La manifestation nationale pourrait bien être historique

Le mouvement de grève des étudiants atteint aujourd'hui l'un de ses points culminants: plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues à Montréal pour une grande manifestation nationale contre la hausse des droits de scolarité. Le rassemblement pourrait bien passer à l'histoire par son ampleur, croient les représentants des associations et fédérations étudiantes.

Devant le budget Bachand qui ne concède aucun recul sur la hausse des droits de scolarité, les étudiants ont promis hier d'intensifier leurs actions. Selon une porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Jeanne Reynolds, le gouvernement n'aura pas le choix de modifier son attitude et d'écouter les étudiants après cette grande manifestation coorganisée par les trois grands regroupements étudiants, alors que près de 300 000 d'entre eux débraient aujourd'hui, dont environ 227 000 sont en grève générale illimitée.

Des étudiants de partout au Québec se sont donné rendez-vous à 13h à la place du Canada. Les fédérations étudiantes ont déjà dévoilé l'itinéraire qui sera emprunté par les manifestants: ils devraient d'abord marcher dans les rues du centre-ville — notamment dans les rues Peel, Sherbrooke, Saint-Denis et Berri —, avant de se rassembler dans le Vieux-Montréal.

«Une nouvelle taxe»

Les représentants des deux grandes fédérations étudiantes ont aussi présenté hier une analyse technique et juridique expliquant comment les familles de la classe moyenne seront touchées par la hausse des droits de scolarité.

Loin de réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne, la hausse revient ni plus ni moins à lui imposer une «nouvelle taxe», a affirmé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, en conférence de presse conjointe avec des représentants d'associations et d'organismes familiaux venus appuyer les étudiants en grève.

L'analyse rappelle qu'en vertu du Code civil du Québec et des paramètres du programme des prêts et bourses, les parents ont l'obligation légale de contribuer au financement des études de leur enfant lorsque leur revenu excède 30 000 $. Or, près d'une famille sur deux dont les revenus se situent entre 30 000 $ et 60 000 $ n'y contribue pas du tout, selon une enquête de la FEUQ de 2010. «En ce moment, on exige d'une famille gagnant 60 000 $ qu'elle verse 5700 $ à son enfant. C'est irréaliste. [...] Avec la hausse des droits de scolarité, elle devra trouver 1625 $ de plus dans son budget. Ça ne tient pas la route», a ajouté la présidente de la FEUQ.

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Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais

Avec La Presse canadienne
 
3 commentaires
  • Yos - Inscrite 22 mars 2012 05 h 22

    La vrai histoire...

    C'est la défaite des libéraux aux prochaines élections qui va être historique!

  • Regine Pierre - Inscrite 22 mars 2012 06 h 49

    Une analyse éclairée

    Un des impacts de ce mouvement aura été de faire connaître les leaders du mouvement étudiant qui deviendront sans doute les leaders de la société de demain. Contrairement à ce qu'on entend souvent, ils sont mieux informés et manient mieux le discours argumentatif que bien des babyboomers. Et c'est le cas de la majorité des jeunes d'aujourd'hui qui arrivent dans les universités, comme je peux le constater dans mes cours. Le Québec perdrait beaucoup en les empêchant de poursuivre leurs études universitaires.

  • France Marcotte - Abonnée 22 mars 2012 14 h 34

    Le poids des mots qui font ou non pencher la balance

    Tout le monde, tous les citoyens étaient invités à cette manifestation mais on ne cesse de répéter qu'il s'agit d'une manifestation étudiante, contribuant ainsi à rendre le mouvement exclusif plutôt que inclusif.

    Pourtant, on a bien vu que cette attitude tend à favoriser une stratégie opposant les étudiants aux autres contribuables qui auraient à se partager une maigre tarte de revenus alors qu'on comprend bien, dans cet article aussi, que nos problèmes sont communs et interpellent les mêmes choix de gouvernance.