Les partis d'opposition et les syndicats aux côtés des étudiants

Les étudiants ont reçu l’appui de camionneurs au port de Montréal hier matin.
Photo: - Le Devoir Les étudiants ont reçu l’appui de camionneurs au port de Montréal hier matin.

Plusieurs partis politiques d'opposition et grandes organisations syndicales ont profité de la journée de manifestation nationale, hier, pour réitérer leur opposition à la hausse des droits de scolarité et pour exhorter le gouvernement Charest à ouvrir un dialogue avec les étudiants.

Lors d'une conférence de presse coorganisée par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), hier matin, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a demandé à nouveau au gouvernement Charest de changer d'attitude et de discuter avec les étudiants pour trouver un terrain d'entente. «En ce moment, le gouvernement se comporte comme si les étudiants étaient des ennemis de l'État. [...] En refusant de dialoguer avec les jeunes, Jean Charest fait preuve de faiblesse», a affirmé la chef du PQ.

Mme Marois a en outre rappelé qu'un gouvernement péquiste annulerait cette hausse des droits de scolarité et organiserait un sommet sur l'éducation supérieure afin de revoir le mode de financement des universités. «Personne n'accepterait une hausse de tarifs d'électricité, de taxes ou d'impôts de 75 %. Les familles de la classe moyenne n'ont plus les moyens d'encaisser une hausse brutale des frais de scolarité.»

Aux côtés de Mme Marois, la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a salué la mobilisation étudiante et a indiqué que son parti non seulement s'oppose à la hausse, mais veut même aller plus loin et instaurer «la gratuité scolaire de la maternelle à l'université». «L'éducation est un droit, au même titre que l'accès au système de santé [...], et c'est une richesse pour toute la société québécoise», a-t-elle affirmé.

Gratuité scolaire


La gratuité scolaire est aussi préconisée par le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, qui estime que la hausse prévue compromet grandement l'accessibilité aux études. «La gratuité scolaire, à terme, ça s'autorembourse, a-t-il ajouté. Dans les pays qui ont fait [ce choix], on a constaté que les gens étudient plus longtemps [...] ont des salaires plus élevés et paient donc plus d'impôts.»

Les représentants des grandes organisations syndicales membres de l'Alliance sociale — qui regroupe notamment la CSN, la FTQ et la CSQ — étaient également présents à cette conférence de presse pour appuyer les étudiants en grève et exiger du gouvernement qu'il entame rapidement un dialogue avec eux.

Tous ces appuis montrent que «la société civile est plus unie que jamais» contre la hausse, selon le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. «On peut commencer à parler d'une véritable crise politique. [...] Il est temps que le gouvernement Charest rouvre un véritable débat et accepte de discuter avec les associations étudiantes pour envisager des solutions, notamment en réorganisant la façon dont les universités sont gérées», a-t-il ajouté.

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