«Ce n'était que le début»

Manifestation du 22 mars dernier<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Manifestation du 22 mars dernier

Au lendemain de la manifestation monstre de jeudi, les leaders du mouvement étudiant ont promis d'intensifier leurs moyens de pression afin de forcer le gouvernement Charest à renoncer à la hausse des droits de scolarité. Aussi bien du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) que de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), on estime que l'imposant rassemblement, qui a attiré quelque 200 000 personnes dans les rues du centre-ville de Montréal, a envoyé un message très clair au gouvernement: il n'a plus le choix d'écouter les étudiants et leurs revendications.

«C'est maintenant au gouvernement de prendre ses responsabilités, a martelé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, en conférence de presse hier en matinée. Il est plus que temps qu'on règle ce conflit-là, parce que du côté des étudiants, on va se montrer de plus en plus déterminés. Ce n'était que le début de la mobilisation.»

Même son de cloche du côté de la CLASSE, qui considère aussi que la manifestation nationale de jeudi ne représente que le «début» du mouvement de grève. Les membres de la CLASSE se réuniront en congrès aujourd'hui et demain pour déterminer la suite de leur plan d'action, mais les porte-parole de la coalition estiment déjà que les actions du mouvement devraient aller en s'intensifiant. «Ce qu'on constate dans les assemblées générales [...], c'est que les étudiants sont exaspérés par le mutisme et la surdité du gouvernement. Ils sont gonflés à bloc et encore plus déterminés», a affirmé au Devoir le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

Relations tendues

Difficile toutefois de savoir si la CLASSE, la FEUQ et la FECQ coordonneront à nouveau leurs actions, comme elles l'ont fait pour la manifestation nationale. Jeudi, les relations semblaient pour le moins tendues entre les membres des deux fédérations étudiantes et ceux de la CLASSE: de vives discussions ont éclaté à la fin du rassemblement, lorsque des membres de la CLASSE se sont opposés à ce que les présidents de la FECQ et de la FEUQ utilisent la même scène qu'eux pour livrer leur discours.

Hier, les représentants des fédérations étudiantes ont évité de jeter de l'huile sur le feu et ont plutôt cherché à afficher leur unité contre la hausse des droits de scolarité. «On a parfois des moyens d'action et des cibles qui diffèrent, mais on a le même objectif, a indiqué Martine Desjardins. Je pense que d'avoir plusieurs types d'actions complémentaires peut être une bonne chose pour la cause.» Du côté de la CLASSE, on affirme que la question des rapports avec les fédérations étudiantes sera discutée par ses membres au cours de son congrès.
2 commentaires
  • mael demarcy - Inscrit 24 mars 2012 12 h 31

    Le premier jour du printemps Érable.

    https://vimeo.com/39081712

  • Christian Feuillette - Inscrit 25 mars 2012 08 h 13

    La victoire est au bout du bulletin

    Ce qui ressort de cette grandiose manifestation du 22 mars, c'est avant tout la remarquable capacité de mobilisation et d'organisation qu'ont démontrée les mouvements étudiants. C'est une force et une arme considérable. Pourtant, le gouvernement continue a se moquer d'eux, pour la simple et bonne raison que les jeunes ne sont pas intéressés à la politique traditionnelle et ne se déplacent pas pour voter.

    Amis étudiants, si vous voulez vraiment faire fléchir le gouvernement, appliquez dès maintenant la même énergie et mobilisez-vous pour vous inscrire en masse sur les listes électorales et vous préparer à aller voter aux élections prochaines en faveur des partis qui vous appuient. Votre poids électoral peut faire la différence. Dites-vous que la seule chose qui compte pour un politicien, c'est de gagner les élections. Si le gouvernement sent votre sérieux et votre détermination à le battre sur ce plan, vous n'aurez même pas besoin d'attendre les élections pour le voir faire des concessions.