«Tous étudiants»

Les étudiants ont à nouveau battu le pavé hier, exhortant le gouvernement à renoncer à la hausse des droits de scolarité. Une centaine d’étudiants provenant du collège Ahuntsic, des cégeps Marie-Victorin, Bois-de-Boulogne, Saint-Laurent et de l’école secondaire Sophie-Barat, ont grimpé sur l’autoroute 40 par la bretelle de la rue Saint-Hubert pour redescendre 20 minutes plus tard par celle d’Iberville. Ils se sont ensuite dispersés. Plus tôt, des centaines d’étudiants en grève de l’Université de Montréal ont manifesté devant le bureau de circonscription du ministre des Finances, Raymond Bachand (notre photo). Enfin, quelque 400 personnes, dont des étudiants du collège Édouard-Montpetit et du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, ainsi que des membres de groupes communautaires de Longueuil ont dénoncé haut et fort la hausse des droits de scolarité sur la Rive-Sud de Montréal.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les étudiants ont à nouveau battu le pavé hier, exhortant le gouvernement à renoncer à la hausse des droits de scolarité. Une centaine d’étudiants provenant du collège Ahuntsic, des cégeps Marie-Victorin, Bois-de-Boulogne, Saint-Laurent et de l’école secondaire Sophie-Barat, ont grimpé sur l’autoroute 40 par la bretelle de la rue Saint-Hubert pour redescendre 20 minutes plus tard par celle d’Iberville. Ils se sont ensuite dispersés. Plus tôt, des centaines d’étudiants en grève de l’Université de Montréal ont manifesté devant le bureau de circonscription du ministre des Finances, Raymond Bachand (notre photo). Enfin, quelque 400 personnes, dont des étudiants du collège Édouard-Montpetit et du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, ainsi que des membres de groupes communautaires de Longueuil ont dénoncé haut et fort la hausse des droits de scolarité sur la Rive-Sud de Montréal.

Un raz-de-marée d'appuis venant des professeurs déferle sur le mouvement d'étudiants en grève qui protestent contre la hausse des droits de scolarité. Ce sont surtout des enseignants des cégeps et des universités, mais aussi des écoles secondaires. «Pour une des rares fois dans l'histoire du Québec, il y a une solidarité syndicale d'envergure entre les corps enseignants, mais aussi avec les élèves», s'est réjoui Mathieu Teasdale, un enseignant de littérature au cégep de Saint-Laurent, membre du groupe Profs contre la hausse, en parlant des appuis syndicaux.

D'éminentes personnalités telles que le sociologue Guy Rocher et le philosophe Georges Leroux ont aussi exprimé leur soutien à la lutte des étudiants, notamment en paraphant un manifeste de 1700 signatures. Avec le philosophe Christian Nadeau, ils ont également écrit une lettre ouverte incitant les professeurs à se manifester davantage dans la lutte contre la hausse et qui développe une analyse sociologique de la «juste part» des étudiants.

Cette idée émane d'un comité spécial «Profs contre la hausse», qui se réunit une fois par semaine depuis le 6 mars dernier pour mettre sur pied des actions à tenir en appui aux étudiants en grève. Le mouvement des enseignants a grossi de façon exponentielle. «C'est en train de prendre une ampleur qu'on n'avait pas prévue», s'est étonné M. Teasdale.

Ils étaient environ deux cents à la rencontre d'hier qui se tenait au cégep Saint-Laurent, soit deux fois plus qu'à la rencontre d'inauguration au cégep Ahuntsic. Mais cela est loin de traduire l'ampleur du mouvement, croit-il. Les enseignants présents aux réunions — et d'autres qui ont participé via Skype d'aussi loin que Gaspé — relaient par la suite dans un blogue (profscontrelahausse.org) et dans les réseaux sociaux les actions qu'ils souhaitent mener. Et ils rivalisent d'imagination.

C'est ainsi qu'une «inauguration symbolique de l'îlot Voyageur» aura lieu samedi à 12h30 et que des «funérailles de l'éducation accessible» se tiendront à la basilique de Québec lundi prochain. Il y aura également une marche familiale en partance du parc Lafontaine, à Montréal, dimanche, où tous, pas seulement les étudiants et les profs, sont invités. «Notre plan d'action général est d'établir des contacts avec la population par des actions qui seront médiatisées», a expliqué M. Teasdale en invitant la population à aller consulter leur site.

«Nous sommes tous étudiants»

Intitulé «Nous sommes tous étudiants», en référence au slogan de mai 68 en France «Nous sommes tous des juifs allemands», le manifeste pourfend la hausse et appuie les étudiant en grève «dans leur défense démocratique de l'accessibilité aux études universitaires» et leur opposition «à la marchandisation de l'éducation». «Nous disons à cette jeunesse étudiante qui se tient debout qu'elle n'est pas seule», peut-on lire dans le manifeste rédigé par Benoit Guilmain (collège Édouard-Montpetit), Anne-Marie Le Saux (collège de Maisonneuve) et Stéphane Thellen (cégep du Vieux-Montréal). Le texte dénonce la hausse qui «appauvrit l'éducation» et critique l'attitude gouvernement qui fait la sourde oreille. «Nous constatons aujourd'hui que la révolution conservatrice mise en place par le gouvernement libéral ne résulte d'aucun débat et qu'elle nous est présentée comme une fatalité.»
66 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 15 mars 2012 04 h 48

    La solidarité...

    Finalement, il faudra bien que les nantis et les politiques, aveuglés par leurs propres certitudes à protéger leurs acquis, finissent par arriver en ville !
    Non, la solidarité n'est toujours pas morte au Québec...
    Chez les jeunes et leurs profs, je n'ai pas vu un tel mouvement général depuis, je crois, le début des années 80.
    Trente ans d'attente pour constater que "quand on aime, on a toujours vingt ans" comme le dit le poête Ferland, ça valait la peine de s'impatienter longtemps.
    Vive le Québec libre !

    • Paul Lafrance - Inscrit 15 mars 2012 19 h 37

      La meilleure façon pour les professeurs d'appuyer les revendications des étudiants est de demander à leur employeur de couper 10% de leur salaire et d'utiliser cette somme pour réduire les frais de scolarité. Évidemment, c'est bien plus facile decritiquer.

    • Denis Gobeille - Inscrit 15 mars 2012 19 h 40

      Vous n'avez plus de rapport de force dans cette négociation. C'est pire que la grève à l'Alcan

    • Annabella Durocher - Inscrite 16 mars 2012 00 h 22

      La soladérité est aussi une question de survie à long terme.
      Si nous revenons pas à des vrais valeurs, imaginez dans 50 ans ce que le Québec et le Canada vont avoir l'air.

      C'est quoi nos vrais valeurs ? $$$ et le pouvoir.

      Les choses essentielles de la vie coûtent cher. Recevoir nos familles dans le temps des fêtes c'est un luxe et je ne parle pas des cadeaux matériels car pour moi c'est supperficiel.

      Dans 50 ans la majorité d'entre nous allons être 6 pieds sous terre, nous allons laisser quoi à nos enfants comme vraies valeurs en héritage ?

      Moi, je ne veux pas laisser à mes enfants la loi du moindre effort payé à gros prix comme héritage.

      Présentement les dirigeants de notre État ont l'air de cette loi de la moindre effort payé à gros prix.

    • Poirier Sylvie - Inscrite 16 mars 2012 20 h 10

      La seule façon pour les étudiants de se faire entendre c'est de faire la grève. Ils n'ont aucun autre moyen.
      Les professeurs à temps plein gagnent entre 72 et 100 milles dollars par année. 10% du salaire? Je ne sais pas. Patrick Lagacé dans son article dénonce la force policière. J'ai l'impression que les policiers se défoulent sur les étudiants. En écoutant la vidéo ci-jointe, j'ai compris que c'est assez. http://www.youtube.com/watch?v=WmEHcOc0Sys&fea

    • Pierre-Luc Vallée - Inscrit 18 mars 2012 12 h 43

      À madame Poirier qui écrit que les professeurs gagnent 72 et 100 milles par année.

      Je ne sais pas de quels professeurs vous parlez. Pour ma part j'ai une maitrîse et mon salaire ne dépasse pas 65 milles / année. J'ai des amis professeurs au secondaire et leur salaire se situe davanatge autour de 50 milles par année. Alors à moins de spécifier de qui vous parlez, revisez vos chiffres avant de transmettre ce genre d'information qui laisse croire que les profs sont bien payés.

  • Pierre Cossette - Inscrit 15 mars 2012 06 h 45

    Souvenirs de solidaires ...

    1972 à Jonquière, une grève de poste de radio-télévision locale, les scabs rentrent au travail le matin sous escorte policière. Les grévistes exaspérés qui sautent sur les capots d'autos en cassant leurs pancartes sur les toits des véhicules. Et nous jeunes étudiants en Communications qui, téléobjectifs à l'oeil, essayons de fixer sur pellicule les mines anonymes des scabs. Ceci s'était terminé un soir par les cris de nos camarades étudiants tabassés par des flics dans le panier à salade. Heureusement j'avais de grandes jambes ils n'avaient pas pu me rejoindre dans la neige épaisse. Je suis fier de voir que cette histoire ancienne ne pourra pas se répéter parce que nous commencons à nous tenir, tous ensemble indignons nous. Un meilleur avenir nous attend parce que nous le voulons. Allez les étudiants nous sommes de tout coeur avec vous, il se passe quelquechose au Québec présentement, parole de vieil étudiant non repentant.

  • oracle - Inscrit 15 mars 2012 07 h 52

    Oui, nous le sommes tous !

    Puisque les dirigeants de toutes les droites ont toujours de nouvelles armes à exhiber, nous n'avons aucun autre choix que de rester toujours vigilants pour apprendre de cette drôle d' école de la politique, si nous ne voulons pas voir leurs appétits dévorer jusqu'à la plus petite parcelle de nos intérêts les plus élémentaires.

    Pierre-Michel Sajous

    • Poirier Sylvie - Inscrite 16 mars 2012 20 h 14

      Oui, je suis étudiante. Et dire que John James est pour la force policière. C'est lui qui a besoin d'un bon coup de matraque pour le réveiller.

  • Jacques Morissette - Inscrit 15 mars 2012 08 h 10

    Le combat des étudiants est légitime.

    Et tous ceux qui sont solidaires avec eux le savent que c'est la lutte d'une société qui a besoin de plus d'équité. L'augmentation des frais de scolarités, c'est comme des impôts déguisés. Les impôts que les contribuables paient des impôts pas uniquement pour subventionner les entreprises. Ils paient des impôts et des taxes pour que le gouvernement fournisse des services aux citoyens que nous sommes.

    • Poirier Sylvie - Inscrite 16 mars 2012 20 h 16

      Et dire que cette année le relevé 4 pour l'impôt foncier n'existe plus. Nous sommes vraiment mal gérés

  • d robidoux - Inscrit 15 mars 2012 08 h 27

    N´exagérons pas !

    Ce raz-de-marée ne représente que 5% de l´ensemble des profs d´unif et des collégiales (+/-31.000)

    • Richard Fradette - Abonné 15 mars 2012 10 h 05

      Ne minimisons pas l'adhésion des professeurs à la cause qui conduit les associations étudiantes à faire la grève. D'où vient ce 5% ? Il ne faut pas réduire ce pourcentage à celui du nombre des professeurs qui marchent dans la rue avec les élèves. De même, il ne faut pas réduire l'indignation des élèves au pourcentage du nombre d'associations étudiantes en grève; plusieurs sont indignés mais ne se sont pas joints au mouvement de grève. Tous ceux qui ont bénéficié d'une éducation accessible par la réduction des coûts sont directement interpellés par cette cause. Toute la population bénéficie indirectement (à des degrés divers, maintenant et dans le futur) de l'accessibilité démocratique à l'éducation. Ignorez l'indignation et elle augmentera. Brimez le droit de grève et le climat social se dégradera. Refusez le débat social et la démocratie s'étiolera. Les débats démocratiques ont conduit à plusieurs gains favorables au bien-être social, voire tous.