèges et universités. Ce n'est pas pour rien qu'il y a une Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel!

    Troisièmement, invoquer la Charte des droits et libertés de la personne dans ce cas-ci est une lubie : cela équivaudrait à invalider toute grève et toute décision politique.

    J'invite les étudiants du Collège d'Alma à ne pas se présenter à leurs cours. C'est alors qu'on verra la valeur d'une pareille injonction.

    • Jean-Michel Picard - Inscrit 31 mars 2012 19 h 00

      Bravo ! Quelle réponse cinglante !

    • Guylisle - Inscrit 31 mars 2012 19 h 00

      Une question de jugement!
      Je n'en reviens pas de constater à quel point des juges manquent de...jugement! Et ils sont bien payés en plus.

      Guy Vézina
      RACINE

    • RobertB - Inscrit 31 mars 2012 20 h 18

      Nous sommes dans une société technocratique. Si ça ne se classe par dans tel ou tel tirroir, alors c'est illégal, contraire «aux règles».
      Nos technocrates sont des aspergers qui doivent avoir une étampe, un classeur, un ordre alphabétique.
      Se révolter de nos jours, c'est traverser la rue entre les lumières, pas aux lumières.
      Je vous annonce que demain, je BOIS ma soupe, au lieu de prendre une cuiller! Et VLAN!

    • JinYe - Inscrit 1 avril 2012 08 h 42

      Je suis d'accord avec vous!
      Mais une petite précision s'impose: si les étudiants ne sont pas des travailleurs, ils sont encore moins des consommateurs. Consommant des boosts pour augmenter leurs facultés intellectuelles...
      Non, les étudiants triment dur et ils devraient être plus facilement comparables à des travailleurs lesés qu'à des consommateurs gâtés.

    • Carole Dionne - Inscrite 1 avril 2012 10 h 36

      Quand cela fait votre affaire...


      Les étudiants disent faire la grève ( il me semble voir cela sur les pancartes ou les propos de Nadeau-Dubois) mais ce n'est pas une grève au sens du travail. J'imagine que ces gens à`disent n'importe quoi.

      Invoquer la charte pour avoir de l'instruction gratuite, là s'est correct mais invoquer la charte pour pouvoir étudier, là ce n'est pas pareil.

      Continuez à pensez ainsi, c'est très édifiant

    • Pascal-Marc Savard - Inscrit 1 avril 2012 13 h 12

      J'aimerais enrichir votre propos en ajoutant que je considère indécent voir même hors propos que la Cour supérieure du Québec se prononce sur une injonction qui concerne une question de nature politique plutôt que judiciaire. Je crois que la C.S. n'a pas compétence pour se prononcer sur une telle injonction comme elle se plait à le rappeler régulièrement.

    • Roland Berger - Inscrit 1 avril 2012 16 h 40

      À Guylisle
      Le jugement ne se développe pas parce qu'on étudie en droit et que, parce qu'on a bien servi les nantis, on est nommé juge. Si c'était le cas, avec le nombre impressionnant d'avocats et de juges que compte le Québec, ce dernier serait le pays le plus sage du monde.
      Roland Berger