Manifestations étudiantes - Pauline Marois devra répondre des débordements, dit Beauchamp

La chef péquiste, Pauline Marois, refuse de s’engager à geler durablement les droits de scolarité si elle prend le pouvoir.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La chef péquiste, Pauline Marois, refuse de s’engager à geler durablement les droits de scolarité si elle prend le pouvoir.

Québec — Si jamais les manifestations d'aujourd'hui contre la hausse des droits de scolarité devaient déborder, Pauline Marois porterait une partie du blâme, a dénoncé Line Beauchamp hier. «On nous annonce d'autres gestes de perturbation économique. Si ça se pose, je pense que Mme Marois va en porter une partie de la responsabilité», a déclaré la ministre de l'Éducation au sortir du Conseil des ministres.

Plus tôt, la chef péquiste avait soutenu être confiante quant au bon déroulement de la marche d'aujourd'hui. Elle estime que les étudiants, jusqu'à maintenant, se sont montrés «très responsables» en écartant des «casseurs». Après quoi elle a ajouté: «C'est sûr qu'il y a des gestes qui sont posés qui nuisent, ont des effets de nuisance importants pour les citoyens — je pense au blocage des ponts — et je crois qu'à ce moment-là, ça nuit à leur cause. Et moi, j'espère qu'ils le comprennent.»

Mme Beauchamp aurait voulu que la chef péquiste dise «ça suffit!» et dénonce fermement les «gestes extrêmes» des militants étudiants, «comme bloquer des ponts», au lieu de «décrire simplement la situation».

Plus tôt, Pauline Marois, un carré rouge à la boutonnière, avait refusé de s'engager à geler durablement les droits de scolarité si jamais elle prenait le pouvoir. Reprenant la position définie dans le programme du Parti québécois en avril 2011, Mme Marois a rappelé que, si elle arrivait au gouvernement, elle promettait d'annuler les hausses de droits de scolarité annoncées dans le budget Bachand de 2011 jusqu'à la tenue d'un sommet sur le sujet. À ce moment, recteurs, associations étudiantes et autres acteurs du monde de l'éducation postsecondaire décideraient si un gel, une hausse ou une indexation s'impose.

Le programme péquiste promet l'adoption «d'une loi-cadre» régissant «les droits de scolarité et les autres frais afférents» dans le triple objectif de préserver «l'accessibilité économique et l'accessibilité régionale», de respecter «la capacité de payer des étudiants» et de viser la diminution de «l'endettement étudiant».

Efforts des étudiants

Pauline Marois a au reste exhorté le gouvernement Charest à «ouvrir le dialogue» avec les étudiants pour sortir de l'impasse. Elle a accusé le gouvernement de traiter pour l'instant les étudiants comme des «ennemis de l'État». Plus tôt en Chambre, Jean Charest avait esquivé une question de Mme Marois sur la nécessité d'un dialogue, affirmant que les contribuables paient 51 % des coûts d'une formation universitaire. «Je pense que les étudiants doivent également faire un effort», a-t-il ajouté.

Line Beauchamp a pour sa part soutenu hier après-midi qu'elle-même avait tenu un sommet sur le financement universitaire en décembre 2010. À l'époque, a-t-elle déploré, étudiants et centrales syndicales avaient choisi de claquer la porte. Négocier avec les étudiants est hors de question tant que ces derniers continueront de refuser à discuter de l'«effort» qu'ils doivent faire pour «assurer la qualité de leur diplôme universitaire», a-t-elle indiqué.
11 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 22 mars 2012 05 h 04

    La grenouille se voulant boeuf...

    La carrière politique de madame Beauchamp est, dans les faits, terminée.
    Elle nous a démontré, de par son épisode de moi grandiose, une telle immaturité que nous restons abasourdi qu'elle ait pu accéder à un poste de ministre et même de vice première-ministre, vu sa prestation face aux revendications des étudiants.es.
    Son attitude revancharde contre un des leaders étudiants et maintenant sa charge contre madame Marois nous indique qu'elle vit une rage intérieure de se savoir ainsi percer à jour dans toute son incompétence.

  • Yves Claudé - Inscrit 22 mars 2012 05 h 42

    Une ministre en déficit moral !

    En lançant cette invective des plus maladroite et démagogique à l’encontre de Madame Pauline Marois, Madame Line Beauchamp se comporte de moins en moins comme une ministre de l’éducation, mais de plus en plus comme membre d’un gouvernement en déroute, qui n’hésite pas à mettre à mal le statut moral qui devrait être celui des dirigeants d’un État. Elle devrait se ressaisir avant de tomber dans le style “Sarkosy” !

    Par son attitude délibérément provocatrice, Madame Line Beauchamp se fait complice d’individus qui s’imaginent que le progrès social passe par le chaos, et qui pourraient être tentés de nuire à la mobilisation nationale de ce 22 mars. Rappelons à ce sujet que mouvement français de mai 68 a commencé un 22 mars…, mais l’Histoire n’est pas un “copié-collé” !

    Yves Claudé (membre du PQ)

    • Franklin Bernard - Inscrit 22 mars 2012 11 h 03

      Même Sarkozy a plus de classe que cette «ministre» à la bouche fielleuse et au langage bas.

  • Jean-Claude Archetto - Inscrit 22 mars 2012 09 h 11

    La Mona Lisa libérale

    La dame au faux sourire perpétuel devrait ouvrir le dialogue avec les étudiants au lieu de les pousser au radicalisme comme elle le fait par son intransigeance.

    C`est certain qu`il faut condamner les débordements, mais on est forcé de constater avec les informations qui nous parviennent sur ce conflit, que ce sont les parents de la classe moyenne qui seront encore une fois forçés de mettre la main dans leur poche pour soutenir leurs enfants, pendant que ce gouvernement qui parle de justice fiscale épargne toujours dans son budget la même classe d`individus qui le financent grassement.

  • André Michaud - Inscrit 22 mars 2012 10 h 07

    Mme Beauchamps doit se tenir debout

    Dans une société démocratique les élus doivent décider et assumer pleinement leur décision. Elle doit se tenir debout comme la Ministre du Travail Mme Thériaut devant l'industrie de la construction.

    Ce ne sont pas aux gros bras de la FTQ ou aux manifestants étudiants qui agissent CONTRE les policiers au lieu d'AVEC , qui doivent décider à la place des élus. Les ministres moumounes qui ont peur de leurs convictions on en veut plus..

  • Justin Duncan - Inscrit 22 mars 2012 10 h 08

    Oui, mme Beauchamp.

    C'est certain qu'avec tout le pouvoir que vous détenez, la seule condamnation, par votre bouche, des actions de certains étudiants, nous convainc que vous aurez tout fait ce qu'il était possible de faire pour les faire taire.

    Ainsi, toute la faute reviendra véritablement à mme Marois, qui elle, ne sera pas allé aussi loin que vous dans ses propos.