Le milieu des arts visuels appuie la grève

Si la grève étudiante recourt volontiers à l'art pour s'exprimer, l'inverse est aussi vrai. Le milieu des arts visuels s'est joint au mouvement d'appui à la grève étudiante.

Le Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec (RCAAQ) invitait ses quelque 70 membres à fermer leurs portes hier, en guise de soutien aux étudiants qui luttent contre la hausse des droits de solidarité.

«Créateurs de nouveaux savoirs, les artistes ont besoin de latitude et de soutien dans leurs recherches, et l'accès aux études universitaires est un préalable pour le bon fonctionnement de l'écosystème de l'art actuel, écrivait l'équipe du RCAAQ dans un communiqué diffusé hier. Lutter pour l'accessibilité aux études supérieures, c'est lutter pour une société qui valorise la culture au sens large.»

Une trentaine de centres d'artistes, dont Dare-Dare, Articule Skol et Clark, avaient déjà confirmé leur participation. Sur la page Facebook de l'événement Le 22 mars, on ferme!, quelque 600 des 1300 invités, issus de l'art contemporain comme des organismes communautaires, signalaient qu'ils allaient y être.

Joli symbole, le centre Artexte offre même une bourse de 325 $ pour souligner l'apport de l'enseignement supérieur à la recherche de pointe en art contemporain. Les étudiants universitaires en arts ou en histoire de l'art sont invités à soumettre une proposition de sujet de recherche qui s'intègre à leurs études et qui pourrait être menée à Artexte d'ici la fin du mois de septembre. Artexte gère et met en valeur un imposant fonds documentaire touchant tous les aspects des arts visuels depuis 1965.

Mardi, le Regroupement des artistes en arts visuels, qui rassemble près de 1500 créateurs, a pour sa part invité le gouvernement Charest à déclarer un moratoire sur les droits de scolarité.

La semaine dernière, l'Union des artistes dénonçait le refus du gouvernement du Québec de négocier ou de discuter avec les étudiants.