Regain du mouvement gréviste à Québec

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Photo: Clément Allard - Le Devoir Une représentation de l’évolution de l’homme réalisée par des étudiants du Département d’architecture de l’Université Laval montrait la ministre Beauchamp forçant le retour des étudiants au stade d’hommes des cavernes.

Québec — Au départ réticents à se joindre au mouvement de grève, les étudiants de la région de Québec commencent à succomber à un certain effet d'entraînement.

Mardi, les étudiants du cégep Garneau se sont prononcés à 65,7 % en faveur d'une levée de cours d'un jour pour aller manifester à Montréal. Garneau, comme tous les cégeps de la région, s'était pourtant prononcé contre la grève au début du mois.

La présidente de l'association étudiante, Valérie Plante-Lévesque, a même été «surprise» par l'appui obtenu. «Je pense que ç'a choqué les étudiants d'entendre la ministre dire à Tout le monde en parle que c'étaient des cégeps de la région de Québec qui avaient voté contre la grève.»

À l'Université Laval, les étudiants des cycles supérieurs (11 000) et ceux de foresterie ont rejoint cette semaine le mouvement de grève générale après s'être contentés de voter des interruptions d'un jour. Désormais, 18 500 étudiants sont en grève sur les 36 000 que compte l'établissement. Le vent est en train de tourner, selon le responsable des communications de la Confédération des associations d'étudiant(e)s de l'Université Laval, Maxime Vallée. «Au début, on n'arrêtait pas de dire que la population était contre les étudiants. Alors que là, quand on regarde les sondages, les artistes et tout ça, c'est sûr que ça motive les troupes et ça remet en question les autres.»

Cégeps en région


Parmi les nouveaux grévistes, les étudiants du Département d'architecture ont dénoncé la hausse avec éclat hier après-midi dans les rues du Vieux-Québec. «Ça prend des associations et des facultés qui font le saut», faisait valoir l'un d'eux, Francis Lacelle.

Près de l'hôtel de ville, une représentation de l'évolution de l'homme montrait la ministre Line Beauchamp forçant le retour des étudiants au stade d'hommes des cavernes. «La hausse des droits de scolarité va nous faire descendre dans notre jugement critique, dans notre humanisation», résumait l'un des manifestants, Francis Poirier.

Plus loin, les passants étaient invités à parcourir gratuitement des livres suspendus au bout de fils, comme Les enfants de la rébellion de Suzanne Jacob. D'autres avaient conçu un cheval de Troie de carton représentant les droits de scolarité.

En incluant les interruptions de cours seulement pour aujourd'hui, ce sont 22 000 étudiants de Québec qui sont en grève. Mais les associations ne dépêchent que 19 autobus pour aller manifester dans la métropole.

Confiant, Maxime Vallée croit que la grande manifestation d'aujourd'hui va faire réagir les cégeps de la région. «C'est sûr que certains cégeps vont se requestionner [sic]», dit-il, avant de souligner qu'en 2005 aussi la région de Québec s'était jointe au mouvement «plus tard».

Pour l'heure toutefois, ni le cégep Garneau ni le cégep Sainte-Foy ne prévoient voter de nouveau sur la grève. Pour qu'un tel vote se réalise, il faut que les étudiants fassent signer une pétition pour réclamer une assemblée générale. Michael Bellemare, un attaché politique de l'association étudiante du cégep de Sainte-Foy, indique qu'ils ont «eu vent» qu'une telle pétition circulait, mais l'association ne l'a pas «encore vue».