Lutte contre la hausse des droits de scolarité - Les écoles secondaires sont aussi touchées

Les étudiants en grève rivalisent d’imagination pour signifier leur opposition à la hausse des droits de scolarité. Vêtus de noir et de rouge, quelques centaines d’entre eux ont participé hier dans le Quartier des spectacles, à Montréal, à une «marche funèbre» pour souligner «le décès tragique de Monsieur Accès aux études et de Madame Éducation supérieure».<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les étudiants en grève rivalisent d’imagination pour signifier leur opposition à la hausse des droits de scolarité. Vêtus de noir et de rouge, quelques centaines d’entre eux ont participé hier dans le Quartier des spectacles, à Montréal, à une «marche funèbre» pour souligner «le décès tragique de Monsieur Accès aux études et de Madame Éducation supérieure».

Le mouvement de grève étudiante a des échos jusque dans les écoles secondaires. Alors que mercredi dernier, l'école Sophie-Barat manifestait aux côtés des grévistes, les élèves de l'école publique Paul-Gérin-Lajoie d'Outremont (PGLO) ont voté à près de 98 % en faveur d'une grève d'un jour pour être de la partie, lors de la grande manifestation du 22 mars prochain.

«Au niveau secondaire, les jeunes sont souvent négligés et sous-estimés par la population. Notre objectif, c'était de donner une voix à ces élèves-là. On voulait faire savoir au gouvernement que c'est notre génération qui va souffrir de la hausse», a expliqué Alexandre Petitclerc, un élève de cinquième secondaire à l'école PGLO.

Il a même fondé l'Association indépendante des élèves du secondaire (AIDES), qui comprend pour l'instant six établissements, dont Sophie-Barat, Pierre-Laporte et Jeanne-Mance. «Les élèves peuvent faire la différence», a souligné Nicolas Lacroix, son camarade de lutte qui s'implique aussi dans le mouvement pour défendre l'accessibilité à l'université. «C'est un bien commun et c'est universel.»

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, dont fait partie l'école PGLO, n'entend pas entraver, encore moins interdire, ce genre d'initiatives. «C'est à chaque école de gérer le processus. Il faut comprendre qu'il n'y a pas le même degré de militantisme partout», explique Jean-Michel Nahas, responsable des communications à la CSMB. Il précise que le personnel de PGLO devra se présenter comme à l'habitude, même si on s'attend à ce que les élèves ne soient pas en classe.

À la commission scolaire des Grandes-Seigneuries, les enseignants et les élèves sont libres d'exprimer leur opinion et de porter le carré rouge, sans pouvoir toutefois manquer leurs cours. Même mot d'ordre au collège Notre-Dame de Montréal, qui ne permet pas, par contre, le port de ce symbole, car il contrevient au code vestimentaire. La Commission scolaire de Montréal fera connaître lundi sa position sur la question.

Grèves interdites

Pour des raisons de «neutralité à l'égard de ce débat d'idées», l'École d'éducation internationale de la commission scolaire des Patriotes a informé les parents qu'aucune manifestation de sympathie au mouvement n'était permise. «Aucun élève n'est autorisé à se rendre à Montréal pour manifester et aucune activité à l'interne ne sera organisée pour promouvoir le mouvement de grève», écrit la directrice, Marie-Claude Tardif.

Les instigateurs de l'AIDES déplorent que leurs compagnes du pensionnat Saint-Nom-de-Marie, bien qu'elles aient intégré le mouvement, se soient vu défendre de tenir des kiosques d'information dans leur école. Un élève de l'école André-Laurendeau aurait également été suspendu une journée pour avoir distribué des carrés rouges, symboles de la lutte contre la hausse. «On dénonce ce geste. Peu importe l'âge, chaque individu devrait avoir droit à sa liberté d'opinion», note Alexandre Petitclerc. Les élèves des écoles Sophie-Barat et Saint-Louis tiendront mardi un vote de grève.
33 commentaires
  • Francois G - Inscrit 17 mars 2012 08 h 11

    98%!

    Des élèves du secondaire se paient une journée pédagogique à 98%!
    Quelle surprise!

    • Maxime Renaud - Inscrit 17 mars 2012 12 h 42

      Ce qui est triste c'est des catégorisations comme celle-ci. Lorsqu'un jeune ne s'engage pas, on le dit désinvestit de la société civile et du politique et lorsqu'il le fait on lui trouve une défaite pour l'invalider ou pour miner sa crédibilité.

    • John B - Inscrit 17 mars 2012 15 h 07

      @Maxime
      Tu sembles oublier que les jeunes de secondaire 1-2 ont quoi..12...13 ans? Ils n'ont jamais travaillé, n'ont aucune notion de valeur de l'argent de façon général, n'ont pas assez de maturité non plus pour comprendre le sens du débas.

      Moi, vous, et 99% de la populatio nous n'avions pas la maturité nécessaire à cet âge pour comprendre les débas de sociétés. Nous n'avions pas plus, en majorité, connaissance de la vrai valeur de l'éducation; quand nous étions au secondaire et qu'on avait un remplacant, il n'y avait personne qui disait ''aahh zut on va perdre de la matiere et prendre du retard, perdre des connaissances! Je veux apprendre!'', *TLM* était plutôt ''YOUPI! Congé!!''

      Les jeunes de secondaire 5....à la limite secondaire 4 pourraient avoir une idée, mais ils ne sont pas 90% de leur école.
      Sauf si tu crois que les enfants des garderies et ceux des CPE devraient faire la grève car ils seront touchés par la hausse et qu'ils sont aussi l'avenir du Quebec
      Ce n'est pas pour rien qu'avant 18 ans tu n'as pas le droit de vote

    • Vincent Proulx - Inscrit 17 mars 2012 16 h 50

      @John B
      Chaqu'une de ses affirmations relèvent du préjugé et d'une généralisation, appuyée par des statistiques qui viennent surement de ton opignon personelle, faute de quoi j'aimerais bien en voir les sources ?

      Dans tout les cas, c'est irrecevable.

    • Maxime Renaud - Inscrit 17 mars 2012 18 h 01

      @John B

      C'est votre point de vue. Allez dire cela aux 15 000 jeunes majoritairement issus des écoles secondaires qui ont participés à la marche 2/3 en 2011. C'est une cause comme l'accessibilité à l'éducation en est une autre.

      De mon point de vue, vous sous-estimez les jeunes.

      Répéter sans cesse à quelqu'un qu'il n'est pas bon, il finira par le croire. Pourquoi encourager les jeunes à s'impliquer dans la société civile ne contribuerait pas à ce qu'ils construisent peu à peu un sens et une réflexion critique ?

    • Eleve Secondaire 3 - Inscrit 18 mars 2012 09 h 17

      J'était a Pglo lors de l'assemblé générale.Bien que toute l'ecole était convié ( soit 700 éleves) seulement 200 s'y sont presenté ( et majoritairement des 4,5 e 3e secondaire.) Sur Tout les jeunes present , une bonne quinzaines de tout ages sont venu affirmer leur oppinion, que se soit des jeune pour ou contre. Et la pluspart d'entre eux avaient des oppinions et des points qui tenaient la route. Pour recapituler, ces jeunes qui ont voté pour la greve étaient des jeunes bien informés et souvent dans les cycles plus élevés. certains peut-etre ont voté la greve pour se payer une journée pedago, mais ceux ci sont souvent en minorité. Ne généralisons pas l'intention des jeunes, celle ci pourraient vous surprendre.

    • Mathieu Bouchard - Abonné 18 mars 2012 13 h 33

      À l'élève anonyme :

      200 sur 700 ça fait 28 % et c'est remarquable si vous comparez aux genres de pourcentages de participation aux assemblées universitaires. Naturellement, il y a plusieurs différences, dont que les étudiants universitaires ont plus souvent des jobs de soir qui entrent en conflit avec ces assemblées, par exemple. Mais 28 % c'est génial, quand même. Essayez juste de comparer avec les pourcentages de participation des parents aux élections de commissions scolaires ! (ceux-ci sont épiquement bas)

      C'est normal que ce soit surtout des élèves de secondaire 3-4-5 qu'on y voit. J'avais d'ailleurs remarqué que l'atmosphère d'une classe de sec.4 était énormément plus calme que celle d'une classe de sec.3 ; c'était en grosse partie à cause de la loi sur l'âge légal de l'abandon scolaire, mais sans doute aussi à cause d'un certain tournant dans la maturité des élèves.

    • Claude Filimenti - Inscrit 22 mars 2012 23 h 08

      @ François G et à @John B — Votre commentaire est offusquant pour toutes les personnes de moins de dix-huit ans et pour toutes les personnes adultes leur offrant du soutien. À titre de directeur général de l'Association pour la création littéraire chez les jeunes (www.projetjeunesse.org et www.facebook.com/projetjeunesse), il m'est inconcevable de constater un tel manque de réalisme dans votre opinion. Les jeunes personnes ont des opinions, des idées, souvent peu de vécu et pas toujours le discernement nécessaire que donne l'expérience. Par contre ils débordent d'imagination et ils sont généralement idéalistes. Si dans votre expérience il n'y avait pas de débats d'idées ou d'expression de sentiments, c'est lion d'être le cas dans de nombreuses familles. J'ai personnellement commencé à discuter politique autour de la table dès l'âge de dix ans et je n'ai pas cessé depuis.

  • Sanzalure - Inscrit 17 mars 2012 08 h 25

    Bravo les jeunes...

    Belle manifestation de solidarité !

    Pour ce qui est des directions d'école qui ne comprennent toujours pas ce qui est en train de se passer dans le monde entier, vous donnez le mauvais exemple à nos enfants qui ont plus que vous le sens des responsabilités.

    Serge Grenier

  • Michele - Inscrite 17 mars 2012 08 h 58

    Les jeunes une ressource naturelle

    Les jeunes représentent une ressource naturelle qui une fois le produit fini redonnent 50% en redevances et plus.

    On veut que ces derniers paient leur juste part?

  • Renaud Blais - Inscrit 17 mars 2012 09 h 50

    @ Marie-Claude Tardif

    Madame la directrice de l'ordre et de l'orthodoxie, qu'en est-il dans votre école de l'éducation à la citoyenneté ?
    Est-ce que l'éducation à la citoyenneté est toujours au programme de votre institution conformément au programme du ministère de l'éducation ?
    Est-ce que l'actualité, qui voit défilée dans les rues un très grand nombre d'étudiants, ne serait pas un très bon moyen de faire de l'éducation à la citoyenneté ?
    Non pas en enferment vos élèves mais en leur présentant les 2 côtés de la médaille (non confessionnelle) ?
    Renaud Blais B.Éd.
    Québec

  • Christine Arsenault - Abonnée 17 mars 2012 10 h 09

    Pour adultes seulement ?

    Porter un carré rouge ou manifester relève de la liberté d'expression. Est-ce un droit réservé aux adultes ? Prendre position dans un débat fait partie de l'apprentissage citoyen !