Des appuis de taille pour les étudiants

Après celui de profs et de certains parents, les étudiants reçoivent d'autres appuis de taille. Le Devoir a appris qu'ils ont obtenu la bénédiction de l'ancien ministre de l'Éducation, Jacques-Yvan Morin, ainsi que des cinq associations d'étudiants en droit au Québec, une première historique.

Dans une lettre publiée dans notre page éditoriale, l'ancien ministre de 1976 à 1981 sous René Lévesque rappelle que c'est le financement de l'État et l'instauration des prêts et bourses qui ont contribué à démocratiser l'accès aux universités. «C'est tout cet immense effort qui est menacé par une décision politique qui viendrait augmenter de 75 % sur cinq ans les droits de scolarité dans les universités. [...] Sans doute ceux qui appuient cette mesure appartiennent-ils à des milieux qui ont les moyens de faire face à pareille dépense, mais ils priveront le Québec de diplômés dont il a grand besoin et, ce faisant, ils freineront le développement du pays et s'appauvriront eux-mêmes», écrit-il.

M. Morin va jusqu'à prôner le gel des droits de scolarité et souligne qu'à l'époque, son gouvernement péquiste avait considérablement augmenté l'aide financière. «Les besoins de notre société en matière de formation ne sont guère moindres qu'au moment de la Révolution tranquille. Il faut donc songer également à améliorer le système des prêts-bourses. [...] Au cours des années où j'y ai exercé les fonctions de ministre, le gouvernement de René Lévesque a augmenté les prêts-bourses de 50 %», écrit-il, avant d'ajouter: «On a peine à comprendre comment le gouvernement actuel peut songer à casser l'un des acquis majeurs de la modernisation du Québec.»

Pour le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), cet appui est réjouissant. «C'est sûr que ça fait chaud au coeur de voir que des gens qui ont été des artisans du Québec moderne et qui sont toujours soucieux de ce qui se passe au Québec soutiennent la lutte contre la hausse des droits de scolarité», a dit Léo Bureau-Blouin.

Des appuis inusités

Contrairement aux mobilisations précédentes, le mouvement étudiant reçoit cette fois des appuis inusités. À commencer par celui de la Confédération des associations d'étudiants en droit civil du Canada (CADED), qui représente les cinq associations d'étudiants en droit du Québec et celle d'Ottawa. Cette dernière s'étant abstenue, les cinq autres ont ainsi pu, pour la première fois dans l'histoire de leur confédération, se prononcer à l'unanimité contre la hausse des droits de scolarité, comme en fait foi une autre lettre publiée en page A 9.

Toutefois, cela ne signifie pas qu'elles sont pour les moyens de pression comme la grève. Il n'y a qu'à l'UQAM que les étudiants en droit sont en débrayage illimité, tandis que ceux de l'Université de Montréal ne le sont que pour la journée d'aujourd'hui.

«Les étudiants en droit sont beaucoup plus modérés que la population en général. Ils sont comme les étudiants en médecine et en génie, c'est très rare de les voir se mobiliser. Je dirais qu'ils choisissent très bien leurs combats et ça prend quelque chose de gros, a expliqué Mathieu d'Amours, le coordonnateur externe à l'Association des étudiants en droit de l'UQAM. Mais c'est assez extraordinaire. C'est la première fois qu'il y a une position unanime contre la hausse.»

Rarement en débrayage, les facultés de médecine de l'Université Laval, de l'Université de Montréal et de Sherbrooke ont voté pour une journée de grève aujourd'hui. Idem pour l'École des hautes études commerciales (HEC), l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, l'École de technologie supérieure, de École nationale d'administration publique. À l'École polytechnique, la plupart des étudiants ne seront en grève que pour aujourd'hui, mais ceux des cycles supérieurs l'étaient hier et le seront demain, à l'instar des étudiants des cycles supérieurs de McGill.

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Claude Castonguay propose un moratoire

Un ancien ministre libéral, Claude Castonguay, est même allé jusqu'à proposer une médiation ou un moratoire, afin de suspendre le débrayage des étudiants. En entrevue à RDI, il a soutenu que l'ampleur du mouvement de grève dénotait un véritable problème et a rappelé que des solutions de rechange à la hausse des droits de scolarité existaient, comme la modulation en fonction des programmes ou encore l'étalement des paiements.
 
35 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 22 mars 2012 01 h 18

    Quand on sait la façon qu'ils obtiennent le droit de grève

    Ils sont dignes de Jean Charest au niveau de la magouille. Délosé, les étudiants

    • Louis Trottier - Inscrit 22 mars 2012 10 h 02

      Que voulez-vous dire? Expliquez-vous plutôt que de lancer des suppositions.

    • Olivier Laroche - Inscrit 22 mars 2012 10 h 17

      Ce sont des votes majoritaires en assemblée générale. Que voulez-vous de plus ? C'est le summum de la démocratie.

    • Bonhomme musique - Inscrit 22 mars 2012 10 h 24

      Vous avez l'air de savoir de quoi vous parlez! Alors, pouvez-vous m'expliquer de quelle façon « les étudiants » des sciences humaines à l'UQAM (l'AFESH, mon association) mettent en branle de la « magouille » pour obtenir leur droit de grève?

    • Camille Proulx - Inscrit 22 mars 2012 10 h 38

      Est-ce que vous pouvez développer sur le sujet, je ne suis pas certaine de comprendre, ni d'être de votre avis.

  • arabe - Inscrit 22 mars 2012 04 h 35

    4 fois le mot grève; 0 fois le mot boycott

    Les étudiants boycottent leurs cours. Ils ne font pas la grève au sens du code du travail. Vous créez des amalgames trompeurs et une confusion des genres en nommant "grève" ce boycott étudiant.

    • dany tanguay - Inscrit 22 mars 2012 09 h 13

      l'important c'est la cause qui est défendue

    • Isabelle Laporte - Abonnée 22 mars 2012 10 h 37

      Ça ne répond pas au sens du CdT, parce qu'il ne s'agit pas de travail, figurez-vous donc. (Doh!)

      Le Petit Robert: "Grève: (...) 2. Arrêt volontaire et collectif d'une activité, par revendication ou protestation. Grève des étudiants. Grève des détenus dans une prison. (...)."

      Bonne journée.

    • Julie Savoie - Inscrite 22 mars 2012 10 h 57

      C'est vous le trompeur!
      Désolé, mais un mot a plusieurs sens, on appelle ça la polysémie, sortez votre Petit Robert, il y ait écrit noir sur blanc "Arrêt volontaire et collectif d'une activité, par revendication ou protestation. Grève des étudiants".
      Cessez de détourner le vrai débat en rapportant n'importe quoi.

  • Raymond CHALIFOUX - Abonné 22 mars 2012 05 h 59

    En avant, en arrière, en avant, en arrière...

    Ça sent le énième recul, pour le gouvernement Conservateur de John James "Cha, cha, cha"...reste! Cha, cha, cha... reste!": Grosse journée en vue!

  • democratiescolairequebec - Inscrit 22 mars 2012 07 h 46

    démocratie scolaire et appuis de taille

    Bonjour chers jeunes,

    Jacques-Yvon Morin et les asso d'étudiants en droit et les autres étudiants (juste pour aujourd'hui) : appuis de taille.

    Consultez Léo-Paul Lauzon chroniques : Contes et comptes du prof Lauzon III, lecture de chevet pour ceux qui veulent rester allumés, Michel Brûlé Montréal, 2007, voir pp 98-99

    et surtout ce qui vous touche tous : -> La gratuité scolaire à l’université est possible et souhaitable pp. 138 j'ajoute : depuis le préscolaire (Suède Finlande Norvège Danemark Allemagne.... -> Comment assurer la gratuité scolaire à l’université sans se fatiguer ? p. 140 et suites........

    OUF ! pauvres crottins que nous sommes à nous incliner devant les gratins qu’ils sont...... Sacramouille ! dit-il...... souvent......

    Retour du socialisme, de la responsabilisation de l’État qu’on veut ratatiner au profit des allégements, abris et surtout paradis fiscaux des riches entreprises..... pertes énormes pour le Québec, protection de nos ressources naturelles

    ÉDUCATION, santé, services publics obligent..... Maintien des syndicats protégeant les employés.......... Matières grises et futures générations, Continuez et prenez rendez-vous avec ce prof !

    Bonne Gauche,
    Alice Couture, Ph.D.

    retraitée de l’éducation
    sociale démocrate

    Google : Alice Couture coffret

    Excellente lutte !

    P.S. : je dois encore continuer de payer mes dettes d’études........... même à la retraite....

  • Sanzalure - Inscrit 22 mars 2012 07 h 53

    La «classe politique»

    On le voit bien, la «classe politique» du Québec est surtout constituée de personnes incompétentes et irresponsables. Dans tous les domaines de la vie, les personnes au pouvoir prennent des décisions irréfléchies et soutiennent des positions intenables.

    C'est mon avis.

    La population mérite mieux que ça. Nos enfants méritent mieux que ça. Il faut que ça change et vite !

    Serge Grenier